Catégorie : De Vous à Moi

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Étiqueté handicapé

Étiqueté handicapé

Je suis différent

Je m’appelle Axel, j’ai 13 ans, personne ne sait ce que je suis vraiment, mais je suis différent. Je ne suis pas autiste ou dysquelque chose, c’est juste que je ne rentre pas dans une case, notamment celle de la « norme » qui mène le monde et le système éducatif établi, qui a été le grand révélateur de MON dysfonctionnement.

Pourtant je suis un grand précurseur! J’ai été le premier en primaire, dès la moyenne section, à bénéficier d’une AVS (aide de vie scolaire) sur ma commune. Depuis de plus en plus d’enfants connaissent cette chance. Une aide qui m’était chère puisqu’elle me permettait de suivre une scolarité « normale » en ayant le même rythme que ma soeur et mon frère, plus jeunes.

Sauf que voilà, dans notre pays, nous sommes très attachés aux étiquettes et te mettre dans une case présente certains avantages et permet d’ouvrir certaines portes, il me fallait donc une étiquette!

En effet, comme je n’apprends pas au même rythme que tout le monde et mes parents ne sachant pas par quel bout prendre le problème m’ont emmené voir dès mon plus jeune âge, un orthophoniste, pensant que je reprendrai le fil d’une scolarité normale par la suite.

Depuis le début, mes parents n’ont pas bénéficié d’accompagnement particulier, ils ont avancé dans le brouillard, allant de consultation en consultation et se faisant leur propre idée. Car en matière de DIFFERENCE, il n’existe pas une porte miraculeuse que tu pourrais pousser et derrière laquelle se cacherait une mine d’or d’informations qui te permettraient de savoir quel chemin emprunter. Tout est affaire de rencontres avec des personnes investies et renseignées qui vont avoir le désir de débroussailler ton chemin.

Néanmoins, au fil des consultations, il a fallu, pour des raisons financières, « monter » un dossier purement administratif complété du rapport du psychologue, de l’orthophoniste, de l’enseignant et de l’AVS auprès de la MDA (Maison de l’autonomie) pour que je bénéficie de cette reconnaissance « handicapé« , la clé qui allait me permettre d’accéder à un réseau d’aides avec prise en charge. Ce, grâce à l’Orthophoniste qui fut un vrai guide dans la structuration de mon accompagnement.

Désormais, pour le système, je rentrais enfin dans une case , j’avais l’étiquette : « HANDICAPE« .

Dans mon monde à moi, je suis un preux chevalier solitaire, qui s’évade dans les BD dès qu’une occasion se présente. Je cloisonne mes expériences, mes mondes, peu importe ce qu’on en pense ou ce que peuvent être vos exigences. Je n’ai pas d’amis, je n’en ressens pas le besoin, ceux qu’il me faut sont les animaux.

Je nourris bien des colères, notamment à l’égard de ma soeur et de mon frère, moi qui suis leur ainé, désappointé devant ces exigences de la normalité, je vis un monde de frustrations dans cette société qui manque parfois d’imagination pour réussir mon intégration et m’offrir une scolarité adaptée.

J’ai pu bénéficier d’aide en classe ULIS à partir du CP, des classes avec un enseignant et une AVS pour un effectif de 12enfants maximum, où il n’est nullement question de niveau (CM1, CM2…) mais de temps.

Les élèves scolarisés au titre des ULIS présentent des troubles des fonctions cognitives ou mentales, des troubles envahissants du développement, des troubles de la fonction auditive, des troubles de la fonction visuelle ou des troubles multiples associés.

Les ULIS accueillent des élèves dont le handicap ne permet pas d’envisager une scolarisation individuelle continue dans une classe ordinaire mais qui peuvent bénéficier, dans le cadre d’un établissement scolaire du second degré, d’une scolarisation adaptée. Les ULIS sont un dispositif permettant la mise en œuvre des projets personnalisés de scolarisation (PPS).

Chaque élève scolarisé au titre des ULIS bénéficie, selon ses possibilités, de temps de scolarisation dans une classe de l’établissement scolaire où il peut effectuer des apprentissages scolaires à un rythme proche de celui des autres élèves.

