Catégorie : Féminin pluriel

Mes humeurs, mes emmerdes, mes joies, mes coups de gueule, mes peines, mes étonnements, mes questionnements, mes envies…

Entre ciel et terre

Entre ciel et terre

…trouver l’équilibre.

Descendue de l’avion, avant de rentrer à la maison, suis passée par mes racines, l’appel des berges angevines. J’étais emplie d’une douce émotion, d’une chaleur comme un doux cocon, en moi la mer était calme, pas de tempête de regret ou de tristesse qui mette de vague à l’âme. Même pas jet lag, pas moyen de se laisser perturber par la moindre vague. Ce n’est que quelques jours plus tard, alors que j’arrivais sans le moindre coup de cafard, à peine franchie le seuil de la maison, je me sentie soudain comme en prison, avec l’envie de prendre mes jambes à mon cou, c’était le signal d’un coup de grisou. C’était comme revenir en arrière, et soudain je manquais d’air, il me fallait reprendre à nouveau tous ces repères, dont je n’avais que faire, je venais de vivre une année d’émancipation, qui venait de me faire retrouver la raison, un espace de liberté sans lequel je refuse aujourd’hui d’avancer. Il m’aura fallu un sas de décompression, entre femmes retrouver le chemin de « ma » maison, celle que je porte, ne restait qu’à en retrouver la porte.

C’était ma plus grande hantise, que cet état de zénitude se brise, et c’est finalement arrivé, comme un acte prémédité. Il m’a fallu donc repartir pour mieux revenir, et tout était judicieusement planifié comme si mon instinct m’avait tout dicté. J’ai fini par rentrer sereine, avec la joie qui coulait dans mes veines, j’avais trouvé une nouvelle unité en la sororité.

Il m’aura fallu définir mes nouvelles priorités, tant que faire se peut ne pas me laisser désaxer, apprendre à mettre des limites, pour ne pas déraper trop vite, savoir dire non est un essentiel de l’affirmation. Je ne veux pas me lancer dans ce nouveau départ par dépit, j’ai envie de choisir ce qui me fait vraiment envie, le matin ce qui me pousse à sortir du lit et booste mon énergie. Se sentir à sa place, de marcher dans les traces, comme si nos pas venaient magnifiquement s’y imbriquer, sentir qu’on est enfin sur le bon sentier.

Par ces temps où nous sommes un peu malmenés, déséquilibre qui nous pousse à nous réajuster, dans nos valeurs et dans nos cœurs, je trouve dans mon for intérieur la force de ne pas céder de place à la peur, et pas après pas je retrouve mon seul moteur, être dans l’instant est finalement le plus grand des bonheurs.

C’est vrai que quand on y pense, on est dans un sacré moule depuis l’enfance, rare est la notion de plaisir, il faut travailler pour une vie à construire, avoir un métier, dans une voie qui a de l’avenir. On se crée un monde d’exigences, maison, loisirs, dépenses, et nous voilà bientôt pris au piège de ce modèle de braises, où l’on se consume avec parfois beaucoup d’amertume parce qu’on ne laisse pas assez de place à nos rêves, et qu’on ne trouve plus le moyen de faire une trêve.

C’est devant le regard de ma fille désabusé, elle qui vers l’âge adulte refuse d’avancer, que j’ai fini par sérieusement m’interroger. A nous voir courir comme des chiens fous, on ne lui donne pas envie du tout, de mettre un pied dans cette machine infernale, devant laquelle la plupart des jeunes détalent.

Pourtant il est vrai qu’aujourd’hui je ne gagne pas un rond et que ça devient une vraie question, puisqu’après cette parenthèse enchantée, je dois mon avenir réorienté. Mais je fais le pari fou que peut être grâce à vous, alors que devant la feuille de papier je suis galvanisée, je pourrai réaliser mes rêves et tenter le tout pour le tout et qu’au bout de l’envolée, je retomberai surement sur mes deux pieds…assurément ancrée.

Et alors que j’écris, entre ciel et terre, pour trouver ma place entre « Etre » et « Faire », je reçois un invité, qui sur ma fenêtre est venu s’assommer. Projectile des cieux, parachuter à terre, quelle belle métaphore, que ce petit corps eut besoin pour quelques instants de reprendre ses esprits pour s’élancer à nouveau vers l’infini. Poser dans le creux de ma main, l’animal au fragile destin, a repris vigueur, porté par mon souffle et sa chaleur, de même je compte bien sous vos regards, comme un précieux espoir, ce bel équilibre trouver, pour comme cet oiseau m’envoler.

Pour finir, observer cette toile, intitulée « between earth and sky », et constater qu’au point de fusion, de l’or jaillit à l’horizon, pépite que chacun cache en son corps et qu’il nous faut aller chercher tel un orpailleur.

…Femme en marche vers sa vie,

et alors que je tape ces derniers mots, je découvre le conte qu’il faut 🙂

« Prends soin de ta vie, prends soin de ta vie, prends soin de ta vie… » ♥

 

Sources:

Photo à l’oiseau by Zoé

Site de l’artiste http://dari.jullien-ing.com/, Dari la femme aux mille nuances quand elle sourit

 

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Sisters

Sisters

J’ai découvert durant cette année américaine ce que signifie « cercle » d’amiEs, comme quoi il n’est jamais trop tard pour bien faire car c’est bien la première fois que je me suis sentie faire partie d’un cercle de femmes, potluck à l’infini.

Ces quelques mois m’ont permis par ailleurs de renouer avec la femme sauvage que je suis, celle que je n’écoutais plus depuis …beaucoup trop longtemps. D’ailleurs comme si je n’avais pas bien compris la puissance de ce que les femmes ont dans leur présence à être ensemble (nb: ils sembleraient que leurs cycles tendent à s’harmoniser quand un petit groupe de femmes vit en proximité, l’effet McClintock…info ou intox, le sujet fait débat!), je me suis laissée tenter à mon retour en France par une nouvelle expérience, comme si je m’offrais une deuxième chance de bien intégrer la chose à un niveau plus…subtile. 7 jours de transmission, que des filles au diapason qui viennent partager du sens pour unique raison.

De retour de ce stage « Pratique de la Médecine de la femme sauvage », je saisi de mieux en mieux le lien qui me ramène au féminin. A travers les âges, comme on lirait un livre page après page, je me rends compte combien la femme s’est gentiment fermée à son instinct, force scrupuleusement étouffée, faisant taire des savoirs être et des savoirs faire oralement confiés depuis une éternité.

