Catégorie : De Vous à Moi

confidences pour confidences

Les fonds d’âme manteau

Les fonds d’âme manteau

Ou comment renouer avec ces essentiels qui nous enveloppent de plaisir et de gratitude.

Le bonheur a ce petit truc spécial qu’il se cache dans l’instant, dans ce qui nous semble insignifiant et j’ai renoué depuis peu avec deux fondamentaux : RIRE aux éclats et CHANTER à pleine voix.

Attention ne voyez pas en moi un être austère et lugubre, je suis plutôt de bonne humeur et pleine d’enthousiasme mais j’ai remarqué il y a quelques semaines, cette petite étincelle, cette subtile différence, cette ouverture du coeur, ce quelque chose qui va bien au delà du simple sourire, comme si j’avais lâché des vannes et que l’essentiel se trouvait juste dans ce lâcher prise.

J’ai longtemps oublié de remettre ces deux là dans mon quotidien, il est clair que l’on ne peut pas rire aux éclats et chanter tous les jours à tue tête (quoi que!) mais on peut faire en sorte que cet état de grâce revienne plus fréquemment que rarement.

Je vous parle de RIRE à gorge déployée, sans aucune barrière de l’esprit, sans aucun diable pour vous dire c’est trop, ce n’est pas convenable, un peu de tenue, un peu de retenue. RIRE sans aucune espèce de limite, en toute liberté, avec peine à respirer, presque à suffoquer, les yeux baignés de larmes. RIRE pleinement, pour un rien, juste pour un moment et se sentir tellement vivant. C’est une liberté extraordinaire, une bulle de bonheur où l’on se surprend soi même dans cette faculté à tout envoyer valser pour ne ressentir que cette joie pure qui fait venir des larmes chaudes et bienheureuses qui se perdent à la commissure des lèvres où naissent les zygomatiques devenus merveilleusement élastiques. J’ai senti le frétillement de cette joie pleine renaitre aux fêtes, des fous rires aiguisés par une bonne dose de complicité….c’est euphorisant!

Puis ma fille me demande il y a peu de renouer avec les plaisirs de sa petite enfance où tous les soirs avant de s’endormir, je lui chantais tout un répertoire de comptines. Ce moment eut pour toutes les deux la saveur d’un doux parfum sucré par le simple fait de renouer avec ce plaisir perdu. C’est alors que j’ai voulu lui apprendre à chanter en canon, et d’entendre cette horrible cacophonie de nos voix, de lui déclencher un rire fou qui engendra le mien, nos rires se répondant en écho ce qui fit durer cette bonne poilade pendant dix bonnes minutes pour le pur plaisir de mon mari qui était l’heureux témoin de cette crise de bonheur à l’étage du dessus.

Et je remarque pour toutes les fois suivantes que ces éclats sont provoqués par ma fille, comme si à travers elle, je renouais avec mon enfant intérieur, avec ma légèreté d’être, une certaine candeur. Pourtant notre vie s’apparenterait plus aujourd’hui à de l’arrachage de cheveux qu’à une franche rigolade mais je crois avoir trouvé en moi l’enracinement suffisant pour de ne pas me laisser envahir par mes peurs et cette latitude que je prends face aux évènements m’offre des joies aussi profondes que le seraient mes angoisses si je leur laissais libre cours. D’ailleurs il n’y a pas plus juste terme que « Fou rire » parce que j’ai franchement l’air d’une folle quand ça m’arrive, je le lis dans les yeux de ma fille toute étonnée de voir sa mère dans cet état ce qui rajoute du piment à ma douce folie.

J’ai toujours aimé CHANTER, dans mon jeune temps comme disent les vieux, c’était une vraie joie de former des duos avec ma chère soeur, c’était notre façon de nous retrouver, nos moments de complicité et de partager à l’unisson. Suis bon public, je retenais à peu près tous les airs qu’on entendait sur les ondes vu qu’ils reviennent incessamment en boucle. Quand on était gamins, le plaisir de mon père le dimanche matin, c’était de nous passer des vinyles, ça allait des Pink Floyd à Joe Dassin en passant par Malicorne et Edith Butler, la palette était plus que large!