La merveilleuse Orthophoniste de mes débuts a également orienté mes parents tout d’abord vers le CMP (Centre Medico-Psychologiques) qui s’est révélé inefficace pour ma cause, puis vers un SESSAD (Service d’Éducation Spéciale et de Soins à Domicile) dont la condition sinéquanone pour bénéficier de ce sésame est d’avoir une reconnaissance « handicapé » de la MDA (ça c’était chose faite!).

Le SESSAD allait m’ouvrir les portes d’activités et de praticiens entièrement pris en charge (….encore faut il tomber sur les bons!). Par ailleurs comme je ne rentre dans aucune case précise, c’est à dire, handicapé mais pas avec une déficience nommée, mon accès aux activités est limité….en clair, je ne suis pas prioritaire!

Car au sein du SESSAD, le référent est le psychologue qui juge dans quelles cases peut rentrer l’enfant et ainsi à quelles activités il peut prétendre…ou pas.

Les quelques lumières sur la palette des activités qui m’étaient potentiellement offertes, sont arrivées finalement de « l’extérieur » (hors système sessad), c’est à dire, par ma tante, éducatrice spécialisée, qui a apporté des éléments d’informations supplémentaires sur l’éventail des ateliers auxquels je pouvais postuler mais contre lesquelles mes parents butaient : Ateliers Musique, Contes et autres qui m’ont été refusés. C’est en faisant du forcing, c’est à dire, en passant outre l’avis du psychologue référent et en s’adressant au médecin du SESSAD que j’ai enfin pu intégrer une activité en centre équestre pour laquelle initialement je ne rentrais pas dans la fichue case!

Par ailleurs, pas de soutien (hors financier) pour mes parents qui ont une vie trop normale et la tête bien sur les épaules pour bénéficier de quoi que ce soit, à chacun sa croix…

ULIS s’est révélé comme étant l’environnement d’apprentissage idéal pour moi sauf que l’entrée au collège demandait des exigences plus élevées que je ne pouvais pas suivre en terme de temps de concentration notamment…et c’est ainsi que je me suis retrouvé en IME, faute d’alternative. Les Instituts Médico-Educatifs (IME) ont pour mission d’accueillir des enfants et adolescents handicapés atteints de déficience intellectuelle, quelque soit le degré de leur déficience. De bataille, en refus, en appel, je fus finalement placé dans le centre désiré par mes parents.

Un placement malgré tout douloureux, puisque je me retrouvais soudain au milieu d’enfants avec des degrés de handicap largement supérieurs aux miens, ce qui a réveillé mes frustrations, mes colères, faisant naître un mal être, car devant ce miroir de L’IME, on me renvoie ma différence de plein fouet et de façon démesurée. Je me couche le soir faisant à voix haute auprès de mes parents cette soudaine évidente constatation que je suis handicapé voire un monstre dans mon propre regard.

Je suis un enfant en souffrance parce que je ne trouve pas ma juste place dans ce monde et pourtant, je suis gaillard, le sourire aux lèvres, malin, spontané, intelligent et sensible. Oui je ne suis pas facile à vivre tous les jours quand je suis confronté à cet environnement plein d’exigences qui dépassent mes capacités propres et ne m’est pas adapté. Non je ne marche pas droit, je me laisse dérouté par tout autre chose qui suscite mon intérêt et pourtant j’ai la volonté d’apprendre mais pas forcément en temps voulu.

Mon plus grand souhait est pourtant bien banal, être avec et faire comme mon frère et ma soeur dans les limites d’apprentissage qui sont les miennes. Etre juste moi au milieu des autres, avec mes différences.

♥♥♥

Nous vivons dans une société où il est de bon ton de se fondre dans le moule parce que dès qu’on sort des clous, l’évolution devient difficile et le parcours est semé d’embuches.

