Catégorie : A coeur ouvert

Tranches de vie de femmes

Le Crabe

Le Crabe

Belle métaphore que cette petite bête qui marche de travers pour évoquer ce foutu cancer.

Je suis grande guerrière, du bout de mes doigts avec la terre je peins mon visage quand c’est nécessaire car en moi vit le feu de l’univers, bien plus puissant que la lame et le fer. Nous faisons partis d’un tout, bien plus grand que nous et c’est au creux de soi qu’on trouve l’énergie de l’au delà.

Depuis quelques temps, plus le temps passe et plus j’en apprends…un puis deux puis trois puis quatre puis cinq êtres touchés par la sale bête comme désignés par la foudre, vous demandant d’en découdre.

Je regarde la situation avec 24ans de recul, regard de la leucémique sortie de sa bulle, 6 mois enfermée, 6 mois à redécouvrir le monde comme je ne l’avais jamais regardé. Malgré le constat que la médecine ait bien avancé, le crabe lui continue de grignoter.

Mais voilà face au destin, nous n’empruntons pas tous le même chemin, nous réagissons chacun selon notre personnalité, notre histoire passée. Pourtant j’ai envie de te dire avec l’immense désir de voir chacun guérir comme une ultime prière que je lance à l’univers, ce qui s’est passé dans mon être, malgré les souffrances et les envies parfois de disparaître que la route qui s’avance va te rapprocher de ton essence à grandes enjambées et tu découvriras en toi le vrai guerrier.

J’ai écouté ma peur et c’est au milieu d’un immense brouillard, qu’elle m’a appris à écouter mon instinct sans le savoir.

La Peur, on la reconnait bien, elle arrive à petits pas et vient se loger doucement dans l’antre, au creux de nos ventres. Je l’ai reconnue au loin, elle a toqué à ma porte un beau matin. Elle n’est pas née à la lueur du diagnostic, elle est arrivée bien avant dans le fond de mes tripes, à la vue des symptômes, mes jolis hématomes. Je sentais bien dans chaque particule de mon corps le douloureux frisson de la peur. Je pressentais le danger, mon sixième sens en train de m’alerter tel un animal sentant l’inévitable arriver. Mon intuition guidait mes actions, alors que mon esprit tournait en boucle sur ces bleus inexpliqués, je savais que c’était de l’aide qu’il me fallait trouver. Elle était là la peur, logée dans mon ventre, m’empêchant de raisonner, débarquant au milieu de la nuit en cauchemar, comme un animal sauvage tapit dans le noir.

Une fois prise en main, consultée par un médecin, la peur s’est envolée, j’avais déposer ma confiance dans ses mains, je remettais à ce sachant mon destin, je n’avais alors plus de raison de m’inquiéter pour demain. Il en fût de même quand on m’emmena en catastrophe aux urgences, sans qu’on m’explique le pourquoi de ce vent de panique. Je me suis seulement sentie portée, je me sentais bien entourée. J’étais désormais en sécurité dans ce lieu aseptisé, les pros pouvaient s’inquiéter pour mon cas, ma foi, j’avais atterri là pour ça. Je n’avais qu’à me laisser porter au fil de l’eau, le monde médical ferait ce qu’il faut. Quoi qu’il en soit avais je vraiment le choix? La maladie est sans foi ni loi, n’est ce pas?

La maladie est un grand déstabilisateur qui te fait perdre tous tes repères et met en exergue tes frayeurs. Un obus qui éclate sur tous les membres de la famille, une véritable onde de choc qui à des kilomètres à la ronde s’éparpille. J’avoue avoir été tellement centrée sur ce qui était en train de m’arriver que je ne me suis jamais vraiment souciée des dommages collatéraux engendrés. Mea culpa je l’ai réalisé il n’y a pas si longtemps que ça, à la lueur de « Moi on ne m’a jamais demandé comment j’allais » de Marie Fugain, j’ai pu projeté ce qu’avait sans doute vécu mon frangin. Mon devoir était alors de rassembler toute mon énergie à lutter pour la vie, de bâtir une force intérieure où je puiserai les jours de pas de bonheur, une armure prête à encaisser les blessures.

