Auteur : Maud

Les fonds d’âme manteau

Les fonds d’âme manteau

Ou comment renouer avec ces essentiels qui nous enveloppent de plaisir et de gratitude.

Le bonheur a ce petit truc spécial qu’il se cache dans l’instant, dans ce qui nous semble insignifiant et j’ai renoué depuis peu avec deux fondamentaux : RIRE aux éclats et CHANTER à pleine voix.

Attention ne voyez pas en moi un être austère et lugubre, je suis plutôt de bonne humeur et pleine d’enthousiasme mais j’ai remarqué il y a quelques semaines, cette petite étincelle, cette subtile différence, cette ouverture du coeur, ce quelque chose qui va bien au delà du simple sourire, comme si j’avais lâché des vannes et que l’essentiel se trouvait juste dans ce lâcher prise.

J’ai longtemps oublié de remettre ces deux là dans mon quotidien, il est clair que l’on ne peut pas rire aux éclats et chanter tous les jours à tue tête (quoi que!) mais on peut faire en sorte que cet état de grâce revienne plus fréquemment que rarement.

Je vous parle de RIRE à gorge déployée, sans aucune barrière de l’esprit, sans aucun diable pour vous dire c’est trop, ce n’est pas convenable, un peu de tenue, un peu de retenue. RIRE sans aucune espèce de limite, en toute liberté, avec peine à respirer, presque à suffoquer, les yeux baignés de larmes. RIRE pleinement, pour un rien, juste pour un moment et se sentir tellement vivant. C’est une liberté extraordinaire, une bulle de bonheur où l’on se surprend soi même dans cette faculté à tout envoyer valser pour ne ressentir que cette joie pure qui fait venir des larmes chaudes et bienheureuses qui se perdent à la commissure des lèvres où naissent les zygomatiques devenus merveilleusement élastiques. J’ai senti le frétillement de cette joie pleine renaitre aux fêtes, des fous rires aiguisés par une bonne dose de complicité….c’est euphorisant!

Puis ma fille me demande il y a peu de renouer avec les plaisirs de sa petite enfance où tous les soirs avant de s’endormir, je lui chantais tout un répertoire de comptines. Ce moment eut pour toutes les deux la saveur d’un doux parfum sucré par le simple fait de renouer avec ce plaisir perdu. C’est alors que j’ai voulu lui apprendre à chanter en canon, et d’entendre cette horrible cacophonie de nos voix, de lui déclencher un rire fou qui engendra le mien, nos rires se répondant en écho ce qui fit durer cette bonne poilade pendant dix bonnes minutes pour le pur plaisir de mon mari qui était l’heureux témoin de cette crise de bonheur à l’étage du dessus.

Et je remarque pour toutes les fois suivantes que ces éclats sont provoqués par ma fille, comme si à travers elle, je renouais avec mon enfant intérieur, avec ma légèreté d’être, une certaine candeur. Pourtant notre vie s’apparenterait plus aujourd’hui à de l’arrachage de cheveux qu’à une franche rigolade mais je crois avoir trouvé en moi l’enracinement suffisant pour de ne pas me laisser envahir par mes peurs et cette latitude que je prends face aux évènements m’offre des joies aussi profondes que le seraient mes angoisses si je leur laissais libre cours. D’ailleurs il n’y a pas plus juste terme que « Fou rire » parce que j’ai franchement l’air d’une folle quand ça m’arrive, je le lis dans les yeux de ma fille toute étonnée de voir sa mère dans cet état ce qui rajoute du piment à ma douce folie.

J’ai toujours aimé CHANTER, dans mon jeune temps comme disent les vieux, c’était une vraie joie de former des duos avec ma chère soeur, c’était notre façon de nous retrouver, nos moments de complicité et de partager à l’unisson. Suis bon public, je retenais à peu près tous les airs qu’on entendait sur les ondes vu qu’ils reviennent incessamment en boucle. Quand on était gamins, le plaisir de mon père le dimanche matin, c’était de nous passer des vinyles, ça allait des Pink Floyd à Joe Dassin en passant par Malicorne et Edith Butler, la palette était plus que large!

Bref la musique a toujours été présente sauf que bien souvent, au niveau des oreilles, je suis aux antipodes des aspirations de mon mari qui préfère l’underground donc pour éviter sa tête accablée et ses commentaires parfois désobligeants, j’ai mis le son sur off…sauf que Johnny est mort! Non non non  je ne suis pas une fan mais comme c’est certainement vrai pour beaucoup d’entre nous, je connaissais quelques chansons de sa longue discographie et à son décès j’ai ressenti le profond besoin de me saouler de chanter toutes ces chansons qui m’avaient d’une façon ou d’une autre accompagnée.

Besoin renouvelé à la mort de France Gall, comme un déclic, un plaisir retrouvé. Je n’ose pas vous dire la tête de mon cher et tendre qui voyait en moi la diva renaitre de ses cendres, chantant à tue tête « Evidemment » et entrainant dans mon sillon ma fille. Qu’est ce que ce fût bon, de s’autoriser à être sans se soucier du qu’en dira t on, même si mon répertoire pouvait donner à certains le cafard! J’ai toujours le sourire aux lèvres d’entendre les autres chanter ou fredonner, l’air de rien, je trouve qu’il n’y a pas plus beau signe de joyeuseté.

Chanter chez soi, dans son intimité, c’est une chose mais chanter avec les autres s’en est une autre. La semaine dernière alors que je faisais une séance test de yoga, on finit la session en chantant en coeur un mantra (le premier de ma vie!) et ce pendant dix bonnes minutes. Comme si la vie insistait à ma porte pour me dire…vas y ! lâche toi! Fais toi du bien! Depuis je ne cesse de le fredonner, bercée que je fus par cette communion des voix et fière d’avoir osé sortir des sons auxquels je ne comprenais absolument rien mais qui me procuraient le plus grand bien.

Je découvre à l’instant le sens de ce mantra dit de protection :

« Je m’incline devant la sagesse première.

Je m’incline devant la sagesse à travers les âges.

Je m’incline devant la sagesse véritable.

Je m’incline devant la grande Sagesse invisible. »

Alors oui je m’incline devant les rires aux larmes et les chants déployés

qui font naître au creux de nous des fontaines de bien être dans l’instant présent.

 

Et vous, quels sont vos fondamentaux? Que vous dit votre enfant intérieur?

Petit clin d’oeil à ma cousine Diane que vous pouvez écouter en cliquant ici,

elle qui nous partage si souvent son talent et pour qui chanter est une sensation de liberté,

une connexion à qui elle est profondément, ici et maintenant.

 

Souces: photo pinterest

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S’aimer tatouée

S’aimer tatouée

Ô bon sang que j’aurais aimé l’écrire celui là!!! mais qui mieux que Nathalie KAID pouvait faire cet ouvrage? Une femme résolument tournée vers les autres puisqu’elle est à l’origine de l’Atelier d’éco Solidaire et Présidente de l’association Soeurs d’encre créée pour les femmes touchées par le cancer du sein.

La femme force le respect, j’imagine que sous le personnage se glisse une grande sensibilité, et sur cette peau presque entièrement recouverte se dessine un vécu certainement chamboulé. J’avoue suis sous le charme et admirative de l’Artiste, de ses initiatives et de son oeil de photographe.

J’ai craqué pour « S’aimer Tatouée » parce que c’est une oeuvre artistique et profondément humaine qui représente 3 ans de travail. Un condensé de témoignages de femmes qui sont passées sous le dermographe pour le plaisir, pour dire, pour pleurer, pour fêter, pour honorer, pour défier, pour oublier, pour embellir, pour transformer, pour à nouveau s’aimer, pour a/encrer une part de vie. Témoignages tous illustrés de photos sur fond noir qui met le corps en valeur avec un focus sur le derme illustré. Une hanche, un sein, une main, chacun y trouvera le sens qu’il voudra bien.

Puis au milieu de ses pages, on trouve quelques feuilles teintées de rose, parenthèse spéciale Rose Tattoo, dédiée aux tatoueuses, à ceux qui ont fait que ce projet existe et aux tatouées qui ont fait ce choix pour oublier les douloureuses cicatrices.

J’ai donc eu à coeur de participer à l’édition du livre via la plateforme participative KissKissBankBank et suis allée chercher ma contrepartie lors d’une séance de dédicaces dans un lieu que je vous invite à découvrir Les Vivres de l’Art.