 

Même si les choses commencent aujourd’hui à bouger, je pense que le chemin est long avant d’en arriver à un système qui permettrait à chacun de s’épanouir pour ce qu’il est VRAIMENT et non pour ce qu’on veut qu’il soit. Bêêêeeee

Mon bref passage à San Francisco m’a permise de rencontrer Louis et sa maman, une française ex-enseignante qui vit là-bas depuis quelques années maintenant et où Louis fait sa scolarité. Louis est différent. Sa maman qui n’a pas fait faire de diagnostique au vue du coût de ce que celui-ci représente pense que son fils est ASPERGER. Louis présente des facultés exceptionnelles pour son âge dans certains domaines d’apprentissage et dans d’autres est en retard.

« Certains chercheurs comme Simon Baron-Cohen, et des personnes Asperger comme Daniel Tammet, s’interrogent sur le fait que cette forme d’autisme puisse être considérée comme une différence plutôt que comme un handicap nécessitant un traitement. Il est question de singularité dans la mesure où les limitations handicapantes, socialement en particulier, sont souvent associées à des compétences, parfois exceptionnelles, dans le domaine des centres d’intérêts sur-investis. »-Syndrome d’Asperger wikipedia

La chance de Louis est d’être en Californie dans un système éducatif classique qui a pris en compte cette différence et qui met tout en oeuvre, sans frais, pour l’accompagner sur son chemin et lui offrir une vie scolaire « normale » jusqu’à sa majorité sans être stigmatisé d’handicapé. Un élément clé pour cette maman qui pour cette raison (entre autre), ne souhaite pas particulièrement rentrer sur le sol français.

Nul système dans sa globalité n’est idéal, ni le français, ni l’américain, cependant je m’interroge sur cette ouverture d’esprit propre aux américains ou peut être devrais je dire aux californiens voire San Franciscains, à offrir une chance à tout un chacun d’être pleinement ce qu’il est dans toute sa différence que ce soit le handicap, l’homosexualité, l’excentricité, ou que sais je.

A Axel, mon neveu… je souhaite de tout coeur que tu te réalises ♥

Merci à Laet et Matt, mon frère, pour leur témoignage

 

PS: Je souhaite que ce témoignage soit le maillon d’une chaîne, qu’il brise des solitudes, que vous soyez parent, famille, éducateur, enfant dit différent, n’hésitez pas à parler de votre expérience dans les commentaires. Un mot parfois peut ouvrir une porte, apaiser une souffrance, accompagner le silence.

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Lettre à Simone

Lettre à Simone

IVG…La vie n’est que choix

Bonjour Chère Madame,

Enfin, permettez moi de vous appeler Simone…

Je voulais vous écrire plus tôt Simone, mais pour tout vous dire je ne trouvais pas les mots, je crois même que j’avais peur.

Vous êtes partie il y a 1an maintenant, à quelques jours de vos 90ans. Laissez moi vous dire combien j’admire la femme que vous êtes même si je ne sais que peu de choses de vous. Vous avez de tous temps rayonné d’une beauté dont on soupçonne la force intérieure indomptée. Je tenais à vous remercier de ce modèle que vous nous avez données : la femme n’est que la somme de toutes ses volontés. Je ne doute pas que sous l’armure, il y eut surement quelques fêlures, mais vous avez certainement su les apprivoiser, c’est ce qui a fait de vous un vrai guerrier.

La seule chose qui m’ait tatouée, historiquement parlant, dans mon parcours de collégienne, c’est vous et votre bataille pour le droit à l’IVG. J’étais en 3ème la première fois que votre nom m’a percutée, cet instant est photographique, c’était annonciateur d’un futur, c’était sans savoir que des années plus tard je comprendrai pourquoi vous m’aviez tant marquée. Cette loi qui prendra votre nom « Veil » est arrivée quelques mois après ma naissance en 74. Allez savoir pourquoi je n’ai retenu de vous que cette bataille, j’étais très jeune, je ne me sentais pas concernée, ça ne m’arriverait pas, au grand jamais….J’avais bien dit Jamais.