Mesdames, Mesdemoiselles, Il est grand temps de tout dépoussiérer, de laisser la lumière entrer en notre for(t) intérieur, n’ayons pas peur, d’aller jusqu’aux entrailles là où la Vie tressaille, faites tomber les murailles, allons là où est enraciné ce que nous ont léguées les femmes de notre lignée. Laissons fleurir au grand jour, ce que nous sommes avec amour, laissons les tabous dans les choux, soyons honnêtes envers et contre tout, c’est ce qui nous rend belle, notre nature instinctuelle. Parce que je suis mère, princesse, enchanteresse et sorcière, et parce que j’en suis fière, je veux laisser place à chacune d’elles, sans que l’une prenne le pas sur l’autre, parce qu’elles font de moi une femme complète et participent toutes à mon équilibre. Et c’est grâce à ce temps que je prends, ces chemins de traverse, que je puise pour rester fidèle à mes promesses d’être tour à tour l’une et/ou l’autre.

Si je m’enferme dans la Mère…j’étouffe, et j’ai besoin d’être pleinement femme pour être l’épouse, bref je ne suis jamais vraiment celle que je suis, si je ne suis pas un peu chacune à la fois. Je me sens comme un animal en cage si je m’enferme dans le rôle de la femme qui doit faire « bon ménage » (au sens littéral) et alors jaillit la femme sauvage, cet instinct me rattrape bien souvent au galop pour me dire que j’en fais un peu trop et qu’il est temps de retrouver l’équilibre mais c’est si difficile de marcher sur le fil…

Renouer avec La Nature, avec Sa nature, c’est un premier pas pour renouer avec la femme sauvage en Soi. Faire de ses mains, être créative quelque soit le dessein, c’est une façon de poursuivre le chemin. Renouer avec son corps, libérer la gestuelle, oser et se laisser aller, se délier, se défaire, c’est un pas de deux vers Son instinct primaire. Chouchouter les zones oubliées, caresser, cajoler, c’est renouer avec Sa féminité. Dire, partager, pleurer, écouter et rire,  les émotions qui coulent comme une douce chanson et qui chantent toutes avec justesse qu’il s’agisse d’amour ou de tristesse. Voyager en son corps comme un univers à découvrir bien plus grand que ce que l’esprit veut bien nous laisser dire, c’est la voie de l’intériorité, monde immense à explorer. Sisters, toutes ensemble sur ce beau sentier, nous tissons une merveilleuse toile, cousue de fils d’or où chacune est un trésor.

A mes sœurs

A la femme que nous sommes, debout comme un seul homme, femmes parfois blessées par des années de silence accommodé, à vouloir au moule absolument se conformer, œuvrons à panser le passé, et que tous nos cycles soient honorés, puberté, maternité, femme ménopausée, laissons parler nos ventres, écoutons ce qu’ils ont à dire, quels sont leurs vrais désirs, quelles sont les souffrances en latence, et peut être aussi leurs espérances. C’est la voie de la sagesse, pour retrouver le chemin de l’allégresse qui nous mènera vers demain avec justesse.

Pas question de se regarder le nombril, l’exercice est un peu plus difficile, il faut lâcher prise sur nos croyances un peu rudes, se défaire de nos bonnes habitudes, pour se donner la chance de cheminer vers la délivrance. C’est l’étape sublime qui nous relie à la divine, l’ancestrale, la goddess, le féminin en liesse. Femme d’ici ou d’ailleurs, peut importe la couleur, peut importe le langage, femme universelle, le féminin sacré comme unique passerelle entre chacune d’elles.

N’allez pas vous y tromper, l’homme n’est pas l’ennemi juré, ce n’est pas une guerre, le féminisme est une autre sphère. Le féminin sacré, ce n’est pas une bataille à livrer, juste une vaste terre à défricher, un espace que nous avons oublié, l’endroit à réhabi(li)ter.

Sister,

J’ai senti nos pieds fouler la terre, dansant comme on entre en prière, dans les empreintes de nos arrières,

Comme un désir ultime, poings serrés sur la poitrine, de remonter aux origines

nos chaînes ont cédé, nos armures ont capitulé, au gré de nos mouvements déliés

au tempo des percussions, on allait libres à l’unisson, laissant parler nos émotions

au son d’une voix de fée, nous avons nos bassins balancé, au rythme de nos expires passionnés

telles des sorcières, exprimant notre besoin primaire, de renouer avec l’instinct millénaire

Sister, C’est grâce à toi que je devine, la profondeur de mes racines, aux souffles puissants des frangines

…Aux poulettes

Ames soeurs

Sister c’est le vent amitié qui nous a emportées, pour quelques jours, un bout d’année ou une éternité, peut importe le temps, la durée, elle aura eu le mérite d’exister. Soeur d’un jour ou de toujours, pas besoin de faire de longs discours, la complicité des moments partagés, est un sas de joyeusetés. Parfois il arrive sur la route qu’il faille se rencontrer, destin tracé. Puis dans nos regards échangés, sentir comme une étrange familiarité, comme si nos âmes s’étaient déjà parlées. Amie, Tu es bien souvent celle à qui je confie mes rires et mes pleurs, mes doutes, mes peurs, et mes humeurs, une mise à nu basée sur la confiance, ce lien comme tel un don de l’existence, une véritable chance. Il est des amitiés consciencieusement tricotées, dont les mailles au fil du temps vont se resserrer pour bâtir une histoire qui dure jusqu’à très tard, peu importe les cassures, du temps qui file à toute allure, ces amitiés perdurent les jours de grande froidure et portent un souffle de légèreté dans les chaleurs de plein été, un lien à toute épreuve où la vie durant l’une et l’autre s’abreuvent.

Aux Non Desperate et aux amies de longue date

A ma soeur

Chair et sang mêlés, nos parents nous ont façonnées tissant ce lien pour un bout d’éternité. Trait d’union entre deux êtres dissociés, jusque dans les gênes tatoué, nos racines comme base de cette union sacrée, Sisters contre vents et marées. Semblables et si différentes, douce communion quand nos voix chantent, complémentarités en fusion dès que l’occasion se présente. Peu importe les décalages, nous nous rapprochons d’âge en âge, en étant tour à tour épouse, femme, mère et sorcière telles que l’étaient nos grands mères, héritant d’un passé tapissé dans nos artères. Nous bâtissons de temps en temps des passerelles entre nos vies parallèles, clins d’oeil inattendus mais toujours bienvenus, peu importe la distance, c’est à ton sourire que je pense. Lien interstellaire que d’être soeur ou frère, fil joliment tracé d’une encre qu’on ne peut effacer, sister je te porte en mon coeur comme un rayon de bonheur.

A Marionnette

Amie même si je ne sais qui me lit, j’espère bien par ces quelques mots, tenir ta main le temps qu’il faut, pour rencontrer ton coeur et faire un bout de chemin avec toi, ma soeur.

A nos lignées, à toutes celles qui nous ont précédées, femmes du présent et du passé…nous vous envoyons ce chaleureux baiser♥

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Ruée vers l’Or

Ruée vers l’Or

…comme ces douze mois en Californie, où pépite après pépite, je découvre au fond de la mine…le filon.

Alors que le compte à rebours est lancé, J-10 avant décollage, comme une cerise sur le gâteau, on a décidé de s’évader quelques jours, juste un petit tour et puis s’en va, une plongée en pleine nature, un dernier brin d’aventure,  pour quelques heures encore, avant de faire cap à Tribord.