Bref j’arrive le jour et à l’heure dite, j’entre dans cet antre par une immense porte métallique digne de Vingt Mille Lieues Sous Les Mers où crépite un doux feu de cheminée. Je récupère mon « précieux » à l’entrée et je fais gentiment la queue en plongeant le nez dans l’ouvrage. Devant moi une file de femmes attend patiemment son tour. Alors que ma fille qui m’avait accompagnée me pose des questions et commente les tatouages, l’une des dames de devant se retourne et dit fièrement : »Moi je suis à la page 227, je m’appelle Florence ». Florence a 51ans. « Je peux vous demander pourquoi ce tatouage? » « Pour reprendre la main sur le cancer. Je m’admire plus que jamais »

Témoignage de Florence

 et la dame d’un certain âge à ses côtés de m’avouer sur la pointe des pieds qu’elle aussi, elle y est passé « mais je suis arrivée après…le livre était déjà bouclé ».

Maudmoiselle dont la curiosité était attisée, s’est permise de demander « Est ce que c’est douloureux la séance? » et les deux de me répondre en coeur : « Surtout sur les os!!!! « . La femme plus âgée se met alors à me raconter :  » je me bats avec le cancer depuis l’age de 24ans, je suis passée 7 fois sur la table d’opération. J’y retournerai s’il le faut pour me battre contre la maladie mais pas pour faire de la chirurgie réparatrice…je peux pas, je peux plus. Puis j’ai rencontré ces amies qui avaient fait le choix du tatouage, j’ai vu l’impact psychologique et je me suis dit pourquoi pas moi?! Quand j’en ai parlé à mes fils, ils ont été surpris …me faire tatouer à mon âge! Mais je ne pouvais plus me regarder dans la glace, c’était douloureux, je ne reconnaissais plus mon corps » et de me dire avec des yeux brillants, émus et fiers « aujourd’hui j’ai redressé la tête devant le miroir et je me trouve à nouveau belle ». Suis très touchée par toute cette émotion qu’elle me transmet et je sens tout son parcours qui transpire dans ces mots qu’elle ose me confier.

J’arrive enfin devant N.Kaïd, comme si j’atteignais un monstre sacré, je me sens toute petite devant tant d’humanité et N.Kaïd de nous annoncé à haute voix en parlant de la dame qui venait de récupérer sa dédicace et de me faire ces intimes confidences « C’est notre ainé, c’est la plus âgée de toutes à s’être faire tatouée, elle a plus de 70ans! »

Merci Mesdames par ces quelques mots échangés de m’avoir livrée un peu de vous, de votre parcours blessé que je partage ici, comme un hommage que je vous rends, d’avoir défié la vie, d’avoir osé vous tatouer, peu importe l’âge et les qu’en dira-t-on, comme un pied de nez à la « mal a dit ».

Extrait de ma dédicace  » Attention ce livre peut donner une forte envie de tatouage!! » C’est plutôt bienvenu de celle qui a commencé à jouer avec les aiguilles à 47ans et qui n’a pas l’air prête de s’arrêter!

Allez Chiche!

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Le buffet Zlati

Le buffet Zlati

Il est arrivé chez moi quelques mois avant de partir aux Etats-Unis. Avec sa tête au carré, massif, et un peu surchargé, je l’avais entreposé dans un coin sans bien savoir ce qu’il adviendrait de son destin. Je suis passée un nombre de fois devant en me demandant ce que j’allais bien pouvoir faire de ce meuble là et comment je pourrais le remettre au goût du jour.

Puis nous sommes partis et nous sommes revenus un an plus tard et il était toujours là à me regarder avec ses tiroirs, mais qu’est ce que j’allais bien pouvoir faire de ses portes qui me donnaient le cafard?! Puis soudain, un beau matin, l’éclair de génie…je vais les enlever! Poncer le plateau et tout repeindre bien comme il faut et s’il est sage je lui mettrai un joli voilage.

Après avoir longtemps tergiversé, j’ai fini par tranché sur un « gris loft » pour le corps, avec des étagères « bleu acier » et le plateau a reçu pour l’enjoliver un pochoir « carbone » format XXL protégé avec une cire naturelle, le reste ayant été vitrifié. Et les jours où je ne souhaite pas voir les pots de peintures, je camoufle les étagères avec un sobre lin comme une jolie devanture..et voilà le beau bébé!!!

les fesses à l’air…
ou joliment camouflées.

Orné de son joli pochoir, ne vous fait-il pas craqué?

 

Puis je me permettre de vous demander ce que vous en pensez?

Je vous souhaite une belle journée ♥

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Dans mon jeune temps…

Dans mon jeune temps…

Dans mon jeune temps comme disent les vieux….

Une même génération, deux femmes, deux parcours.

Ne vous êtes vous jamais sentie porteuse d’une histoire qui ne semble pas la votre, comme si vous étiez le relais, le témoin d’un chapitre qui avait commencé à s’écrire bien avant vous?

C’est lors du stage « Pratique de la médecine de la femme sauvage » avec Marie Pénélope Pérès réalisé en juillet dernier que j’ai pris conscience de combien mes racines étaient profondes et combien j’étais ignorante sur les fondations même de qui je suis et j’ai ressenti le besoin urgent de remonter à la source.

J’ai réalisé pleinement que mon histoire ne commençait pas à ma naissance, elle puise dans toutes les générations de femmes qui m’ont précédée, comme si j’étais une pièce d’un puzzle, l’infime partie d’un tout. J’ai la chance d’avoir encore aujourd’hui à mes côtés deux piliers historiques, de 89 et 91 ans à qui je n’avais jamais rien osé/pensé demander sur leur parcours de femme. Femmes d’un autre temps, femmes du siècle d’avant, femmes qui ont connu tant de chamboulements et qui bien que du même temps ont connu deux destins bien différents.

Marie Pénélope Pérès, lors de cette parenthèse de 7 jours, nous a appris à renouer avec le pouvoir des simples (nom des plantes médicinales au Moyen âge). Vous posez alors un regard nouveau sur le monde végétal qui vous entoure comme une source intarissable, bienfaitrice à condition d’en connaitre les secrets. Sorcières pour quelques heures, sorcières pour le plaisir de renouer avec ces connaissances ancestrales, qui se sont diluées dans les tréfonds de nos âmes par manque de transmission orale, conséquence des persécutions subies par ces femmes si sages dont les hommes ont fait l’incarnation du mal. Brûlées sur le bucher pour ne pas venir prendre le contrepied de la médecine scientifique qu’une poignée d’hommes voulait faire régner en souveraine.

 La téméraire

Petit trait d’humour, je n’ai même jamais vu cette grand mère là monter sur un vélo!!!

Les plantes et l’héritage familial: Née dans une famille de cultivateurs sur les bords de Loire où elle a passé toute sa vie, elle est l’ainée de deux filles, emmenait les vaches aux champs quand elle était jeune fille. Son père soignait les maux de gorge avec des infusions d’épines de ronces en gargarisme ou mettait le blanc d’un brin de poireau dans la braise et l’appliquait sur la gorge enroulé dans un linge. Le collubleu (bleu de méthylène) était utilisé comme désinfectant, inventé en 1876 par un chimiste allemand, le bleu de méthylène est un peu tombé dans l’oubli. C’est pourtant un désinfectant et un bactéricide puissant qui agit vite sans recourir à l’artillerie lourde des antibiotiques et des analgésiques- astucito.com.

Pour les toux persistantes, la ouate thermogène, à base de capsaïcine composant actif du piment rouge qui existe toujours aujourd’hui faisait des miracles. Les cataplasmes à la farine de lin, chauffée à l’eau, que l’on étendait sur un linge où l’on saupoudrait un peu de farine de moutarde, appliqués sur le torse ou dans le dos, étaient décapants pour les extinctions de voix, et le faux croupe (laryngotrachéite).

Pour faire murir un mal tel que panaris ou piqure qui s’envenime on appliquait une feuille de molène, quant à la pariétaire officinale, une plante que l’on trouve accrochée aux vieux murs et ruines d’antan, elle servait à soulager les rhumatismes. L’ail servait à fluidifier le sang pour les troubles circulatoires et enfin pour la digestion, on faisait cuire de l‘orge dont on buvait le bouillon pour aider les intestins à travailler.

Après ces quelques révélations, je me penche un peu plus sur la femme, sur les cycles et plus encore, je creuse l’intimité tout en SORORITE, comme une confidence d’une femme à une autre, comme si j’assemblais les pièces d’un tout qui me donne le sentiment d’aller un plus loin sur le chemin d’un féminin inexploré.