Vous savez, j’avais la prétention de penser que je n’étais pas une fille « comme ça », j’ai reçu une éducation catholique, donc comment vous dire que ça n’aurait pas fait très chic dans mon paysage pétri de chrétienté, une ombre au tableau. De toute façon ça ne pourrait pas m’arriver, ces choses là ça n’arrivent qu’aux autres, je me sentais au dessus de tout soupçon, j’avais l’auréole de la fille chez qui tout tourne rond, je me voulais en odeur de sainteté, jamais je ne pourrai pêcher….parce que dans le regard des biens pensants, avorter c’est pêcher, n’est ce pas? et j’ai été de ceux là, de ceux qui jugent.

Mais voilà Simone, un beau jour ça m’est arrivé. On croirait à me lire que ça m’est tombée dessus par hasard, sans même le vouloir. Disons que c’est la résultante d’un mélange de peurs, d’incompréhensions mutuelles, d’attentes inespérées, d’illusions, d’une mauvaise communication, du passé qui pèse son poids comme le futur, avec tout ce qu’il représente d’inconnu. Quoi qu’il en soit cette décision est loin d’avoir été facile à prendre, à vivre et à assumer, même si pour certaines c’est une évidence, elle peut être (très) lourde de conséquences.

Tant d’années après votre loi, je me rends compte combien il est encore tabou d’en parler, de l’écrire, d’ailleurs ivg ça passe tellement mieux qu’avortement sur le papier, c’est tellement plus « léger ». Pourtant je rencontre chaque jour des femmes qui « y sont passées », qui l’ont vécu dans leur chaire et qui portent en elle, encore des années plus tard, les stigmates de ce vécu, de ce choix qui nous a semblé le plus propice à l’instant T.

Ce n’est pas bien vu de raconter, le sujet est supposé rester dans la sphère de l’intimité et pourtant quel merveilleux droit vous nous avez offert Simone, celui d’avoir le choix…de ne pas subir.  Droit si fragile, qu’en plusieurs pays aujourd’hui il vacille, donc si les femmes n’en parlent pas comment lutter pour préserver cet acquis là, montrer que c’est une nécessité pour la femme de pouvoir décider?

D’avoir acté ne fait pas de moi une fille légère ou mauvaise, n’en déplaise à ceux que ça ne met pas à l’aise. J’étais bien initiée aux contraceptions, autant dire que j’avais essayé quelques dispositifs, c’est une familiarité pour la gente féminine, je crois. Ce qui n’a pas empêché l’impensable d’arriver. Je ne vous raconterai pas l’histoire qui m’appartient, tout ce que je peux vous dire c’est que j’ai agi par amour. Jusque là j’avais déjà encaissé pas mal de choses sur mon parcours et je croyais que je serais suffisamment forte pour supporter ce choix (moi guerrière!). Sauf qu’il m’en a chèrement couté et que j’ai cru ne pas m’en relever. Je me suis sentie morte à l’intérieur, j’ai vécu quelques temps en mode automatique et j’ai mis 9 mois pour que la vie fasse à nouveau fleurir en moi des vagues de joie, naitre de vrais sourires sur mes lèvres, que je retrouve la voie du bonheur et j’ai mis des années pour faire le chemin du deuil et du pardon.

Il y a encore tant de chemin à parcourir, pour aider les femmes à moins souffrir. Cette omerta du silence, c’est tragique quand on y pense. La femme se retrouve noyée dans sa solitude, à panser ses plaies même si pour les autres cela parait absurde, puisque l’ivg devrait être un acte assumé et ne devrait pas laisser de blessures à l’âme.

J’ai eu l’occasion de parler de ma souffrance avec mon homéopathe préféré, un homme d »une autre génération, fervent catholique, qui m’a racontée voir pleurer dans son cabinet des femmes d’un âge avancé versant des larmes sur ce qu’elles avaient vécu il y a fort longtemps. Des souffrances inexprimées, le poids du non dit, des expériences lourdes à porter.

Pourtant, rien n’est moins évident, car nous sommes humaines voyez-vous, façonnées de tant de sentiments contraires, de tiraillements, avec nos valises pleines d’affects. J’ai passé des nuits entières à chercher dans la blogosphère, des réponses à mes questions et je n’ai fait que tomber sur des situations pleines de désespoir qui venaient ajouter du désarroi, une grande détresse à ma situation dépressive. Je cherchais la terre ferme, des mots doux de femmes compréhensives, une oreille attentive, pour m’offrir une trêve dans ce mal être.

