Catégorie : A coeur ouvert

Tranches de vie de femmes

Dans mon jeune temps…

Dans mon jeune temps…

Dans mon jeune temps comme disent les vieux….

Une même génération, deux femmes, deux parcours.

Ne vous êtes vous jamais sentie porteuse d’une histoire qui ne semble pas la votre, comme si vous étiez le relais, le témoin d’un chapitre qui avait commencé à s’écrire bien avant vous?

C’est lors du stage « Pratique de la médecine de la femme sauvage » avec Marie Pénélope Pérès réalisé en juillet dernier que j’ai pris conscience de combien mes racines étaient profondes et combien j’étais ignorante sur les fondations même de qui je suis et j’ai ressenti le besoin urgent de remonter à la source.

J’ai réalisé pleinement que mon histoire ne commençait pas à ma naissance, elle puise dans toutes les générations de femmes qui m’ont précédée, comme si j’étais une pièce d’un puzzle, l’infime partie d’un tout. J’ai la chance d’avoir encore aujourd’hui à mes côtés deux piliers historiques, de 89 et 91 ans à qui je n’avais jamais rien osé/pensé demander sur leur parcours de femme. Femmes d’un autre temps, femmes du siècle d’avant, femmes qui ont connu tant de chamboulements et qui bien que du même temps ont connu deux destins bien différents.

Marie Pénélope Pérès, lors de cette parenthèse de 7 jours, nous a appris à renouer avec le pouvoir des simples (nom des plantes médicinales au Moyen âge). Vous posez alors un regard nouveau sur le monde végétal qui vous entoure comme une source intarissable, bienfaitrice à condition d’en connaitre les secrets. Sorcières pour quelques heures, sorcières pour le plaisir de renouer avec ces connaissances ancestrales, qui se sont diluées dans les tréfonds de nos âmes par manque de transmission orale, conséquence des persécutions subies par ces femmes si sages dont les hommes ont fait l’incarnation du mal. Brûlées sur le bucher pour ne pas venir prendre le contrepied de la médecine scientifique qu’une poignée d’hommes voulait faire régner en souveraine.

 La téméraire

Petit trait d’humour, je n’ai même jamais vu cette grand mère là monter sur un vélo!!!

Les plantes et l’héritage familial: Née dans une famille de cultivateurs sur les bords de Loire où elle a passé toute sa vie, elle est l’ainée de deux filles, emmenait les vaches aux champs quand elle était jeune fille. Son père soignait les maux de gorge avec des infusions d’épines de ronces en gargarisme ou mettait le blanc d’un brin de poireau dans la braise et l’appliquait sur la gorge enroulé dans un linge. Le collubleu (bleu de méthylène) était utilisé comme désinfectant, inventé en 1876 par un chimiste allemand, le bleu de méthylène est un peu tombé dans l’oubli. C’est pourtant un désinfectant et un bactéricide puissant qui agit vite sans recourir à l’artillerie lourde des antibiotiques et des analgésiques- astucito.com.

Pour les toux persistantes, la ouate thermogène, à base de capsaïcine composant actif du piment rouge qui existe toujours aujourd’hui faisait des miracles. Les cataplasmes à la farine de lin, chauffée à l’eau, que l’on étendait sur un linge où l’on saupoudrait un peu de farine de moutarde, appliqués sur le torse ou dans le dos, étaient décapants pour les extinctions de voix, et le faux croupe (laryngotrachéite).

Pour faire murir un mal tel que panaris ou piqure qui s’envenime on appliquait une feuille de molène, quant à la pariétaire officinale, une plante que l’on trouve accrochée aux vieux murs et ruines d’antan, elle servait à soulager les rhumatismes. L’ail servait à fluidifier le sang pour les troubles circulatoires et enfin pour la digestion, on faisait cuire de l‘orge dont on buvait le bouillon pour aider les intestins à travailler.

Après ces quelques révélations, je me penche un peu plus sur la femme, sur les cycles et plus encore, je creuse l’intimité tout en SORORITE, comme une confidence d’une femme à une autre, comme si j’assemblais les pièces d’un tout qui me donne le sentiment d’aller un plus loin sur le chemin d’un féminin inexploré.

A l’époque on quittait l’école à douze ans, les cours d’éducation sexuelle n’existaient pas, on se soignait avec les plantes de notre environnement, on vivait simplement, on quittait ses parents quand on avait trouvé « le prince charmant » mais en attendant on travaillait en famille tout naturellement.

Au fil des questions jamais posées jusqu’alors, émergent les souvenirs, car toutes ces choses là, à une autre époque on en parlait pas, par pudeur, par discrétion, parler intimement de soi, en ce temps là, il n’en était pas question, sans doute question de religion…gare aux tabous!

« Maman a été ménopausée à 37ans, après son deuxième accouchement elle n’aurait plus jamais rien revu, d’ailleurs dans sa vie elle n’a presque jamais beaucoup vu » et moi de sourire à cette étrange expression qui enjolive la façon de dire avoir peu de saignements. « Maman souffrait d’infections vaginales et mes grands mères venaient à la maison pour l’assister, elles avaient dû faire la délicate démarche de parler du problème au prêtre qui à l’époque était dépositaire d’un remède appelé le dépuratif des Alpes qui lui nettoya le sang ce qui lui permit de vivre ensuite longtemps sans aucun problème ». Je ne sais si c’est le secret, mais mon arrière grand mère est décédée à l’âge de 102ans en 2003 et en pleine santé!!! Essayons donc le dépuratif en intraveineuse 🙂

« Nous n’avions aucune méthode de contraception, on ne m’a jamais rien appris, aucune transmission mère fille, aucune méthode naturelle type ogino ou courbe des températures. Dans ces temps là même quand on était enceinte, on ne le disait pas. D’ailleurs pour ma mère comme pour moi ça ne s’est jamais vu. Je portais un corset (Ouf! on a réchappé à cette mode.) personne ne pouvait dire que j’attendais un enfant…ce qui ne m’a pas empêché de faire des beaux bébés. ça ne se criait pas sur les toits, on ne voyait pas de ventres ronds comme aujourd’hui dans la rue, pourtant il n’y avait aucun mal à être enceinte. Une sage femme venait nous accoucher à la maison, il y en avait dans chaque commune. Je me suis pourtant retrouvée à accoucher ma soeur, parce que le médecin (qui intervenait quand il y avait besoin) n’arrivait pas assez vite. Je me suis rappelée des gestes de la sage femme et j’ai fait ce que je devais faire ».

