Catégorie : A coeur ouvert

Tranches de vie de femmes

Belle Mere

Belle Mere

Famille recomposée

« Composer », le mot phare de ma vie de « Belle Mère ». Vous entendez comme moi ce « R » qui racle, un peu brutal, et désagréable? Il y a quelque chose dans l’alliance de ces deux mots, belle et mère, qui sonne faux à mes oreilles rien qu’à le prononcer, je trouve l’expression, ni douce, ni affectueuse, même un peu rugueuse dans la gorge, comme s’il n’y avait pas d’amour autour, une version adoucie de la marâtre.

Avant de VIVRE en vrai, au jour le jour, l’expérience de la famille recomposée (et quelle expérience!), j’étais pleine d’entrain et de belles croyances, bercée d’illusions, je me suis pris en pleine face l’abrupte réalité. En ce qui me concerne l’affaire était simple, j’allais me retrouver avec deux nanas supplémentaires en plus de la mienne, on allait faire du lien, elles m’accepteraient dans leur vie, je serais un peu leur copine, leur confidente, ce sera chouette. L’histoire restait à écrire mais je trouvais qu’elle avait un beau potentiel de départ.

En fait, l’histoire s’est écrite tout autrement. Elles étaient à l’aube de l’adolescence et leur idéal venait d’éclater en miettes. Tant que je n’avais pas élu domicile, que je n’avais pas posé mes valises, je ne représentais pas un danger potentiel. J’entends par danger qu’en tant que femme, je prenais une place qu’elles se sentaient légitime d’occuper, parce que dans leurs yeux de petites filles, un peu amoureuse de leur père, elles devaient occuper toute la place pour compenser le manque d’une relation qui se rythmait désormais d’une rencontre un week-end sur deux. Mais c’est sur cette confusion des genres que sont nées les premières tensions. On ne jouait pourtant pas sur le même terrain mais tout était prétexte pour me montrer que je n’avais pas ma place, j’étais l’étrangère en terrain conquis.

J’ai débarqué une fin de juillet, le jour de la Ste Brigitte, et là nous sommes entrées tout de suite dans le dur. J’ai vécu en terrain miné de longues années, ne me sentant parfois aux abris que dans les quatre murs de ma chambre, osant à peine sortir pour ne pas croiser un regard de défiance ou une réflexion à la volée. L’air était dense et électrique, chargé de colère, de tristesse, de culpabilité et de toutes ces émotions inavouées. On mettait cela sur le compte de la souffrance, d’une situation difficile à accepter, à nous d’arrondir les angles, c’est bien nous les adultes qui avions tout décidé, c’était quelque part le prix à payer.

J’ai lancé des perches, jeté des fils, ils sont tous tombés à terre ou noyés dans l’eau. Pas moyen de tisser juste un bout de toile, ne serait ce que quelques mailles, l’amour ça ne se force pas, quelqu’un qui ne vous veut pas dans sa vie….NE VOUS VEUT PAS DANS SA VIE. Qu’on se le dise, les enfants de l’autre ne seront jamais tout à fait nos enfants, pour autant j’ai la conviction profonde que quand tous les éléments de l’environnement tendent vers une certaine ouverture, il est possible de créer une situation favorable à l’épanouissement de chacun, où respect mutuel et bienveillance sont les maîtres mots. Cependant j’ai eu bien souvent l’impression d’être en plein match, de voir se former deux équipes, de temps à autre ça joue mais la plupart du temps c’est la compétition à peu près sur tout… les uns contre les autres.

Un week-end sur deux, c’est de la rigolade me direz vous…en fait c’est vite revenu, voire trop vite pour respirer. Il m’arrivait les vendredis d’avant débarquement, de me mettre en condition psychologique pour être en capacité d’accueillir. Pour autant bien souvent le soir j’enfilais l’armure pour être fin prête à recevoir les flèches qui allaient pleuvoir ou les regards revolver. J’avoue j’en ai pleuré de cette inimitié, j’avais pas vu venir, j’avais enjolivé la chose. Le but ultime était forcément de désunir, je peux le comprendre, pour autant la situation était ce quelle était et nous devions TOUS composer avec.

Sur plein de points j’ai eu tort, j’ai cru que je devais faire le dos rond face à maintes situations, prendre sur moi pour éviter les déflagrations mais avec le recul je réalise que tous ces évènements, ces mises en tension se sont présentés pour que j’apprenne à m’affirmer dans ma nouvelle position, et que je ne devais pas me laisser envahir par la colère qui était dirigée contre ma personne. En bonnes adolescentes, elles ont titillé nos nerfs assez bien pour nous pousser dans nos extrêmes limites, jouant sur tous les tableaux, on a résisté du mieux possible, on se disait qu’en grandissant elles allaient gagner en maturité, et qu’inévitablement les choses allaient changer.

Puis comment vous dire qu’il y a AUSSI des instants précieux, les moments rares, ceux qui te font monter les larmes aux yeux, des miracles de la vie, les arrêts sur image, des petites bulles de bonheur, un geste que tu n’attendais plus, un bouclier qui tombe, c’est alors qu’en toi tout s’apaise comme si enfin tu ne marchais plus sur des braises.

J’ai tellement appris durant ces années, sur qui je suis, mes faux pas, mes inaptitudes, mes limites, mes forces, mes richesses. J’ai tellement grandi aussi, poussée dans mes extrêmes retranchements, j’ai exploré mes zones d’ombre autant que mes zones de lumière et chaque jour qui s’avance je regarde mon chemin d’évolution et j’en suis fière.

Sept ans plus tard, après une année passée ensemble à temps plein, la vie m’apprend que rien ne se force jamais, que le temps joue en ta faveur si tu tiens sur la longueur et que peut être aujourd’hui se dessine à l’horizon quelque chose qui ressemble à l’acceptation.

Je sais que vous lirez ces lignes, merci de tout coeur les filles ♥

 

 

 

 

 

 

Si jamais vous êtes en chemin, sister, armez vous de beaucoup d’amour pour ne pas tout faire éclater.

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Étiqueté handicapé

Étiqueté handicapé

Je suis différent

Je m’appelle Axel, j’ai 13 ans, personne ne sait ce que je suis vraiment, mais je suis différent. Je ne suis pas autiste ou dysquelque chose, c’est juste que je ne rentre pas dans une case, notamment celle de la « norme » qui mène le monde et le système éducatif établi, qui a été le grand révélateur de MON dysfonctionnement.

Pourtant je suis un grand précurseur! J’ai été le premier en primaire, dès la moyenne section, à bénéficier d’une AVS (aide de vie scolaire) sur ma commune. Depuis de plus en plus d’enfants connaissent cette chance. Une aide qui m’était chère puisqu’elle me permettait de suivre une scolarité « normale » en ayant le même rythme que ma soeur et mon frère, plus jeunes.

Sauf que voilà, dans notre pays, nous sommes très attachés aux étiquettes et te mettre dans une case présente certains avantages et permet d’ouvrir certaines portes, il me fallait donc une étiquette!

En effet, comme je n’apprends pas au même rythme que tout le monde et mes parents ne sachant pas par quel bout prendre le problème m’ont emmené voir dès mon plus jeune âge, un orthophoniste, pensant que je reprendrai le fil d’une scolarité normale par la suite.

Depuis le début, mes parents n’ont pas bénéficié d’accompagnement particulier, ils ont avancé dans le brouillard, allant de consultation en consultation et se faisant leur propre idée. Car en matière de DIFFERENCE, il n’existe pas une porte miraculeuse que tu pourrais pousser et derrière laquelle se cacherait une mine d’or d’informations qui te permettraient de savoir quel chemin emprunter. Tout est affaire de rencontres avec des personnes investies et renseignées qui vont avoir le désir de débroussailler ton chemin.

Néanmoins, au fil des consultations, il a fallu, pour des raisons financières, « monter » un dossier purement administratif complété du rapport du psychologue, de l’orthophoniste, de l’enseignant et de l’AVS auprès de la MDA (Maison de l’autonomie) pour que je bénéficie de cette reconnaissance « handicapé« , la clé qui allait me permettre d’accéder à un réseau d’aides avec prise en charge. Ce, grâce à l’Orthophoniste qui fut un vrai guide dans la structuration de mon accompagnement.

Désormais, pour le système, je rentrais enfin dans une case , j’avais l’étiquette : « HANDICAPE« .

Dans mon monde à moi, je suis un preux chevalier solitaire, qui s’évade dans les BD dès qu’une occasion se présente. Je cloisonne mes expériences, mes mondes, peu importe ce qu’on en pense ou ce que peuvent être vos exigences. Je n’ai pas d’amis, je n’en ressens pas le besoin, ceux qu’il me faut sont les animaux.

Je nourris bien des colères, notamment à l’égard de ma soeur et de mon frère, moi qui suis leur ainé, désappointé devant ces exigences de la normalité, je vis un monde de frustrations dans cette société qui manque parfois d’imagination pour réussir mon intégration et m’offrir une scolarité adaptée.

J’ai pu bénéficier d’aide en classe ULIS à partir du CP, des classes avec un enseignant et une AVS pour un effectif de 12enfants maximum, où il n’est nullement question de niveau (CM1, CM2…) mais de temps.

Les élèves scolarisés au titre des ULIS présentent des troubles des fonctions cognitives ou mentales, des troubles envahissants du développement, des troubles de la fonction auditive, des troubles de la fonction visuelle ou des troubles multiples associés.

Les ULIS accueillent des élèves dont le handicap ne permet pas d’envisager une scolarisation individuelle continue dans une classe ordinaire mais qui peuvent bénéficier, dans le cadre d’un établissement scolaire du second degré, d’une scolarisation adaptée. Les ULIS sont un dispositif permettant la mise en œuvre des projets personnalisés de scolarisation (PPS).

Chaque élève scolarisé au titre des ULIS bénéficie, selon ses possibilités, de temps de scolarisation dans une classe de l’établissement scolaire où il peut effectuer des apprentissages scolaires à un rythme proche de celui des autres élèves.

La merveilleuse Orthophoniste de mes débuts a également orienté mes parents tout d’abord vers le CMP (Centre Medico-Psychologiques) qui s’est révélé inefficace pour ma cause, puis vers un SESSAD (Service d’Éducation Spéciale et de Soins à Domicile) dont la condition sinéquanone pour bénéficier de ce sésame est d’avoir une reconnaissance « handicapé » de la MDA (ça c’était chose faite!).

Le SESSAD allait m’ouvrir les portes d’activités et de praticiens entièrement pris en charge (….encore faut il tomber sur les bons!). Par ailleurs comme je ne rentre dans aucune case précise, c’est à dire, handicapé mais pas avec une déficience nommée, mon accès aux activités est limité….en clair, je ne suis pas prioritaire!

Car au sein du SESSAD, le référent est le psychologue qui juge dans quelles cases peut rentrer l’enfant et ainsi à quelles activités il peut prétendre…ou pas.

Les quelques lumières sur la palette des activités qui m’étaient potentiellement offertes, sont arrivées finalement de « l’extérieur » (hors système sessad), c’est à dire, par ma tante, éducatrice spécialisée, qui a apporté des éléments d’informations supplémentaires sur l’éventail des ateliers auxquels je pouvais postuler mais contre lesquelles mes parents butaient : Ateliers Musique, Contes et autres qui m’ont été refusés. C’est en faisant du forcing, c’est à dire, en passant outre l’avis du psychologue référent et en s’adressant au médecin du SESSAD que j’ai enfin pu intégrer une activité en centre équestre pour laquelle initialement je ne rentrais pas dans la fichue case!

Par ailleurs, pas de soutien (hors financier) pour mes parents qui ont une vie trop normale et la tête bien sur les épaules pour bénéficier de quoi que ce soit, à chacun sa croix…

ULIS s’est révélé comme étant l’environnement d’apprentissage idéal pour moi sauf que l’entrée au collège demandait des exigences plus élevées que je ne pouvais pas suivre en terme de temps de concentration notamment…et c’est ainsi que je me suis retrouvé en IME, faute d’alternative. Les Instituts Médico-Educatifs (IME) ont pour mission d’accueillir des enfants et adolescents handicapés atteints de déficience intellectuelle, quelque soit le degré de leur déficience. De bataille, en refus, en appel, je fus finalement placé dans le centre désiré par mes parents.