Bref la musique a toujours été présente sauf que bien souvent, au niveau des oreilles, je suis aux antipodes des aspirations de mon mari qui préfère l’underground donc pour éviter sa tête accablée et ses commentaires parfois désobligeants, j’ai mis le son sur off…sauf que Johnny est mort! Non non non  je ne suis pas une fan mais comme c’est certainement vrai pour beaucoup d’entre nous, je connaissais quelques chansons de sa longue discographie et à son décès j’ai ressenti le profond besoin de me saouler de chanter toutes ces chansons qui m’avaient d’une façon ou d’une autre accompagnée.

Besoin renouvelé à la mort de France Gall, comme un déclic, un plaisir retrouvé. Je n’ose pas vous dire la tête de mon cher et tendre qui voyait en moi la diva renaitre de ses cendres, chantant à tue tête « Evidemment » et entrainant dans mon sillon ma fille. Qu’est ce que ce fût bon, de s’autoriser à être sans se soucier du qu’en dira t on, même si mon répertoire pouvait donner à certains le cafard! J’ai toujours le sourire aux lèvres d’entendre les autres chanter ou fredonner, l’air de rien, je trouve qu’il n’y a pas plus beau signe de joyeuseté.

Chanter chez soi, dans son intimité, c’est une chose mais chanter avec les autres s’en est une autre. La semaine dernière alors que je faisais une séance test de yoga, on finit la session en chantant en coeur un mantra (le premier de ma vie!) et ce pendant dix bonnes minutes. Comme si la vie insistait à ma porte pour me dire…vas y ! lâche toi! Fais toi du bien! Depuis je ne cesse de le fredonner, bercée que je fus par cette communion des voix et fière d’avoir osé sortir des sons auxquels je ne comprenais absolument rien mais qui me procuraient le plus grand bien.

Je découvre à l’instant le sens de ce mantra dit de protection :

« Je m’incline devant la sagesse première.

Je m’incline devant la sagesse à travers les âges.

Je m’incline devant la sagesse véritable.

Je m’incline devant la grande Sagesse invisible. »

Alors oui je m’incline devant les rires aux larmes et les chants déployés

qui font naître au creux de nous des fontaines de bien être dans l’instant présent.

 

Et vous, quels sont vos fondamentaux? Que vous dit votre enfant intérieur?

Petit clin d’oeil à ma cousine Diane que vous pouvez écouter en cliquant ici,

elle qui nous partage si souvent son talent et pour qui chanter est une sensation de liberté,

une connexion à qui elle est profondément, ici et maintenant.

 

Souces: photo pinterest

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La goutte d’eau qui fait….

La goutte d’eau qui fait….

Chers crabeurs, chères crabeuses,

interview et images réalisés par  Emmanuel Polsinelli

  En écho à cette publication de Véronique Peuchamiel du 29 Novembre concernant la vidéo de Maître Liujun Jian de l’Institut Quimétao,  son père spirituel et professeur de Qi Gong, qui enseigne tous les arts énergétiques (Qi gong et Tai chi) et la médecine traditionnelle chinoise…. je réagis.

Maître Jian affirme que 80% des maladies viennent de nos pensées, c’est pourquoi en médecine chinoise on ne soigne pas seulement le corps mais aussi et surtout l’esprit….et j’adhère complètement à cette philosophie si s’en est une.

Il s’avère qu’après avoir été traitée pour ma leucémie en 1993, tout bon crabeur qui se respecte sait qu’il y a une période de rémission qui suit que l’on dit complète au bout de 5 années. Une période où tous les signes de la maladie ont disparu mais 5 ans où l’on vous suit de très près. La guérison complète est avérée seulement quand au fil des ans la maladie ne s’est plus jamais manifestée.

Après avoir sorti la tête de ce « foutu » cancer, c’est à dire être sortie de 6 mois d’hospitalisation, surmonté le choc d’être revenu parmi les vivants. Parce que ce fût un choc de passer du statut compréhensible et logique de malade parmi les malades à celui de survivor parmi les vivants. Un vrai choc psychologique sans sas de décompression, sans accompagnement thérapeutique, sans mots pour le dire. Choc de la violence des mois passés qu’il fallait digérer et celui de la confrontation au miroir, le visage et le corps bouffis par les chimios et le système pileux qui s’était fait la malle. Je me suis reconstruite avec le sport, à pied ou à vélo, en courant ou en marchant, je sortais presque tous les jours, j’avais devant moi une année sabbatique puisque je n’avais pas pu reprendre mes études à la rentrée, puisque l’hôpital, à fin septembre, m’avait libérée. Une année pour se reconstruire et repartir….