A l’époque on quittait l’école à douze ans, les cours d’éducation sexuelle n’existaient pas, on se soignait avec les plantes de notre environnement, on vivait simplement, on quittait ses parents quand on avait trouvé « le prince charmant » mais en attendant on travaillait en famille tout naturellement.

Au fil des questions jamais posées jusqu’alors, émergent les souvenirs, car toutes ces choses là, à une autre époque on en parlait pas, par pudeur, par discrétion, parler intimement de soi, en ce temps là, il n’en était pas question, sans doute question de religion…gare aux tabous!

« Maman a été ménopausée à 37ans, après son deuxième accouchement elle n’aurait plus jamais rien revu, d’ailleurs dans sa vie elle n’a presque jamais beaucoup vu » et moi de sourire à cette étrange expression qui enjolive la façon de dire avoir peu de saignements. « Maman souffrait d’infections vaginales et mes grands mères venaient à la maison pour l’assister, elles avaient dû faire la délicate démarche de parler du problème au prêtre qui à l’époque était dépositaire d’un remède appelé le dépuratif des Alpes qui lui nettoya le sang ce qui lui permit de vivre ensuite longtemps sans aucun problème ». Je ne sais si c’est le secret, mais mon arrière grand mère est décédée à l’âge de 102ans en 2003 et en pleine santé!!! Essayons donc le dépuratif en intraveineuse 🙂

« Nous n’avions aucune méthode de contraception, on ne m’a jamais rien appris, aucune transmission mère fille, aucune méthode naturelle type ogino ou courbe des températures. Dans ces temps là même quand on était enceinte, on ne le disait pas. D’ailleurs pour ma mère comme pour moi ça ne s’est jamais vu. Je portais un corset (Ouf! on a réchappé à cette mode.) personne ne pouvait dire que j’attendais un enfant…ce qui ne m’a pas empêché de faire des beaux bébés. ça ne se criait pas sur les toits, on ne voyait pas de ventres ronds comme aujourd’hui dans la rue, pourtant il n’y avait aucun mal à être enceinte. Une sage femme venait nous accoucher à la maison, il y en avait dans chaque commune. Je me suis pourtant retrouvée à accoucher ma soeur, parce que le médecin (qui intervenait quand il y avait besoin) n’arrivait pas assez vite. Je me suis rappelée des gestes de la sage femme et j’ai fait ce que je devais faire ».

Quand la pilule est arrivée cela ne m’a pas particulièrement intéressée, j’avais déjà 39 ans, j’ai été ménopausée vers 45ans, je me suis toujours bien portée, je n’ai souffert d’aucun trouble à cette période, on a continué par nos propres moyens et le grand père d’ajouter : »On savait que les règles revenaient tous les 28jours, on savait qu’il y avait la période d’ovulation, on en tenait compte ». On ne voulait que deux enfants…on en a eu deux tout simplement.

 » Par contre dans le temps, il y avait ce qu’on appelait des missions. Pendant 3 semaines des jésuites, des pères missionnaires venaient dans les communes pour forcer la foi, réveiller la ferveur, organisaient des messes , visitaient les familles et l’année suivante, étrangement, il y avait des poupons en nombre qui naissaient un peu partout ».

Dans ma petite tête de 43ans, j’écarquille les yeux sur l’évolution des mœurs, de la sexualité et m’interroge sur comment d’un côté l’une n’a eu que deux enfants et l’autre huit alternés de quelques fausses couches. Il semble que la réponse réside dans le regard que l’homme porte sur son épouse, dans sa capacité à être à l’écoute de ses rythmes et attentif aux désirs de celle qui partage sa vie, à moins de vouloir faire siennes les bonnes paroles de la religion catholique car dans la Bible, Dieu bénit la fécondité : « soyez féconds, multipliez-vous » (Gn 1, 22).

La Rebelle

www.rivieres-des-mauges.fr

Dans mes autres racines, se trouve une femme issue d’une famille des Mauges de sept enfants (4 filles et 3 garçons), dont elle est la sixième. Elle a perdu sa soeur âgée de 16 ans, d’un chaud froid que sa mère s’est toujours reprochée d’avoir mal soigné. « Je n’avais que 7ans, j’ai peu de souvenirs de Marthe, car je suis allée en pension dès mon entrée à l’école vers 6/7ans car celle-ci elle était à 2kms, ça faisait trop loin, on ne rentrait que le mercredi soir et le vendredi soir. Je la connaissais très peu mais je me souviens d’elle sur son lit de mort. J’ai arrêté l’école à 13 ans, ensuite suis allée à l’école ménagère pour apprendre à faire la cuisine et coudre, des travaux manuels qui ne m’intéressaient pas du tout! »

A la maison je m’occupais de la traite des vaches, de faire le beurre et d’élever les volailles, j’étais à l’extérieur ces tâches me convenaient très bien. Mes frères travaillaient dans les champs, on est toujours restés tous ensemble, nous n’étions pas salariés.

Jean & Rosalie

Mon père est décédé à 73ans, il a été très perturbé par la guerre de 14-18 qu’il avait faite, il se réveillait la nuit en criant se croyant sans doute encore dans les tranchées et ma mère à 83 ans (née en 1889), je n’ai jamais connu mes grands parents.

Je ne me suis pas intéressée aux soins par les plantes contrairement à ma belle famille où tout passait par les plantes et les infusions! J’ai vécu chez mes parents jusqu’à 21ans. Pendant la guerre ma mère nous avait acheté un phonographe, mes frères ramenaient les garçons et moi les filles, tous venaient danser à la maison, ils trouvaient que j’avais de la chance d’avoir une mère si cool et large d’esprit.

Puis j’ai connu mon mari à la libération, j’avais 19ans (La chose extraordinaire, c’est qu’il était l’ainé de 9 enfants. Pendant la guerre il a été envoyé pendant 9 mois dans une ferme en Allemagne entant que prisonnier mais n’y a pas été malheureux. Sa mère qui donnait beurre et autres aux allemands avait réussi par ces fameux liens à le faire revenir au pays mais il devait être remplacé par une autre personne … ce fût mon frère Albert. Les destins des familles étaient liés avant que la rencontre!).

Avec des amis, je me suis retrouvée à fêter l’évènement sur la place du village, à danser. Il était là par hasard et c’est là que je l’ai rencontré, on a dansé…. puis il m’a écrit, ça lui avait fait « tic ». J’ai trouvé qu’il était pas mal, ce qui me plaisait en lui c’était son côté entrepreneur, quand il faisait quelque chose c’était toujours très étudié, j’avais confiance, j’étais sûre qu’il réussirait ce qu’il entreprendrait. Il avait beaucoup de projets en tête et ça ça me plaisait. Par contre il n’avait pas et n’a jamais eu de copain. C’était un grand grand solitaire qui préférait aller à la pêche, être tout seul…et moi j’étais complètement à l’opposé!

A partir du moment où l’on s’est installés ensemble, qu’on a pris l’exploitation, les enfants sont arrivés presque tous les ans, et je n’avais plus le temps de rien faire, je me suis toute donnée à mes enfants. Me suis mariée à 21 ans en avril 1947, j’ai eu mes quatre premiers enfants à 22 ans, 23, 24 et 26, puis il y a eu un écart avant les suivants. Il ne m’a jamais empêchée d’acheter machine à laver ou quoi que ce soit pour me libérer du travail puisqu’il avait besoin de moi pour son entreprise, j’ai toujours eu une grande liberté de ce côté là. Toutefois comme beaucoup de femmes à l’époque, je travaillais dans l’ombre sans aucun statut.

Mon mari était un patriarche, un chef de tribu qui voulait volontiers que ses fils prennent la relève à condition que tout soit à son idée, ce qui a engendré des conflits entre les générations. Du côté des filles, elles n’étaient selon lui bonnes qu’à la couture donc sans grand intérêt vu de sa fenêtre. Cependant en tant que mère j’ai pu gérer leurs études comme je l’entendais, je les ai envoyées en école privée parce que j’aurais voulu pouvoir étudier. Ces études ont couté cher mais je n’ai jamais eu une once de reproche. Les enfants partaient en pension au collège ce qui fait que nous n’avons jamais été trop nombreux à la maison ce qui m’a permis de pouvoir travailler sur l’exploitation, et assouvir ma passion du contact héritée du côté de ma mère, famille de commerçants.