Un placement malgré tout douloureux, puisque je me retrouvais soudain au milieu d’enfants avec des degrés de handicap largement supérieurs aux miens, ce qui a réveillé mes frustrations, mes colères, faisant naître un mal être, car devant ce miroir de L’IME, on me renvoie ma différence de plein fouet et de façon démesurée. Je me couche le soir faisant à voix haute auprès de mes parents cette soudaine évidente constatation que je suis handicapé voire un monstre dans mon propre regard.

Je suis un enfant en souffrance parce que je ne trouve pas ma juste place dans ce monde et pourtant, je suis gaillard, le sourire aux lèvres, malin, spontané, intelligent et sensible. Oui je ne suis pas facile à vivre tous les jours quand je suis confronté à cet environnement plein d’exigences qui dépassent mes capacités propres et ne m’est pas adapté. Non je ne marche pas droit, je me laisse dérouté par tout autre chose qui suscite mon intérêt et pourtant j’ai la volonté d’apprendre mais pas forcément en temps voulu.

Mon plus grand souhait est pourtant bien banal, être avec et faire comme mon frère et ma soeur dans les limites d’apprentissage qui sont les miennes. Etre juste moi au milieu des autres, avec mes différences.

♥♥♥

Nous vivons dans une société où il est de bon ton de se fondre dans le moule parce que dès qu’on sort des clous, l’évolution devient difficile et le parcours est semé d’embuches.

 

Même si les choses commencent aujourd’hui à bouger, je pense que le chemin est long avant d’en arriver à un système qui permettrait à chacun de s’épanouir pour ce qu’il est VRAIMENT et non pour ce qu’on veut qu’il soit. Bêêêeeee

Mon bref passage à San Francisco m’a permise de rencontrer Louis et sa maman, une française ex-enseignante qui vit là-bas depuis quelques années maintenant et où Louis fait sa scolarité. Louis est différent. Sa maman qui n’a pas fait faire de diagnostique au vue du coût de ce que celui-ci représente pense que son fils est ASPERGER. Louis présente des facultés exceptionnelles pour son âge dans certains domaines d’apprentissage et dans d’autres est en retard.

« Certains chercheurs comme Simon Baron-Cohen, et des personnes Asperger comme Daniel Tammet, s’interrogent sur le fait que cette forme d’autisme puisse être considérée comme une différence plutôt que comme un handicap nécessitant un traitement. Il est question de singularité dans la mesure où les limitations handicapantes, socialement en particulier, sont souvent associées à des compétences, parfois exceptionnelles, dans le domaine des centres d’intérêts sur-investis. »-Syndrome d’Asperger wikipedia

La chance de Louis est d’être en Californie dans un système éducatif classique qui a pris en compte cette différence et qui met tout en oeuvre, sans frais, pour l’accompagner sur son chemin et lui offrir une vie scolaire « normale » jusqu’à sa majorité sans être stigmatisé d’handicapé. Un élément clé pour cette maman qui pour cette raison (entre autre), ne souhaite pas particulièrement rentrer sur le sol français.

Nul système dans sa globalité n’est idéal, ni le français, ni l’américain, cependant je m’interroge sur cette ouverture d’esprit propre aux américains ou peut être devrais je dire aux californiens voire San Franciscains, à offrir une chance à tout un chacun d’être pleinement ce qu’il est dans toute sa différence que ce soit le handicap, l’homosexualité, l’excentricité, ou que sais je.

A Axel, mon neveu… je souhaite de tout coeur que tu te réalises ♥

Merci à Laet et Matt, mon frère, pour leur témoignage

 

PS: Je souhaite que ce témoignage soit le maillon d’une chaîne, qu’il brise des solitudes, que vous soyez parent, famille, éducateur, enfant dit différent, n’hésitez pas à parler de votre expérience dans les commentaires. Un mot parfois peut ouvrir une porte, apaiser une souffrance, accompagner le silence.

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Lettre à Simone

Lettre à Simone

IVG…La vie n’est que choix

Bonjour Chère Madame,

Enfin, permettez moi de vous appeler Simone…

Je voulais vous écrire plus tôt Simone, mais pour tout vous dire je ne trouvais pas les mots, je crois même que j’avais peur.

Vous êtes partie il y a 1an maintenant, à quelques jours de vos 90ans. Laissez moi vous dire combien j’admire la femme que vous êtes même si je ne sais que peu de choses de vous. Vous avez de tous temps rayonné d’une beauté dont on soupçonne la force intérieure indomptée. Je tenais à vous remercier de ce modèle que vous nous avez données : la femme n’est que la somme de toutes ses volontés. Je ne doute pas que sous l’armure, il y eut surement quelques fêlures, mais vous avez certainement su les apprivoiser, c’est ce qui a fait de vous un vrai guerrier.

La seule chose qui m’ait tatouée, historiquement parlant, dans mon parcours de collégienne, c’est vous et votre bataille pour le droit à l’IVG. J’étais en 3ème la première fois que votre nom m’a percutée, cet instant est photographique, c’était annonciateur d’un futur, c’était sans savoir que des années plus tard je comprendrai pourquoi vous m’aviez tant marquée. Cette loi qui prendra votre nom « Veil » est arrivée quelques mois après ma naissance en 74. Allez savoir pourquoi je n’ai retenu de vous que cette bataille, j’étais très jeune, je ne me sentais pas concernée, ça ne m’arriverait pas, au grand jamais….J’avais bien dit Jamais.

Vous savez, j’avais la prétention de penser que je n’étais pas une fille « comme ça », j’ai reçu une éducation catholique, donc comment vous dire que ça n’aurait pas fait très chic dans mon paysage pétri de chrétienté, une ombre au tableau. De toute façon ça ne pourrait pas m’arriver, ces choses là ça n’arrivent qu’aux autres, je me sentais au dessus de tout soupçon, j’avais l’auréole de la fille chez qui tout tourne rond, je me voulais en odeur de sainteté, jamais je ne pourrai pêcher….parce que dans le regard des biens pensants, avorter c’est pêcher, n’est ce pas? et j’ai été de ceux là, de ceux qui jugent.

Mais voilà Simone, un beau jour ça m’est arrivé. On croirait à me lire que ça m’est tombée dessus par hasard, sans même le vouloir. Disons que c’est la résultante d’un mélange de peurs, d’incompréhensions mutuelles, d’attentes inespérées, d’illusions, d’une mauvaise communication, du passé qui pèse son poids comme le futur, avec tout ce qu’il représente d’inconnu. Quoi qu’il en soit cette décision est loin d’avoir été facile à prendre, à vivre et à assumer, même si pour certaines c’est une évidence, elle peut être (très) lourde de conséquences.

Tant d’années après votre loi, je me rends compte combien il est encore tabou d’en parler, de l’écrire, d’ailleurs ivg ça passe tellement mieux qu’avortement sur le papier, c’est tellement plus « léger ». Pourtant je rencontre chaque jour des femmes qui « y sont passées », qui l’ont vécu dans leur chaire et qui portent en elle, encore des années plus tard, les stigmates de ce vécu, de ce choix qui nous a semblé le plus propice à l’instant T.

Ce n’est pas bien vu de raconter, le sujet est supposé rester dans la sphère de l’intimité et pourtant quel merveilleux droit vous nous avez offert Simone, celui d’avoir le choix…de ne pas subir.  Droit si fragile, qu’en plusieurs pays aujourd’hui il vacille, donc si les femmes n’en parlent pas comment lutter pour préserver cet acquis là, montrer que c’est une nécessité pour la femme de pouvoir décider?

D’avoir acté ne fait pas de moi une fille légère ou mauvaise, n’en déplaise à ceux que ça ne met pas à l’aise. J’étais bien initiée aux contraceptions, autant dire que j’avais essayé quelques dispositifs, c’est une familiarité pour la gente féminine, je crois. Ce qui n’a pas empêché l’impensable d’arriver. Je ne vous raconterai pas l’histoire qui m’appartient, tout ce que je peux vous dire c’est que j’ai agi par amour. Jusque là j’avais déjà encaissé pas mal de choses sur mon parcours et je croyais que je serais suffisamment forte pour supporter ce choix (moi guerrière!). Sauf qu’il m’en a chèrement couté et que j’ai cru ne pas m’en relever. Je me suis sentie morte à l’intérieur, j’ai vécu quelques temps en mode automatique et j’ai mis 9 mois pour que la vie fasse à nouveau fleurir en moi des vagues de joie, naitre de vrais sourires sur mes lèvres, que je retrouve la voie du bonheur et j’ai mis des années pour faire le chemin du deuil et du pardon.

Il y a encore tant de chemin à parcourir, pour aider les femmes à moins souffrir. Cette omerta du silence, c’est tragique quand on y pense. La femme se retrouve noyée dans sa solitude, à panser ses plaies même si pour les autres cela parait absurde, puisque l’ivg devrait être un acte assumé et ne devrait pas laisser de blessures à l’âme.

J’ai eu l’occasion de parler de ma souffrance avec mon homéopathe préféré, un homme d »une autre génération, fervent catholique, qui m’a racontée voir pleurer dans son cabinet des femmes d’un âge avancé versant des larmes sur ce qu’elles avaient vécu il y a fort longtemps. Des souffrances inexprimées, le poids du non dit, des expériences lourdes à porter.

Pourtant, rien n’est moins évident, car nous sommes humaines voyez-vous, façonnées de tant de sentiments contraires, de tiraillements, avec nos valises pleines d’affects. J’ai passé des nuits entières à chercher dans la blogosphère, des réponses à mes questions et je n’ai fait que tomber sur des situations pleines de désespoir qui venaient ajouter du désarroi, une grande détresse à ma situation dépressive. Je cherchais la terre ferme, des mots doux de femmes compréhensives, une oreille attentive, pour m’offrir une trêve dans ce mal être.

En ces temps de traversée du désert, ironie du sort, mes deux amies les plus proches étaient des femmes qui ne pouvaient pas ou n’arrivaient pas à avoir d’enfant alors que c’était leur désir le plus fort. Malgré toutes mes appréhensions, ces femmes ont su m’offrir du réconfort, et plein d’amour à travers leurs larmes, cadeau du coeur de femme à femme.

Il y a x raisons de passer à l’action, chacune est respectable, je ne me poserai pas en diable, personne n’a à porter de jugement. J’ai longtemps regretté qu’il n’y ait pas a postériori d’accompagnement, quelqu’un qui soit présent et vous entend, sans vous considérer en contrevenant. Dans l’environnement médical, il faudrait ouvrir certains esprits, qu’on ne regarde pas la femme comme une ahurie, une irresponsable, ce traitement n’est pas acceptable. Vivre un IVG est dans les actes une banalité, sur une journée le tour est joué mais il faut parfois ensuite des mois pour se reconstruire et poser un regard neuf sur l’avenir avec des cicatrices à l’âme, écorchures que nul d’entre vous ne saurait voir tant les femmes sont douées pour camoufler leurs trous noirs.

Je me suis relevée Simone, mon regard a fini par muer, il a changé quand par un prénom, j’ai insufflé la vie. Le simple fait de ce prénom qui habitait désormais mon existence me donnait de nouvelles perspectives, je n’étais plus une femme à la dérive.

Après cela, j’ai longtemps été animée par le fait de vouloir apporter mon soutien à des femmes en détresse qui aurait connu ce parcours long et parfois difficile du post ivg. Créer un cercle de paroles, échanger, partager, créer un espace de non jugement pour libérer les souffrances, trouver une écoute, du sens, offrir des clés. Je n’ai pas encore OSE, Simone, mais je n’ai pas dit mon dernier mot …

Merci mille fois pour tout Simone, pour vos batailles pour chacune de nous, et je me permettrai de citer une autre Simone « Une femme libre est exactement le contraire d’une femme légère », comme si vous les Simone aviez un chemin tout tracé, celui d’ouvrir la voie aux femmes pour plus de liberté.

Je me souviendrai de votre entrée dans ma vie comme de votre départ Simone, j’étais dans une cabane, perdue au milieu de la nature au pays des chercheurs d’or en Californie, ma vie venait de prendre un virage xxl et le papillon, à Mariposas, déployait surement ses ailes.