Quand la pilule est arrivée cela ne m’a pas particulièrement intéressée, j’avais déjà 39 ans, j’ai été ménopausée vers 45ans, je me suis toujours bien portée, je n’ai souffert d’aucun trouble à cette période, on a continué par nos propres moyens et le grand père d’ajouter : »On savait que les règles revenaient tous les 28jours, on savait qu’il y avait la période d’ovulation, on en tenait compte ». On ne voulait que deux enfants…on en a eu deux tout simplement.

 » Par contre dans le temps, il y avait ce qu’on appelait des missions. Pendant 3 semaines des jésuites, des pères missionnaires venaient dans les communes pour forcer la foi, réveiller la ferveur, organisaient des messes , visitaient les familles et l’année suivante, étrangement, il y avait des poupons en nombre qui naissaient un peu partout ».

Dans ma petite tête de 43ans, j’écarquille les yeux sur l’évolution des mœurs, de la sexualité et m’interroge sur comment d’un côté l’une n’a eu que deux enfants et l’autre huit alternés de quelques fausses couches. Il semble que la réponse réside dans le regard que l’homme porte sur son épouse, dans sa capacité à être à l’écoute de ses rythmes et attentif aux désirs de celle qui partage sa vie, à moins de vouloir faire siennes les bonnes paroles de la religion catholique car dans la Bible, Dieu bénit la fécondité : « soyez féconds, multipliez-vous » (Gn 1, 22).

La Rebelle

www.rivieres-des-mauges.fr

Dans mes autres racines, se trouve une femme issue d’une famille des Mauges de sept enfants (4 filles et 3 garçons), dont elle est la sixième. Elle a perdu sa soeur âgée de 16 ans, d’un chaud froid que sa mère s’est toujours reprochée d’avoir mal soigné. « Je n’avais que 7ans, j’ai peu de souvenirs de Marthe, car je suis allée en pension dès mon entrée à l’école vers 6/7ans car celle-ci elle était à 2kms, ça faisait trop loin, on ne rentrait que le mercredi soir et le vendredi soir. Je la connaissais très peu mais je me souviens d’elle sur son lit de mort. J’ai arrêté l’école à 13 ans, ensuite suis allée à l’école ménagère pour apprendre à faire la cuisine et coudre, des travaux manuels qui ne m’intéressaient pas du tout! »

A la maison je m’occupais de la traite des vaches, de faire le beurre et d’élever les volailles, j’étais à l’extérieur ces tâches me convenaient très bien. Mes frères travaillaient dans les champs, on est toujours restés tous ensemble, nous n’étions pas salariés.

Jean & Rosalie

Mon père est décédé à 73ans, il a été très perturbé par la guerre de 14-18 qu’il avait faite, il se réveillait la nuit en criant se croyant sans doute encore dans les tranchées et ma mère à 83 ans (née en 1889), je n’ai jamais connu mes grands parents.

Je ne me suis pas intéressée aux soins par les plantes contrairement à ma belle famille où tout passait par les plantes et les infusions! J’ai vécu chez mes parents jusqu’à 21ans. Pendant la guerre ma mère nous avait acheté un phonographe, mes frères ramenaient les garçons et moi les filles, tous venaient danser à la maison, ils trouvaient que j’avais de la chance d’avoir une mère si cool et large d’esprit.

Puis j’ai connu mon mari à la libération, j’avais 19ans (La chose extraordinaire, c’est qu’il était l’ainé de 9 enfants. Pendant la guerre il a été envoyé pendant 9 mois dans une ferme en Allemagne entant que prisonnier mais n’y a pas été malheureux. Sa mère qui donnait beurre et autres aux allemands avait réussi par ces fameux liens à le faire revenir au pays mais il devait être remplacé par une autre personne … ce fût mon frère Albert. Les destins des familles étaient liés avant que la rencontre!).

Avec des amis, je me suis retrouvée à fêter l’évènement sur la place du village, à danser. Il était là par hasard et c’est là que je l’ai rencontré, on a dansé…. puis il m’a écrit, ça lui avait fait « tic ». J’ai trouvé qu’il était pas mal, ce qui me plaisait en lui c’était son côté entrepreneur, quand il faisait quelque chose c’était toujours très étudié, j’avais confiance, j’étais sûre qu’il réussirait ce qu’il entreprendrait. Il avait beaucoup de projets en tête et ça ça me plaisait. Par contre il n’avait pas et n’a jamais eu de copain. C’était un grand grand solitaire qui préférait aller à la pêche, être tout seul…et moi j’étais complètement à l’opposé!

A partir du moment où l’on s’est installés ensemble, qu’on a pris l’exploitation, les enfants sont arrivés presque tous les ans, et je n’avais plus le temps de rien faire, je me suis toute donnée à mes enfants. Me suis mariée à 21 ans en avril 1947, j’ai eu mes quatre premiers enfants à 22 ans, 23, 24 et 26, puis il y a eu un écart avant les suivants. Il ne m’a jamais empêchée d’acheter machine à laver ou quoi que ce soit pour me libérer du travail puisqu’il avait besoin de moi pour son entreprise, j’ai toujours eu une grande liberté de ce côté là. Toutefois comme beaucoup de femmes à l’époque, je travaillais dans l’ombre sans aucun statut.

Mon mari était un patriarche, un chef de tribu qui voulait volontiers que ses fils prennent la relève à condition que tout soit à son idée, ce qui a engendré des conflits entre les générations. Du côté des filles, elles n’étaient selon lui bonnes qu’à la couture donc sans grand intérêt vu de sa fenêtre. Cependant en tant que mère j’ai pu gérer leurs études comme je l’entendais, je les ai envoyées en école privée parce que j’aurais voulu pouvoir étudier. Ces études ont couté cher mais je n’ai jamais eu une once de reproche. Les enfants partaient en pension au collège ce qui fait que nous n’avons jamais été trop nombreux à la maison ce qui m’a permis de pouvoir travailler sur l’exploitation, et assouvir ma passion du contact héritée du côté de ma mère, famille de commerçants.