Guerrière au fichu sacré caractère surement hérité de mes arrières, je n’ai pas toujours respecté les consignes médicales, je me suis parfois mise à mal mais je n’ai jamais mesuré ou voulu tenir compte du danger, c’est sans doute quelque part ce qui m’aura sauvé. Je ne me suis pas fait de plan sur la comète, ni extrapolé quoi que ce soit pour être honnête, pas de scénario catastrophe, j’étais juste mise pour quelques temps sur off. Je n’ai jamais ressenti plus loin que l’instant présent et c’était déjà bien suffisant. J’étais là, enfermée entre quatre murs et je n’avais que mon esprit pour gambader en pleine nature.

J’ai nourri l’énergie du volcan que j’abrite, j’ai envoyé mes doutes d’une flèche en orbite et j’ai tracé ma route, avançant coute que coute.

 Ce n’est que quelques jours plus tard, alors qu’on me piquait au milieu de la nuit jusqu’à qu’on ne puisse plus y voir, alors que mes bras jusqu’au bout de mes doigts étaient devenus bien noirs, les veines ayant cédé à chaque ponction de sang réitéré, que le verdict a fini par tomber: Leucémie aigüe. Une annonce à 40°de fièvre, avec au fond de la mémoire, Yann 18 ans décédé l’année écoulée de ce mal qu’il n’avait pu terrasser. Au bruit de ces mots qui s’incrustent en moi, comme on brulerait ma peau, mon mental surgit : « lui il est parti mais moi je resterai ici », et je signe alors ce protocole d’accord pour tester sur mon corps un traitement venant des Etats-Unis, mon épée contre la maladie.

Cet instant est resté figé dans ma mémoire, il est photographique, ce fût quelque chose d’absolument magique : j’avais décidé. Je me positionnais en maître du jeu, je me battrai au mieux, j’avais compris que mon physique allait devoir encaisser mais que mon pouvoir était dans mes pensées. Je n’ai jamais envisagé d’abandonner,  j’avais une vie que je venais à peine de commencer, je n’ai jamais pensé au pire, j’étais capitaine du navire. L’optimisme était affûté, c’est la règle à laquelle je ne devais pas déroger.

Lorsque vous êtes dans le doute, restez calme,et attendez ;

 Lorsque le doute aura disparu, alors allez de l’avant avec courage.

Tant que la brume vous enveloppera, attendez ;

 Attendez jusqu’à ce que le soleil pénètre à travers la brume et la dissipe ;

 Car c’est ce qu’il fera.  Ensuite, agissez avec courage.

Chef Ponca Aigle Blanc

Le mental c’est capital, bien plus fort que cela je dirais même vital. Il permet de ne pas se laisser emprisonner par le mal, c’est la clé pour ne pas se désaxer de notre volonté de guerrier. J’ai été sauvé par les miens, par l’amitié, par les copains, par la tribu à laquelle j’appartiens. Dans ma bulle de verre, ma bulle d’enfer, les rires et les larmes ont été les plus forts, des partages sans état d’âme pour mettre le mal à mort.

J’ai été étonnée de tant de présence, je n’imaginais pas tout ce soutien je pense, je n’avais pas pris la mesure de l’amour porté, j’ai pris une bonne claque, elle m’a galvanisée.

A toutes les occasions j’ai choisi de ne pas subir, comme me raser la tête avant le pire, j’étais Cheyenne, j’étais Comanche, la tête nue je devenais celle qui prendrait sa revanche.

Les cheveux pour la femme, c’est un bien précieux, mais ce n’est qu’un mauvais moment à passer, d’une façon ou d’une autre ils finissent bien par repousser. D’expérience je dirais que ce n’est pas le plus dur à encaisser,  bien plus lourd est le regard des autres à supporter, je me suis sentie parfois telle une alien et plutôt que de nourrir la haine, cela n’a fait que décupler mon envie de batailler.

Je vous rassure, malgré la bravoure, il y a eu des mers d’orage quand  je me sentais fauve en cage, des moments de torpeurs, des journées qui avaient le goût de la douleur. J’ai supporté des souffrances physiques parce que pas le temps d’un anesthésiant chimique, y avait juste un peu de glace pour préparer la place, une bonne main innocente à écraser, pour t’aider l’insupportable à supporter.

Mais au bout du compte, après les années passées, ce n’est pas cette douleur là qui reste dans les souvenirs, c’est la peine d’avoir entendu les copains de chambrée souffrir, ceux qu’on désespère de ne pouvoir consoler, eux que je n’aurais finalement jamais croisé, quand les larmes passaient les murs, les peurs sortant par les vomissures, d’hommes et de femmes que la nuit rien ne rassure.