J’avoue ces derniers temps ne pas être très assidue derrière mon pc, mais je sens comme une urgence à remplir mes journées de souvenirs avant de partir.

Je passe au tamis les destinations, c’est tout choisi….Direction Twain Harte, au pays des chercheurs d’Or. Nous arrivons par une route de montagne, sinueuse au milieu des pins, je crois que je viens de dénicher un trésor. Plus que Sept jours avant les préparatifs de départ, 7 days qui me confirment qu’il n’y a pas de hasard, tout est fait pour t’emmener sur le chemin qui est le tien.

Il est dans mes rêves une cabane en lisière de bois au bord d’un ruisseau quand je cherche à m’évader d’un monde trop chargé d’habitudes. J’ai voulu comme unique exigence un lieu en toute simplicité, nous isoler dans la nature, pour quelques dollars, rien d’insensé. Pari gagné on se retrouve au milieu des arbres près de Twain Harte, dans ce que j’appellerais un cocon de « Femmes sauvages« , nous y revoilà, on y revient, la boucle est bouclée. 8 hectares tenus par 5 femmes, 5 véritables soeurs, qui se disent Wild Women activistes, »en d’autres temps on nous aurait brulées sur le bucher, telles des sorcières », ce sont les premiers mots échangés….voilà donc où me menaient mes pas depuis des mois. Je n’en savais rien à la réservation, juste une petite voix, une forte intuition qui guide mon choix.

L’enseigne de mon activité artisanale est « L’Arbre à Papillons« , parce que c’est un animal joyeux, coloré, poétique malheureusement fragile et menacé. Cependant durant cette année californienne, j’ai été surprise de croiser partout en tout temps, toute saison, des papillons . Je n’en avais jamais vu autant, tel un compagnon de route qui chemine à mes côtés dans cette Mue douce et lente qui opère en moi, telle la chenille déploie un jour ses ailes dépouillée de toutes ses illusions. Pour la petite anecdote mon amie Véronique m’a fait remarquer il y a quelques temps que je me suis mariée sur la commune de Chenillé Changé….(coïncidence?). Je vis ce long processus de métamorphose, ce changement de regard, l’ouverture du coeur et une profonde intuition guide de plus en plus justement mes choix. Ce paradis caché s’appelle Mariposas, et j’apprends un matin que Mariposa signifie Papillon en espagnol (je n’ai jamais fait d’espagnol..).

Carole, l’une des soeurs qui nous accueille est réflexologue-Maitre Reiki-masseuse, une autre, Donna qui s’occupe des réservations, est Naturopathe-Chaman, une autre à un don inné pour la musique qui plus est excellente chanteuse, bref on rencontrera tout au long du séjour chacune de ces 5 femmes, leurs talents et leurs personnalités chaleureuses et franches.

Devant mes yeux écarquillés de voir où je venais de mettre les pieds, elles m’informent qu’à l’occasion elles animent des cercles de femmes au moment des lunes…Sister Moon, proposent des massages, puis font découvrir le pouvoir bienfaiteurs des plantes qui poussent sur leur terre, invitation que j’accepte avec un plaisir infini. Non de non, ces wild women ne sont pas illuminées, si non je peux vous dire que j’ai un mari qui aurait certainement pris la poudre d’escampette (mon garde fou), elles ont la tête plutôt bien faite.

Me voilà dans mon rêve, « Cabin » isolée, baignée de silence, à l’équipement rudimentaire, en bas de laquelle coule une rivière. Le mot d’ordre ici c’est « Liberté », une cuisine et un espace de vie partagés nous permettent de rencontrer les uns puis les autres, mais on peut tout aussi bien rester dans son nid douillet.

Sur leurs précieux conseils, nous visiterons Pine Crest Lake, Big Trees, Jamestown, Yosemite, Columbia, dirty pretty old town  avec son pont naturel et sa grotte où Carole me suggère en un souffle « Go in the cave and sing Happy Birthday to me! »…elle lit mon blog ou bien???

Nous avons pu profiter de l’harmonie et de la symbiose des voix des soeurs (pensée pour toi my sister quand on chante en coeur), auxquelles se joint qui veut. Notamment le dernier soir, un potluck (genre auberge espagnole)  était organisé, et cette joyeuse réunion a commencé par un tour de table avec « que veut dire pour vous le mot « Freedom? », bonne question lancée à la volée un verre à la main, et de découvrir combien ce mot peut être lourd de sens pour des personnes qui en ont été largement privées, parcours de vie un temps emprisonné au Guatemala. Le moment s’est ensuite prolongé en touchante parenthèse musicale. J’en avais les larmes aux yeux de voir ses femmes-soeurs sauvages en leurs coeurs, d’entendre ces voix, où chacune bien que différentes trouvaient merveilleusement sa place et de constater avec joie que les larmes roulaient aussi sur les joues de ma voisine de banc. Devant nos yeux en point d’interrogation, stupéfaits de ces chants à l’unisson, elles nous expliquent  qu’ils sont en fait 6, avec un frère en plein milieu, et qu’ils ont grandi ensemble telle la famille Ingalls (cf La petite maison dans la Prairie, série débuté en 1974, aussi vieille que moi), les filles en robes longues, cheveux coiffés de bonnet, façon Amish, auprès d’une mère strictement vegan (Carole nous raconte avec émerveillement le jour où elle a découvert le savoureux goût du poulet à 16ans!) et d’un père qui leur fait des misères, tout cela sans radio, ni télévision, ni téléphone, ni journaux, …chanter c’est toute notre enfance, « nous n’avions que la musique ».

….Hotel California ♥Amazing Grace♥ Don’t think twice it’s all right….

C’est comme si tout mon cheminement de ces derniers mois que vous avez pu suivre pas à pas trouvait une raison d’être et me confortait dans mes ressentis. Suis je en train de virer hippie???? Je ne crois pas (ou peut être que oui 😉 ), je pense que j’avais besoin de ça, de retrouver du sens après toutes ces années, de marcher dans les bois, de me perdre sur les chemins au milieu de la verdure, de faire de tendres câlins à des inconnus de bon matin (le fameux hug américain, on devrait essayer par chez nous…franchement ça fait du bien)  et de regarder ce qui m’entoure sous un nouveau jour.

De ce bonheur dans les bois je suis rentrée avec un massage à 4 mains délicieusement offert (« because I Love You »), d’un bain de bon(ne) heur(e) et de fraîcheur dans la rivière, avec de belles plantes dans mon herbier de sorcière, des éclats dans les yeux tels des perles de verre, comme un ciel étoilé d’été et dans le coeur, une douce mélodie avec un air de pas s’en faire.