En ces temps de traversée du désert, ironie du sort, mes deux amies les plus proches étaient des femmes qui ne pouvaient pas ou n’arrivaient pas à avoir d’enfant alors que c’était leur désir le plus fort. Malgré toutes mes appréhensions, ces femmes ont su m’offrir du réconfort, et plein d’amour à travers leurs larmes, cadeau du coeur de femme à femme.

Il y a x raisons de passer à l’action, chacune est respectable, je ne me poserai pas en diable, personne n’a à porter de jugement. J’ai longtemps regretté qu’il n’y ait pas a postériori d’accompagnement, quelqu’un qui soit présent et vous entend, sans vous considérer en contrevenant. Dans l’environnement médical, il faudrait ouvrir certains esprits, qu’on ne regarde pas la femme comme une ahurie, une irresponsable, ce traitement n’est pas acceptable. Vivre un IVG est dans les actes une banalité, sur une journée le tour est joué mais il faut parfois ensuite des mois pour se reconstruire et poser un regard neuf sur l’avenir avec des cicatrices à l’âme, écorchures que nul d’entre vous ne saurait voir tant les femmes sont douées pour camoufler leurs trous noirs.

Je me suis relevée Simone, mon regard a fini par muer, il a changé quand par un prénom, j’ai insufflé la vie. Le simple fait de ce prénom qui habitait désormais mon existence me donnait de nouvelles perspectives, je n’étais plus une femme à la dérive.

Après cela, j’ai longtemps été animée par le fait de vouloir apporter mon soutien à des femmes en détresse qui aurait connu ce parcours long et parfois difficile du post ivg. Créer un cercle de paroles, échanger, partager, créer un espace de non jugement pour libérer les souffrances, trouver une écoute, du sens, offrir des clés. Je n’ai pas encore OSE, Simone, mais je n’ai pas dit mon dernier mot …

Merci mille fois pour tout Simone, pour vos batailles pour chacune de nous, et je me permettrai de citer une autre Simone « Une femme libre est exactement le contraire d’une femme légère », comme si vous les Simone aviez un chemin tout tracé, celui d’ouvrir la voie aux femmes pour plus de liberté.

Je me souviendrai de votre entrée dans ma vie comme de votre départ Simone, j’étais dans une cabane, perdue au milieu de la nature au pays des chercheurs d’or en Californie, ma vie venait de prendre un virage xxl et le papillon, à Mariposas, déployait surement ses ailes.

C’est ma façon de lutter Simone, ces quelques mots couchés sur le papier, c’est votre combat que l’on doit continuer.

A toutes les femmes,

de quelque génération que vous soyez,

qui aimeraient voir fleurir un cercle,

poussez ma porte….ELLE EST OUVERTE♥

 

A Noé  …

 

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Les Fondamentaux

Les Fondamentaux

Les fonds d’âme manteau

Comment renouer avec ces essentiels qui nous enveloppent de plaisir et de gratitude.

Le bonheur a ce petit truc spécial qu’il se cache dans l’instant, dans ce qui nous semble insignifiant et j’ai renoué depuis peu avec deux fondamentaux : RIRE aux éclats et CHANTER à pleine voix.

Attention ne voyez pas en moi un être austère et lugubre, je suis plutôt de bonne humeur et pleine d’enthousiasme mais j’ai remarqué il y a quelques semaines, cette petite étincelle, cette subtile différence, cette ouverture du coeur, ce quelque chose qui va bien au delà du simple sourire, comme si j’avais lâché des vannes et que l’essentiel se trouvait juste dans ce lâcher prise.

Le rire est un aspect secret de la sexualité féminine, un aspect physique, primitif, passionné, vitalisant et donc excitant. C’est le genre de sexualité dépourvue de but, au contraire de l’excitation génitale. C’est une sexualité joyeuse, une sexualité du moment, un véritable amour sensuel qui se libère, vit, meurt et revit de par sa propre énergie. Il est sacré parce qu’il a valeur de guérison. Il est sensuel parce qu’il réveille le corps et les émotions, parce qu’il excite et fait naître des ondes de plaisir. Il n’est pas unidimensionnel, car le rire se partage. C’est la sexualité la plus sauvage de la femme.