C’est ma façon de lutter Simone, ces quelques mots couchés sur le papier, c’est votre combat que l’on doit continuer.

A toutes les femmes,

de quelque génération que vous soyez,

qui aimeraient voir fleurir un cercle,

poussez ma porte….ELLE EST OUVERTE♥

 

A Noé  …

 

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Je suis chamane

Je suis chamane

Ma Nature est Sauvage

J’ai toujours eu un rapport fort à la nature et cela date de toute petite. Vous pouviez me laisser sur une plage ou au milieu d’un champ de fleurs pendant 2 heures, et je ne bougeais pas, j’observais….tout. Les gens, les fleurs, les sons, le vent, le mouvement des vagues, les parfums, tout, je m’imprégnais de tout comme si ce tout m’enveloppait, m’habitait. Plus tard en grandissant, j’ai passé des heures assise sur le rebord de ma fenêtre de chambre à regarder l’infini et à me demander où étaient les limites, l’univers ça va jusqu’où? et mon rôle la dedans? J’ai toujours eu la conviction profonde que la vie ne pouvait pas se limiter à métro-boulot-dodo et qu’il y avait une expérience beaucoup plus profonde à vivre, un sens infiniment plus grand à l’existence.

On parle beaucoup aujourd’hui de la pleine conscience. Je me rappelle alors que j’étais en classe de CE1, j’avais donc 7ans, avoir fait cet exercice de la pleine conscience. Alors que notre chère maitresse Marie Paule donnait son cours, j’ai décroché, j’ai regardé la classe, le tableau noir, dehors par la fenêtre et je me suis dit « il faut que tu te souviennes de ce moment là », pour un plus tard parfaitement inconnu. J’ai voulu figé ce vécu dans l’espace temps de ma vie, un acte en pleine conscience et j’ai photographié cet instant dans ma mémoire. Je constate aujourd’hui que je ne ferai pas mieux du haut de mes 44ans, j’entends « mieux » en qualité de perception, j’ai déjà tout en moi depuis ma naissance pour gouter l’essence de la vie dans ce qu’elle a de plus parfait. L’exercice le plus difficile est de sortir du schéma imposé par les peurs, par l’éducation, par la société, par nos croyances.

« Le problème de notre société (occidentale), c’est l’esprit cartésien »

Il y a des endroits de ma vie, notamment la période où je me suis retrouvée enfermée pendant 6 mois entre quatre murs d’un hôpital qui ont été des passerelles vers ce retour au sacré de l’existence. La vie vous pousse loin dans vos retranchements mais elle sait profondément de quoi vous êtes capable.

Au cours de ces mois d’enfermement j’ai eu le droit à quelques perms, oui comme à l’armée, j’appelais ça une perm, mes autorisations de sortie. Tout ce dont je me souviens dans ces moments où l’on me rendait ma liberté, c’est ma reconnexion au grand tout. La première fois, je sortais d’un mois de bulle. On m’avait isolée, coupée du monde, je mangeais des trucs insipides, mon espace était aseptisé, j’avais pour unique compagnon un lecteur cassette, j’avais pour unique tenue un pyjama bleu, mon seul terrain de jeu était un lit de 90 cerné d’un dais en plastique qui me laissait à peine un mètre autour de mon radeau pour y coller un joli pot de chambre. Personne ne pouvait pénétrer dans le domaine à moins d’avoir une tenue de cosmonaute. 3 jours de perm, une véritable re-naissance, Yallah!

Première sensation divine : enfiler un jean (oui c’est divin un jean…), sentir le frottement du tissu sur la peau, un peu raide mais pas trop, ma tenue d’apparat pour remettre un pied dans le monde.

Deuxième sensation magique: Sentir la peau de ma maman, deux épidermes qui se rencontrent, vous savez ce truc exceptionnel qui passe uniquement par les sens, RESSENTIR, moment rare que de vivre cela en conscience…instant gravé à jamais. Puis il a fallu retrouver le sens de l’équilibre, marcher et là dehors, à peine franchi le seuil de la porte, sur le parking, prendre de plein fouet l’essentiel (Les sens, Ciel!) : le vent sur ma peau, le parfum de l’air, le chant des oiseaux, arriver à la maison et baver littéralement à l’idée de m’envoyer une bonne raclette en plein de mois de Mai, mon rêve est exaucé, bonheur des papilles, plaisir du corps qui vibre de tous ses sens retrouvés. Comment vous dire que je ne me suis jamais sentie aussi vivante qu’à deux doigts d’y rester. Merci infiniment pour la leçon qui m’a ouverte à une dimension bien supérieure.

La Deuxième perm ne m’a laissée le temps de rien, que de tomber en aplasie (chute majestueuse des globules blancs après chimio qui vous rend très vulnérable) et dans les eaux profondes de mon être à la recherche de la force de vie qui me fera remonter à la surface…et j’ai puisé dans tout ce que j’avais emmagasiné de Dame Nature.

Je l’avais tellement rêvé tout ce mois de juillet 93 enfermée entre les quatre murs de ma chambre d’isolement : voir la mer. J’ai tant de fois regardé ces grands murs blancs et vu yeux grands ouverts, l’océan, le bleu de ses vagues, la puissance de son mouvement, l’énergie qui s’en dégage comme un lieu de ressourcement. J’avais trouvé cette faculté à me transporter ailleurs. L’imaginaire a une force insoupçonnée et si vous y mettez l’intention nécessaire, vous transformez le rêve en réalité. Août, Rêve exaucé, je me revois assise sur le sable, foulard sur ma tête à nu à regarder le flux et le reflux et à m’en imprégner bien plus que du regard des gens qui vous regardent autrement.

Ces quelques secondes de perception ultra sensorielle vous emmènent dans la quatrième dimension, vous ramène au coeur du vivant, à sa substantifique moelle.

Un comble pour celle à qui la moelle a été prélevée pour subir une auto greffe. Cette expérience leucémique a été un véritable « reset ». Reset de mes cellules, reset de mon sang, reset de la moelle, reset des sens, retour à l’essenciel.

Résilience : L’année sabbatique qui s’en est suivie a été consacrée à me reconstruire physiquement et mentalement par le sport (pédaler, marcher, courir) mais bien plus encore à aller puiser à la source, en pleine nature, l’énergie dont j’avais besoin pour nourrir mes belles, fraîches et saines cellules, toutes ces particules infimes de mon corps, le moindre atome.

Toutes les années qui ont suivi j’ai toujours eu besoin de vivre à côté d’un fleuve, d’une rivière ou au milieu des montagnes, j’avais besoin de cette puissance (ou de cet amour) de la nature à mes côtés pour me maintenir en équilibre, pour nourrir ma force de vie (parce que j’en ai une sacrée dans tous les sens du terme).

La grande claque est arrivée aux Etats-Unis, où les paysages sont xxl et l’énergie qui va avec, aussi, virage dans ma vie. ça ne se raconte pas, ça se vit. Je suis rentrée avec dans mes bagages mes « medecine cards » et je les utilise au gré de mes envies comme des balises sur mon chemin du moment. Je suis pleine de gratitude pour cette année qui m’a ouvert les yeux et le coeur sur ce qui m’appelle au plus profond de mon âme. Depuis lors l’Energie me court après et me rattrape, certainement pour me mettre sur mon chemin, celui qui est véritablement le mien.

J’écris peu ces derniers temps mais je me laisse submerger parce que j’ai à vivre et à oser partager, je discipline mes peurs.

C’est ainsi qu’en ce début d’année 2018, le 28 Mars, dans le sillon de la pleine lune, j’ai rencontré un chamane, arrivé sur mon chemin par le plus grand « des hasards ». Alors que le chamanisme n’avait fait que me tourner autour en Californie, il fallait que je rentre en France pour le rencontrer. Voilà comment je me suis retrouvée au milieu des Landes, en plein coeur des pins, lieu accessible uniquement par une piste, à boire le thé, à n’entendre que le son du vent des arbres, à penser que c’est comme le bruit de la mer, à sembler être perdu au milieu de nul part mais être au coeur de tout. C’est alors que me sont revenus en mémoire tous ces instants tatoués, ces moments d’une pureté et d’une vérité incroyable, qui ont ponctué mon existence et m’ont ancrée à la terre, à la vie.

A quelques années lumière de mon enfance, je sais maintenant que le sens que je cherchais est caché là sous mes yeux et bien au delà. Maintenant que j’ai poussé la porte, je n’ai plus qu’à explorer. Dans cette pleine ouverture j’apprends à écouter pleinement mon intuition et à être attentive à toutes les rencontres qui jalonnent ma route et aux messages que la vie me délivre comme un cadeau.

Merci à Fred Sidarta de m’avoir ouvert sa porte…

 

Et comme une cerise sur le gâteau, j’ai terminé cette merveilleuse journée du 28 Mars au concert d’Azaf Avidan. Eponge à émotions, humain qui accède à d’autres dimensions, chamane en son genre, comme en transe sur scène, qui vit sa musique bien au delà des notes de musique. Il porte en lui la quintessence de la vie. A le voir, cet alien là, on le prendrait presque pour un fou à moins que ce ne soit un ange, touché par la grâce. Il a su faire naitre en moi des étincelles de bonheur, des larmes d’émotions…un être à l’état pur.

 

 

Chamane. Nous avons tous cette capacité à explorer cette dimension de nous qui sommeille encore.

Sortez. Mettez vous au vent. Respirez. Sentez la caresse. Ecoutez. Ce monde est dense. Est ce que tout ne fait pas sens?

Ne laissez rien au hasard…♥

 

ps: alors que je finis d’écrire ce post, je choisis de tirer une des médecines cards et je prends « L’Aigle » qui représente la puissance du Grand Esprit, la connexion au divin…qui parlait de hasard?!

 

 

 

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Demain sera Féminin

Demain sera Féminin

 Sororité

Today is my birthday et vous savez quel est mon plus beau cadeau du jour, ce qui m’émoustille et me touche profondément?

C’est de voir toutes ces femmes que je croise qui sont en chemin vers l’accomplissement d’elle même. Celles qui font tomber les barrières, qui s’affirment, qui se cherchent, qui au détour d’un virage se trouvent pour se perdre à nouveau, pleine de doute mais sans jamais lâcher ce fil si précieux qu’elles viennent de retrouver, celui qui les pousse à suivre leur instinct, coûte que coûte.

Je suis sincèrement très émue de voir cette puissance émerger, cette toile qui se tisse entre nous, doucement sans bruit, comme si l’on prenait conscience des valeurs perdues, de ce besoin de se connecter à soi pour offrir le meilleur aux autres et d’être en harmonie avec l’univers qui nous porte.

Dans mon jardin, et bien au delà, je vois de magnifiques fleurs s’épanouir dans le paysage féminin qui m’entoure. Des femmes qui se font confiance,  défient le scepticisme masculin, baissent les armes, font tomber les armures, révisent leurs croyances, font fondre la glace, fissurent le masque, laissent émerger leurs émotions, acceptent leurs peurs, puisent l’énergie, lâchent prise, apprivoisent la nature et de ce terreau de vérité, de cette acceptation de la mise à nu, nait une force rare, unique, qui dépasse ce que nous sommes, êtres de chaire et de sang, pour créer une synergie qui nous porte vers un monde nouveau.

Sur ce grand chemin marchent aussi les hommes qui acceptent de laisser parler leur part de féminité, pousser par ce vent qui souffle sur les femmes qui les accompagnent et par un fort désir de façonner de leurs mains un monde définitivement plus humain, où ying et yang trouveraient un nouvel équilibre. C’est en s’ouvrant à d’autres dimensions, où la fragilité à sa place, où l’émotion prend mot, où la douceur n’est pas rédhibitoire, où l’écoute est reine, où l’empathie trace sa route, où les préjugés tombent, que l’homme ouvre son coeur et revient à l’essentiel.

Comme vous je marche sur ce chemin, où j’avance jour après jour, où parfois je trébuche, tombe, reste assise et doute mais toujours la vie vient me prendre par la main, me montre le beau et me redonne l’énergie et la pulsion nécessaire pour aller toujours plus loin.