Ce que je veux vous dire, au delà du fait que je sois tatouée par l’année écoulée, c’est que quand vous prenez le temps, que vous acceptez de regarder en vous honnêtement vers ce quoi vous avez envie de tendre irrémédiablement, tout l’univers vous envoie des signes, et si vous voulez bien les voir, tout se rassemble et tout concourt à vous l’offrir comme un merveilleux bouquet parfumé et coloré. Tout arrive en une suite logique, comme une vague de plus en plus puissante te porterait vers le rivage de ta destinée.

La condition est de bien vouloir écouter cette petite voix intérieure, que bien souvent on tente de raisonner pour déguiser ses peurs. Tout est question de vérité et alors que tu sens enfin que tu agis et fais tes choix avec justesse, les peurs étrangement s’envolent une à une pour laisser place à la confiance, il nait alors en ton corps un espace tranquille de liberté, une bulle que tu dois apprendre à préserver, nourrir et faire grandir. Cet amour que tu t’accordes, n’a rien d’égocentrique, il serait plutôt cosmique, il prend sa source en toi pour nourrir d’une richesse infinie ta relation à l’autre. L’Autre celui là même qui a alimenté mes peurs pendant longtemps, belle erreur, alors que tombent pas après pas ces barrières de mon coeur, je m’ouvre enfin au monde et découvre de merveilleuses pépites d’or.

Merci Mes Mariposas

Et pour vous, que signifie « Liberté »?

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Coïncidence?

Coïncidence?

Hasard? Coïncidence? Synchronicité ? ça vous parle?

Parfois l’univers se joue de toi, non?

Il y a deux mois, je mets les pieds pour la première fois dans Clement st by night, on passe devant un restaurant plein à l’intérieur et avec une masse de gens sur le trottoir prête à patienter pour manger à son tour, on voit que la situation est habituelle, y a même un banc pour que les gens puissent s’asseoir. Bref on file, un diner nous attend certainement plus loin dans un lieu plus tranquille. Le nom du restaurant ne reste pas gravé dans mon esprit juste le fait que le lieu semble mériter le détour.

Il y a à peine 15jours alors que je mets les pieds à l’aéroport, je vais faire un petit tour à la boutique SfMoma Store, là je repère un bouquin de cuisine asiatique pour l’anniversaire de l’Homme qui aura lieu le 9/6, je prends en photo la couverture histoire de ne pas oublier avec ma mémoire de poisson rouge (dixit ma fille), je me dis que je le trouverai certainement ailleurs plus tard.

Aujourd’hui 10 Juin, alors que nous décidons d’aller déjeuner au hasard en famille sur Clément street pour fêter le birthday de l’Homme, nos pas nous mènent au restaurant repéré il y a deux mois: Le Burma Superstar.

Restaurant birman comme vous l’indique son nom, à la cuisine excellente, savoureuse, copieuse et abordable (modérateur: « pour SF »), avec une déco intimiste qui vous emmène en voyage. Plats aux multiples influences (Inde, Chine, Laos et Thailand), je me laisse tenter par des crevettes aux noix parsemées de sésame à la sauce douce, après mettre souciée de savoir si le plat était épicé un peu,beaucoup, passionnément. Je finis par déjeuner de Superstar Vegetarian Noodles dont la sauce chili a terrassé la bouche de ma fille et fini par achever la mienne que je soulage à coup de bière gingembre citron (on fait comme on peut!).

Si vous passez par SF, allez y c’est un délice! Soyez patients, il nous a fallu attendre 30mn avant de pouvoir obtenir une table mais il le vaut bien. On en a profité pour faire un tour un peu plus haut au Green Apple Store, c’est une librairie de livres neufs et d’occasion sur plusieurs niveaux, si vous aimez vous perdre entre les rayons, c’est l’endroit idéal. On ressort de là avec un livre sur les flippers, passion encombrante de l’Homme (les flippers pas le livre!).

D’ailleurs si jamais vous avez le même hobby (ou pas), je vous invite à aller visiter le musée du flipper à Alameda (idée de visite après avoir fait le flea market par exemple) ou plus exactement le Pacific Pinball Museum (je n’y ai pas réchappé!), vous payer l’entrée 20$ (suis rentrée gracieusement parce que je n’avais pas l’intention de jouer juste de regarder) et vous restez autant que vous voulez à jouer sur tout un tas de jeux, du vieux flipper bois (des bijoux) à Mario Bross, 6 pièces consacrées au seul plaisir de « tilter ».

Toy Boat Dessert Café

Revenons en à Clement St, rue accueillante et agréablement vivante de San Francisco. On sort du Burma repus ou presque et on file prendre notre dessert, une glace au Toy boat dessert Café, endroit extra pour petits et grands enfants. Le propriétaire doit être un ancien collectionneur de jouets et les met tous ici en vente dont une super collection de Pez (vous vous souvenez?).

Mesdames, je vous invite aussi à aller faire un tour au 55 Clement Street chez William the Bee Keeper, où vous trouverez de l’artisanat local. Traversez juste la rue et faites également un saut dans la boutique juste en face With Style, qui vous propose une gamme de vêtements de qualité aux lignes sobres made in Corea.

Bref après ce petit tour, vous allez finir par vous dire où veut-elle en venir avec ses coïncidences? J’y viens.

On rentre et naît en moi l’envie de partager toutes ces belles découvertes pour que vous puissiez en profiter à votre tour. Comme je suis partie les mains dans les poches, sans Nikon ni smartphone, je saute sur le web pour illustrer mes propos et que trouve-je en tapant Burma SuperStar? Je reconnais la page de couverture du livre que je devais offrir à l’Homme (et dont je n’ai rien fait…oups!) qui n’est rien d’autre que le livre de recettes du restaurant où nous avons fini par déjeuner pour l’occasion. Hasard? Je crois qu’il était écrit que nous devions avoir à faire au Burma pour l’évènement d’une façon ou d’une autre. D’ailleurs je vais de ce pas acheter ce livre..en mémoire de cette belle coïncidence ♥

C’est un exemple parmi tant d’autres, et vous coïncidences, synchronicité, ça vous arrive souvent? Est ce bien le fruit du hasard?

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Je suis sorcière

Je suis sorcière

J’ai rendez-vous avec la pleine lune ce soir…

Depuis Samedi elle me parle, me force à ralentir le pas, me fait tomber dans des demi sommeils comateux en plein milieu d’après-midi, comme assommée, je n’ai d’autre choix que de me poser et je sombre incapable de lutter sous le poids de cette fatigue écrasante, accablante. Je sens mon corps fébrile, mes jambes à peine me portent, l’énergie au niveau zéro, je ressens le besoin de laisser aller mon corps à un stand by bien mérité. Cet état fait remonter en surface mes ras-le-bol et mes frustrations que j’exprime avec véhémence, car j’ai du mal à canaliser ce trop plein qui surgit. Je deviens louve et retrouve mon côté sauvage, je délimite mon territoire, merci de ne pas approcher, j’ai besoin d’espace….de liberté. Et je réalise dans une vision claire que ces derniers temps, je me suis mise en cage, d’où ma rage, je me suis enfermée dans mes exigences à faire, je cède aux obligations quotidiennes et j’en oublie d’ETRE celle que je suis au plus profond de moi-même et c’est de ce mépris que naît ma colère.