Quand j’ai accouché de mes enfants, ma mère puis mes belles sœurs venaient m’aider pour plusieurs jours. Effectivement enceinte on portait des corsets, même quand on était enfant, jusqu’au jour où l’on a tout supprimé parce que c’était aux antipodes de ce qu’il fallait faire.

Mon mari participait beaucoup aux réunions de la JAC (Jeunesse Agricole Catholique), où l’on racontait tous les potins du village devant le prêtre avant de réciter le chapelet. Mon mari était extrêmement pratiquant et d’une croyance inouïe. La religion véhiculait l’idée que le rôle de la femme était de faire des enfants et la femme devait obéir à son mari, je m’étais soumise. Sa grande tristesse c’est que je ne suis jamais allée dans le sens de ses croyances. On me disait « la religion c’est prier », pour moi c’est faire de bonnes actions tous les jours et j’avais besoin de cohérence entre les actes et la parole, je ne comprenais pas ces attitudes.

Au milieu du XXe siècle, le département prend effectivement des allures de « cité chrétienne », une quasi-théocratie. Mgr Cazaux, qui dirige le diocèse de Luçon jusqu’en 1966, cumule pour ainsi dire les pouvoirs de l’évêque, du préfet et du président du conseil général. C’est lui qui fait les élections! C’est aussi l’époque où l’assiduité à la messe atteint des sommets: dans certains villages du haut Bocage, la pratique dominicale frôle les 100%! Peu de personnes s’abstiennent d’aller à la messe.

Aussi, lorsque le chanoine Boulard, qui cherchait à établir la carte religieuse de la France rurale, vient dans le département, en 1956, tout le diocèse se mobilise. L’évêché lui fournit des informations que les renseignements généraux ne seraient jamais arrivés à collecter. Il parvient à établir des cartes d’une précision extrême. Sur la base de ses travaux, on remarque que cette chrétienté coïncide avec l’épicentre de l’esprit d’entreprise qui caractérise les bocages du Sud-Loire, ne se situe pas exclusivement dans le département de la Vendée, mais également du côté des Mauges, dans la partie sud-ouest du Maine-et-Loire. Autant de zones où, selon Boulard, le christianisme est le plus fortement enraciné.

lexpress.fr

En 1964 quand la pilule contraceptive est arrivée, je suis allée voir mon médecin. Celui-ci était catholique et n’avait pu avoir d’enfant avec son épouse, il a refusé de me la prescrire au nom de la religion qui l’interdisait et sans doute aussi parce qu’il trouvait que j’avais de la chance au vu de son histoire personnelle, ce qui m’a aidée à accepter ma condition. Pourtant il avait signalé à mon mari qu’il ne pouvait pas continué de la sorte parce que j’étais très fatiguée, je voulais espacer les grossesses mais il ne voulait rien entendre.

A l’époque on ne parlait pas des règles, c’était tabou, certaines femmes qui accouchaient se considéraient comme des pécheresses, ce qui n’a jamais été mon cas. Avant de pouvoir pénétrer à nouveau dans une église, elles se présentaient avec leur enfant à la porte, attendaient que le prête vienne les chercher, les bénisse et chasse le démon. C’était ça la religion?…bah moi j’y comprenais rien!

Puis un jour, je me suis rebellée, j’ai commencé à dire « non » parce que ce n’était pas une vie. Tout ça c’est du passé, ça ne m’a pas empêchée d’arriver à 91 ans et ce qui me sauve c’est mon tempérament joyeux, parce que je ne suis pas une anxieuse. J’ai une chance inouïe, j’ai toujours eu plein d’amis tout en étant indépendante, et surtout pas dans le jugement.

Ce qui nous a tenu en couple c’est le travail, mon mari était un homme de la terre et j’avais le sens du contact, nous étions complémentaires, il avait besoin de moi et en contrepartie j’avais une grande liberté avec les rênes de la bourse familiale. J’ai toujours eu une grande confiance en lui, les « je t’aime » ça ne se disait pas, c’était tabou, pas de mots gentils, même à ses enfants. C’était un homme très travailleur qui n’avait confiance que dans les prêtes, c’est l’histoire d’un terroir, d’une éducation. Suis 100% d’accord avec l’évolution du droit des femmes, le droit de vote et surtout le droit à l’ivg parce que j’ai vu trop de femmes souffrir voire mourir des suites d’avortements clandestins. J’ai vu des femmes pleurer cette souffrance.

Enfin comme dit mamie …. »chacun sa vie »

A mes racines, à Suz & Dona sans qui je ne serais pas là♥

et vous que connaissez vous de vos racines?

 

 

 

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Prendre de la hauteur

Prendre de la hauteur

Ce sera mon mantra de 2018, ma formule mystique, mon incantation magique. Ce début d’année est le moment le plus approprié pour prendre de la hauteur sur les évènements passés et voir bien plus loin que le bout de son nez. Envisagez 2018 qui s’avance le coeur prêt à accueillir ce que les mois à venir vont nous révéler!

Je vous souhaite à chacun une belle et heureuse année qu’elle nous fasse découvrir un peu plus de nos trésors dissimulés, qu’elle nous ramène aux entrailles, là où la vérité est sans faille, et qu’en toute humilité nous apprenions à aimer nos côtés sombres, nos faces cachées.

Ces derniers temps mon silence n’avait rien du hasard, Maudmoiselle n’a pas disparu des radars, je me suis juste laissée bercer par ces moments un peu rares, ceux où l’on mange beaucoup et où l’on rentre tard, remplis de rires, de complicité des regards et de taquineries sur ma robe tapisserie 🙂

♥Créa Robe 6 panneaux Lila Moïta

Comme tout un chacun, à certaines périodes chamboulées, debout à l’intersection des sentiers, je me demande par quel bout prendre demain et si mes profonds désirs ne sont pas vains. J’essaie de tenir tête à mes peurs, à ce que me dicte la raison bien plus que le coeur, à toutes ces obligations qui me posent questions et qui m’empêchent d’agir en toute liberté.