J’avais surement l’avantage de l’innocence, d’une gamine à peine sortie de l’enfance, je n’ai jamais été en panique, pas vécu de comédie tragique. Mais j’ai eu des coups de colères d’être enfermée à ne savoir que faire, de voir mes cheveux fraichement repousser à nouveau tomber à terre mais je ne me suis jamais avouée vaincue, tel un boxer un transe, je tiendrai l’adversaire à distance, j’étais bien décidé à lui faire mordre la poussière à ce foutu cancer.

J’ai appris à mettre ma pudeur au placard, quand paralysée quelques temps dans mon lit condamnée à l’isoloir, une jeune femme à la douceur infime, vint me faire ma toilette intime. C’était sans compter que cette impossibilité de bouger, allait me voir obligée, de me retrouver avec une bassine sous les fesses pour qu’à faire mes besoins en public je m’abaisse. Ce ne fût qu’une parenthèse, mais je n’en retire aucun malaise, elle m’a appris l’humilité et qu’on comptait dans ce monde des gens plein d’humanité.

Cher Jedi du monde réel, je viens te faire un aveu où tu puiseras des jours heureux,  je t’assure que la force est en toi, je te vois sourire où que tu sois, mais je t’affirme que c’est la vérité crois moi. Tu le sais quand tu respires, c’est ce qui fait de toi cet être en devenir.

Mon esprit avait soif de nature pour passer outre les blessures

L’homme à une capacité à encaisser bien plus qu’il ne le prétend. Il est doué d’une formidable capacité de résilience, c’est d’ailleurs là que réside notre chance, nous sommes tous un peu magiques, nous sommes doués de dons magnifiques et la maladie telle un révélateur vient nous dévoiler notre grande valeur. On a tous cette aptitude à conquérir, quand on écoute du fond de soi ses plus chers désirs. Au plus dur de cet enfer, j’ai toujours voulu voir la mer, dans les quatre murs de ma prison, mon plus grand souhait était de voir à nouveau l’horizon. J’avais besoin de cette force naturelle, de l’océan comme une passerelle, pour aller puiser l’énergie qui permettrait de me maintenir en vie.

Je me souviens de la femme en traitement dans la chambre suivant la mienne, femme que je n’ai jamais vu mais qu’à cela ne tienne, je l’entendais parfois gémir la nuit, à l’heure où le silence ne fait pas de bruit. Cette femme avait perdu espoir, seule dans la nuit noire, elle pleurait son désespoir. Elle avait baissé les bras sans doute fatiguée jour après jour de lutter, épuisée par la chimio qui vous met parfois ko. Les traitements jusque là avaient eu un effet bénéfique tant que son mental n’avait pas pris une pente tragique, il fallait impérativement pour l’équipe médicale qu’elle traque à nouveau le mal. C’est fifty/fifty m’ont ils dit, il faut qu’elle retrouve sa détermination pour remettre les traitements sur la ligne de front.

J’avoue j’avais des infirmiers et aides soignants en or qui m’ont donnée des coups de pieds aux fesses bien indolores. Ils m’ont obligée à sortir du lit, surtout quand j’en avais pas envie. J’avais beau sortir mon badge de malade, y avait pas moyen que je les balade. Ils m’ont même collée des altères dans les mains pour que je m’oblige à stimuler mon corps pour mon bien.

J’ai pris bien souvent la clé des champs, grâce à la musique comme un voyage fantastique, un moyen de me transporter hors de ce lieu où j’étais enfermée. Je m’envolais dans le bleu, « Belle ile en mer » tombait des cieux, j’étais pas fan de Voulzy mais je l’appréciais les jours de pluie.

Nous portons tous dans nos valises, nos lots de cicatrices qu’on se le dise, mais si c’était à refaire, je chercherais un soutien psychologique adapté pour déverser tous les moments traversés. c’est la grande nouveauté d’aujourd’hui, cet environnement qui accompagne la maladie et c’est une véritable opportunité, à ne pas négliger.

Guerrier, parfois la vie t’oblige à durement te confronter, et surtout à toi même comme un challenge suprême. C’est alors que tu bâtis cette merveilleuse coiffe qui te grandit et fera de toi un grand chef, plein de sagesse, car jour après jour, la vie te demande de faire preuve de compassion et de bravoure, et pas après pas tu gagnes la plume d’aigle qui t’ornera. Parce que l’aigle peut voler bien plus haut que les autres oiseaux et voir bien plus loin que n’importe quel humain.