Quand j’ai accouché de mes enfants, ma mère puis mes belles sœurs venaient m’aider pour plusieurs jours. Effectivement enceinte on portait des corsets, même quand on était enfant, jusqu’au jour où l’on a tout supprimé parce que c’était aux antipodes de ce qu’il fallait faire.

Mon mari participait beaucoup aux réunions de la JAC (Jeunesse Agricole Catholique), où l’on racontait tous les potins du village devant le prêtre avant de réciter le chapelet. Mon mari était extrêmement pratiquant et d’une croyance inouïe. La religion véhiculait l’idée que le rôle de la femme était de faire des enfants et la femme devait obéir à son mari, je m’étais soumise. Sa grande tristesse c’est que je ne suis jamais allée dans le sens de ses croyances. On me disait « la religion c’est prier », pour moi c’est faire de bonnes actions tous les jours et j’avais besoin de cohérence entre les actes et la parole, je ne comprenais pas ces attitudes.

Au milieu du XXe siècle, le département prend effectivement des allures de « cité chrétienne », une quasi-théocratie. Mgr Cazaux, qui dirige le diocèse de Luçon jusqu’en 1966, cumule pour ainsi dire les pouvoirs de l’évêque, du préfet et du président du conseil général. C’est lui qui fait les élections! C’est aussi l’époque où l’assiduité à la messe atteint des sommets: dans certains villages du haut Bocage, la pratique dominicale frôle les 100%! Peu de personnes s’abstiennent d’aller à la messe.

Aussi, lorsque le chanoine Boulard, qui cherchait à établir la carte religieuse de la France rurale, vient dans le département, en 1956, tout le diocèse se mobilise. L’évêché lui fournit des informations que les renseignements généraux ne seraient jamais arrivés à collecter. Il parvient à établir des cartes d’une précision extrême. Sur la base de ses travaux, on remarque que cette chrétienté coïncide avec l’épicentre de l’esprit d’entreprise qui caractérise les bocages du Sud-Loire, ne se situe pas exclusivement dans le département de la Vendée, mais également du côté des Mauges, dans la partie sud-ouest du Maine-et-Loire. Autant de zones où, selon Boulard, le christianisme est le plus fortement enraciné.

lexpress.fr

En 1964 quand la pilule contraceptive est arrivée, je suis allée voir mon médecin. Celui-ci était catholique et n’avait pu avoir d’enfant avec son épouse, il a refusé de me la prescrire au nom de la religion qui l’interdisait et sans doute aussi parce qu’il trouvait que j’avais de la chance au vu de son histoire personnelle, ce qui m’a aidée à accepter ma condition. Pourtant il avait signalé à mon mari qu’il ne pouvait pas continué de la sorte parce que j’étais très fatiguée, je voulais espacer les grossesses mais il ne voulait rien entendre.

A l’époque on ne parlait pas des règles, c’était tabou, certaines femmes qui accouchaient se considéraient comme des pécheresses, ce qui n’a jamais été mon cas. Avant de pouvoir pénétrer à nouveau dans une église, elles se présentaient avec leur enfant à la porte, attendaient que le prête vienne les chercher, les bénisse et chasse le démon. C’était ça la religion?…bah moi j’y comprenais rien!

Puis un jour, je me suis rebellée, j’ai commencé à dire « non » parce que ce n’était pas une vie. Tout ça c’est du passé, ça ne m’a pas empêchée d’arriver à 91 ans et ce qui me sauve c’est mon tempérament joyeux, parce que je ne suis pas une anxieuse. J’ai une chance inouïe, j’ai toujours eu plein d’amis tout en étant indépendante, et surtout pas dans le jugement.

Ce qui nous a tenu en couple c’est le travail, mon mari était un homme de la terre et j’avais le sens du contact, nous étions complémentaires, il avait besoin de moi et en contrepartie j’avais une grande liberté avec les rênes de la bourse familiale. J’ai toujours eu une grande confiance en lui, les « je t’aime » ça ne se disait pas, c’était tabou, pas de mots gentils, même à ses enfants. C’était un homme très travailleur qui n’avait confiance que dans les prêtes, c’est l’histoire d’un terroir, d’une éducation. Suis 100% d’accord avec l’évolution du droit des femmes, le droit de vote et surtout le droit à l’ivg parce que j’ai vu trop de femmes souffrir voire mourir des suites d’avortements clandestins. J’ai vu des femmes pleurer cette souffrance.

Enfin comme dit mamie …. »chacun sa vie »

A mes racines, à Suz & Dona sans qui je ne serais pas là♥

et vous que connaissez vous de vos racines?

 

 

 

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DIY Printanier

DIY Printanier

Préparons le printemps dans nos maisons (bah oui dès que je vois un rayon de soleil je me sens pousser des ailes …de papillons 😉 ) et pour la Saint Valentin…donnons le ton (je sais, je sais, j’ai un peu d’avance!!!), et n’oubliez pas de le dire avec des fleurs, c’est la clé des champs du bonheur!

Petite jardinière maison réalisée avec les peintures velours de chez Erika (made in Alsace), teinte velours ficelle patinée noir, pochoirs « Charme Chic » aux bâtons à huile effet 3D et satinelle brume de la marque Eléonore Déco (made in Bretagne)…suis chauvine mais je le vaux bien, non? La made in France ça donne un charme chic et fou…hein?!

 

Ou alors j’ai aussi plein d’autres idées pour détourner cet objet qui n’est rien d’autre qu’une caisse à vin mono bouteille :

Un organiseur de bureau? un rangement des condiments « Poivre & Sel » ?…mais avec des fleurs, il fait vraiment un malheur!

Si vous voulez mettre en oeuvre votre créativité,

je vous invite aux ateliers de l’Arbre à Papillons

Vous verrez recycler devient une vraie passion

Mettre de la couleur est un vrai bonheur

Une touche de déco juste ce qu’il faut

 

ps: Pour toutes les âmes intéressées d’Aquitaine et de Navarre, contactez moi pour commander les produits Erika, je vous ferai une offre que vous ne refuserez pas ;), un code spécial entre vous et moi!

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Prendre de la hauteur

Prendre de la hauteur

Ce sera mon mantra de 2018, ma formule mystique, mon incantation magique. Ce début d’année est le moment le plus approprié pour prendre de la hauteur sur les évènements passés et voir bien plus loin que le bout de son nez. Envisagez 2018 qui s’avance le coeur prêt à accueillir ce que les mois à venir vont nous révéler!

Je vous souhaite à chacun une belle et heureuse année qu’elle nous fasse découvrir un peu plus de nos trésors dissimulés, qu’elle nous ramène aux entrailles, là où la vérité est sans faille, et qu’en toute humilité nous apprenions à aimer nos côtés sombres, nos faces cachées.

Ces derniers temps mon silence n’avait rien du hasard, Maudmoiselle n’a pas disparu des radars, je me suis juste laissée bercer par ces moments un peu rares, ceux où l’on mange beaucoup et où l’on rentre tard, remplis de rires, de complicité des regards et de taquineries sur ma robe tapisserie 🙂

♥Créa Robe 6 panneaux Lila Moïta

Comme tout un chacun, à certaines périodes chamboulées, debout à l’intersection des sentiers, je me demande par quel bout prendre demain et si mes profonds désirs ne sont pas vains. J’essaie de tenir tête à mes peurs, à ce que me dicte la raison bien plus que le coeur, à toutes ces obligations qui me posent questions et qui m’empêchent d’agir en toute liberté.

Mais pour mieux avancer, j’ai choisi (non en fait ce n’est qu’une illusion ce rendez-vous était tout tracé!) Nathalie Bridonneau de rencontrer. Je gardais dans un coin de ma tête cette douce intuition que ce n’était pas pour rien que j’avais un jour croisé son nom. Il ma fallu quelques années et ses deux bouquins, bien intégrer, pour me dire que c’était le moment de me lancer. Bien m’en a pris, je peux vous dire que 2018 va décaper! Nous ne sommes que le 09 et l’année commence en mettant le paquet!!! Plongez avec amour dans l’union des contraires et  découvrez que tout est parfait sur cette terre…cette méthode est extraordinaire.

Stand Strong and determined Reste forte et déterminée, quelques mots tombés du ciel le 03 Janvier, message envoyé d’une âme bien intentionnée que j’ai attrapé à la volée comme s’il en dépendait de ma destinée.