Mais pour mieux avancer, j’ai choisi (non en fait ce n’est qu’une illusion ce rendez-vous était tout tracé!) Nathalie Bridonneau de rencontrer. Je gardais dans un coin de ma tête cette douce intuition que ce n’était pas pour rien que j’avais un jour croisé son nom. Il ma fallu quelques années et ses deux bouquins, bien intégrer, pour me dire que c’était le moment de me lancer. Bien m’en a pris, je peux vous dire que 2018 va décaper! Nous ne sommes que le 09 et l’année commence en mettant le paquet!!! Plongez avec amour dans l’union des contraires et  découvrez que tout est parfait sur cette terre…cette méthode est extraordinaire.

Stand Strong and determined Reste forte et déterminée, quelques mots tombés du ciel le 03 Janvier, message envoyé d’une âme bien intentionnée que j’ai attrapé à la volée comme s’il en dépendait de ma destinée.

Alors que Vianney chante sur les ondes que Dumbo ne fait que voler, cette mélodie depuis ne cesse d’envahir mes pensées, à l’heure où je commence juste, mes ailes, à déployer. Car malgré le poids de mes doutes qui croisent souvent ma route, c’est en gardant foi en soi, qu’on peut aller bien au delà que ce qu’on croit, n’est ce pas? Puisque je devine devant moi un monde qui fredonne en face B, des airs pleins d’humanité dans un souffle de légèreté…c’est vers ce monde là que je veux m’envoler.

J’ai rencontré tellement de regards en cette fin d’année, de mots qui m’ont chaleureusement confortés pour me dire que j’étais sur la bonne lancée. Maudmoiselle qui l’année passée s’est élancée doit continuer à écrire aussi sûrement qu’elle respire pour continuer d’avancer en toute honnêteté envers elle même, aussi sincèrement qu’ado elle écrivait des poèmes. Quant à l’Arbre à Papillons s’il vient colorer vos maisons c’est pour être en harmonie avec toutes les nuances de la vie.

Enfin, je vais vous avouer que pour clôturer 2017 le père Noël a été plutôt chouette, il m’a gâtée de merveilleux cadeaux, bien trop beaux : des confidences sur l’enfance quand l’école stigmatise la différence (post à venir), de rencontrer enfin Madame Karin Legros (j’ai hâte!), et entre les fous rires aux jeux de cartes, les délicieux thés parfumés à l’heure du gouter, les petits dej qui durent 2h à papoter, un merveilleux dernier coucher de soleil dans un ciel embrasé sur la dune, il m’a aussi offert les mains d’Emma, et bien plus que cela.

Alors que Norah Jones berce l’instant, bien au delà du massage, Emma fait danser ses mains sur la peau, sait aussi écouter son coeur et vous délivre bien des maux. De son pays le Bénin, elle a gardé son précieux instinct, la sagesse des femmes qui savent écouter les blessures de l’âme. Emma nous fait ce précieux cadeau, dans ce doux moment peau à peau, d’être pleinement là, attentive au moindre je ne sais quoi et remplit ses gestes d’amour pour vous envelopper comme dans du velours. C’est un rare don de soi, comme en massage je n’en connais pas, où se mêlent puissance et bienveillance, pour délester le corps de ses souffrances. Quand on sort de là, on se sent allégé de tout un poids et les mots d’Emma raisonnent alors profondément en soi, comme si pendant ce délicieux voyage, elle nous avait lu page après page. Non Emma ne m’a pas maraboutée, juste peut être quelque peu envoutée de son infinie sagesse, de sa grande sensibilité et il me presse que 2018 nous donne l’occasion à nouveau de nous rencontrer.

J’ai tellement de choses qu’il me tient à coeur de vous partager, tellement de rencontres que j’ai envie de provoquer, tellement de mots qui se bousculent derrière mes yeux quand ils sont fermés, mon plus grand souhait c’est d’éveiller en nous nos richesses tout en délicatesse.

Que 2018 soit empreinte de sérénité.

Quelque soit les tempêtes que nous serons amenés à traverser, sous la pluie n’oublions jamais de chanter.♥

 

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La goutte d’eau qui fait….

La goutte d’eau qui fait….

Chers crabeurs, chères crabeuses,

interview et images réalisés par  Emmanuel Polsinelli

  En écho à cette publication de Véronique Peuchamiel du 29 Novembre concernant la vidéo de Maître Liujun Jian de l’Institut Quimétao,  son père spirituel et professeur de Qi Gong, qui enseigne tous les arts énergétiques (Qi gong et Tai chi) et la médecine traditionnelle chinoise…. je réagis.

Maître Jian affirme que 80% des maladies viennent de nos pensées, c’est pourquoi en médecine chinoise on ne soigne pas seulement le corps mais aussi et surtout l’esprit….et j’adhère complètement à cette philosophie si s’en est une.

Il s’avère qu’après avoir été traitée pour ma leucémie en 1993, tout bon crabeur qui se respecte sait qu’il y a une période de rémission qui suit que l’on dit complète au bout de 5 années. Une période où tous les signes de la maladie ont disparu mais 5 ans où l’on vous suit de très près. La guérison complète est avérée seulement quand au fil des ans la maladie ne s’est plus jamais manifestée.

Après avoir sorti la tête de ce « foutu » cancer, c’est à dire être sortie de 6 mois d’hospitalisation, surmonté le choc d’être revenu parmi les vivants. Parce que ce fût un choc de passer du statut compréhensible et logique de malade parmi les malades à celui de survivor parmi les vivants. Un vrai choc psychologique sans sas de décompression, sans accompagnement thérapeutique, sans mots pour le dire. Choc de la violence des mois passés qu’il fallait digérer et celui de la confrontation au miroir, le visage et le corps bouffis par les chimios et le système pileux qui s’était fait la malle. Je me suis reconstruite avec le sport, à pied ou à vélo, en courant ou en marchant, je sortais presque tous les jours, j’avais devant moi une année sabbatique puisque je n’avais pas pu reprendre mes études à la rentrée, puisque l’hôpital, à fin septembre, m’avait libérée. Une année pour se reconstruire et repartir….