Femmes qui courent avec loups- Clarissa Pinkola Estés

J’ai longtemps oublié de remettre ces deux là dans mon quotidien, il est clair que l’on ne peut pas rire aux éclats et chanter tous les jours à tue tête (quoi que!) mais on peut faire en sorte que cet état de grâce revienne plus fréquemment que rarement.

Je vous parle de RIRE à gorge déployée, sans aucune barrière de l’esprit, sans aucun diable pour vous dire c’est trop, ce n’est pas convenable, un peu de tenue, un peu de retenue. RIRE sans aucune espèce de limite, en toute liberté, avec peine à respirer, presque à suffoquer, les yeux baignés de larmes. RIRE pleinement, pour un rien, juste pour un moment et se sentir tellement vivant. C’est une liberté extraordinaire, une bulle de bonheur où l’on se surprend soi même dans cette faculté à tout envoyer valser pour ne ressentir que cette joie pure qui fait venir des larmes chaudes et bienheureuses qui se perdent à la commissure des lèvres où naissent les zygomatiques devenus merveilleusement élastiques. J’ai senti le frétillement de cette joie pleine renaitre aux fêtes, des fous rires aiguisés par une bonne dose de complicité….c’est euphorisant!

Puis ma fille me demande il y a peu de renouer avec les plaisirs de sa petite enfance où tous les soirs avant de s’endormir, je lui chantais tout un répertoire de comptines. Ce moment eut pour toutes les deux la saveur d’un doux parfum sucré par le simple fait de renouer avec ce plaisir perdu. C’est alors que j’ai voulu lui apprendre à chanter en canon, et d’entendre cette horrible cacophonie de nos voix, de lui déclencher un rire fou qui engendra le mien, nos rires se répondant en écho ce qui fit durer cette bonne poilade pendant dix bonnes minutes pour le pur plaisir de mon mari qui était l’heureux témoin de cette crise de bonheur à l’étage du dessus.

Et je remarque pour toutes les fois suivantes que ces éclats sont provoqués par ma fille, comme si à travers elle, je renouais avec mon enfant intérieur, avec ma légèreté d’être, une certaine candeur. Pourtant notre vie s’apparenterait plus aujourd’hui à de l’arrachage de cheveux qu’à une franche rigolade mais je crois avoir trouvé en moi l’enracinement suffisant pour de ne pas me laisser envahir par mes peurs et cette latitude que je prends face aux évènements m’offre des joies aussi profondes que le seraient mes angoisses si je leur laissais libre cours. D’ailleurs il n’y a pas plus juste terme que « Fou rire » parce que j’ai franchement l’air d’une folle quand ça m’arrive, je le lis dans les yeux de ma fille toute étonnée de voir sa mère dans cet état ce qui rajoute du piment à ma douce folie.

J’ai toujours aimé CHANTER, dans mon jeune temps comme disent les vieux, c’était une vraie joie de former des duos avec ma chère soeur, c’était notre façon de nous retrouver, nos moments de complicité et de partager à l’unisson. Suis bon public, je retenais à peu près tous les airs qu’on entendait sur les ondes vu qu’ils reviennent incessamment en boucle. Quand on était gamins, le plaisir de mon père le dimanche matin, c’était de nous passer des vinyles, ça allait des Pink Floyd à Joe Dassin en passant par Malicorne et Edith Butler, la palette était plus que large!

Bref la musique a toujours été présente sauf que bien souvent, au niveau des oreilles, je suis aux antipodes des aspirations de mon mari qui préfère l’underground donc pour éviter sa tête accablée et ses commentaires parfois désobligeants, j’ai mis le son sur off…sauf que Johnny est mort! Non non non  je ne suis pas une fan mais comme c’est certainement vrai pour beaucoup d’entre nous, je connaissais quelques chansons de sa longue discographie et à son décès j’ai ressenti le profond besoin de me saouler de chanter toutes ces chansons qui m’avaient d’une façon ou d’une autre accompagnée.