Dans ces sales moments que peut être tu traverses, malgré les doutes surement qui se déversent, n’oublie pas que c’est toi le boss quitte à passer pour un sale gosse 😉 ♥

« Le Boss » By Peg inspiré par Noé Two

 

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Entre ciel et terre

Entre ciel et terre

…trouver l’équilibre.

Descendue de l’avion, avant de rentrer à la maison, suis passée par mes racines, l’appel des berges angevines. J’étais emplie d’une douce émotion, d’une chaleur comme un doux cocon, en moi la mer était calme, pas de tempête de regret ou de tristesse qui mette de vague à l’âme. Même pas jet lag, pas moyen de se laisser perturber par la moindre vague. Ce n’est que quelques jours plus tard, alors que j’arrivais sans le moindre coup de cafard, à peine franchie le seuil de la maison, je me sentie soudain comme en prison, avec l’envie de prendre mes jambes à mon cou, c’était le signal d’un coup de grisou. C’était comme revenir en arrière, et soudain je manquais d’air, il me fallait reprendre à nouveau tous ces repères, dont je n’avais que faire, je venais de vivre une année d’émancipation, qui venait de me faire retrouver la raison, un espace de liberté sans lequel je refuse aujourd’hui d’avancer. Il m’aura fallu un sas de décompression, entre femmes retrouver le chemin de « ma » maison, celle que je porte, ne restait qu’à en retrouver la porte.

C’était ma plus grande hantise, que cet état de zénitude se brise, et c’est finalement arrivé, comme un acte prémédité. Il m’a fallu donc repartir pour mieux revenir, et tout était judicieusement planifié comme si mon instinct m’avait tout dicté. J’ai fini par rentrer sereine, avec la joie qui coulait dans mes veines, j’avais trouvé une nouvelle unité en la sororité.

Il m’aura fallu définir mes nouvelles priorités, tant que faire se peut ne pas me laisser désaxer, apprendre à mettre des limites, pour ne pas déraper trop vite, savoir dire non est un essentiel de l’affirmation. Je ne veux pas me lancer dans ce nouveau départ par dépit, j’ai envie de choisir ce qui me fait vraiment envie, le matin ce qui me pousse à sortir du lit et booste mon énergie. Se sentir à sa place, de marcher dans les traces, comme si nos pas venaient magnifiquement s’y imbriquer, sentir qu’on est enfin sur le bon sentier.

Par ces temps où nous sommes un peu malmenés, déséquilibre qui nous pousse à nous réajuster, dans nos valeurs et dans nos cœurs, je trouve dans mon for intérieur la force de ne pas céder de place à la peur, et pas après pas je retrouve mon seul moteur, être dans l’instant est finalement le plus grand des bonheurs.

C’est vrai que quand on y pense, on est dans un sacré moule depuis l’enfance, rare est la notion de plaisir, il faut travailler pour une vie à construire, avoir un métier, dans une voie qui a de l’avenir. On se crée un monde d’exigences, maison, loisirs, dépenses, et nous voilà bientôt pris au piège de ce modèle de braises, où l’on se consume avec parfois beaucoup d’amertume parce qu’on ne laisse pas assez de place à nos rêves, et qu’on ne trouve plus le moyen de faire une trêve.

C’est devant le regard de ma fille désabusé, elle qui vers l’âge adulte refuse d’avancer, que j’ai fini par sérieusement m’interroger. A nous voir courir comme des chiens fous, on ne lui donne pas envie du tout, de mettre un pied dans cette machine infernale, devant laquelle la plupart des jeunes détalent.

Pourtant il est vrai qu’aujourd’hui je ne gagne pas un rond et que ça devient une vraie question, puisqu’après cette parenthèse enchantée, je dois mon avenir réorienté. Mais je fais le pari fou que peut être grâce à vous, alors que devant la feuille de papier je suis galvanisée, je pourrai réaliser mes rêves et tenter le tout pour le tout et qu’au bout de l’envolée, je retomberai surement sur mes deux pieds…assurément ancrée.