Je me souviens que les premiers mois, je suis parfois tombée dans des puits sans fond, où la nuit était si noire, et la douleur si grande que j’avais envie d’abandonner, ça parait certainement incongru alors que j’étais semble-t-il sortie d’affaire, mais l’électro choc avait été si fort que je ne trouvais pas la force de me relever. Ce dont je me souviens très bien, c’est que dans les heures les plus sombres, celles où l’on broie du noir, celui des coups de cafard où l’on me retrouvait prostrée dans un coin de mon lit, ma chère maman venait me chercher, non pas pour parler mais juste pour dire « viens on va marcher ». Il pleuvait parfois averse mais comme elle disait « on ne va pas fondre, on n’est pas en sucre! ». Et au fil des pas je sentais le cauchemar s’éloigner de moi, et la vie reprendre un peu plus de place comme si m’ouvrir à la nature, sortir de ma bulle, respirer le grand air me redonnait le goût d’avancer malgré tout.

Ce n’est que deux ans après ma sortie, pour un contrôle de routine dans le bureau du Professeur Ifrah que je lui pose la question ultime « Pourquoi ce cancer? »

C’est alors qu’il m’avoue qu’ils m’ont sauvée in extremis, que les minutes étaient comptées et c’est alors que je m’effondre comme si je n’avais jamais vraiment perçu avec quel feu j’avais joué….finalement c’était peut être ma chance.

Et Alors que j’attends une explication bien rationnelle, scientifique, médicale, il me répond « Vous connaissez l’expression la goutte d’eau qui fait déborder le vase? La bouteille qui se remplit au goutte à goutte, qui n’évacue pas, le cancer arrive d’un trop plein ».

C’est le fameux phénomène des évènements qui s’empilent qui mettent le corps en tension jusqu’à l’explosion et au fond de moi je sais qu’il dit vrai, je sais qu’il a parfaitement raison, j’avais la réponse avant de poser la question. Mon crabe, c’est tout ce que je n’ai pas dit, tout ce que je n’ai pas su faire, tout ce que je n’ai pas osé, tout ce qui m’a manquée, c’est ma petit compilation maison avec laquelle je me suis rongée les sangs. Le difficile passage de l’adolescence, parce que je suis sensible, papier buvard, que je cherche du sens en permanence, que tout me touche et que j’ai une sensibilité extrême et que malgré mes poèmes je n’avais pas trouvé le chemin pour exprimer ce qui au fond de mes tripes m’avait minée.

Au risque de choquer, de heurter quelques sensibilités, je le dis « Dans ce cancer j’ai une grande part de responsabilité même si elle n’est pas consciente, c’est ma croyance, ma conviction profonde et depuis longtemps….et celle de beaucoup d’autres assurément »

Et Tchernobyl alors? ce délicieux cocktail de substances radioactives, il est innocent? Parce qu’en 1993 on disait que le nuage n’était passé pas bien loin, a priori juste stoppé à l’Est par les montagnes, ouf on a eu chaud! foutaises…Tchernobyl c’est un des éléments déclencheurs, la combinaison toxique, le truc qui met le feu aux poudres.

La semaine dernière, nouvelle confirmation de mes convictions alors que je rencontre un praticien en Chi Nei Tsang (article à venir) et alors que je donne mes antériorités (le crabe ça te suit toute ta vie), il me demande « Alors pourquoi ce cancer? » et moi d’esquisser un sourire, en disant « Vous aussi c’est ce que vous pensez…. »,  personne n’est innocent…décidément 🙂

Alors cher crabeur, chère crabeuse, qu’y a t il enfoui au fond de ton âme que tu n’exprimes pas? Qu’est ce que tu tais pour devoir mettre des maux sur les mots? Dis moi….

Je vous envoie plein d’Amour pour que vous mettiez des mots autour ♥

 

Source photo:

Professeur Norbert Ifrah, Courrier de l’Ouest 07.06.2016  ….en vous remerciant encore cher Professeur.

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Le Crabe

Le Crabe

Belle métaphore que cette petite bête qui marche de travers pour évoquer ce foutu cancer.

Je suis grande guerrière, du bout de mes doigts avec la terre je peins mon visage quand c’est nécessaire car en moi vit le feu de l’univers, bien plus puissant que la lame et le fer. Nous faisons partis d’un tout, bien plus grand que nous et c’est au creux de soi qu’on trouve l’énergie de l’au delà.

Depuis quelques temps, plus le temps passe et plus j’en apprends…un puis deux puis trois puis quatre puis cinq êtres touchés par la sale bête comme désignés par la foudre, vous demandant d’en découdre.

Je regarde la situation avec 24ans de recul, regard de la leucémique sortie de sa bulle, 6 mois enfermée, 6 mois à redécouvrir le monde comme je ne l’avais jamais regardé. Malgré le constat que la médecine ait bien avancé, le crabe lui continue de grignoter.

Mais voilà face au destin, nous n’empruntons pas tous le même chemin, nous réagissons chacun selon notre personnalité, notre histoire passée. Pourtant j’ai envie de te dire avec l’immense désir de voir chacun guérir comme une ultime prière que je lance à l’univers, ce qui s’est passé dans mon être, malgré les souffrances et les envies parfois de disparaître que la route qui s’avance va te rapprocher de ton essence à grandes enjambées et tu découvriras en toi le vrai guerrier.

J’ai écouté ma peur et c’est au milieu d’un immense brouillard, qu’elle m’a appris à écouter mon instinct sans le savoir.

La Peur, on la reconnait bien, elle arrive à petits pas et vient se loger doucement dans l’antre, au creux de nos ventres. Je l’ai reconnue au loin, elle a toqué à ma porte un beau matin. Elle n’est pas née à la lueur du diagnostic, elle est arrivée bien avant dans le fond de mes tripes, à la vue des symptômes, mes jolis hématomes. Je sentais bien dans chaque particule de mon corps le douloureux frisson de la peur. Je pressentais le danger, mon sixième sens en train de m’alerter tel un animal sentant l’inévitable arriver. Mon intuition guidait mes actions, alors que mon esprit tournait en boucle sur ces bleus inexpliqués, je savais que c’était de l’aide qu’il me fallait trouver. Elle était là la peur, logée dans mon ventre, m’empêchant de raisonner, débarquant au milieu de la nuit en cauchemar, comme un animal sauvage tapit dans le noir.