Besoin renouvelé à la mort de France Gall, comme un déclic, un plaisir retrouvé. Je n’ose pas vous dire la tête de mon cher et tendre qui voyait en moi la diva renaitre de ses cendres, chantant à tue tête « Evidemment » et entrainant dans mon sillon ma fille. Qu’est ce que ce fût bon, de s’autoriser à être sans se soucier du qu’en dira t on, même si mon répertoire pouvait donner à certains le cafard! J’ai toujours le sourire aux lèvres d’entendre les autres chanter ou fredonner, l’air de rien, je trouve qu’il n’y a pas plus beau signe de joyeuseté.

Chanter chez soi, dans son intimité, c’est une chose mais chanter avec les autres s’en est une autre. La semaine dernière alors que je faisais une séance test de yoga, on finit la session en chantant en coeur un mantra (le premier de ma vie!) et ce pendant dix bonnes minutes. Comme si la vie insistait à ma porte pour me dire…vas y ! lâche toi! Fais toi du bien! Depuis je ne cesse de le fredonner, bercée que je fus par cette communion des voix et fière d’avoir osé sortir des sons auxquels je ne comprenais absolument rien mais qui me procuraient le plus grand bien.

Je découvre à l’instant le sens de ce mantra dit de protection :

« Je m’incline devant la sagesse première.

Je m’incline devant la sagesse à travers les âges.

Je m’incline devant la sagesse véritable.

Je m’incline devant la grande Sagesse invisible. »

Alors oui je m’incline devant les rires aux larmes et les chants déployés

qui font naître au creux de nous des fontaines de bien être dans l’instant présent.

 

Et vous, quels sont vos fondamentaux? Que vous dit votre enfant intérieur?

Petit clin d’oeil à ma cousine Diane que vous pouvez écouter en cliquant ici,

elle qui nous partage si souvent son talent et pour qui chanter est une sensation de liberté,

une connexion à qui elle est profondément, ici et maintenant.

 

Souces: photo pinterest

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La goutte d’eau qui fait….

La goutte d’eau qui fait….

Chers crabeurs, chères crabeuses,

interview et images réalisés par  Emmanuel Polsinelli

  En écho à cette publication de Véronique Peuchamiel du 29 Novembre concernant la vidéo de Maître Liujun Jian de l’Institut Quimétao,  son père spirituel et professeur de Qi Gong, qui enseigne tous les arts énergétiques (Qi gong et Tai chi) et la médecine traditionnelle chinoise…. je réagis.

Maître Jian affirme que 80% des maladies viennent de nos pensées, c’est pourquoi en médecine chinoise on ne soigne pas seulement le corps mais aussi et surtout l’esprit….et j’adhère complètement à cette philosophie si s’en est une.

Il s’avère qu’après avoir été traitée pour ma leucémie en 1993, tout bon crabeur qui se respecte sait qu’il y a une période de rémission qui suit que l’on dit complète au bout de 5 années. Une période où tous les signes de la maladie ont disparu mais 5 ans où l’on vous suit de très près. La guérison complète est avérée seulement quand au fil des ans la maladie ne s’est plus jamais manifestée.

Après avoir sorti la tête de ce « foutu » cancer, c’est à dire être sortie de 6 mois d’hospitalisation, surmonté le choc d’être revenu parmi les vivants. Parce que ce fût un choc de passer du statut compréhensible et logique de malade parmi les malades à celui de survivor parmi les vivants. Un vrai choc psychologique sans sas de décompression, sans accompagnement thérapeutique, sans mots pour le dire. Choc de la violence des mois passés qu’il fallait digérer et celui de la confrontation au miroir, le visage et le corps bouffis par les chimios et le système pileux qui s’était fait la malle. Je me suis reconstruite avec le sport, à pied ou à vélo, en courant ou en marchant, je sortais presque tous les jours, j’avais devant moi une année sabbatique puisque je n’avais pas pu reprendre mes études à la rentrée, puisque l’hôpital, à fin septembre, m’avait libérée. Une année pour se reconstruire et repartir….