Alors que Vianney chante sur les ondes que Dumbo ne fait que voler, cette mélodie depuis ne cesse d’envahir mes pensées, à l’heure où je commence juste, mes ailes, à déployer. Car malgré le poids de mes doutes qui croisent souvent ma route, c’est en gardant foi en soi, qu’on peut aller bien au delà que ce qu’on croit, n’est ce pas? Puisque je devine devant moi un monde qui fredonne en face B, des airs pleins d’humanité dans un souffle de légèreté…c’est vers ce monde là que je veux m’envoler.

J’ai rencontré tellement de regards en cette fin d’année, de mots qui m’ont chaleureusement confortés pour me dire que j’étais sur la bonne lancée. Maudmoiselle qui l’année passée s’est élancée doit continuer à écrire aussi sûrement qu’elle respire pour continuer d’avancer en toute honnêteté envers elle même, aussi sincèrement qu’ado elle écrivait des poèmes. Quant à l’Arbre à Papillons s’il vient colorer vos maisons c’est pour être en harmonie avec toutes les nuances de la vie.

Enfin, je vais vous avouer que pour clôturer 2017 le père Noël a été plutôt chouette, il m’a gâtée de merveilleux cadeaux, bien trop beaux : des confidences sur l’enfance quand l’école stigmatise la différence (post à venir), de rencontrer enfin Madame Karin Legros (j’ai hâte!), et entre les fous rires aux jeux de cartes, les délicieux thés parfumés à l’heure du gouter, les petits dej qui durent 2h à papoter, un merveilleux dernier coucher de soleil dans un ciel embrasé sur la dune, il m’a aussi offert les mains d’Emma, et bien plus que cela.

Alors que Norah Jones berce l’instant, bien au delà du massage, Emma fait danser ses mains sur la peau, sait aussi écouter son coeur et vous délivre bien des maux. De son pays le Bénin, elle a gardé son précieux instinct, la sagesse des femmes qui savent écouter les blessures de l’âme. Emma nous fait ce précieux cadeau, dans ce doux moment peau à peau, d’être pleinement là, attentive au moindre je ne sais quoi et remplit ses gestes d’amour pour vous envelopper comme dans du velours. C’est un rare don de soi, comme en massage je n’en connais pas, où se mêlent puissance et bienveillance, pour délester le corps de ses souffrances. Quand on sort de là, on se sent allégé de tout un poids et les mots d’Emma raisonnent alors profondément en soi, comme si pendant ce délicieux voyage, elle nous avait lu page après page. Non Emma ne m’a pas maraboutée, juste peut être quelque peu envoutée de son infinie sagesse, de sa grande sensibilité et il me presse que 2018 nous donne l’occasion à nouveau de nous rencontrer.

J’ai tellement de choses qu’il me tient à coeur de vous partager, tellement de rencontres que j’ai envie de provoquer, tellement de mots qui se bousculent derrière mes yeux quand ils sont fermés, mon plus grand souhait c’est d’éveiller en nous nos richesses tout en délicatesse.

Que 2018 soit empreinte de sérénité.

Quelque soit les tempêtes que nous serons amenés à traverser, sous la pluie n’oublions jamais de chanter.♥

 

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Auprès de mon arbre…

Auprès de mon arbre…

…je vivais heureux(se).

Rentrée de mon expérience Chi Nei Tsang en faisant le douloureux constat que mon foie n’était pas au mieux de sa forme, je décide de combiner au bourgeon de cassis en macérat (gemmothérapie*) et à l’artichaut (phytothérapie), l’aubier de tilleul sauvage du Roussillon, trouvé auprès de l’Herboristerie Moderne de Monsieur Yves Moreau. Une boutique qui a passé le siècle et qui me parait faire preuve de sagesse d’abord parce qu’elle nous propose un produit naturel, ensuite parce qu’il est « sauvage » et enfin parce que c’est local!

*Communément appelée « médecine des bourgeons », la gemmothérapie fait partie de la grande famille des phytothérapies, lesquelles proposent de prévenir et de traiter une variété de problèmes de santé à l’aide des végétaux. L’utilisation de bourgeons remonte au Moyen Âge, à l’ère des alchimistes, avec notamment la fabrication de sirops pour soigner les maladies respiratoires. Du terme latin gemme, qui signifie à la fois bourgeon et pierre précieuse, la gemmothérapie utilise exclusivement les tissus embryonnaires frais des plantes, arbres et arbustes, c’est-à-dire les bourgeons, les jeunes pousses et les radicelles.

L’aubier c’est quoi?

L’aubier désigne la partie du bois la plus jeune et la plus tendre, située entre l’écorce qui le protège, et le bois de cœur. C’est la partie correspondant aux zones d’accroissement les plus récemment formées, contenant des cellules vivantes qui a aussi un rôle de réserve d’énergie pour la plante.

Le tilleul c’est quoi?

Arbre aux feuilles en forme de cœur, le tilleul est un symbole de l’amour et de la fidélité. La religion chrétienne accorde au tilleul un caractère sacré, dû à l’odeur de ses fleurs, on en plantait alors près des églises au Moyen-Âge.
Arbre de justice,  on débattait des affaires publiques et on rendait la justice à l’ombre du tilleul dans l’Est de la France et pays germaniques,
Arbre de la liberté, il fut l’un des arbres choisis en 1792 pour incarner les valeurs de la Révolution française.
Symbole de l’amitié, de la fête, le tilleul occupe encore les places de village où il était sensé protéger du mauvais oeil.

Et que nous dit l’Herboristerie Moderne à propos de l’Aubier de tilleul sauvage du Roussillon?

L’aubier de tilleul est une des plantes les plus précieuses qui rentre dans beaucoup de compositions de tisanes.

L’aubier de tilleul sauvage du Roussillon protège le système hépatique et rénal. Il assure le drainage profond de tout l’organisme et permet d’éliminer les dépôts que le corps ne parvient pas à éliminer et qui à la longue se solidifient, se déposent sur certains organes et détériorent le terrain physiologique et cellulaire. Il pourrait permettre également d’éliminer l’eau retenue en excès dans les tissus (rétention d’eau) et de gommer la cellulite. Enfin L’aubier du tilleul pourrait permettre de dissoudre les dépôts cristallisés et entartrages rénaux, il contribuerait au bien-être du foie et de la vésicule biliaire car il évacuerait la bile et favoriserait de ce fait une bonne digestion, et contribuerait de ce fait à un bon cholestérol.

Pour la petite histoire

C’est en effet en 1916 que François Domenach, instituteur à la retraite, après 20 ans d’essais et de tâtonnements, conclut à l’efficacité de la décoction de l’aubier du Tilleul sauvage du Roussillon pour soulager, voire faire disparaître, les douleurs liées à la « gravelle », nom ancien donné aux calculs rénaux….d’où l’autre nom de l’aubier de tilleul : « La Gravelline ».

Donc je n’ai trouvé rien de mieux pour me préparer aux joyeusetés qui vont bientôt s’annoncer et mettre notre organisme à rude épreuve pour éliminer toutes les bonnes choses qui vont nous régaler. Une cure à faire avant, pendant et après les fêtes pour être toujours fin prêt. Le mieux c’est encore aux changements de saison c’est à dire au printemps et à l’automne pour aider le corps à supporter l’effort.

Plongez vos 3 bâtons d’aubier, dans 1,5 litre d’eau en train de bouillonner, laissez 15minutes infuser et vous obtenez un jus rosé au doux goût boisé, à boire tout au long de la journée.

Un précieux breuvage qui rendra votre foie plus sage et vous permettra sans doute de faire quelques dérapages avec les festins qui s’annoncent.

Autre bonne nouvelle, j’avais dans le fond de ma commande une dose de Thé de Noël en guise de cadeau, une création unique de l’herboristerie qui associe un Thé vert et un thé noir de ceylan avec des notes fruités et florales subtiles et délicates à base d’orange, citron, rose, fleurs d’oranger et souci puis un brin de Girofle, cannelle, cardamome, gingembre et citron vert…que du bonheur pour attaquer l’hiver ♥

Alors craquez sur l’aubier et faites vous plaisir, votre foie retrouvera vite le sourire♥

 

 PS: Et n’oubliez pas d’utiliser le code promo V5PHYE si vous voulez bénéficier de 5€ de réduction sur votre première commande chez l’herboristerie Moderne…parce que c’est pas Noël tous les jours 🙂
 
Sources:

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Chi Nei Tsang

Chi Nei Tsang

Issu de la tradition chinoise taoïste, le Chi Nei Tsang est un massage abdominal des organes internes (intestins, foie, rate, pancréas, estomac..). J’ai entendu pour la première fois parler du Chi Nei Tsang grâce à Mariette praticienne en coupe énergétique. Bah oui, pendant la coupe on cause et quand on cause on s’ouvre à un éventail de possibilités. J’étais donc ressortie de cette séance coiffure, avec une carte de visite en poche d’une praticienne en Chi Nei Tsang, sauf que la carte est restée au fond de ma poche.