Une fois prise en main, consultée par un médecin, la peur s’est envolée, j’avais déposer ma confiance dans ses mains, je remettais à ce sachant mon destin, je n’avais alors plus de raison de m’inquiéter pour demain. Il en fût de même quand on m’emmena en catastrophe aux urgences, sans qu’on m’explique le pourquoi de ce vent de panique. Je me suis seulement sentie portée, je me sentais bien entourée. J’étais désormais en sécurité dans ce lieu aseptisé, les pros pouvaient s’inquiéter pour mon cas, ma foi, j’avais atterri là pour ça. Je n’avais qu’à me laisser porter au fil de l’eau, le monde médical ferait ce qu’il faut. Quoi qu’il en soit avais je vraiment le choix? La maladie est sans foi ni loi, n’est ce pas?

La maladie est un grand déstabilisateur qui te fait perdre tous tes repères et met en exergue tes frayeurs. Un obus qui éclate sur tous les membres de la famille, une véritable onde de choc qui à des kilomètres à la ronde s’éparpille. J’avoue avoir été tellement centrée sur ce qui était en train de m’arriver que je ne me suis jamais vraiment souciée des dommages collatéraux engendrés. Mea culpa je l’ai réalisé il n’y a pas si longtemps que ça, à la lueur de « Moi on ne m’a jamais demandé comment j’allais » de Marie Fugain, j’ai pu projeté ce qu’avait sans doute vécu mon frangin. Mon devoir était alors de rassembler toute mon énergie à lutter pour la vie, de bâtir une force intérieure où je puiserai les jours de pas de bonheur, une armure prête à encaisser les blessures.

Guerrière au fichu sacré caractère surement hérité de mes arrières, je n’ai pas toujours respecté les consignes médicales, je me suis parfois mise à mal mais je n’ai jamais mesuré ou voulu tenir compte du danger, c’est sans doute quelque part ce qui m’aura sauvé. Je ne me suis pas fait de plan sur la comète, ni extrapolé quoi que ce soit pour être honnête, pas de scénario catastrophe, j’étais juste mise pour quelques temps sur off. Je n’ai jamais ressenti plus loin que l’instant présent et c’était déjà bien suffisant. J’étais là, enfermée entre quatre murs et je n’avais que mon esprit pour gambader en pleine nature.

J’ai nourri l’énergie du volcan que j’abrite, j’ai envoyé mes doutes d’une flèche en orbite et j’ai tracé ma route, avançant coute que coute.

 Ce n’est que quelques jours plus tard, alors qu’on me piquait au milieu de la nuit jusqu’à qu’on ne puisse plus y voir, alors que mes bras jusqu’au bout de mes doigts étaient devenus bien noirs, les veines ayant cédé à chaque ponction de sang réitéré, que le verdict a fini par tomber: Leucémie aigüe. Une annonce à 40°de fièvre, avec au fond de la mémoire, Yann 18 ans décédé l’année écoulée de ce mal qu’il n’avait pu terrasser. Au bruit de ces mots qui s’incrustent en moi, comme on brulerait ma peau, mon mental surgit : « lui il est parti mais moi je resterai ici », et je signe alors ce protocole d’accord pour tester sur mon corps un traitement venant des Etats-Unis, mon épée contre la maladie.

Cet instant est resté figé dans ma mémoire, il est photographique, ce fût quelque chose d’absolument magique : j’avais décidé. Je me positionnais en maître du jeu, je me battrai au mieux, j’avais compris que mon physique allait devoir encaisser mais que mon pouvoir était dans mes pensées. Je n’ai jamais envisagé d’abandonner,  j’avais une vie que je venais à peine de commencer, je n’ai jamais pensé au pire, j’étais capitaine du navire. L’optimisme était affûté, c’est la règle à laquelle je ne devais pas déroger.

Lorsque vous êtes dans le doute, restez calme,et attendez ;

 Lorsque le doute aura disparu, alors allez de l’avant avec courage.

Tant que la brume vous enveloppera, attendez ;

 Attendez jusqu’à ce que le soleil pénètre à travers la brume et la dissipe ;

 Car c’est ce qu’il fera.  Ensuite, agissez avec courage.

Chef Ponca Aigle Blanc

Le mental c’est capital, bien plus fort que cela je dirais même vital. Il permet de ne pas se laisser emprisonner par le mal, c’est la clé pour ne pas se désaxer de notre volonté de guerrier. J’ai été sauvé par les miens, par l’amitié, par les copains, par la tribu à laquelle j’appartiens. Dans ma bulle de verre, ma bulle d’enfer, les rires et les larmes ont été les plus forts, des partages sans état d’âme pour mettre le mal à mort.

J’ai été étonnée de tant de présence, je n’imaginais pas tout ce soutien je pense, je n’avais pas pris la mesure de l’amour porté, j’ai pris une bonne claque, elle m’a galvanisée.

A toutes les occasions j’ai choisi de ne pas subir, comme me raser la tête avant le pire, j’étais Cheyenne, j’étais Comanche, la tête nue je devenais celle qui prendrait sa revanche.

Les cheveux pour la femme, c’est un bien précieux, mais ce n’est qu’un mauvais moment à passer, d’une façon ou d’une autre ils finissent bien par repousser. D’expérience je dirais que ce n’est pas le plus dur à encaisser,  bien plus lourd est le regard des autres à supporter, je me suis sentie parfois telle une alien et plutôt que de nourrir la haine, cela n’a fait que décupler mon envie de batailler.

Je vous rassure, malgré la bravoure, il y a eu des mers d’orage quand  je me sentais fauve en cage, des moments de torpeurs, des journées qui avaient le goût de la douleur. J’ai supporté des souffrances physiques parce que pas le temps d’un anesthésiant chimique, y avait juste un peu de glace pour préparer la place, une bonne main innocente à écraser, pour t’aider l’insupportable à supporter.

Mais au bout du compte, après les années passées, ce n’est pas cette douleur là qui reste dans les souvenirs, c’est la peine d’avoir entendu les copains de chambrée souffrir, ceux qu’on désespère de ne pouvoir consoler, eux que je n’aurais finalement jamais croisé, quand les larmes passaient les murs, les peurs sortant par les vomissures, d’hommes et de femmes que la nuit rien ne rassure.

J’avais surement l’avantage de l’innocence, d’une gamine à peine sortie de l’enfance, je n’ai jamais été en panique, pas vécu de comédie tragique. Mais j’ai eu des coups de colères d’être enfermée à ne savoir que faire, de voir mes cheveux fraichement repousser à nouveau tomber à terre mais je ne me suis jamais avouée vaincue, tel un boxer un transe, je tiendrai l’adversaire à distance, j’étais bien décidé à lui faire mordre la poussière à ce foutu cancer.