Dans cet élan vous me portez tous, par la beauté que vous dégagez dans vos sourires, dans vos silences et bien au delà, dans votre simple présence, sur cette voie qui nous pousse à être la meilleure version de nous même. Merci

Alors que j’écris ces mots me revient en mémoire une citation entendue dans le Cercle des Poètes disparus (il y a donc 2018-1989 = 29ans…la claque!) que j’ai bien du voir une bonne dizaine de fois, mon côté idéaliste sans doute :

« Je partis dans les bois car je voulais vivre sans me hâter, vivre intensément et sucer toute la moelle secrète de la vie. Je voulais chasser tout ce qui dénaturait la vie, pour ne pas au soir de la vieillesse, découvrir que je n’avais pas vécu. » Henry David Thoreau

Partons dans les bois ♥

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Relation Père et fille

Relation Père et fille

Au Nom du Père

Comme j’ai pu écrire Etre Mère, il me paraissait évident de parler des pères. Etrangement l’idée de ce post est née il y a plusieurs mois, 9 exactement, comme pour un accouchement il arrive à point aujourd’hui, petit clin d’œil de la vie, parce que cette semaine mon cher père c’est ton anniversaire, ta fête aussi et la mienne aussi ;), c’est donc  NOTRE semaine…alors comme un cadeau je te dis ceci…

Je ne sais combien de fois j’ai recommencé ces lignes avant de trouver la juste façon d’aborder la chose. Je sais que c’est un sujet clé, qu’en ce qui me concerne et comme pour beaucoup d’autres filles, ce lien père-fille a beaucoup joué, sur ma façon de me construire, sur la femme en devenir.

Je constate que cette relation est un long voyage fait souvent de demi-mots, de distance, de douceur, de pudeur mais aussi parfois de rage, de douleur, de grande souffrance intérieure, d’incompréhension et de silence de plomb.

Il est celui après qui on court jour après jour, celui qu’on appelle papa avec amour et qu’on crève qu’il nous serre dans ses bras.

Il est le chêne, symbole de l’enracinement et de l’ouverture à toutes les dimensions. Arbre séculaire, il est le point d’ancrage, le pilier, le re-père, celui dont on espère que de nous il soit fier. Il représente la force et la douceur, héros de notre coeur. On pousse à l’abri de ses branches, où l’on cherche sécurité et tendresse auprès de ce monstre de robustesse mais ce n’est pas si facile de conquérir une telle forteresse.

Autoritaire le père, on se frotte à son écorce voir si on s’y pique et dans cette rigueur qui fait parfois naitre en nous des peurs, il nous hisse à sa façon vers le ciel, nous aide à déployer nos ailes pour pouvoir un jour s’envoler…bien armée. Dans sa façon d’agir, il nous transmet des valeurs fondamentales, celles qui nous font grandir, devenir un être avec des bases capitales : force, droiture, respect, dur labeur et l’humour toujours…mon petit papa à moi, c’est ta signature, ta façon de t’exprimer, Toi qui as fait du rire un langage, une zone de partage.

Et comme dirait quelqu’un que je connais bien « Tu es ma crainte et mon complice. J’ai tant aimé sentir tes grandes mains rêches de travail glisser sur mon visage et cette odeur d’essence de bois qui m’emplit de bien être chaque fois. J’ai arrêté si souvent mon souffle en passant devant ta porte au bout du couloir lorsque je rentrais de mes sorties un peu trop tard, toi qui veillais l’oeil ouvert dans le noir pour m’annoncer au petit matin que j’avais eu 12 min de retard… »

Souvent il nous garde à distance, non pas par méfiance mais c’est je crois ce que leur dicte du fond de leur conscience…la bienséance. Ce qui nous apparait alors comme de la froideur, n’est peut être rien d’autre au fond que des tonnes de pudeur.

On cherche à capter son attention lui qui ne regarde souvent que loin à l’horizon, soucieux de nos demains, il veille au grain. Elément satellitaire le père? Lui qui va et vient, part tôt et rentre tard, absorbé par sa grande mission, prendre soin de toutes les âmes de la maison, animé par sa grande responsabilité que rien ne vienne à manquer.

Pourtant tu manques souvent papa, pris dans les exigences planétaires, préoccupé à faire, tu deviens celui qu’on espère, alors en attendant on se love dans tes pulls, on s’enivre de ton parfum comme enfermée dans une bulle, on cherche ta présence sans fin quelque soit la façon on trouve toujours un moyen, une photo, un mot…parfois trois fois rien.

Tu n’es pas souvent le confident, celui à qui on vient dire ce que l’on ressent, parce que dans le manque de proximité souvent on perd les mots pour tout t’avouer. T’es le poseur de limites, celui qui attend à minuit derrière la porte et qui s’agite. Celui qui nous fait la tête au carré, avec ses problèmes de maths et les mètres cubes à calculer. C’est sans doute pour ça que j’ai fait littéraire, au moins j’avais la paix avec Baudelaire 😉

On projette sur le père un idéal, on le met sur un joli piédestal, le plus fort c’est mon père, une chanson qui en dit déjà long. Alors que j’ai passé mon enfance à vouloir me plier à tout ce qui me semblait être tes attentes et tes exigences, je me suis fourvoyée sur le chemin que j’avais emprunté, dans cette façon que je cherchais par toi de me faire aimer. Forteresse à conquérir, j’ai cherché dans ma façon d’agir à atteindre celui qui me semblait si lointain, jusqu’au jour où sur mon épaule il posa sa grande main, instant photographique, évènement magique.

Seulement il en faut du temps pour comprendre que l’amour ça ne passe pas par les mots toujours, et que même si on ne le voit pas dans les gestes, on peut lire dans le regard que l ‘essentiel n’est pas en reste.

Mais sous cette carapace de bois, y a des siècles de patriarcat, qui disait fais pas ci fais pas ça, une attitude dictée qui commence doucement à fissurer pour laisser passer la lumière de l’amour inconditionnel des pères. Parce que les filles n’ont pas toujours été bien considérées, parce qu’il y a des barrières difficiles à faire tomber, dictées par la religion, dictées par je ne sais quelles autres raisons.

A chacun sa façon d’exprimer sa tendresse, manière parfois empreinte de maladresse, argent à profusion, papa qui ne sait pas dire non, une étrange façon d’habiter nos vies parce que c’est sans doute plus facile que de plonger dans l’intimité des mots, j’avoue on vous en demande parfois peut être un peu trop.

Et j’ai bien l’impression que quelque soit les générations, ce qui aura été dans l’enfance, marqué souvent par une certaine distance pour ne pas dire parfois indifférence, laissera une empreinte dans nos vies de femmes et marquera fortement notre chemin de construction.

D’où mon désir d’aller chercher des regards croisés de femmes, qui chacune à travers leur âge et la petite fille qu’elles ont été, portent sur cette relation qui a définitivement compté.

Finalement tous les mots qui m’auront manqués dans l’enfance, j’en ai fait ma force, j’ai trouvé très tôt dans l’écriture de quoi panser mes blessures et c’est grâce à cela aujourd’hui que finalement je m’épanouis. A 43 ans de là ce que je sais c’est que je peux compter sur toi, sur ta présence dans chaque moment fort de mon existence, que les mots d’amour ça ne fait pas tout et que même si tu ne nous as jamais inondé de bisous ce qui importe c’est ce qui émane du cœur un point c’est tout.

♥♥♥♥

« Si papa si…papa si tu voyais ma vie »

Si papa si…

Si tu avais mis de la tendresse dans ma vie, je n’aurais pas eu toute cette colère quand j’ai grandi

Si tu ne m’avais pas offert toute cette indifférence, je n’aurais pas eu besoin d’être tant rassurée et sécurisée quand du nid je me suis envolée

Si j’avais pu garder toute mon innocence, je n’aurais pas souffert de cette grande culpabilité de vous voir, maman et toi, séparés après autant d’années

Moi qui avais si peur d’être abandonnée à l’heure où je me suis mariée, tel un animal à apprivoiser j’ai appris à faire confiance et je suis émue de cette chance.

J’avais fini par idéaliser l’Amour, j’y avais mis plein d’espoir autour, j’avais le besoin impérieux d’aimer comme celui d’être aimer, de vivre quelque chose d’harmonieux

Tu sais papa, j’avais si besoin que tu sois là dans les moments forts de mon existence, c’est la petite fille qui te le dit et la femme devant toi qui s’avance

Tu sais papa, je n’ai jamais su comment tu m’aimais même dans les plus simples gestes de la vie, un regard de complicité, un sourire juste esquissé, je n’en demandais pas plus, un signe anodin tout au plus et j’ai été si bouleversé qu’un homme, mon mari,  puisse m’accepter comme je suis.

Mais tu sais papa, de tous ces manques là, j’en ai fait ma force, comme l’arbre nourrit son écorce, j’ai avancé souvent dans le doute mais tout au long de ma route, les autres m’ont renvoyée les qualités que je n’avais pas soupçonnées.

Je t’emmène partout mon papinou grâce à cette photo tendresse où je suis sur tes genoux, ainsi tu es toujours avec moi à chacun de mes pas

Pourtant J’ai tant voulu de ton joug me libérer, que tu m’as donnée très tôt soif de liberté, j’ai eu très vite des ailes pour m’assumer, alors de ma vie j’ai pu rapidement décider

juste une seule fois, J’ai trouvé la paix avec toi mon petit papa quand suite à ton avc, alors que tu ne pouvais désormais plus parler…tu m’as laissée enfin te toucher

Je sais pour toi les filles, ce ne sont que des âmes de pacotilles, elles ne méritent qu’indifférence, c’est pas aussi valeureux qu’un garçon quand on y pense

T’as mis tellement d’ironie à humilier ce que je suis, mais grâce à toi, je sais aujourd’hui exactement ce que je ne veux pas et tu m’as appris à savoir écouter dans le respect, là où toi tu étais dans le rejet.

Suis si touchée papa, quand je vois un homme prendre son enfant dans ses bras, je me dis qu’il lui fait le plus beau des cadeaux, parce qu’il lui offre de l’amour juste comme il faut, qu’elle avancera sereine parce qu’elle sait qu’elle a un père qui l’aime.

C’est beau un homme qui laisse tomber l’armure, qui regarde au-delà de ses blessures et qui donne de la tendresse (à celle qu’il aime) juste comme une promesse

On a tous nos parts d’ombre et de lumière, c’est comme une danse entre nous et l’univers, la recherche permanente d’équilibre, trouver la juste note qui vibre

Tu m’as transmise ton goût pour la nature, c’est là où j’erre pour me rapprocher de la terre et de ses créatures.

J’ai mis du temps papa, à faire la paix avec toi, je me suis construite si lentement, pour lâcher les armes il m’a fallu longtemps. Et chaque jour qui vient, je continue mon chemin et je tisse un lien avec mes sœurs et mes frangins, où se mêlent nos différences, nos espoirs et nos douleurs d’enfance.

Et si tu m’entends là haut, je veux te dire que mon amour ici bas s’envole chaque jour vers tes bras et que c’est grâce en partie à toi que je suis juste moi.