Je me souviens que les premiers mois, je suis parfois tombée dans des puits sans fond, où la nuit était si noire, et la douleur si grande que j’avais envie d’abandonner, ça parait certainement incongru alors que j’étais semble-t-il sortie d’affaire, mais l’électro choc avait été si fort que je ne trouvais pas la force de me relever. Ce dont je me souviens très bien, c’est que dans les heures les plus sombres, celles où l’on broie du noir, celui des coups de cafard où l’on me retrouvait prostrée dans un coin de mon lit, ma chère maman venait me chercher, non pas pour parler mais juste pour dire « viens on va marcher ». Il pleuvait parfois averse mais comme elle disait « on ne va pas fondre, on n’est pas en sucre! ». Et au fil des pas je sentais le cauchemar s’éloigner de moi, et la vie reprendre un peu plus de place comme si m’ouvrir à la nature, sortir de ma bulle, respirer le grand air me redonnait le goût d’avancer malgré tout.

Ce n’est que deux ans après ma sortie, pour un contrôle de routine dans le bureau du Professeur Ifrah que je lui pose la question ultime « Pourquoi ce cancer? »

C’est alors qu’il m’avoue qu’ils m’ont sauvée in extremis, que les minutes étaient comptées et c’est alors que je m’effondre comme si je n’avais jamais vraiment perçu avec quel feu j’avais joué….finalement c’était peut être ma chance.

Et Alors que j’attends une explication bien rationnelle, scientifique, médicale, il me répond « Vous connaissez l’expression la goutte d’eau qui fait déborder le vase? La bouteille qui se remplit au goutte à goutte, qui n’évacue pas, le cancer arrive d’un trop plein ».

C’est le fameux phénomène des évènements qui s’empilent qui mettent le corps en tension jusqu’à l’explosion et au fond de moi je sais qu’il dit vrai, je sais qu’il a parfaitement raison, j’avais la réponse avant de poser la question. Mon crabe, c’est tout ce que je n’ai pas dit, tout ce que je n’ai pas su faire, tout ce que je n’ai pas osé, tout ce qui m’a manquée, c’est ma petit compilation maison avec laquelle je me suis rongée les sangs. Le difficile passage de l’adolescence, parce que je suis sensible, papier buvard, que je cherche du sens en permanence, que tout me touche et que j’ai une sensibilité extrême et que malgré mes poèmes je n’avais pas trouvé le chemin pour exprimer ce qui au fond de mes tripes m’avait minée.

Au risque de choquer, de heurter quelques sensibilités, je le dis « Dans ce cancer j’ai une grande part de responsabilité même si elle n’est pas consciente, c’est ma croyance, ma conviction profonde et depuis longtemps….et celle de beaucoup d’autres assurément »

Et Tchernobyl alors? ce délicieux cocktail de substances radioactives, il est innocent? Parce qu’en 1993 on disait que le nuage n’était passé pas bien loin, a priori juste stoppé à l’Est par les montagnes, ouf on a eu chaud! foutaises…Tchernobyl c’est un des éléments déclencheurs, la combinaison toxique, le truc qui met le feu aux poudres.

La semaine dernière, nouvelle confirmation de mes convictions alors que je rencontre un praticien en Chi Nei Tsang (article à venir) et alors que je donne mes antériorités (le crabe ça te suit toute ta vie), il me demande « Alors pourquoi ce cancer? » et moi d’esquisser un sourire, en disant « Vous aussi c’est ce que vous pensez…. »,  personne n’est innocent…décidément 🙂

Alors cher crabeur, chère crabeuse, qu’y a t il enfoui au fond de ton âme que tu n’exprimes pas? Qu’est ce que tu tais pour devoir mettre des maux sur les mots? Dis moi….

Je vous envoie plein d’Amour pour que vous mettiez des mots autour ♥

 

Source photo:

Professeur Norbert Ifrah, Courrier de l’Ouest 07.06.2016  ….en vous remerciant encore cher Professeur.

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