Alors c’est décidé, je dédie cette journée à n’être que ce que la vie me demande d’être comme prendre ma plume et vous écrire ces quelques mots. Parce que pour une fois j’ai l’envie d’y regarder de plus près et de réaliser pleinement ce qui se trame en mon être, de l’écouter et de l’accepter, d’entendre la bienveillance de ce que mon intuition me dicte, de laisser mon corps bénéficier du repos qu’il réclame haut et fort et de ne pas me culpabiliser de me mettre entre parenthèses.

En ce cycle de la lune rouge, je me déclare aux abonnés absents pour une durée indéterminée, je ne répondrai à aucune exigence que celle demandée par cette harmonie corps/lune, en respect envers la femme que je suis.

C’est en écrivant que je fais le lien avec ma récente lecture de « Sagesse et pouvoirs du cycle féminin » de MP Pérès et SM Leblanc qui relate que toute femme au cours des différentes phases de son cycle incarne un archétype féminin, la vieille femme (ou sorcière), l’Enchanteresse, la mère et la jeune fille. Sorcière, j’avoue je n’aime guère cette part de moi-même, agressive parfois et indomptée souvent mais j’ai compris que je devais apprendre à l’accepter pleinement, à lui faire une place, je dois la laisser venir, lui ouvrir la porte, lui souhaiter la bienvenue et la faire entrer en mon temple pour pouvoir mieux ensuite la regarder partir, en ayant reçu à bras ouverts tout ce qu’elle avait à me dire…jusqu’à sa prochaine visite. Je comprends en cet instant le pouvoir de votre livre « Arrêtez de chercher le bonheur…vous trouverez la plénitude », Nathalie Bridonneau. Comment accepter ce côté sombre me permet d’être en paix, parce qu’il vient faire pendant à mon côté lumineux, en un juste équilibre, parce que je sais que demain je pourrai être à nouveau douce et attentive aux autres si je laisse aujourd’hui la sorcière vivre pleinement en moi et alors au fil du temps j’apprendrais à « habiter » chacune de ces phases avec plus de tempérance. En incarnant toutes mes facettes et en intégrant tout ce qu’elles m’apportent, je me réalise….enfin.

Je souhaite une douce pleine lune à chacune que je dédie spécialement à vos côtés sombres et à la vieille femme qui sommeille en nous

et vous ? avez vous rendez-vous? En attendant de le savoir, je vais me faire une infusion au framboisier ♥

…merci les plantes de nous aider.

PS:Je finis de vous écrire et je tombe sur ce lien infiniment intéressant, elikia.canalblog.com, j’y retrouve tous mes ressentis du moment, je me sens universelle.

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Etre Mère

Etre Mère

Lower Antelope Canyon 21 Avril 2017

Elle m’a accueillie en son sein, et j’ai eu le sentiment d’être au coeur, la terre tel un utérus aux couleurs chaudes, camaïeu d’ocres, rouilles et d’orangers nous laisse entrer dans son intimité. Parois de terre aux lignes fibreuses comme des muscles, cathédrale solide et fragile à la fois, fait entrer l’Homme dans ses entrailles, pour lui rappeler d’où il vient et combien la nature est majestueuse, comment elle s’embellit façonnée par le temps à coups de claques de l’eau et du vent, lui si petit dans cet infiniment grand et pourtant si puissant d’être en vie…et j’ai compris…

Je suis la Terre Mère, je ne suis que courbes, tel un cocon, tel un nid près à recevoir, je suis faite de plaines et de collines, en moi coulent des rivières et poussent des forêts enchantées. Je suis le cycle de la vie, je porte en moi la mort et son contraire, et pour un temps limité, chaque mois m’offre une nouvelle chance de mettre au monde.

Nous sommes la terre où prennent racine nos enfants. Nous ne faisons que faire germer des graines, les regarder pousser, nous émerveiller de leurs bourgeons, les aider à s’élever vers le ciel, grandir, s’épanouir et leur donner la main dans cette lente ascension. Inquiètes parfois de les voir flétrir pour finalement mieux se ressaisir, nous les observons saison après saison, prendre force, se nourrir de nos nutriments, puiser notre eau, chercher notre air.

Nous les regardons lutter contre le vent, accueillir la pluie et se réchauffer au soleil. Nous avons peur parfois qu’ils plient sous le poids des intempéries mais ils savent que nous sommes là pour les soutenir et y puiser la force nécessaire pour tenir. Toutes ces jeunes pousses aussi variées, belles, différentes, fortes et fragiles soient elles ont besoin de cette base fertile. Il arrive parfois que certaines semences portées par le vent trouvent en d’autres lieux de quoi se sustenter. Il arrive aussi que la terre malgré toutes ses richesses n’arrive à faire germer quoi que ce soit parce que son rôle est ailleurs. Parce qu’elle est le lit d’une rivière, un chemin de passage, le sommet d’une montagne trop exposé aux éléments mais elle participe tout aussi pleinement à la beauté du paysage et joue son rôle protecteur ou montre simplement la voie à suivre.

Parfois il arrive des miracles, que surgisse la vie là où rien ne semblait vouloir pousser. La terre peut s’appauvrir aussi au gré du temps, fatiguée qu’elle est de toujours devoir être si pleine d’énergie pour contenter les besoins de ceux qu’elle porte, et elle trouvera dans le repos, le ressourcement nécessaire, qui lui permettra  à nouveau de porter la vie.

Nous sommes tous les enfants de la Terre et nous avons tous un jour puisé cet amour. Nous revenons régulièrement à la source nous abreuver parce qu’elle nous est essentielle, parce qu’elle nous bichonne, nous rassure et à jamais prendra soin de nous. Terre mère, terre d’accueil, terre nourricière, terre fertile, terre stérile ou en jachère…quoi qu’il en soit TERRE…et pourtant

Etre Mère, Ce n’est pas enfanter. Être Mère, C est un amour à donner, Du temps à consacrer, Des gestes à répéter, Des mots pour rassurer, De la patience sans compter, De la tendresse inestimée. Être Mère, C’est une volonté sans cesse renouvelée, Espérer le meilleur, Craindre le pire, Quoi qu’il en soit accompagner.

Je vous croise chaque jour, mamans, d’ici ou d’ailleurs, si attentionnées et j’en ai croisé sur mon chemin des femmes en souffrance, en rêve de maternité. Des femmes qui en avaient les yeux tout abîmés d’avoir pleuré, d’être passées à côté. Des femmes que la vie avait privé de tout espoir de mettre au monde et qui ont finalement adopté, des femmes en quête de donner le jour à un être d’amour.

S’il y a bien des tatouages, celui là en est un…mettre au monde et devenir mère….parce qu’on le devient n’est ce pas ?