Et alors que j’écris, entre ciel et terre, pour trouver ma place entre « Etre » et « Faire », je reçois un invité, qui sur ma fenêtre est venu s’assommer. Projectile des cieux, parachuter à terre, quelle belle métaphore, que ce petit corps eut besoin pour quelques instants de reprendre ses esprits pour s’élancer à nouveau vers l’infini. Poser dans le creux de ma main, l’animal au fragile destin, a repris vigueur, porté par mon souffle et sa chaleur, de même je compte bien sous vos regards, comme un précieux espoir, ce bel équilibre trouver, pour comme cet oiseau m’envoler.

Pour finir, observer cette toile, intitulée « between earth and sky », et constater qu’au point de fusion, de l’or jaillit à l’horizon, pépite que chacun cache en son corps et qu’il nous faut aller chercher tel un orpailleur.

…Femme en marche vers sa vie,

et alors que je tape ces derniers mots, je découvre le conte qu’il faut 🙂

« Prends soin de ta vie, prends soin de ta vie, prends soin de ta vie… » ♥

 

Sources:

Photo à l’oiseau by Zoé

Site de l’artiste http://dari.jullien-ing.com/, Dari la femme aux mille nuances quand elle sourit

 

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Like an earthquake

Like an earthquake

En ouvrant mes placards, je tombe sur ces quelques lignes retrouvées par hasard, je souhaite vous les partager, juste pour ne pas oublier, et se dire que ce n’est pas parce que c’est derrière, qu’il ne nous reste plus rien à faire.  A Albert, qui navigue parfois dans mes pensées, sans savoir ce que la vie va demain lui réserver.

« Like an earthquake but a good one »

Je crois que ces mots resteront gravés longtemps dans ma mémoire, un séisme intérieur….c’est ce qu’aura su provoquer un élan des coeurs.

A l’instar d’un tremblement de terre qui peut ébranler bien des constructions dont on croyait les fondations solides, la générosité, la solidarité, peuvent briser des croyances et dans un même élan faire jaillir des larmes de bonheur, de gratitude et réconcilier l’homme avec ses semblables, apaiser des colères, et donner de l’espoir, là où l’on semblait croire que plus rien de bon ne viendrait pousser.

Il m’a fallu attendre le jour de mes 43 ans pour trouver le courage nécessaire pour faire un premier pas et dépasser mes peurs, celle de l’inconnu, celle d’être rejetée, de la différence, jeter à l’eau mes a priori, enlever mes œillères, me dire que j’étais capable d’aller vers l’autre, de lui tendre une main…faire preuve d’Empathie avec un grand « E ». J’y suis allée un brin tremblante avec l’idée que je n’avais rien à perdre mais que nous avions tous à y gagner.

Je ne me serais jamais cru capable de faire ce premier pas, au même titre je ne me serais jamais cru capable de demander de l’argent ne fusse pour une bonne cause…et j’ai osé, et cet acte a provoqué un élan de fraternité, peu importe les kilomètres entre nous, peu importe la couleur, peu importe le pays, peu importe la quantité d’argent versée, vous m’avez encouragée, vous avez misé sur l’Humanité.

Les premiers mots de cet homme après avoir reçu ce trésor ont été… le silence, il m’a signifiée d’un simple geste de ne plus rien dire, juste quelques secondes, pour réaliser, comprendre, ressentir, se laisser envahir par l’émotion, gouter la joie et laisser couler les larmes . « I am so touched » et de me faire serrer dans les bras de cet homme que je connaissais à peine, un hug mais pas à l’américaine, un hug à la Amma, un « câlin » fort en joie. J’avoue je suis quiche avec le hug, je n’ai pas cette chaleureuse spontanéité, je ne sais pas faire, je ne suis gauche à le recevoir, peut être une question d’éducation mais j’apprends, parce que finalement je trouve le geste beau, bienveillant et réconfortant.

Merci Albert de m’avoir appris l’humilité, merci à vous de m’avoir donné la main dans cet élan, merci de m’avoir permise par ce geste aussi modeste soit-il de me rappeler de quoi nous sommes capables ensemble.

Au delà d’être heureuse pour Albert, je suis heureuse que cette histoire soit venue apporter aussi un peu de sérénité dans le coeur d’un petit garçon bien éveillé, inquiet de l’avenir des oubliés de ce monde….à Albin, tu vois l’homme peut aussi faire le bien.

c’est l’effet papillon, un geste résonne de mille façons ♥

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