Quelques mois plus tard, bien plus tard…je retourne voir Mariette et cette histoire de Chi Nei Tsang me remonte au cerveau par je ne sais quel moyen et je redemande à Mariette son contact…qui reste à nouveau au fond de ma poche …quand c’est pas l’heure..c’est pas l’heure!

Ce n’est que quelques temps plus tard, en déposant ma fille au basket, alors que j’en profite pour faire un tour chez Sol en Bio, que je découvre que ce magasin, à part des produits bio, propose aussi des soins….DONT du Chi Nei Tsang avec Tifen. Jamais deux sans trois, cette fois là je prends rendez-vous illico, sans demander plus de renseignement sur la personne qui me fera le soin, suis plutôt du genre qui vivra verra.

Le jour J, j’arrive donc pour le fameux massage et j’attends donc que Tifen que je crois être une femme, d’après le prénom, vienne me chercher…jusqu’à ce que je découvre que Tifen est …un homme. Je n’ai rien contre les hommes mais ancrée dans mes certitudes ce fut une belle surprise!

J’arrive plutôt en mode « découverte » que pour une problématique particulière avec la philosophie que dès fois ça fait juste du bien de se faire du bien. Après quelques échanges en bonne et due forme sur mes antériorités, je demande en quoi consiste exactement le soin que je sais être un massage de l’abdomen. Je considère mon ventre comme mon deuxième cerveau et j’imagine bien que ce sera pour lui l’occasion de trouver quelques trucs à dire…

L’abdomen accueille, sous le nombril, le centre des énergies (Tan Tien) et chez les femmes, il représente également le siège de la maternité. Le massage permet de débloquer des tensions souvent profondément enfouies. Donc bien plus qu’un simple massage le Chi Nei Tsang vient parler à nos organes internes pour les libérer de leurs maux. Parce que chemin faisant, on a l’impression que tout va bien mais à l’intérieur ça demande quand même parfois à être bichonné.

Moi qui venait là pour rien, la séance a commencé en signalant un foie au ralenti. Ce n’est pas une surprise cet organe a beaucoup encaissé lors notamment des chimiothérapies dont on voit des concrétions dans l’organe 20ans plus tard, par ailleurs on m’a aussi enlevée la vésicule biliaire donc son rôle de filtre est accru. Je sens lors de la séance comme mes organes congestionnés, avec un côté beaucoup plus douloureux que l’autre, et un point très précis sur ma gauche étonnamment sensible : La rate, organe mou du système lymphatique qui joue un rôle déterminant dans l’immunité et le processus de renouvellement cellulaire du sang.

J’avoue que ce ne fût pas qu’une partie de plaisir mais selon le concept « faut souffrir pour être belle » ..même de l’intérieur, je me persuade que c’est pour mon plus grand bien et je prends alors pleinement conscience de ce qui se trame au niveau de mes organes qui l’air de rien avaient besoin d’un petit coup de main.

Je ressors de cette heure, « zenifiée » voire abasourdie. Avec une prescription en phytothérapie (vive l’artichaut!) et gemmothérapie (macérat de bourgeons de cassis) pour aider mon foie à se refaire une santé. Dans les heures qui suivent je suis prise d’un coup de barre phénoménal qui m’aurait emmenée au lit à 19h si je n’avais eu d’obligations quotidiennes qui m’ont obligées à rester sur le qui vive! Tifen m’avait prévenue… »après la séance, restez tranquille ».

Donc quand on croit avoir affaire à une femme se laisser penser que ça peut être un homme, quand on croit que tout va bien, constater que peut être tout n’est pas aussi limpide qu’il le semble et quand on croit qu’on va se détendre dans l’instant, finir par se dire que parfois ça nécessite un petit peu plus de temps.

La morale de cette histoire….Ne jamais se fier aux apparences♥

 

nb:

Pensez Chi Nei Tsang si vous avez besoin de ses fonctions de:

  • désintoxication et tonification de la peau
  • amélioration du transit intestinal
  • nettoyage du système lymphatique
  • rééquilibrage de la circulation sanguine
  • stimulation des fonctions uro-génitales
  • soutien du système immunitaire.
  • drainer de “vieilles“ émotions et ainsi retrouver plus de légèreté et joie de vivre.
  • mal-être émotionnel
  • sensations de ballonnement, lourdeurs, gonflement du ventre
  • manque d’entrain général
  • maux de dos chroniques
  • troubles intestinaux et/ou digestif
  • ….ou juste pour rien 😉

 

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Tribal

Tribal

Avec mon Henné sur la main, dessin de peau qui m’emmène en pays marocain, je me sens telle une femme cheyenne munie de mon bâton de sauge blanche de Californie (Salvia apiana) pour purifier la vie. Tribale, je renoue avec mon essence animale, je me fais femme de toutes les couleurs, sans aucune frontière mais avec de réelles valeurs, qui s’ancrent dans la tradition de multiple façons.

J’entends parler depuis quelques temps de l’utilisation de la sauge blanche amérindienne pour purifier les intérieurs, renouveler l’air et éloigner les énergies négatives et l’idée a fini par germer dans mon esprit de vouloir expérimenter. Comme si mon voeu avait été entendu, Marie de L’Herboristerie Moderne de Monsieur Yves Moreau, heureux repreneur, à Perpignan, me contacte suite à une visite sur mon blog pour me proposer de tester quelques uns de leurs produits.

En bonne curieuse que je suis, il n’en fallait pas plus pour que j’aille à la découverte de leur site, voir si j’étais en cohérence avec leur éthique. Je tombe sous le charme du vécu de l’herboristerie dont l’histoire remonte à 1905, rien qu’à lire j’ai l’impression de sentir les bonnes vieilles odeurs de l’ancien, univers chargé du passé précieux qu’il contient. Une enseigne qui a défié le temps en misant sur le bon sens et la qualité, qui a fait de Dame Nature son principal allié et fait aujourd’hui le bonheur, de tous les catalans et de toutes personnes bien renseignées.

Le site propose tout un éventail de thés, plantes en vrac, macérats, huiles, etc, mais ayant fait une petite formation en Aromathérapie, je suis allée jeter un oeil sur les Huiles essentielles bio chemotypées*. J’ai pu constater que les précautions d’emploi étaient bien notées (ex: Une femme enceinte ne doit absolument pas être en contact avec l’HE de Menthe Poivrée), on y trouve par ailleurs tous les éléments essentiels à savoir : Le nom vernaculaire, la dénomination scientifique latine, le procédé d’extraction et l’origine et autre bonne surprise, on trouve tout un tas de judicieux conseils pour l’utilisation de chacune des HE.

On trouve également sur la page d’accueil le carnet « les conseils de l’Herboriste » abordant différents sujets allant de « Comment améliorer sa circulation » à des astuces pour mieux vivre le parfois difficile passage de l’adolescence. Bref je trouve la chose plutôt bien faite, copieusement renseignée et pleine de précieuses informations. C’est alors que je tombe nez à nez avec la Sauge Blanche de Californie, ce fût donc l’un des produits choisis (j’ai aussi pris de l’Aubier de tilleul sauvage mais ce sera un autre sujet ;)!).

72h plus tard me voilà avec mon bâton d’encens à la main, bien décidée à chasser les démons et à me transformer en sorcière (A ce stade là je n’avais pas encore inhalé la fumée 🙂 ). Comme j’avais envie de faire les choses bien, c’est à dire à fond, en mode bien imprégnée, et que je sentais en moi monter comme l’envie de me reconnectée avec l’année écoulée, je suis allée chercher mon cd de chants Navajo ramené de Monument Valley pour me mettre en condition et appeler tous les esprits amérindiens à me donner la main pour cette première expérience. J’avais le besoin de me sentir accompagnée par cette voix qui guiderait dans la maison chacun de mes pas….me voilà donc partie pour une Squaw danse.

J’allume alors mon bâton de sauge avec des allumettes, jusqu’à ce que les feuilles soient incandescentes et de mon souffle j’active légèrement la braise qui laisse échapper une douce fumée.