♥♥♥♥

« Père entre douceur et violence…L’ambivalence »

Au contact de mon père, dés mon plus jeune age, j’ai découvert la douceur et la violence… Il y avait les deux, même si à mes yeux, la violence au sein notre relation était bien plus présente. Pendant longtemps, j’ai pensé intérieurement en silence que notre famille était poursuivie par la malchance… Oui, notre vie ne ressemblait pas du tout à celle de mes camarades… Je me suis souvent sentie perdue face au comportement de mon père à notre égard. J’étais également très tourmentée par notre condition de vie difficile et peu ordinaire… Lorsque j’ai commencé à écrire ces mots, c’est une colère froide qui a montré le bout de son nez. Je ne soupçonnais plus son existence car je pensais l’avoir complètement libérée… Il m’a fallu quelques semaines pour l’accueillir sans la juger, ni la rejeter… Je réalise à présent qu’une grande souffrance intérieure, non exprimée m’a accompagnée tout au long de mon enfance et de mon adolescence. Je me demande même comment j’ai pu tenir bon pendant toutes ces années. Énoncer tous les détails de ce que j’ai vécu, ne changerait rien… Le comportement de mon père était à l’opposé de ce que j’attendais de lui. Pourtant au fil du temps, j’ai appris à changer de regard sur notre relation. Je sais à présent, qu’elle m’a amenée à développer une grande sensibilité qui me permet d’aborder la vie avec une conscience bien plus élargie. J’aurai bien plus à dire à ce sujet mais je souhaite juste me concentrer sur l’essentiel qui suit. Nous ne nous voyons plus depuis de longues années. Ces quelques mots sont l’occasion de partager l’expérience qui a transformé mon regard sur la vie à tout jamais :

Un jour, lors d’une séance de sophro-analyse, en état modifié de conscience, la personne qui m’accompagnait m’a suggérée de visualiser un endroit où j’allais à la rencontre de mon père. Nous étions sur un joli chemin fleuri et nous marchions l’un vers l’autre. A notre rencontre, nous nous sommes instantanément serrés dans les bras. J’ai aussitôt ressenti que nos deux cœurs s’ouvraient l’un vers l’autre. Nous communiquions de cœur à cœur. Je le sentais physiquement dans mon corps. La chaleur et la vibration de nos cœurs nous inondaient au plus profond de nos cellules. Je ne pouvais plus penser avec ma tête. J’en étais complètement coupée. Je fus complètement surprise et étonnée car je ne m’attendais pas du tout à ressentir cela. J’ai su à ce moment bien précis que ma relation avec mon père avait toujours été juste. Ce fut un moment inoubliable ! Car il ne m’a pas aimée comme je l’aurais souhaité, bien au contraire, mais il m’a permis au travers de cette expérience, de ressentir physiquement au plus profond de mon cœur ce qu’est la vibration de l’Amour. C’est un ressenti  extraordinaire qu’il est difficile de décrire avec des mots. Ce fut une vraie révélation pour moi car j’ai réalisé qu’au sein de chaque difficulté que la vie nous présente se cache un véritable trésor qu’il nous appartient d’aller cueillir. J’ai mis 40 ans pour trouver cette pépite là. Depuis ma blessure continue de guérir au rythme du temps qui passe. Je constate en même temps que le chemin est souvent à refaire, pour en connaître les moindres méandres sans doute jusqu’à la fin de ma vie… A chaque fois lorsque je suis prête la vie m’offre une nouvelle clé pour me libérer… Comme l’occasion d’écrire ces mots pour ouvrir une nouvelle porte ! Je remercie mon père, comme je remercie la vie car chaque enseignement est un cadeau précieux ! Depuis ma naissance, son rôle est de m’apprendre à Aimer, oui aimer sans condition tout ce que la vie me propose ! Je peux dire aujourd’hui que je l’aime pour ce qu’il est tout simplement et au delà des apparences il est un père parfait pour moi. Merci à toi Maud de m’avoir demandée si je voulais témoigner, merci infiniment de me permettre d’aller rencontrer ma liberté d’être au travers de l’écriture aussi….

V.P

♥♥♥♥

« Se construire en opposition, un pied de nez à une tentative de démolition »

La relation entre un père et sa fille participe au bon développement moteur et cérébrale de la personne tout autant que la relation mère/fille.

Toute relation quelle qu’elle soit, doit être basée sur le respect et la confiance. La famille, en plus, apporte une notion de limite et de règles de vie. Ce qui permet à l’enfant de faire ses propres choix et ses expériences. L’environnement familial est un facteur primordial dans la mise en place de l’intelligence chez l’enfant, il l’aide à structurer son cerveau et solidifier ses apprentissages.

C’est toute la réflexion de mes études et de mes lectures, j’ai cherché à comprendre l’intelligence, l’intelligence cognitive, c’est-à-dire la pensée, le raisonnement et j’ai voulu montrer que l’intelligence cognitive était liée à l’intelligence émotionnelle. Sans doute parce que j’ai entendu dire par mon père une bonne partie de ma jeunesse que j’étais bête et que les autres étaient plus intelligents. Je voulais savoir pourquoi ?

Grâce à mes expériences au CNRS j’ai découvert que l’intelligence était une capacité basée sur des apprentissages et non une capacité innée. On nait avec un potentiel énorme et on devient « bête » si l’environnement est mauvais. (Stress, violences, traumatismes…).

Voilà une petite introduction qui peut expliquer bien des choses. La belle histoire se termine là, car les fantômes du passé, finissent, toujours pas vous retrouver. C’est mon histoire, une histoire banale en somme qui arrive très souvent dans beaucoup de familles, qui aurait put être différente mais qui grâce à Dieu finit bien.

J’ai été blessée en profondeur par des gestes, par des mots et par de l’indifférence pendant que mon corps essayait de grandir. Mon père n’a jamais su être un père. Aucune tendresse, aucun mot doux, aucune patience et aucune pédagogie et ma mère était trop occupée à se protéger elle-même de cette même attitude pour voir le mal qui me rongeait.

C’est les livres qui m’ont aidée à supporter, ils m’ont permis de m’évader et m’ont permis d’aller loin dans mes études. Mais même si on répare son corps, son âme reste blessée.

Le père est là pour rassurer son enfant, pour l’encourager dans ses apprentissages et lui expliquer les choses de la vie. C’est tout aussi important que de le faire manger équilibré et de l’habiller correctement. En plus le père véhicule l’image masculine, ce que l’on appelle en psycho le phallus. Une petite fille dans le regard de son père va se voir en femme et apprendre à être, un être désirable. Les prémisses de la sexualité se font par le regard du père c’est pourquoi Freud dit qu’une femme cherche dans son mari ou compagnon l’image de son père. Et cela se confirme.

Moi j’ai eu la chance de rencontrer quelqu’un de très différent de mon père et c’est ce qui a fait la différence finalement, car d’autres femmes n’ont pas ce destin. Ce quelqu’un m’a appris à aimer et à m’ouvrir aux autres. J’ai eu deux enfants à qui j’ai pu donner énormément d’amour et en recevoir autant en retour. L’amour est la clé de la vie et sans lui on s’éteint. C’est pourquoi je suis quelqu’un qui vit dans le partage et dans l’écoute. La colère altère le corps. Elle est mauvaise. Je crois en Dieu et c’est ce qui m’aide aussi.

Pour conclure, je dirai que je reste quelqu’un de fragile et de vulnérable. J’ai longtemps pris des médicaments et vu des psychologues pour calmer mes angoisses et aujourd’hui j’évite de revenir en arrière. Mon métier, d’aider les enfants en difficulté vient de là, je veux leur transmettre comme message qu’il faut croire en soi et continuer à avancer malgré les échecs. J’envisage de devenir enseignante car je me suis rendue compte que j’aimais partager mes connaissances et travailler avec les enfants.

Comme une belle revanche sur le passé, je peux remercier mon père finalement de m’avoir poussée sur ce chemin en toute indifférence car en prenant le contre pied de toutes ces années difficiles à digérer j’ai fini par me révéler. Oui c’est vrai que grâce à mon père, j’ai appris à communiquer sur ce qui ne va pas et à réfléchir avant d’agir. Oui c’est vrai je me suis relevée de cette indifférence et j’ai essayé de ne pas reproduire ce qu’il avait fait. Quelque part il m’a montrée le pire dans les relations humaines et pour ça je peux le remercier. Aujourd’hui ma relation avec mon père n’est pas vraiment pacifiée. Une partie de moi a pardonné une autre non.

A.L.B

♥♥♥♥

J’imagine qu’il existe autant de relations père-fille que de pères et de filles différents. Mais est il si facile de voir au delà de nos souffrances et de nos manques ce que cette relation nous aura apportées, ce en quoi elle a contribué à faire la femme merveilleuse que nous sommes devenues comme si cette relation avait façonné en nous une pépite qui révèle les plus belles facettes de nous même.

Promis la prochaine fois j’interviewe les papas 😉

 

 

PS: et je vous invite à regarder le film « C’est tout pour moi » de Nawell Madani, un film qui parle de la relation père-fille avec beaucoup d’humour

 

 

 

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Dans mon jeune temps…

Dans mon jeune temps…

Dans mon jeune temps comme disent les vieux….

Une même génération, deux femmes, deux parcours.

Ne vous êtes vous jamais sentie porteuse d’une histoire qui ne semble pas la votre, comme si vous étiez le relais, le témoin d’un chapitre qui avait commencé à s’écrire bien avant vous?

C’est lors du stage « Pratique de la médecine de la femme sauvage » avec Marie Pénélope Pérès réalisé en juillet dernier que j’ai pris conscience de combien mes racines étaient profondes et combien j’étais ignorante sur les fondations même de qui je suis et j’ai ressenti le besoin urgent de remonter à la source.

J’ai réalisé pleinement que mon histoire ne commençait pas à ma naissance, elle puise dans toutes les générations de femmes qui m’ont précédée, comme si j’étais une pièce d’un puzzle, l’infime partie d’un tout. J’ai la chance d’avoir encore aujourd’hui à mes côtés deux piliers historiques, de 89 et 91 ans à qui je n’avais jamais rien osé/pensé demander sur leur parcours de femme. Femmes d’un autre temps, femmes du siècle d’avant, femmes qui ont connu tant de chamboulements et qui bien que du même temps ont connu deux destins bien différents.

Marie Pénélope Pérès, lors de cette parenthèse de 7 jours, nous a appris à renouer avec le pouvoir des simples (nom des plantes médicinales au Moyen âge). Vous posez alors un regard nouveau sur le monde végétal qui vous entoure comme une source intarissable, bienfaitrice à condition d’en connaitre les secrets. Sorcières pour quelques heures, sorcières pour le plaisir de renouer avec ces connaissances ancestrales, qui se sont diluées dans les tréfonds de nos âmes par manque de transmission orale, conséquence des persécutions subies par ces femmes si sages dont les hommes ont fait l’incarnation du mal. Brûlées sur le bucher pour ne pas venir prendre le contrepied de la médecine scientifique qu’une poignée d’hommes voulait faire régner en souveraine.

 La téméraire

Petit trait d’humour, je n’ai même jamais vu cette grand mère là monter sur un vélo!!!

Les plantes et l’héritage familial: Née dans une famille de cultivateurs sur les bords de Loire où elle a passé toute sa vie, elle est l’ainée de deux filles, emmenait les vaches aux champs quand elle était jeune fille. Son père soignait les maux de gorge avec des infusions d’épines de ronces en gargarisme ou mettait le blanc d’un brin de poireau dans la braise et l’appliquait sur la gorge enroulé dans un linge. Le collubleu (bleu de méthylène) était utilisé comme désinfectant, inventé en 1876 par un chimiste allemand, le bleu de méthylène est un peu tombé dans l’oubli. C’est pourtant un désinfectant et un bactéricide puissant qui agit vite sans recourir à l’artillerie lourde des antibiotiques et des analgésiques- astucito.com.

Pour les toux persistantes, la ouate thermogène, à base de capsaïcine composant actif du piment rouge qui existe toujours aujourd’hui faisait des miracles. Les cataplasmes à la farine de lin, chauffée à l’eau, que l’on étendait sur un linge où l’on saupoudrait un peu de farine de moutarde, appliqués sur le torse ou dans le dos, étaient décapants pour les extinctions de voix, et le faux croupe (laryngotrachéite).

Pour faire murir un mal tel que panaris ou piqure qui s’envenime on appliquait une feuille de molène, quant à la pariétaire officinale, une plante que l’on trouve accrochée aux vieux murs et ruines d’antan, elle servait à soulager les rhumatismes. L’ail servait à fluidifier le sang pour les troubles circulatoires et enfin pour la digestion, on faisait cuire de l‘orge dont on buvait le bouillon pour aider les intestins à travailler.

Après ces quelques révélations, je me penche un peu plus sur la femme, sur les cycles et plus encore, je creuse l’intimité tout en SORORITE, comme une confidence d’une femme à une autre, comme si j’assemblais les pièces d’un tout qui me donne le sentiment d’aller un plus loin sur le chemin d’un féminin inexploré.

A l’époque on quittait l’école à douze ans, les cours d’éducation sexuelle n’existaient pas, on se soignait avec les plantes de notre environnement, on vivait simplement, on quittait ses parents quand on avait trouvé « le prince charmant » mais en attendant on travaillait en famille tout naturellement.

Au fil des questions jamais posées jusqu’alors, émergent les souvenirs, car toutes ces choses là, à une autre époque on en parlait pas, par pudeur, par discrétion, parler intimement de soi, en ce temps là, il n’en était pas question, sans doute question de religion…gare aux tabous!