J’ai marché un temps dans le brouillard car mes antécédents médicaux ne me faisaient aucune promesse quant à la possibilité de devenir mère un jour même si tous les atouts avaient été mis de mon côté, je devais juste avancer, serai maman, serai pas…l’avenir me le dira. J’ essayais de ne pas penser à la ‘tite épée de Damoclès que j’avais au dessus de la tête, je devais avancer en confiance, c’était ma plus belle chance…et puis elle est arrivée alors que j’avais 32ans, la vie.

Parce que Zoé en grec signifie, vie, existence. J’ai su dès l’adolescence que ce prénom jouerait un rôle incontestable, le jour où il a rencontré mon chemin, il m’est allé droit au coeur et comme une forte conviction, une intime évidence, je savais qu’il aurait sa place.

J’ai été fascinée par ce petit bout de chaire, et tous ses instincts primaires. Quand tu mets au monde, il y a quelque chose à ce moment de l’existence qui se fige, tu sais que dans l’espace temps même si tout est une continuité, il y aura un avant et un après. Tu regardes ce petit être, dont tu deviens l’univers, tu réalises alors que tu changes de dimension, tu prends conscience de l’infiniment grand, de l’amour inconditionnel. Tu plonges avec appréhension et délice dans ce regard bien éveillé et tu te mets à t’émerveiller. Tu sais qu’à jamais ce petit bidule, te créera des ridules. Suis maman et je considère mon enfant comme une particule à part entière, un être à aimer, je suis là pour lui donner la main. Je n’ai pas le sentiment de posséder, juste d’accompagner.

De loin Maman ça s’apprend, y a pas de manuel, tu as juste l’instinct et toutes les tonnes de conseils qui te tombent du ciel.

En hommage à la Terre qui a imprégnée mes dix jours de voyage, aux mères, aux femmes, j’ai souhaité recueillir quelques témoignages  de mamans et de non mamans, trentenaire, quarantenaire et cinquantenaire, autant de regards sur la maternité qui est loin d’être pour toutes un conte de fées.

Je m’excuse auprès d’elles, j’ai été dure, je leur ai demandé de me condenser en quelques mots, ce que représentait pour elles le fait d’être mère ou non, puis j’ai reçu le dernier témoignage, impossible à écourter tellement il sonne juste dans sa longueur, parce que bien évidemment l’amour ça ne tient pas en quelques lignes. Je demande pardon aux autres de ne pas leur avoir accordé plus de place mais je crains qu’alors il nous faille un livre…

Terre en labour

Devenir mère n’a pas été un long fleuve tranquille. Non pas qu’il a été difficile de concevoir cet enfant, mais plutôt difficile d’être une mère, LA maman de cet enfant là. Ce sentiment, je l’ai au départ tu, par peur du jugement, par peur de ce que je ressentais, par peur de qui j’étais vraiment…au fur et à mesure des mois, des années, j’ai pu comprendre ce qui m’empêchait d’être maman, de me sentir maman. J’ai compris que pour être maman il ne suffisait pas de mettre au monde un enfant. Ce que j’ai vécu on l’appelle « la difficulté maternelle ». Elle peut prendre la forme de dépression, angoisses, mal être, difficulté d’attachement à l’enfant etc. Pour être maman, il m’a fallu me libérer de mon enfance, de mes souffrances enfouies, de mon passé, pour être en paix avec moi-même et avec la maman que je souhaitais être. Au final, aujourd’hui, je peux dire qu’être mère est une des plus belles choses qui me soit arrivée dans ma vie. La maternité m’a fait aller à la rencontre de deux êtres : mon enfant, et moi-même.  D.G.B

Lit d’une rivière

Etre mère, je ne me suis jamais vraiment posée la question ou alors très brièvement!! Je pense que c’est un mélange de concours de circonstances et aussi une envie qui ne m’a jamais vraiment traversée l’esprit. Je n’ai eu à aucun moment, comme une majorité de femme je pense, l’envie d’en avoir un et qui souvent quand le corps ne veut pas détruit certaines femmes, au moins j’ai échappé à cela. Je pense qu’avec ma nature trop anxiogène, je me serai fait du sang d’encre pour eux !!!!  Bien que je me sois améliorée, je me suis mise à la méditation de pleine conscience en 2016. Je pense qu’une vie sans enfant est différente et apporte peut être autre chose car on a plus de temps à soi et surtout à donner aux autres ce qui n’est souvent pas le cas des gens qui ont une famille et qui sont en général très repliés sur eux mêmes surtout quand les enfants sont jeunes et s’ouvrent plus quand les enfants sont grands. C’est le constat que j’ai fait. Le seul bémol au fait de ne pas avoir d’enfant c’est le fait de vieillir, car là on se dit qu’il n’y aura personne pour nous aider, donc il faut bien s’entourer. MCP

Terre en jachère

 J’ai 45 ans et je n’ai pas enfanté ! Ma stérilité est à la fois la plus douloureuse et la plus belle expérience de ma vie . Ne pouvoir donner la vie reste un sujet très tabou de nos jours. Je me suis longtemps sentie isolée comme si j’étais atteinte d’une grave maladie. Très peu de mes proches, même encore aujourd’hui ose échanger avec moi à ce sujet. Aucune assistance médicale n’a été possible pour moi . De ce grand isolement est né une profonde tristesse. Pour continuer à vivre pleinement, j’ai donc été obligée d’aller à la rencontre de moi-même. J’ai essayé de comprendre le sens de l’existence reliée à ses cycles du jour et de la nuit, de la naissance et de la mort et de toutes les autres dualités qui gouvernent notre monde… J’en ai fait ma grande recherche de vie. Ma conscience s’est éveillée et s’éveille encore de découvertes en découvertes. Suite à plusieurs événements marquants, j’ai changé de métier. Je suis devenue une accompagnante dans le cadre de mon cabinet de réflexologie plantaire et de mes cours de Qi Gong. Au quotidien, dans le cadre de ma profession, je peux dire que je joue mon rôle de maman ! Je suis convaincue que la vie est perfection. J’ai vécu ce parcours très initiatique pour me révéler à moi-même. De ce manque apparent est né ma force et finalement à présent je me sens mère au sens large du terme. Même s’il m’arrive encore régulièrement d’être triste, j’ai entièrement confiance en la vie. Je sais au plus profond de mon cœur, qu’elle me réserve encore bien des révélations. Alors je l’accueille telle qu’elle est instant après instant. VP

Terre d’accueil

D’aussi jeune que je me souvienne, j’ai toujours voulu devenir mère. A l’adolescence, quand on joue à se faire peur avec des « qu’est-ce qui pourrait m’arriver de pire dans la vie ? », je répondais « ne jamais avoir d’enfant ». D’où vient cette envie que l’on a ou pas, est-ce le fruit de notre éducation, est-ce dans nos gènes, dans notre caractère, est-ce un instinct ? Je ne le sais pas. Pour moi, c’était certain, je serai mère.