Les Cheyenne brûlaient la sauge pour purifier et éloigner les mauvais esprits, d’autres tribus l’utilisaient sous forme de thé pour soulager les maux d’estomac et de nombreuses autres affections, baumes à appliquer sur les plaies, remède contre l’eczéma, déodorant naturel…

Les amérindiens l’utilisaient non seulement pour purifier les lieux mais aussi les objets et les personnes. Bienheureuse de mettre à profit cette plante sacrée en cette fin d’année, j’espère avoir éloigné tous sentiments, pensées ou énergie négatives, au travers de ce nettoyage physique et spirituel qui par ailleurs aide aussi à la guérison.

Avant de commencer ce petit rituel, n’oubliez pas d’ouvrir quelques portes et quelques fenêtres pour laisser les courants d’air emporter dans ce doux parfum, vos colères, vos peines, vos maux, vos larmes et tous vos problèmes. Passez dans toutes les pièces, soyez juste présent à ce délicieux moment et laissez vous envouter par ce magnifique instant. Tout le reste de la journée, je fus dans cette sainte odeur bercée comme si les bons esprits tenaient jusqu’au bout à m’accompagner.

Si vous en avez déjà fait l’expérience, n’hésitez pas à partager vos ressentis, pour tous nos chers amis qui nous lisent ici.

Dans un élan de sobre spiritualité, je vous souhaite d’essayer, comme pour clôturer cette année passée, cette acte de purification à faire dans vos maisons, afin de démarrer du bon pied les prochains douze mois qui vont s’avancer ♥

 

 

PS: L’Herboristerie Moderne vous offre par voie de parrainage une réduction de 5€ sur votre première commande avec le code Promo « V5PHYE« …à vous de bien l’utiliser 😉

 

 

 

*Chémotype = La carte d’identité d’une Huile essentielle

 

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Né en 1927

Né en 1927

A l’heure où des monuments tombent…j’écris « Né en 27 », comme si j’avais senti d’instinct le poids de l’histoire qui était en train de s’envoler.

Je ne vous parlerai pas ici d’une star populaire, juste de mon grand père, des hommes qui chacun à leur manière auront façonné l’histoire et qui les uns comme les autres sont des êtres à part.

Nous portons tous en nous l’histoire de notre lignée, un peu de ceux qui nous ont précédés, c’est gravé dans nos mémoires, tatoué dans nos cellules, écrit à l’encre noire et brave les pendules. J’ai l’immense privilège d’avoir connu six de mes arrières grands parents et d’avoir aujourd’hui encore à mes côtés trois de mes grands parents…89, 90, 91 ans, un trio gagnant plein d’allant, comme un pied de nez au temps passé.

Depuis petite j’aime les entendre raconter, ces époques qu’à l’école on nous faisait réciter, et comme un devoir que je me fais un peu sur le tard, j’ai demandé à celui qui vient de fêter ses 90 printemps avec une mémoire qui défie le temps de me raconter encore une fois, la deuxième guerre et tout son barda. Un moment de transmission, pour mon plaisir à moi et toutes les générations, une voix enregistrée pour ne jamais oublier.

Nous voilà tous les trois attablés à la table de la cuisine, avec le pépé et la mémé comme quand j’étais gamine et alors qu’ils piquent une tête vers leur adolescence si pleine d’innocence, les souvenirs jaillissent avec tellement de précision qu’ils m’en donnent le frisson.

Il suffira d’une étincelle, pour que tout remonte à la pelle,…Allez papy raconte nous un petit bout de ta vie.

« Je suis né le 18 Mai 1927, sur les bords de Loire, à St Jean de la Croix, petite commune de 180 habitants à l’époque. J’avais deux sœurs, l’ainée née en 1925 et l’autre en 1931. Mes parents avaient une laiterie, mon père avait une camionnette, il allait récolter le lait dans toutes les fermes de la vallée et ensuite allait le distribuer dans la ville d’Angers en faisant du porte à porte. Il avait commencé en 1924 mais avec la guerre, en 1939 il avait du changer sa façon de travailler car il consommait trop d’essence et ne s’adressait alors plus qu’aux épiceries.

 

Quand la guerre s’est déclarée le 03 Septembre 1939 je crois, j’avais 12 ans.

Depuis nos ressentis d’enfants, on s’attendait à ce qu’il se passe quelque chose, on entendait nos parents, nos grands parents parler de l’Allemagne et d’Hitler qui menait un train d’enfer à tous les pays depuis 1934, puis il a envahi tous les pays des Balkans, puis la Pologne, puis la Belgique, c’est alors que la France a déclaré la guerre à l’Allemagne. Il y a donc eu mobilisation générale et tous les hommes qui avaient 20 ans et plus sont partis. Mon père a eu la chance de ne pas s’en aller parce qu’il était « affecté spécial », du fait qu’il nourrissait les gens. Il avait deux frères plus jeunes de 3 et 6ans de moins que lui, et eux sont partis.

Pendant cette période une ligne de front s’était établie entre la France et la Belgique, pendant 3mois (de Septembre à Novembre voire mi décembre), il ne s’est rien passé….jusqu’à ce que les Allemands attaquent. Alors nous la France on s’est défendu mais avec des petits moyens, alors que les allemands avaient un demi siècle d’avance sur nous avec des chars et des avions alors que nous avions les armes de 1914. La ligne Maginot avait été construite depuis la Suisse en remontant jusqu’au Luxembourg pour arrêter les troupes allemandes sauf qu’ils sont passés par la Belgique!

Les Français ont résisté un petit moment mais n’étant pas suffisamment armés ça a été la débandade complète. L’armée s’est disloquée et les officiers ont sauté dans des voitures direction le midi en laissant leurs troupes. Mes oncles sont descendus de la Somme à pied fuyant devant les allemands qui descendaient à une vitesse folle. En 8à10 jours le Nord de la France était envahi. L’un deux a été fait prisonnier en Allemagne avant d’atteindre Angers et l’autre est avec un ami passé chez eux, voir leurs femmes puisqu’ils étaient à proximité des Ponts de Cé. C’était le 19 Juin 1940, jour où les français ont fait sauter le pont Dumnacus pour que les Allemands ne traversent pas la Loire.

Sentant la menace et étant encore en uniforme, les deux soldats décident de poursuivre leur route, c’est alors qu’ils tombent nez à nez avec les Allemands à Trémentine qui remontaient du sud! Ils avaient traversé la Loire beaucoup plus bas vers Ingrandes. Les allemands les ont gardé 48/72h à l’oeil mais ayant déjà trop de prisonniers et ne sachant que faire d’eux, ils leur demandent de quitter leur tenue de soldat et de rentrer chez eux.

A cette époque là nous avions été évacués à Denée chez mes grands parents maternels, cultivateurs. On était 40 à loger dans la ferme pendant 15jours. Les hommes dormaient dans les greniers, sur la paille, les femmes et les enfants dans les chambres, y avait du monde un peu partout.

Les français étaient venus faire une ligne de front sur les bords de la Loire. Au Grand Port, notre maison longeait la route qui longeait la Loire, les soldats s’étaient donc installés entre la route et le fleuve et devant chez nous on avait un soldat avec un fusil Mas 36 de 1914 pour attendre les allemands qu’ils s’attendaient à voir arriver du Nord vers Ste Gemmes sur Loire. Tout le monde avait donc mis son bateau de ce côté ci du fleuve. Sauf que pas de bol…ils sont arrivés du Sud, depuis Rochefort sur Loire et une autre troupe arrivait du Saumurois à l’est.

Si bien que l’armée française des bords de Loire s’est trouvée prisonnière. Je garde de cette journée du 19 juin un souvenir. Je jouais sur la plage avec un copain et ma soeur et je me suis butée la cuisse sur la pointe d’une ancre d’un de ces bateaux et je me suis ouvert jusqu’à l’os. Ma mère a du m’emmener chez le docteur, jusqu’à Beaulieu sur Layon (nous étions quasiment les seuls à avoir une voiture dans le coin) et je me souviens très bien avoir croisé un régiment de tirailleurs Sénégalais sur les bords du Louet (bras de la Loire), au terrain de la pâture, je vois encore ces soldats noirs qui venaient prendre position sur les rives du fleuve. Si bien que lors de notre évacuation alors que mes copains jouaient, moi j’étais au lit! C’est d’ailleurs les gamins en rentrant de faire des courses dans le bourg, qui nous ont annoncés avoir vu des motos allemandes type side car, c’est comme ça qu’on a su qu’ils arrivaient du sud.