« Maman a été ménopausée à 37ans, après son deuxième accouchement elle n’aurait plus jamais rien revu, d’ailleurs dans sa vie elle n’a presque jamais beaucoup vu » et moi de sourire à cette étrange expression qui enjolive la façon de dire avoir peu de saignements. « Maman souffrait d’infections vaginales et mes grands mères venaient à la maison pour l’assister, elles avaient dû faire la délicate démarche de parler du problème au prêtre qui à l’époque était dépositaire d’un remède appelé le dépuratif des Alpes qui lui nettoya le sang ce qui lui permit de vivre ensuite longtemps sans aucun problème ». Je ne sais si c’est le secret, mais mon arrière grand mère est décédée à l’âge de 102ans en 2003 et en pleine santé!!! Essayons donc le dépuratif en intraveineuse 🙂

« Nous n’avions aucune méthode de contraception, on ne m’a jamais rien appris, aucune transmission mère fille, aucune méthode naturelle type ogino ou courbe des températures. Dans ces temps là même quand on était enceinte, on ne le disait pas. D’ailleurs pour ma mère comme pour moi ça ne s’est jamais vu. Je portais un corset (Ouf! on a réchappé à cette mode.) personne ne pouvait dire que j’attendais un enfant…ce qui ne m’a pas empêché de faire des beaux bébés. ça ne se criait pas sur les toits, on ne voyait pas de ventres ronds comme aujourd’hui dans la rue, pourtant il n’y avait aucun mal à être enceinte. Une sage femme venait nous accoucher à la maison, il y en avait dans chaque commune. Je me suis pourtant retrouvée à accoucher ma soeur, parce que le médecin (qui intervenait quand il y avait besoin) n’arrivait pas assez vite. Je me suis rappelée des gestes de la sage femme et j’ai fait ce que je devais faire ».

Quand la pilule est arrivée cela ne m’a pas particulièrement intéressée, j’avais déjà 39 ans, j’ai été ménopausée vers 45ans, je me suis toujours bien portée, je n’ai souffert d’aucun trouble à cette période, on a continué par nos propres moyens et le grand père d’ajouter : »On savait que les règles revenaient tous les 28jours, on savait qu’il y avait la période d’ovulation, on en tenait compte ». On ne voulait que deux enfants…on en a eu deux tout simplement.

 » Par contre dans le temps, il y avait ce qu’on appelait des missions. Pendant 3 semaines des jésuites, des pères missionnaires venaient dans les communes pour forcer la foi, réveiller la ferveur, organisaient des messes , visitaient les familles et l’année suivante, étrangement, il y avait des poupons en nombre qui naissaient un peu partout ».

Dans ma petite tête de 43ans, j’écarquille les yeux sur l’évolution des mœurs, de la sexualité et m’interroge sur comment d’un côté l’une n’a eu que deux enfants et l’autre huit alternés de quelques fausses couches. Il semble que la réponse réside dans le regard que l’homme porte sur son épouse, dans sa capacité à être à l’écoute de ses rythmes et attentif aux désirs de celle qui partage sa vie, à moins de vouloir faire siennes les bonnes paroles de la religion catholique car dans la Bible, Dieu bénit la fécondité : « soyez féconds, multipliez-vous » (Gn 1, 22).

La Rebelle

www.rivieres-des-mauges.fr

Dans mes autres racines, se trouve une femme issue d’une famille des Mauges de sept enfants (4 filles et 3 garçons), dont elle est la sixième. Elle a perdu sa soeur âgée de 16 ans, d’un chaud froid que sa mère s’est toujours reprochée d’avoir mal soigné. « Je n’avais que 7ans, j’ai peu de souvenirs de Marthe, car je suis allée en pension dès mon entrée à l’école vers 6/7ans car celle-ci elle était à 2kms, ça faisait trop loin, on ne rentrait que le mercredi soir et le vendredi soir. Je la connaissais très peu mais je me souviens d’elle sur son lit de mort. J’ai arrêté l’école à 13 ans, ensuite suis allée à l’école ménagère pour apprendre à faire la cuisine et coudre, des travaux manuels qui ne m’intéressaient pas du tout! »

A la maison je m’occupais de la traite des vaches, de faire le beurre et d’élever les volailles, j’étais à l’extérieur ces tâches me convenaient très bien. Mes frères travaillaient dans les champs, on est toujours restés tous ensemble, nous n’étions pas salariés.

Jean & Rosalie

Mon père est décédé à 73ans, il a été très perturbé par la guerre de 14-18 qu’il avait faite, il se réveillait la nuit en criant se croyant sans doute encore dans les tranchées et ma mère à 83 ans (née en 1889), je n’ai jamais connu mes grands parents.

Je ne me suis pas intéressée aux soins par les plantes contrairement à ma belle famille où tout passait par les plantes et les infusions! J’ai vécu chez mes parents jusqu’à 21ans. Pendant la guerre ma mère nous avait acheté un phonographe, mes frères ramenaient les garçons et moi les filles, tous venaient danser à la maison, ils trouvaient que j’avais de la chance d’avoir une mère si cool et large d’esprit.

Puis j’ai connu mon mari à la libération, j’avais 19ans (La chose extraordinaire, c’est qu’il était l’ainé de 9 enfants. Pendant la guerre il a été envoyé pendant 9 mois dans une ferme en Allemagne entant que prisonnier mais n’y a pas été malheureux. Sa mère qui donnait beurre et autres aux allemands avait réussi par ces fameux liens à le faire revenir au pays mais il devait être remplacé par une autre personne … ce fût mon frère Albert. Les destins des familles étaient liés avant que la rencontre!).

Avec des amis, je me suis retrouvée à fêter l’évènement sur la place du village, à danser. Il était là par hasard et c’est là que je l’ai rencontré, on a dansé…. puis il m’a écrit, ça lui avait fait « tic ». J’ai trouvé qu’il était pas mal, ce qui me plaisait en lui c’était son côté entrepreneur, quand il faisait quelque chose c’était toujours très étudié, j’avais confiance, j’étais sûre qu’il réussirait ce qu’il entreprendrait. Il avait beaucoup de projets en tête et ça ça me plaisait. Par contre il n’avait pas et n’a jamais eu de copain. C’était un grand grand solitaire qui préférait aller à la pêche, être tout seul…et moi j’étais complètement à l’opposé!

A partir du moment où l’on s’est installés ensemble, qu’on a pris l’exploitation, les enfants sont arrivés presque tous les ans, et je n’avais plus le temps de rien faire, je me suis toute donnée à mes enfants. Me suis mariée à 21 ans en avril 1947, j’ai eu mes quatre premiers enfants à 22 ans, 23, 24 et 26, puis il y a eu un écart avant les suivants. Il ne m’a jamais empêchée d’acheter machine à laver ou quoi que ce soit pour me libérer du travail puisqu’il avait besoin de moi pour son entreprise, j’ai toujours eu une grande liberté de ce côté là. Toutefois comme beaucoup de femmes à l’époque, je travaillais dans l’ombre sans aucun statut.

Mon mari était un patriarche, un chef de tribu qui voulait volontiers que ses fils prennent la relève à condition que tout soit à son idée, ce qui a engendré des conflits entre les générations. Du côté des filles, elles n’étaient selon lui bonnes qu’à la couture donc sans grand intérêt vu de sa fenêtre. Cependant en tant que mère j’ai pu gérer leurs études comme je l’entendais, je les ai envoyées en école privée parce que j’aurais voulu pouvoir étudier. Ces études ont couté cher mais je n’ai jamais eu une once de reproche. Les enfants partaient en pension au collège ce qui fait que nous n’avons jamais été trop nombreux à la maison ce qui m’a permis de pouvoir travailler sur l’exploitation, et assouvir ma passion du contact héritée du côté de ma mère, famille de commerçants.

Quand j’ai accouché de mes enfants, ma mère puis mes belles sœurs venaient m’aider pour plusieurs jours. Effectivement enceinte on portait des corsets, même quand on était enfant, jusqu’au jour où l’on a tout supprimé parce que c’était aux antipodes de ce qu’il fallait faire.

Mon mari participait beaucoup aux réunions de la JAC (Jeunesse Agricole Catholique), où l’on racontait tous les potins du village devant le prêtre avant de réciter le chapelet. Mon mari était extrêmement pratiquant et d’une croyance inouïe. La religion véhiculait l’idée que le rôle de la femme était de faire des enfants et la femme devait obéir à son mari, je m’étais soumise. Sa grande tristesse c’est que je ne suis jamais allée dans le sens de ses croyances. On me disait « la religion c’est prier », pour moi c’est faire de bonnes actions tous les jours et j’avais besoin de cohérence entre les actes et la parole, je ne comprenais pas ces attitudes.

Au milieu du XXe siècle, le département prend effectivement des allures de « cité chrétienne », une quasi-théocratie. Mgr Cazaux, qui dirige le diocèse de Luçon jusqu’en 1966, cumule pour ainsi dire les pouvoirs de l’évêque, du préfet et du président du conseil général. C’est lui qui fait les élections! C’est aussi l’époque où l’assiduité à la messe atteint des sommets: dans certains villages du haut Bocage, la pratique dominicale frôle les 100%! Peu de personnes s’abstiennent d’aller à la messe.

Aussi, lorsque le chanoine Boulard, qui cherchait à établir la carte religieuse de la France rurale, vient dans le département, en 1956, tout le diocèse se mobilise. L’évêché lui fournit des informations que les renseignements généraux ne seraient jamais arrivés à collecter. Il parvient à établir des cartes d’une précision extrême. Sur la base de ses travaux, on remarque que cette chrétienté coïncide avec l’épicentre de l’esprit d’entreprise qui caractérise les bocages du Sud-Loire, ne se situe pas exclusivement dans le département de la Vendée, mais également du côté des Mauges, dans la partie sud-ouest du Maine-et-Loire. Autant de zones où, selon Boulard, le christianisme est le plus fortement enraciné.

lexpress.fr

En 1964 quand la pilule contraceptive est arrivée, je suis allée voir mon médecin. Celui-ci était catholique et n’avait pu avoir d’enfant avec son épouse, il a refusé de me la prescrire au nom de la religion qui l’interdisait et sans doute aussi parce qu’il trouvait que j’avais de la chance au vu de son histoire personnelle, ce qui m’a aidée à accepter ma condition. Pourtant il avait signalé à mon mari qu’il ne pouvait pas continué de la sorte parce que j’étais très fatiguée, je voulais espacer les grossesses mais il ne voulait rien entendre.

A l’époque on ne parlait pas des règles, c’était tabou, certaines femmes qui accouchaient se considéraient comme des pécheresses, ce qui n’a jamais été mon cas. Avant de pouvoir pénétrer à nouveau dans une église, elles se présentaient avec leur enfant à la porte, attendaient que le prête vienne les chercher, les bénisse et chasse le démon. C’était ça la religion?…bah moi j’y comprenais rien!

Puis un jour, je me suis rebellée, j’ai commencé à dire « non » parce que ce n’était pas une vie. Tout ça c’est du passé, ça ne m’a pas empêchée d’arriver à 91 ans et ce qui me sauve c’est mon tempérament joyeux, parce que je ne suis pas une anxieuse. J’ai une chance inouïe, j’ai toujours eu plein d’amis tout en étant indépendante, et surtout pas dans le jugement.

Ce qui nous a tenu en couple c’est le travail, mon mari était un homme de la terre et j’avais le sens du contact, nous étions complémentaires, il avait besoin de moi et en contrepartie j’avais une grande liberté avec les rênes de la bourse familiale. J’ai toujours eu une grande confiance en lui, les « je t’aime » ça ne se disait pas, c’était tabou, pas de mots gentils, même à ses enfants. C’était un homme très travailleur qui n’avait confiance que dans les prêtes, c’est l’histoire d’un terroir, d’une éducation. Suis 100% d’accord avec l’évolution du droit des femmes, le droit de vote et surtout le droit à l’ivg parce que j’ai vu trop de femmes souffrir voire mourir des suites d’avortements clandestins. J’ai vu des femmes pleurer cette souffrance.

Enfin comme dit mamie …. »chacun sa vie »

A mes racines, à Suz & Dona sans qui je ne serais pas là♥

et vous que connaissez vous de vos racines?