J’ai appris à mettre ma pudeur au placard, quand paralysée quelques temps dans mon lit condamnée à l’isoloir, une jeune femme à la douceur infime, vint me faire ma toilette intime. C’était sans compter que cette impossibilité de bouger, allait me voir obligée, de me retrouver avec une bassine sous les fesses pour qu’à faire mes besoins en public je m’abaisse. Ce ne fût qu’une parenthèse, mais je n’en retire aucun malaise, elle m’a appris l’humilité et qu’on comptait dans ce monde des gens plein d’humanité.

Cher Jedi du monde réel, je viens te faire un aveu où tu puiseras des jours heureux,  je t’assure que la force est en toi, je te vois sourire où que tu sois, mais je t’affirme que c’est la vérité crois moi. Tu le sais quand tu respires, c’est ce qui fait de toi cet être en devenir.

Mon esprit avait soif de nature pour passer outre les blessures

L’homme à une capacité à encaisser bien plus qu’il ne le prétend. Il est doué d’une formidable capacité de résilience, c’est d’ailleurs là que réside notre chance, nous sommes tous un peu magiques, nous sommes doués de dons magnifiques et la maladie telle un révélateur vient nous dévoiler notre grande valeur. On a tous cette aptitude à conquérir, quand on écoute du fond de soi ses plus chers désirs. Au plus dur de cet enfer, j’ai toujours voulu voir la mer, dans les quatre murs de ma prison, mon plus grand souhait était de voir à nouveau l’horizon. J’avais besoin de cette force naturelle, de l’océan comme une passerelle, pour aller puiser l’énergie qui permettrait de me maintenir en vie.

Je me souviens de la femme en traitement dans la chambre suivant la mienne, femme que je n’ai jamais vu mais qu’à cela ne tienne, je l’entendais parfois gémir la nuit, à l’heure où le silence ne fait pas de bruit. Cette femme avait perdu espoir, seule dans la nuit noire, elle pleurait son désespoir. Elle avait baissé les bras sans doute fatiguée jour après jour de lutter, épuisée par la chimio qui vous met parfois ko. Les traitements jusque là avaient eu un effet bénéfique tant que son mental n’avait pas pris une pente tragique, il fallait impérativement pour l’équipe médicale qu’elle traque à nouveau le mal. C’est fifty/fifty m’ont ils dit, il faut qu’elle retrouve sa détermination pour remettre les traitements sur la ligne de front.

J’avoue j’avais des infirmiers et aides soignants en or qui m’ont donnée des coups de pieds aux fesses bien indolores. Ils m’ont obligée à sortir du lit, surtout quand j’en avais pas envie. J’avais beau sortir mon badge de malade, y avait pas moyen que je les balade. Ils m’ont même collée des altères dans les mains pour que je m’oblige à stimuler mon corps pour mon bien.

J’ai pris bien souvent la clé des champs, grâce à la musique comme un voyage fantastique, un moyen de me transporter hors de ce lieu où j’étais enfermée. Je m’envolais dans le bleu, « Belle ile en mer » tombait des cieux, j’étais pas fan de Voulzy mais je l’appréciais les jours de pluie.

Nous portons tous dans nos valises, nos lots de cicatrices qu’on se le dise, mais si c’était à refaire, je chercherais un soutien psychologique adapté pour déverser tous les moments traversés. c’est la grande nouveauté d’aujourd’hui, cet environnement qui accompagne la maladie et c’est une véritable opportunité, à ne pas négliger.

Guerrier, parfois la vie t’oblige à durement te confronter, et surtout à toi même comme un challenge suprême. C’est alors que tu bâtis cette merveilleuse coiffe qui te grandit et fera de toi un grand chef, plein de sagesse, car jour après jour, la vie te demande de faire preuve de compassion et de bravoure, et pas après pas tu gagnes la plume d’aigle qui t’ornera. Parce que l’aigle peut voler bien plus haut que les autres oiseaux et voir bien plus loin que n’importe quel humain.

Dans ces sales moments que peut être tu traverses, malgré les doutes surement qui se déversent, n’oublie pas que c’est toi le boss quitte à passer pour un sale gosse 😉 ♥

« Le Boss » By Peg inspiré par Noé Two

 

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Entre ciel et terre

Entre ciel et terre

…trouver l’équilibre.

Descendue de l’avion, avant de rentrer à la maison, suis passée par mes racines, l’appel des berges angevines. J’étais emplie d’une douce émotion, d’une chaleur comme un doux cocon, en moi la mer était calme, pas de tempête de regret ou de tristesse qui mette de vague à l’âme. Même pas jet lag, pas moyen de se laisser perturber par la moindre vague. Ce n’est que quelques jours plus tard, alors que j’arrivais sans le moindre coup de cafard, à peine franchie le seuil de la maison, je me sentie soudain comme en prison, avec l’envie de prendre mes jambes à mon cou, c’était le signal d’un coup de grisou. C’était comme revenir en arrière, et soudain je manquais d’air, il me fallait reprendre à nouveau tous ces repères, dont je n’avais que faire, je venais de vivre une année d’émancipation, qui venait de me faire retrouver la raison, un espace de liberté sans lequel je refuse aujourd’hui d’avancer. Il m’aura fallu un sas de décompression, entre femmes retrouver le chemin de « ma » maison, celle que je porte, ne restait qu’à en retrouver la porte.

C’était ma plus grande hantise, que cet état de zénitude se brise, et c’est finalement arrivé, comme un acte prémédité. Il m’a fallu donc repartir pour mieux revenir, et tout était judicieusement planifié comme si mon instinct m’avait tout dicté. J’ai fini par rentrer sereine, avec la joie qui coulait dans mes veines, j’avais trouvé une nouvelle unité en la sororité.

Il m’aura fallu définir mes nouvelles priorités, tant que faire se peut ne pas me laisser désaxer, apprendre à mettre des limites, pour ne pas déraper trop vite, savoir dire non est un essentiel de l’affirmation. Je ne veux pas me lancer dans ce nouveau départ par dépit, j’ai envie de choisir ce qui me fait vraiment envie, le matin ce qui me pousse à sortir du lit et booste mon énergie. Se sentir à sa place, de marcher dans les traces, comme si nos pas venaient magnifiquement s’y imbriquer, sentir qu’on est enfin sur le bon sentier.