Je me souviens que les premiers mois, je suis parfois tombée dans des puits sans fond, où la nuit était si noire, et la douleur si grande que j’avais envie d’abandonner, ça parait certainement incongru alors que j’étais semble-t-il sortie d’affaire, mais l’électro choc avait été si fort que je ne trouvais pas la force de me relever. Ce dont je me souviens très bien, c’est que dans les heures les plus sombres, celles où l’on broie du noir, celui des coups de cafard où l’on me retrouvait prostrée dans un coin de mon lit, ma chère maman venait me chercher, non pas pour parler mais juste pour dire « viens on va marcher ». Il pleuvait parfois averse mais comme elle disait « on ne va pas fondre, on n’est pas en sucre! ». Et au fil des pas je sentais le cauchemar s’éloigner de moi, et la vie reprendre un peu plus de place comme si m’ouvrir à la nature, sortir de ma bulle, respirer le grand air me redonnait le goût d’avancer malgré tout.

Ce n’est que deux ans après ma sortie, pour un contrôle de routine dans le bureau du Professeur Ifrah que je lui pose la question ultime « Pourquoi ce cancer? »

C’est alors qu’il m’avoue qu’ils m’ont sauvée in extremis, que les minutes étaient comptées et c’est alors que je m’effondre comme si je n’avais jamais vraiment perçu avec quel feu j’avais joué….finalement c’était peut être ma chance.

Et Alors que j’attends une explication bien rationnelle, scientifique, médicale, il me répond « Vous connaissez l’expression la goutte d’eau qui fait déborder le vase? La bouteille qui se remplit au goutte à goutte, qui n’évacue pas, le cancer arrive d’un trop plein ».

C’est le fameux phénomène des évènements qui s’empilent qui mettent le corps en tension jusqu’à l’explosion et au fond de moi je sais qu’il dit vrai, je sais qu’il a parfaitement raison, j’avais la réponse avant de poser la question. Mon crabe, c’est tout ce que je n’ai pas dit, tout ce que je n’ai pas su faire, tout ce que je n’ai pas osé, tout ce qui m’a manquée, c’est ma petit compilation maison avec laquelle je me suis rongée les sangs. Le difficile passage de l’adolescence, parce que je suis sensible, papier buvard, que je cherche du sens en permanence, que tout me touche et que j’ai une sensibilité extrême et que malgré mes poèmes je n’avais pas trouvé le chemin pour exprimer ce qui au fond de mes tripes m’avait minée.

Au risque de choquer, de heurter quelques sensibilités, je le dis « Dans ce cancer j’ai une grande part de responsabilité même si elle n’est pas consciente, c’est ma croyance, ma conviction profonde et depuis longtemps….et celle de beaucoup d’autres assurément »

Et Tchernobyl alors? ce délicieux cocktail de substances radioactives, il est innocent? Parce qu’en 1993 on disait que le nuage n’était passé pas bien loin, a priori juste stoppé à l’Est par les montagnes, ouf on a eu chaud! foutaises…Tchernobyl c’est un des éléments déclencheurs, la combinaison toxique, le truc qui met le feu aux poudres.

La semaine dernière, nouvelle confirmation de mes convictions alors que je rencontre un praticien en Chi Nei Tsang (article à venir) et alors que je donne mes antériorités (le crabe ça te suit toute ta vie), il me demande « Alors pourquoi ce cancer? » et moi d’esquisser un sourire, en disant « Vous aussi c’est ce que vous pensez…. »,  personne n’est innocent…décidément 🙂

Alors cher crabeur, chère crabeuse, qu’y a t il enfoui au fond de ton âme que tu n’exprimes pas? Qu’est ce que tu tais pour devoir mettre des maux sur les mots? Dis moi….

Je vous envoie plein d’Amour pour que vous mettiez des mots autour ♥

 

Source photo:

Professeur Norbert Ifrah, Courrier de l’Ouest 07.06.2016  ….en vous remerciant encore cher Professeur.

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