 

 

 

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Prendre de la hauteur

Prendre de la hauteur

Ce sera mon mantra de 2018, ma formule mystique, mon incantation magique. Ce début d’année est le moment le plus approprié pour prendre de la hauteur sur les évènements passés et voir bien plus loin que le bout de son nez. Envisagez 2018 qui s’avance le coeur prêt à accueillir ce que les mois à venir vont nous révéler!

Je vous souhaite à chacun une belle et heureuse année qu’elle nous fasse découvrir un peu plus de nos trésors dissimulés, qu’elle nous ramène aux entrailles, là où la vérité est sans faille, et qu’en toute humilité nous apprenions à aimer nos côtés sombres, nos faces cachées.

Ces derniers temps mon silence n’avait rien du hasard, Maudmoiselle n’a pas disparu des radars, je me suis juste laissée bercer par ces moments un peu rares, ceux où l’on mange beaucoup et où l’on rentre tard, remplis de rires, de complicité des regards et de taquineries sur ma robe tapisserie 🙂

♥Créa Robe 6 panneaux Lila Moïta

Comme tout un chacun, à certaines périodes chamboulées, debout à l’intersection des sentiers, je me demande par quel bout prendre demain et si mes profonds désirs ne sont pas vains. J’essaie de tenir tête à mes peurs, à ce que me dicte la raison bien plus que le coeur, à toutes ces obligations qui me posent questions et qui m’empêchent d’agir en toute liberté.

Mais pour mieux avancer, j’ai choisi (non en fait ce n’est qu’une illusion ce rendez-vous était tout tracé!) Nathalie Bridonneau de rencontrer. Je gardais dans un coin de ma tête cette douce intuition que ce n’était pas pour rien que j’avais un jour croisé son nom. Il ma fallu quelques années et ses deux bouquins, bien intégrer, pour me dire que c’était le moment de me lancer. Bien m’en a pris, je peux vous dire que 2018 va décaper! Nous ne sommes que le 09 et l’année commence en mettant le paquet!!! Plongez avec amour dans l’union des contraires et  découvrez que tout est parfait sur cette terre…cette méthode est extraordinaire.

Stand Strong and determined Reste forte et déterminée, quelques mots tombés du ciel le 03 Janvier, message envoyé d’une âme bien intentionnée que j’ai attrapé à la volée comme s’il en dépendait de ma destinée.

Alors que Vianney chante sur les ondes que Dumbo ne fait que voler, cette mélodie depuis ne cesse d’envahir mes pensées, à l’heure où je commence juste, mes ailes, à déployer. Car malgré le poids de mes doutes qui croisent souvent ma route, c’est en gardant foi en soi, qu’on peut aller bien au delà que ce qu’on croit, n’est ce pas? Puisque je devine devant moi un monde qui fredonne en face B, des airs pleins d’humanité dans un souffle de légèreté…c’est vers ce monde là que je veux m’envoler.

J’ai rencontré tellement de regards en cette fin d’année, de mots qui m’ont chaleureusement confortés pour me dire que j’étais sur la bonne lancée. Maudmoiselle qui l’année passée s’est élancée doit continuer à écrire aussi sûrement qu’elle respire pour continuer d’avancer en toute honnêteté envers elle même, aussi sincèrement qu’ado elle écrivait des poèmes. Quant à l’Arbre à Papillons s’il vient colorer vos maisons c’est pour être en harmonie avec toutes les nuances de la vie.

Enfin, je vais vous avouer que pour clôturer 2017 le père Noël a été plutôt chouette, il m’a gâtée de merveilleux cadeaux, bien trop beaux : des confidences sur l’enfance quand l’école stigmatise la différence (post à venir), de rencontrer enfin Madame Karin Legros (j’ai hâte!), et entre les fous rires aux jeux de cartes, les délicieux thés parfumés à l’heure du gouter, les petits dej qui durent 2h à papoter, un merveilleux dernier coucher de soleil dans un ciel embrasé sur la dune, il m’a aussi offert les mains d’Emma, et bien plus que cela.

Alors que Norah Jones berce l’instant, bien au delà du massage, Emma fait danser ses mains sur la peau, sait aussi écouter son coeur et vous délivre bien des maux. De son pays le Bénin, elle a gardé son précieux instinct, la sagesse des femmes qui savent écouter les blessures de l’âme. Emma nous fait ce précieux cadeau, dans ce doux moment peau à peau, d’être pleinement là, attentive au moindre je ne sais quoi et remplit ses gestes d’amour pour vous envelopper comme dans du velours. C’est un rare don de soi, comme en massage je n’en connais pas, où se mêlent puissance et bienveillance, pour délester le corps de ses souffrances. Quand on sort de là, on se sent allégé de tout un poids et les mots d’Emma raisonnent alors profondément en soi, comme si pendant ce délicieux voyage, elle nous avait lu page après page. Non Emma ne m’a pas maraboutée, juste peut être quelque peu envoutée de son infinie sagesse, de sa grande sensibilité et il me presse que 2018 nous donne l’occasion à nouveau de nous rencontrer.

J’ai tellement de choses qu’il me tient à coeur de vous partager, tellement de rencontres que j’ai envie de provoquer, tellement de mots qui se bousculent derrière mes yeux quand ils sont fermés, mon plus grand souhait c’est d’éveiller en nous nos richesses tout en délicatesse.

Que 2018 soit empreinte de sérénité.

Quelque soit les tempêtes que nous serons amenés à traverser, sous la pluie n’oublions jamais de chanter.♥

 

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La goutte d’eau qui fait….

La goutte d’eau qui fait….

Chers crabeurs, chères crabeuses,

interview et images réalisés par  Emmanuel Polsinelli

  En écho à cette publication de Véronique Peuchamiel du 29 Novembre concernant la vidéo de Maître Liujun Jian de l’Institut Quimétao,  son père spirituel et professeur de Qi Gong, qui enseigne tous les arts énergétiques (Qi gong et Tai chi) et la médecine traditionnelle chinoise…. je réagis.

Maître Jian affirme que 80% des maladies viennent de nos pensées, c’est pourquoi en médecine chinoise on ne soigne pas seulement le corps mais aussi et surtout l’esprit….et j’adhère complètement à cette philosophie si s’en est une.

Il s’avère qu’après avoir été traitée pour ma leucémie en 1993, tout bon crabeur qui se respecte sait qu’il y a une période de rémission qui suit que l’on dit complète au bout de 5 années. Une période où tous les signes de la maladie ont disparu mais 5 ans où l’on vous suit de très près. La guérison complète est avérée seulement quand au fil des ans la maladie ne s’est plus jamais manifestée.

Après avoir sorti la tête de ce « foutu » cancer, c’est à dire être sortie de 6 mois d’hospitalisation, surmonté le choc d’être revenu parmi les vivants. Parce que ce fût un choc de passer du statut compréhensible et logique de malade parmi les malades à celui de survivor parmi les vivants. Un vrai choc psychologique sans sas de décompression, sans accompagnement thérapeutique, sans mots pour le dire. Choc de la violence des mois passés qu’il fallait digérer et celui de la confrontation au miroir, le visage et le corps bouffis par les chimios et le système pileux qui s’était fait la malle. Je me suis reconstruite avec le sport, à pied ou à vélo, en courant ou en marchant, je sortais presque tous les jours, j’avais devant moi une année sabbatique puisque je n’avais pas pu reprendre mes études à la rentrée, puisque l’hôpital, à fin septembre, m’avait libérée. Une année pour se reconstruire et repartir….

Je me souviens que les premiers mois, je suis parfois tombée dans des puits sans fond, où la nuit était si noire, et la douleur si grande que j’avais envie d’abandonner, ça parait certainement incongru alors que j’étais semble-t-il sortie d’affaire, mais l’électro choc avait été si fort que je ne trouvais pas la force de me relever. Ce dont je me souviens très bien, c’est que dans les heures les plus sombres, celles où l’on broie du noir, celui des coups de cafard où l’on me retrouvait prostrée dans un coin de mon lit, ma chère maman venait me chercher, non pas pour parler mais juste pour dire « viens on va marcher ». Il pleuvait parfois averse mais comme elle disait « on ne va pas fondre, on n’est pas en sucre! ». Et au fil des pas je sentais le cauchemar s’éloigner de moi, et la vie reprendre un peu plus de place comme si m’ouvrir à la nature, sortir de ma bulle, respirer le grand air me redonnait le goût d’avancer malgré tout.

Ce n’est que deux ans après ma sortie, pour un contrôle de routine dans le bureau du Professeur Ifrah que je lui pose la question ultime « Pourquoi ce cancer? »

C’est alors qu’il m’avoue qu’ils m’ont sauvée in extremis, que les minutes étaient comptées et c’est alors que je m’effondre comme si je n’avais jamais vraiment perçu avec quel feu j’avais joué….finalement c’était peut être ma chance.

Et Alors que j’attends une explication bien rationnelle, scientifique, médicale, il me répond « Vous connaissez l’expression la goutte d’eau qui fait déborder le vase? La bouteille qui se remplit au goutte à goutte, qui n’évacue pas, le cancer arrive d’un trop plein ».

C’est le fameux phénomène des évènements qui s’empilent qui mettent le corps en tension jusqu’à l’explosion et au fond de moi je sais qu’il dit vrai, je sais qu’il a parfaitement raison, j’avais la réponse avant de poser la question. Mon crabe, c’est tout ce que je n’ai pas dit, tout ce que je n’ai pas su faire, tout ce que je n’ai pas osé, tout ce qui m’a manquée, c’est ma petit compilation maison avec laquelle je me suis rongée les sangs. Le difficile passage de l’adolescence, parce que je suis sensible, papier buvard, que je cherche du sens en permanence, que tout me touche et que j’ai une sensibilité extrême et que malgré mes poèmes je n’avais pas trouvé le chemin pour exprimer ce qui au fond de mes tripes m’avait minée.

Au risque de choquer, de heurter quelques sensibilités, je le dis « Dans ce cancer j’ai une grande part de responsabilité même si elle n’est pas consciente, c’est ma croyance, ma conviction profonde et depuis longtemps….et celle de beaucoup d’autres assurément »

Et Tchernobyl alors? ce délicieux cocktail de substances radioactives, il est innocent? Parce qu’en 1993 on disait que le nuage n’était passé pas bien loin, a priori juste stoppé à l’Est par les montagnes, ouf on a eu chaud! foutaises…Tchernobyl c’est un des éléments déclencheurs, la combinaison toxique, le truc qui met le feu aux poudres.

La semaine dernière, nouvelle confirmation de mes convictions alors que je rencontre un praticien en Chi Nei Tsang (article à venir) et alors que je donne mes antériorités (le crabe ça te suit toute ta vie), il me demande « Alors pourquoi ce cancer? » et moi d’esquisser un sourire, en disant « Vous aussi c’est ce que vous pensez…. »,  personne n’est innocent…décidément 🙂

Alors cher crabeur, chère crabeuse, qu’y a t il enfoui au fond de ton âme que tu n’exprimes pas? Qu’est ce que tu tais pour devoir mettre des maux sur les mots? Dis moi….

Je vous envoie plein d’Amour pour que vous mettiez des mots autour ♥

 

Source photo:

Professeur Norbert Ifrah, Courrier de l’Ouest 07.06.2016  ….en vous remerciant encore cher Professeur.

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Le Crabe

Le Crabe

Belle métaphore que cette petite bête qui marche de travers pour évoquer ce foutu cancer.

Je suis grande guerrière, du bout de mes doigts avec la terre je peins mon visage quand c’est nécessaire car en moi vit le feu de l’univers, bien plus puissant que la lame et le fer. Nous faisons partis d’un tout, bien plus grand que nous et c’est au creux de soi qu’on trouve l’énergie de l’au delà.

Depuis quelques temps, plus le temps passe et plus j’en apprends…un puis deux puis trois puis quatre puis cinq êtres touchés par la sale bête comme désignés par la foudre, vous demandant d’en découdre.

Je regarde la situation avec 24ans de recul, regard de la leucémique sortie de sa bulle, 6 mois enfermée, 6 mois à redécouvrir le monde comme je ne l’avais jamais regardé. Malgré le constat que la médecine ait bien avancé, le crabe lui continue de grignoter.