Je n’y avais jamais réfléchi, c’était comme une évidence : je rencontrerai quelqu’un, on se marierai, ou pas, et on aurai des enfants. Au moins trois, des filles comme des garçons. Et puis je suis devenue adulte, j’ai rencontré quelqu’un, on s’est marié et on a fait des enfants. Beaucoup d’enfants. Mais je ne les ai jamais portés que quelques semaines chacun et ils ne sont jamais nés. Certains m’ont même conduites aux urgences avec engagement de mon pronostic vital. Les médecins continuaient à garantir une grossesse en augmentant encore et encore les doses d’hormones de synthèse. Mon corps et mon moral, en overdose de ces drogues, se dégradaient lentement. Alors il a finalement fallu y réfléchir. Pourquoi voulais-je être mère ? Qu’est-ce que cela voulait dire pour moi ? Quel prix étais-je prête à payer pour porter un enfant ? Jusqu’à quel point étais-je prête à mettre ma santé physique et mentale en péril avant de réagir ? Il m’a fallu beaucoup de courage pour aller chercher de l’aide hors du corps médical. Et grâce à une femme formidable, j’ai affronté ces questions. Trouver les réponses m’a pris plusieurs années.

J’avais un besoin viscéral d’être mère, de donner un amour inconditionnel à mes enfants et de recevoir le leur, de les accompagner dans leurs apprentissages et leurs découvertes, de faire d’eux des adultes épanouis et responsables. J’avais envie de porter mes enfants dans mon ventre, qu’ils me ressemblent ainsi qu’à leur père, qu’ils aient nos gènes. Différencier ce dont j’avais besoin de ce dont j’avais envie a été le plus difficile. Bien des années après notre mariage, nous sommes allés chercher nos enfants au bout du monde. Des enfants avec un début de vie compliqué qui avaient besoin d’une famille. Des enfants qui m’ont faite mère, mes enfants. Quel mystère ce lien mère-enfant qui semble lui aussi une évidence mais ne l’est pas. Ce lien dit-on qui se crée au plus profond de nous lorsque l’on porte notre enfant. Comment alors expliquer ces mères désemparées face à un petit inconnu au lendemain de l’accouchement, ou l’existence de ce lien même lorsque l’on n’a pas porté l’enfant. Je ne parle pas de l’instinct mammifère qui nous fait prendre soin d’un petit, mais bien du lien d’amour maternel.

Mon sentiment est que ce lien se créé en partie pendant l’attente de l’enfant, comme on anticipe un rendez-vous galant ou un événement attendu. Une partie de ce lien vient de la conception, et le mot n’est pas anodin, de l’enfant dans notre esprit. L’autre partie se crée dans la rencontre et les jours qui suivent, parfois rapidement, parfois plus lentement. Cela dépend de cette conception spirituelle qui a précédé, de sa durée et de sa maturité.

Pour notre premier enfant, nous avons su de nombreux mois à l’avance quand nous le rencontrerions à quelques semaines près. Nous avons eu le temps de le concevoir avant de le rencontrer Le jour tant attendu, la rencontre a été magique et le lien d’amour s’est forgé au premier regard. Pour notre second enfant, nous pensions devoir attendre encore plusieurs années quand on nous a annoncé qu’il nous attendait. Nous l’avons rencontré un mois plus tard sans avoir vraiment eu le temps de nous préparer. Cette rencontre a été très différente. Ce bébé était encore un étranger. Nous avons bien sur pris soin de cet enfant. Dans les premiers jours, ce soin était bienveillant et attentif, mais comme le soin que l’on donne à l’enfant de quelqu’un d’autre qui vous est confié. Notre lien d’amour s’est créé et nourri des petits gestes tendres, des regards et des sourires échangés.

Le lien d’amour maternel avec mes enfants n’est pas génétique, il se nourrit et se renforce à chaque instant passé ensemble. Quand on joue ensemble, quand on fait les devoirs, quand je change les draps au milieu de la nuit, quand je leur offre un cadeau ou que je les réprimande, quand ils se glissent dans mon lit au petit matin pour sentir mon odeur…Mes enfants me ressemblent. Ils partagent mes valeurs, mon sens de l’humour, ma répartie, mes habitudes, mes mimiques, ma vie. Mes enfants m’ont faite mère. Notre lien est profond, instinctif et viscéral. Notre amour est inconditionnel. Aux gens qui me demandent comment je fais pour aimer des enfants qui ne sont pas les miens, je réponds que, malgré le sang et les gènes, ce sont bien les miens. BC

Merci à toutes les femmes qui croisent mon chemin …d’être, à ma mère avec qui j’ai fait ce merveilleux périple (et à mon papounet aussi), à mes grands mères, à mes arrières que j’ai eu la grande chance de connaître et à ma fille. Ces mots ne sont qu’un message d’amour à l’ETRE, à tous les enfantements de quelque nature qu’ils soient. Nul besoin d’attendre la fête des mères pour vous envoyer ce message dont l’esquisse avait pris forme avant mon départ et trouve un juste point final et le besoin de naître aujourd’hui après que je sois, tel un rite de passage, re-née de ce voyage en pleine TERRE.

tʼáá íiyisíí ahéheeʼ…Si jamais vous parlez Navajo ♥

Sources:

Photo Lower Antelope Canyon

Dessin made by Zoé

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Opération Bikini

Opération Bikini

Nouvel atelier des Non Desperate Housewives: « Detox -Bourguignon »

Après avoir découvert le livre « Nourish » de l’Australienne Lorna Jane, par ailleurs designer d’une ligne de vêtements activewear, avec les beaux jours qui s’annoncent, s’est mise à germer en moi l’idée de tester les différents jus vitaminés proposés au fil des pages, dont les noms font autant envie que le contenu!

Go for « Happiness tonic », « Beauty Tonic », « Metabolism-booster Elixir », « Detox Elixir », »Cleanse Elixir » et quelques unes de nos créations. « Nos » parce que c’est tellement plus fun à plusieurs et je ne me voyais surtout pas boire 5 jus d’affilée!!!


L’une d’entre nous étant en possession d’un Extracteur de jus, il n’y avait plus qu’à !

Le plein de fruits, légumes et autres ingrédients tels pollen, graines de chia, eau de coco, miel, poivre de cayenne, gingembre, racine de curcuma, etc…a été fait consciencieusement la veille au temple du Bio et du tout en vrac : « Rainbow ».

Extracteur vs Centrifugeuse vs Blender

Avantage à l’extracteur qui broie doucement vos aliments, avec le principe d’une vis sans fin qui presse vos fruits et légumes contre les grilles d’un tamis, ce qui permet de séparer la pulpe du jus. Contrairement à la centrifugeuse, l’extracteur ne détruit pas la structure des aliments, vos jus s’oxydent ainsi moins vite, ce qui permet de les conserver plus longtemps et préserver un maximum de vitamines et de nutriments dans vos jus.