Mamy:  » A cette nouvelle ma grand mère en a cassé une bouteille de vinaigre! ».

Les gens ont malgré tout continué leur vie, on se demandait ce qu’étaient devenus les prisonniers, c’était stressant. Du haut de notre jeune âge on vivait ça de loin, c’était pas comme nos parents…puis la vie a repris comme avant. Surtout en campagne où il n’y avait pas de restrictions. La guerre s’est terminée pour laisser place à l’occupation.

En 1943 une compagnie est restée au village pendant 3 mois. J’étais en apprentissage en menuiserie et j’ai eu l’occasion de travailler avec trois allemands dont deux frères. Ils faisaient des lames de parquet pour habiller les camions. Le soir ils laissaient leurs camions sur le chantier dans des garages….remplis d’obus. Il y avait toujours une sentinelle qui montait la garde devant la porte. Avec Henri, mon maitre d’apprentissage, pendant que celui-ci occupait en conversation le veilleur, moi j’allais siphonner de l’essence dans les réservoirs, pour pouvoir faire la distribution à qui en avait besoin pour sa profession, à savoir le boulanger pour sa tournée, le médecin pour mener sa mission à bien.

Mamy: « Fritz, était hébergé chez nous, il participait à la vie de la maison, il allait mener les chevaux le soir avec Eugène (ouvrier) dans les champs. La première fois que le régiment est arrivé, ils ont mangé chez nous et il y avait du vin. Nous on mangeait tous les quatre dans la pièce à côté. Quand on est allés se coucher à l’étage, on a du enjamber les corps, ils étaient tous saouls, c’était pas beau à voir. »

Faits de résistance (?)

A partir de 1941,1942, ils arrêtaient tous les juifs. Plus on avançait dans le temps, plus y avait de la tension, on sentait qu’il ne fallait pas les chatouiller. Mon père a failli passer par les armes, parce qu’un voisin l’avait dénoncé en disant qu’il avait de l’essence. Le produit était rare et recherché par l’ennemi. Mon Père avait des bons d’essence par la préfecture ou la Kommandantur pour son camion sur le principe des tickets d’alimentation ou des cartes de rationnement. Après avoir été mitonné pendant 2h et avoir soutenu que non il n’avait rien, les allemands sont partis, il s’est alors empressé de tout vider dans les toilettes (une fosse) en pensant qu’ils n’auraient jamais l’idée d’aller y regarder. Tout ça parce que mon père avait refusé une livre de beurre à ce cher voisin.

 

Au début de 1944, on a vu une vingtaine d’avions « forteresse » approcher chargés de bombes, on entendait le grondement sourd arriver au loin. Je rentrais du cinéma avec des copains, il était 22h/22h30, c’était le 08 mai je crois bien, alors que j’arrivais chez mes parents, le ciel s’est tout étoilé de fusées éclairantes et on a vu Angers se faire bombarder, on entendait les ardoises vibrer sur les toits et la terre qui tremblait de partout. Ils avaient ciblé la gare, tout avait été détruit…

Les américains approchant, c’est les allemands qui sont venus prendre position sur les bords de Loire et nous avons été à nouveau évacués. On était 150 dans un chemin creux de la vallée.

Je me souviens j’avais un beau vélo Continental vert et mon copain, un bleu, réquisitionnés par les allemands. Un jour, on voit nos vélos le long d’un mur et gamins que nous sommes, nous reprenons nos biens! C’est alors que les allemands sont venus nous trouver dans le chemin alors que nous avions planqué les vélos. Nous nous sommes donc dénoncés, après quoi ils voulaient nous embarquer pour acte de résistance, et nous n’avons du notre salut qu’à mon père et une dame qui ont du expliquer que ce n’était que des idées de gamins!

 

Autre fait extraordinaire, le père de mon copain avec un autre avaient eu la bonne idée de traverser la Loire pour aller voir les américains au port Thibault de Ste Gemmes sur Loire et sont revenus avec des cigarettes américaines…Naturellement ils se sont faits attraper en arrivant sur le rivage. Considérés comme des terroristes, ils se sont retrouvés attachés à des peupliers prêts à être fusillés. C’est un fameux Robert B. qui leur a sauvé la peau à force de plaider leur cause.

Par ailleurs un des frères du père de mon copain avait été au service obligatoire en Allemagne et était revenu en permission, sauf qu’il n’était jamais reparti. Il était planqué avec nous dans le chemin creux, sa femme avec ses deux enfants avait monté une tente, elle avait fait un trou dans le sol et il était caché au fond de celui-ci avec un tapis par dessus lui alors que les allemands passaient deux fois par jour vérifier qu’on était bien le même compte…c’était pas le moment d’éternuer.

Un autre avait été planqué pendant deux mois dans un four à chanvre dans le vieux bourg donc quand on a évacué, il fallut l’emmener. On l’a donc mis dans une charrette entre deux matelas. Les allemands testaient le contenu à la baïonnette, le coup de chance a voulu qu’ils piquent le convoi d’avant et celui d’après…On a une destinée…n’est ce pas Maurice C. ?!

Les derniers mois, c’était une sale période. Nous sommes restés dans ce chemin pendant une quinzaine de jours, jusqu’au dimanche 13 Août 1944 à 14h, où ils nous ont fait évacuer avec les moyens du bord, charrettes, chevaux et compagnie pour aller jusqu’à Faye d’Anjou où nous sommes restés 3 semaines. On était 25 dans un hangar sur la paille où j’étais bouffé par les puces!

 

A cette époque, les allemands étaient sur les nerfs, les américains les bousculaient sérieusement, ceux qui avaient eu le malheur d’aller les visiter pour des cigarettes étaient fusillés, trois y ont laissé leur peau : Henri L., Jean F. et Christian R qui avait juste 20ans, pris pour des terroristes et tués dans la rue appelée aujourd’hui, « la rue des fusillés » à Mûrs-Erigné.

Les américains bombardaient de notre côté et les allemands avaient un canon antiaérien (Défense Contre Avions), pour chasser les avions qui passaient.

Mamy : « On s’habitue à la guerre, au danger. Quand j’allais garder les vaches avec Marie Madeleine, on entendait au loin le canon. En 1940 quand les avions mitraillaient on se cachait bien vite dans les haies. Avec mes parents, on se cachait avec d’autres familles qui n’avaient rien dans une tranchée où on avait de quoi vivre en cas de besoin »

« On avait fini l’école à 14ans. Rare étaient ceux qui allaient au collège. Nous n’avons pas souffert de restriction alimentaire au contraire des villes où ils se nourrissaient de rutabagas. On avait un jardin, on avait jamais eu de cochon, on en a eu un, on avait du lait, on s’était mis à faire notre beurre, on avait pas d’huile, on se servait de la crème. On avait un peu de mal à s’habiller mais pas de quoi s’affoler. »

« En 1944 quand les allemands ont quitté précipitamment Denée, ils s’étaient installés au Château de Souvigné près de chez mon oncle où on s’était retranchés. Ils avaient leurs voitures sans portière avec leurs mitraillettes, ils étaient tous alignés dans le petit chemin. Ce fameux soir, on a mangé dans le noir sans faire de bruit, on sentait que l’ambiance était électrique, on est partis se coucher en rampant dans la grange et le lendemain matin quand on s’est levés ils n’étaient plus là. On avait eu réellement peur…. le moindre faut mouvement aurait été une étincelle »

Une fois les allemands partis, mon père est retourné voir chez nous à vélo, si la voie était libre. Les allemands avaient libéré les animaux. Les cochons savouraient leur liberté et on retrouvait les vaches au milieu de la salle à manger qui était toute « bousée »! On craignait que les maisons soient piégées, ce qui s’est avéré, car un s’est fait tuer par une mine déposée dans le fond d’un tiroir.

 Tout cela s’est terminé en Mai 1945 avec beaucoup de dégâts et de tués puis… la vie a repris son cours.

♥♥♥

Ce que je sais, c’est que 75ans plus tard, il en faut peu pour allumer le feu au fond de ces yeux vert bleu, et qu’il faut vivre pour le meilleur car un jour viendra où il ne sera plus temps de se dire qu’on a oublié de vivre.

 

A Louis, Agnès, René, Cécile, Irène, Denise…et tous ceux qui ne sont plus là pour raconter.

Et chaleureux clin d’oeil à Johnny qui aura bercé nos vies

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