Mais voilà face au destin, nous n’empruntons pas tous le même chemin, nous réagissons chacun selon notre personnalité, notre histoire passée. Pourtant j’ai envie de te dire avec l’immense désir de voir chacun guérir comme une ultime prière que je lance à l’univers, ce qui s’est passé dans mon être, malgré les souffrances et les envies parfois de disparaître que la route qui s’avance va te rapprocher de ton essence à grandes enjambées et tu découvriras en toi le vrai guerrier.

J’ai écouté ma peur et c’est au milieu d’un immense brouillard, qu’elle m’a appris à écouter mon instinct sans le savoir.

La Peur, on la reconnait bien, elle arrive à petits pas et vient se loger doucement dans l’antre, au creux de nos ventres. Je l’ai reconnue au loin, elle a toqué à ma porte un beau matin. Elle n’est pas née à la lueur du diagnostic, elle est arrivée bien avant dans le fond de mes tripes, à la vue des symptômes, mes jolis hématomes. Je sentais bien dans chaque particule de mon corps le douloureux frisson de la peur. Je pressentais le danger, mon sixième sens en train de m’alerter tel un animal sentant l’inévitable arriver. Mon intuition guidait mes actions, alors que mon esprit tournait en boucle sur ces bleus inexpliqués, je savais que c’était de l’aide qu’il me fallait trouver. Elle était là la peur, logée dans mon ventre, m’empêchant de raisonner, débarquant au milieu de la nuit en cauchemar, comme un animal sauvage tapit dans le noir.

Une fois prise en main, consultée par un médecin, la peur s’est envolée, j’avais déposer ma confiance dans ses mains, je remettais à ce sachant mon destin, je n’avais alors plus de raison de m’inquiéter pour demain. Il en fût de même quand on m’emmena en catastrophe aux urgences, sans qu’on m’explique le pourquoi de ce vent de panique. Je me suis seulement sentie portée, je me sentais bien entourée. J’étais désormais en sécurité dans ce lieu aseptisé, les pros pouvaient s’inquiéter pour mon cas, ma foi, j’avais atterri là pour ça. Je n’avais qu’à me laisser porter au fil de l’eau, le monde médical ferait ce qu’il faut. Quoi qu’il en soit avais je vraiment le choix? La maladie est sans foi ni loi, n’est ce pas?

La maladie est un grand déstabilisateur qui te fait perdre tous tes repères et met en exergue tes frayeurs. Un obus qui éclate sur tous les membres de la famille, une véritable onde de choc qui à des kilomètres à la ronde s’éparpille. J’avoue avoir été tellement centrée sur ce qui était en train de m’arriver que je ne me suis jamais vraiment souciée des dommages collatéraux engendrés. Mea culpa je l’ai réalisé il n’y a pas si longtemps que ça, à la lueur de « Moi on ne m’a jamais demandé comment j’allais » de Marie Fugain, j’ai pu projeté ce qu’avait sans doute vécu mon frangin. Mon devoir était alors de rassembler toute mon énergie à lutter pour la vie, de bâtir une force intérieure où je puiserai les jours de pas de bonheur, une armure prête à encaisser les blessures.

Guerrière au fichu sacré caractère surement hérité de mes arrières, je n’ai pas toujours respecté les consignes médicales, je me suis parfois mise à mal mais je n’ai jamais mesuré ou voulu tenir compte du danger, c’est sans doute quelque part ce qui m’aura sauvé. Je ne me suis pas fait de plan sur la comète, ni extrapolé quoi que ce soit pour être honnête, pas de scénario catastrophe, j’étais juste mise pour quelques temps sur off. Je n’ai jamais ressenti plus loin que l’instant présent et c’était déjà bien suffisant. J’étais là, enfermée entre quatre murs et je n’avais que mon esprit pour gambader en pleine nature.

J’ai nourri l’énergie du volcan que j’abrite, j’ai envoyé mes doutes d’une flèche en orbite et j’ai tracé ma route, avançant coute que coute.

 Ce n’est que quelques jours plus tard, alors qu’on me piquait au milieu de la nuit jusqu’à qu’on ne puisse plus y voir, alors que mes bras jusqu’au bout de mes doigts étaient devenus bien noirs, les veines ayant cédé à chaque ponction de sang réitéré, que le verdict a fini par tomber: Leucémie aigüe. Une annonce à 40°de fièvre, avec au fond de la mémoire, Yann 18 ans décédé l’année écoulée de ce mal qu’il n’avait pu terrasser. Au bruit de ces mots qui s’incrustent en moi, comme on brulerait ma peau, mon mental surgit : « lui il est parti mais moi je resterai ici », et je signe alors ce protocole d’accord pour tester sur mon corps un traitement venant des Etats-Unis, mon épée contre la maladie.

Cet instant est resté figé dans ma mémoire, il est photographique, ce fût quelque chose d’absolument magique : j’avais décidé. Je me positionnais en maître du jeu, je me battrai au mieux, j’avais compris que mon physique allait devoir encaisser mais que mon pouvoir était dans mes pensées. Je n’ai jamais envisagé d’abandonner,  j’avais une vie que je venais à peine de commencer, je n’ai jamais pensé au pire, j’étais capitaine du navire. L’optimisme était affûté, c’est la règle à laquelle je ne devais pas déroger.

Lorsque vous êtes dans le doute, restez calme,et attendez ;

 Lorsque le doute aura disparu, alors allez de l’avant avec courage.

Tant que la brume vous enveloppera, attendez ;

 Attendez jusqu’à ce que le soleil pénètre à travers la brume et la dissipe ;

 Car c’est ce qu’il fera.  Ensuite, agissez avec courage.

Chef Ponca Aigle Blanc

Le mental c’est capital, bien plus fort que cela je dirais même vital. Il permet de ne pas se laisser emprisonner par le mal, c’est la clé pour ne pas se désaxer de notre volonté de guerrier. J’ai été sauvé par les miens, par l’amitié, par les copains, par la tribu à laquelle j’appartiens. Dans ma bulle de verre, ma bulle d’enfer, les rires et les larmes ont été les plus forts, des partages sans état d’âme pour mettre le mal à mort.

J’ai été étonnée de tant de présence, je n’imaginais pas tout ce soutien je pense, je n’avais pas pris la mesure de l’amour porté, j’ai pris une bonne claque, elle m’a galvanisée.

A toutes les occasions j’ai choisi de ne pas subir, comme me raser la tête avant le pire, j’étais Cheyenne, j’étais Comanche, la tête nue je devenais celle qui prendrait sa revanche.

Les cheveux pour la femme, c’est un bien précieux, mais ce n’est qu’un mauvais moment à passer, d’une façon ou d’une autre ils finissent bien par repousser. D’expérience je dirais que ce n’est pas le plus dur à encaisser,  bien plus lourd est le regard des autres à supporter, je me suis sentie parfois telle une alien et plutôt que de nourrir la haine, cela n’a fait que décupler mon envie de batailler.

Je vous rassure, malgré la bravoure, il y a eu des mers d’orage quand  je me sentais fauve en cage, des moments de torpeurs, des journées qui avaient le goût de la douleur. J’ai supporté des souffrances physiques parce que pas le temps d’un anesthésiant chimique, y avait juste un peu de glace pour préparer la place, une bonne main innocente à écraser, pour t’aider l’insupportable à supporter.

Mais au bout du compte, après les années passées, ce n’est pas cette douleur là qui reste dans les souvenirs, c’est la peine d’avoir entendu les copains de chambrée souffrir, ceux qu’on désespère de ne pouvoir consoler, eux que je n’aurais finalement jamais croisé, quand les larmes passaient les murs, les peurs sortant par les vomissures, d’hommes et de femmes que la nuit rien ne rassure.

J’avais surement l’avantage de l’innocence, d’une gamine à peine sortie de l’enfance, je n’ai jamais été en panique, pas vécu de comédie tragique. Mais j’ai eu des coups de colères d’être enfermée à ne savoir que faire, de voir mes cheveux fraichement repousser à nouveau tomber à terre mais je ne me suis jamais avouée vaincue, tel un boxer un transe, je tiendrai l’adversaire à distance, j’étais bien décidé à lui faire mordre la poussière à ce foutu cancer.

J’ai appris à mettre ma pudeur au placard, quand paralysée quelques temps dans mon lit condamnée à l’isoloir, une jeune femme à la douceur infime, vint me faire ma toilette intime. C’était sans compter que cette impossibilité de bouger, allait me voir obligée, de me retrouver avec une bassine sous les fesses pour qu’à faire mes besoins en public je m’abaisse. Ce ne fût qu’une parenthèse, mais je n’en retire aucun malaise, elle m’a appris l’humilité et qu’on comptait dans ce monde des gens plein d’humanité.

Cher Jedi du monde réel, je viens te faire un aveu où tu puiseras des jours heureux,  je t’assure que la force est en toi, je te vois sourire où que tu sois, mais je t’affirme que c’est la vérité crois moi. Tu le sais quand tu respires, c’est ce qui fait de toi cet être en devenir.

Mon esprit avait soif de nature pour passer outre les blessures

L’homme à une capacité à encaisser bien plus qu’il ne le prétend. Il est doué d’une formidable capacité de résilience, c’est d’ailleurs là que réside notre chance, nous sommes tous un peu magiques, nous sommes doués de dons magnifiques et la maladie telle un révélateur vient nous dévoiler notre grande valeur. On a tous cette aptitude à conquérir, quand on écoute du fond de soi ses plus chers désirs. Au plus dur de cet enfer, j’ai toujours voulu voir la mer, dans les quatre murs de ma prison, mon plus grand souhait était de voir à nouveau l’horizon. J’avais besoin de cette force naturelle, de l’océan comme une passerelle, pour aller puiser l’énergie qui permettrait de me maintenir en vie.

Je me souviens de la femme en traitement dans la chambre suivant la mienne, femme que je n’ai jamais vu mais qu’à cela ne tienne, je l’entendais parfois gémir la nuit, à l’heure où le silence ne fait pas de bruit. Cette femme avait perdu espoir, seule dans la nuit noire, elle pleurait son désespoir. Elle avait baissé les bras sans doute fatiguée jour après jour de lutter, épuisée par la chimio qui vous met parfois ko. Les traitements jusque là avaient eu un effet bénéfique tant que son mental n’avait pas pris une pente tragique, il fallait impérativement pour l’équipe médicale qu’elle traque à nouveau le mal. C’est fifty/fifty m’ont ils dit, il faut qu’elle retrouve sa détermination pour remettre les traitements sur la ligne de front.

J’avoue j’avais des infirmiers et aides soignants en or qui m’ont donnée des coups de pieds aux fesses bien indolores. Ils m’ont obligée à sortir du lit, surtout quand j’en avais pas envie. J’avais beau sortir mon badge de malade, y avait pas moyen que je les balade. Ils m’ont même collée des altères dans les mains pour que je m’oblige à stimuler mon corps pour mon bien.

J’ai pris bien souvent la clé des champs, grâce à la musique comme un voyage fantastique, un moyen de me transporter hors de ce lieu où j’étais enfermée. Je m’envolais dans le bleu, « Belle ile en mer » tombait des cieux, j’étais pas fan de Voulzy mais je l’appréciais les jours de pluie.

Nous portons tous dans nos valises, nos lots de cicatrices qu’on se le dise, mais si c’était à refaire, je chercherais un soutien psychologique adapté pour déverser tous les moments traversés. c’est la grande nouveauté d’aujourd’hui, cet environnement qui accompagne la maladie et c’est une véritable opportunité, à ne pas négliger.

Guerrier, parfois la vie t’oblige à durement te confronter, et surtout à toi même comme un challenge suprême. C’est alors que tu bâtis cette merveilleuse coiffe qui te grandit et fera de toi un grand chef, plein de sagesse, car jour après jour, la vie te demande de faire preuve de compassion et de bravoure, et pas après pas tu gagnes la plume d’aigle qui t’ornera. Parce que l’aigle peut voler bien plus haut que les autres oiseaux et voir bien plus loin que n’importe quel humain.

Dans ces sales moments que peut être tu traverses, malgré les doutes surement qui se déversent, n’oublie pas que c’est toi le boss quitte à passer pour un sale gosse 😉 ♥

« Le Boss » By Peg inspiré par Noé Two

 

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