Par ces temps où nous sommes un peu malmenés, déséquilibre qui nous pousse à nous réajuster, dans nos valeurs et dans nos cœurs, je trouve dans mon for intérieur la force de ne pas céder de place à la peur, et pas après pas je retrouve mon seul moteur, être dans l’instant est finalement le plus grand des bonheurs.

C’est vrai que quand on y pense, on est dans un sacré moule depuis l’enfance, rare est la notion de plaisir, il faut travailler pour une vie à construire, avoir un métier, dans une voie qui a de l’avenir. On se crée un monde d’exigences, maison, loisirs, dépenses, et nous voilà bientôt pris au piège de ce modèle de braises, où l’on se consume avec parfois beaucoup d’amertume parce qu’on ne laisse pas assez de place à nos rêves, et qu’on ne trouve plus le moyen de faire une trêve.

C’est devant le regard de ma fille désabusé, elle qui vers l’âge adulte refuse d’avancer, que j’ai fini par sérieusement m’interroger. A nous voir courir comme des chiens fous, on ne lui donne pas envie du tout, de mettre un pied dans cette machine infernale, devant laquelle la plupart des jeunes détalent.

Pourtant il est vrai qu’aujourd’hui je ne gagne pas un rond et que ça devient une vraie question, puisqu’après cette parenthèse enchantée, je dois mon avenir réorienté. Mais je fais le pari fou que peut être grâce à vous, alors que devant la feuille de papier je suis galvanisée, je pourrai réaliser mes rêves et tenter le tout pour le tout et qu’au bout de l’envolée, je retomberai surement sur mes deux pieds…assurément ancrée.

Et alors que j’écris, entre ciel et terre, pour trouver ma place entre « Etre » et « Faire », je reçois un invité, qui sur ma fenêtre est venu s’assommer. Projectile des cieux, parachuter à terre, quelle belle métaphore, que ce petit corps eut besoin pour quelques instants de reprendre ses esprits pour s’élancer à nouveau vers l’infini. Poser dans le creux de ma main, l’animal au fragile destin, a repris vigueur, porté par mon souffle et sa chaleur, de même je compte bien sous vos regards, comme un précieux espoir, ce bel équilibre trouver, pour comme cet oiseau m’envoler.

Pour finir, observer cette toile, intitulée « between earth and sky », et constater qu’au point de fusion, de l’or jaillit à l’horizon, pépite que chacun cache en son corps et qu’il nous faut aller chercher tel un orpailleur.

…Femme en marche vers sa vie,

et alors que je tape ces derniers mots, je découvre le conte qu’il faut 🙂

« Prends soin de ta vie, prends soin de ta vie, prends soin de ta vie… » ♥

 

Sources:

Photo à l’oiseau by Zoé

Site de l’artiste http://dari.jullien-ing.com/, Dari la femme aux mille nuances quand elle sourit

 

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Like an earthquake

Like an earthquake

En ouvrant mes placards, je tombe sur ces quelques lignes retrouvées par hasard, je souhaite vous les partager, juste pour ne pas oublier, et se dire que ce n’est pas parce que c’est derrière, qu’il ne nous reste plus rien à faire.  A Albert, qui navigue parfois dans mes pensées, sans savoir ce que la vie va demain lui réserver.

« Like an earthquake but a good one »

Je crois que ces mots resteront gravés longtemps dans ma mémoire, un séisme intérieur….c’est ce qu’aura su provoquer un élan des coeurs.

A l’instar d’un tremblement de terre qui peut ébranler bien des constructions dont on croyait les fondations solides, la générosité, la solidarité, peuvent briser des croyances et dans un même élan faire jaillir des larmes de bonheur, de gratitude et réconcilier l’homme avec ses semblables, apaiser des colères, et donner de l’espoir, là où l’on semblait croire que plus rien de bon ne viendrait pousser.

Il m’a fallu attendre le jour de mes 43 ans pour trouver le courage nécessaire pour faire un premier pas et dépasser mes peurs, celle de l’inconnu, celle d’être rejetée, de la différence, jeter à l’eau mes a priori, enlever mes œillères, me dire que j’étais capable d’aller vers l’autre, de lui tendre une main…faire preuve d’Empathie avec un grand « E ». J’y suis allée un brin tremblante avec l’idée que je n’avais rien à perdre mais que nous avions tous à y gagner.

Je ne me serais jamais cru capable de faire ce premier pas, au même titre je ne me serais jamais cru capable de demander de l’argent ne fusse pour une bonne cause…et j’ai osé, et cet acte a provoqué un élan de fraternité, peu importe les kilomètres entre nous, peu importe la couleur, peu importe le pays, peu importe la quantité d’argent versée, vous m’avez encouragée, vous avez misé sur l’Humanité.

Les premiers mots de cet homme après avoir reçu ce trésor ont été… le silence, il m’a signifiée d’un simple geste de ne plus rien dire, juste quelques secondes, pour réaliser, comprendre, ressentir, se laisser envahir par l’émotion, gouter la joie et laisser couler les larmes . « I am so touched » et de me faire serrer dans les bras de cet homme que je connaissais à peine, un hug mais pas à l’américaine, un hug à la Amma, un « câlin » fort en joie. J’avoue je suis quiche avec le hug, je n’ai pas cette chaleureuse spontanéité, je ne sais pas faire, je ne suis gauche à le recevoir, peut être une question d’éducation mais j’apprends, parce que finalement je trouve le geste beau, bienveillant et réconfortant.

Merci Albert de m’avoir appris l’humilité, merci à vous de m’avoir donné la main dans cet élan, merci de m’avoir permise par ce geste aussi modeste soit-il de me rappeler de quoi nous sommes capables ensemble.

Au delà d’être heureuse pour Albert, je suis heureuse que cette histoire soit venue apporter aussi un peu de sérénité dans le coeur d’un petit garçon bien éveillé, inquiet de l’avenir des oubliés de ce monde….à Albin, tu vois l’homme peut aussi faire le bien.

c’est l’effet papillon, un geste résonne de mille façons ♥

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