La centrifugeuse quant à elle écrase les aliments par l’intermédiaire de la force centrifuge, avec une vitesse de rotation très élevée pour changer les aliments introduits en jus.Les jus à la centrifugeuse résultent d’une séparation de la pulpe et du jus, mais vos aliments ayant leur structure éclatée, vous retrouverez tout de même de la pulpe dans vos jus. La vitesse de rotation étant extrêmement élevée, les aliments subissent une certaine chauffe, ce qui entraîne la destruction des vitamines et nutriments de vos aliments.

Le blender permet également la préparation de jus, et contrairement à l’extracteur de jus, il ne sépare pas la pulpe du jus. Tous les éléments sont mélangés, et vous obtenez un breuvage assez épais, contenant toutes les fibres. Il faut prévoir d’ajouter de l’eau pour obtenir une consistance plus liquide.
On observe une déperdition évidente des vitamines et nutriments due à la rotation élevée des lames de broyage.

Parce que vous avez été sages voici la recette de l’Elixir Détox by Lorna Jane, élément clé de cette « opération Bikini »:

Attention Elixir veut dire un concentré donc vous n’avez pas un grand verre à boire..sinon doublez les doses.

50 g de betterave rouge cuite, 75g de céleri (1/2 branche), 1/4 de tasse de feuilles de persil plat et 1/2 citron…passez le touts à l’extracteur, vous n’avez plu qu’à déguster.

Et pendant ce temps là nous avons cuisiné un Boeuf bourguignon inspiré de la recette ultra simple de Marmiton pour apprendre à notre amie américaine, Jen, la bonne cuisine française.

Ingrédients pour 5:

– 1 kg de pièce à fondue pour bourguignon (2 pounds of beef stew)
– 2 oignons
– 8 carottes
– 1 bouquet garni
– 1 bouteille de vin rouge assez bon (Ici un Bordeaux…bien vu pour faire un Bourguignon!)
– 100 g de beurre
– Sel
– Poivre

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Vous remarquerez que les françaises ont la tenue réglementaire américaine pour faire la cuisine : Legging, hoody (sweat capuche) et baskets! Je crois qu’on s’est bien intégrées 🙂

Touche finale :  la petite astuce de ma moitié….glisser un carré de chocolat noir dans la cocotte en fonte pendant le mijotage (2h30)…pour le côté suave et féminin dit-il ♥

Sur ce Bon Appétit…vous m’en direz des nouvelles

 

Source:

Nature-vitalite.com

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Crossroads

Crossroads

I’m standing at the crossroads
There are many roads to take
But I stand here so silently
For fear of a mistake
One path leads to paradise
One path leads to pain
One path leads to freedom
But they all look the same…

Extrait Crossroads Calvin Russel

Mettre le son!

La vie est faite de chemins que nous empruntons, puis parfois se présente une intersection, se pose alors la question de changer d’orientation ou de poursuivre le cours des choses. Nous avons toujours le choix. Sauter dans l’inconnu demande parfois un temps de réflexion, vais-je prendre la bonne décision? Mais ce n’est qu’au bout du chemin, à la croisée suivante que nous pourrons regarder en arrière et considérer ce que nous avons appris en marchant.

Huit mois que nous sommes arrivés, on dirait que le temps passe comme soufflent les bourrasques et devant nous à quelques mois de là, déjà le parfum du retour qui chatouille nos narines. J’ai souvent bougé, déménagé, suis toujours partie le coeur léger comme si dans chaque lieu j’avais fait ce que j’avais à faire, j’ai toujours fait mes valises sans regret. Comment vous dire aujourd’hui que plus je vois l’échéance qui approche, plus j’ai envie de marcher à reculons, que mes pas voudraient m’entrainer dans la direction opposée.

Quand tu goûtes à quelque chose de nouveau, et que cette saveur réveille tes papilles, les fait danser, tu n’as qu’une seule envie c’est de continuer à manger de ce met délicieux, d’y retourner et à la louche! Parce que ce quelque chose que tu manges d’abord du bout des lèvres, puis que tu happes goulument, c’est comme une bouffée d’oxygène qui vient balayer l’air vicié et ce vent de fraîcheur ouvre des clapets, réveille des espaces endormis, des particules de ton être, gueules béantes que tu ne soupçonnais même pas…enfin tu RESPIRES. C’est vrai, j’oublie souvent, je ne prends pas le temps, suis spécialiste de l’apnée…Respirer vraiment, à gorge déployée, à plein poumon, c’est tellement différent… c’est prendre le temps.

D’abord j’ai maudit venir ici (si, si!), c’était mettre un frein à mes projets puis j’ai fini par regarder ce départ sous un nouveau jour, c’était de toute évidence une CHANCE. J’ai posé mes valises au sens propre comme au figuré. Je me suis réappropriée les minutes et les heures, je me suis déconditionnée d’une certaine forme d’asservissement, d’abrutissement, suis sortie de ma roue de souris qui s’était emballée sous mes pas, me suis coupée de mes exigences, de mes objectifs, de mon impatience à faire, à réussir, à avancer. La vie m’a fait le merveilleux cadeau de me mettre sur pause, hors circuit, pour prendre le recul nécessaire et poser sur le monde un regard neuf.

Cette année m’a enracinée, avant j’étais volatile, j’avais perdu mon point d’ancrage. Comme un bout de papier qui s’égare sur la plage poussé par le vent du large. Certains diront  « ce n’est qu’une parenthèse enchantée ». Certes une parenthèse que j’ai vécue aux antipodes de ma moitié, compressée, essorée, stressée, épuisée par la spirale infernale des exigences du métier. Pourtant je crois sincèrement que la vérité est là sous nos pieds, à mi chemin entre lui et moi, et que cette vie contrastée nous appelle à chercher en permanence le juste équilibre.

Venir ici, c’était prendre un nouvel aiguillage, et sur le parcours j’ai fait de merveilleuses découvertes, grâce aux autres et avec moi même. Le challenge est de maintenir le cap pour arriver à bon port. Au fond en quittant ces lieux,  je crois que j’ai peur, peur de me reperdre dans ce que la vie nous offre parfois d’abrutissant, peur de perdre le fil du trésor que je viens de (re)trouver…liberté. Cependant je réalise jour après jour, que plus j’accepte de ne pas lutter contre les changements qui s’annoncent et que je me mets en posture de les accueillir et de les recevoir comme des cadeaux potentiels, plus je suis habitée par la sérénité, la confiance. Je suis créatrice de mes tempêtes, mes peurs les génèrent et il ne tient qu’à moi d’être une mer paisible et tranquille.

Les Etats-unis ce n’était pas un rêve, pas même la Californie, mais maintenant que j’y suis, je trouve qu’il y a ici quelque chose de spécial dans l’air (en dehors de l’odeur de la marijuana à tous les coins de rue!). La lumière est intense, la nature est souveraine et il en émerge une force qui te pousse à aller plus loin matin après matin. J’ai toujours eu ce besoin d’être près de la Nature, c’est la condition sinequanone, l’ingrédient indispensable à une forme de bien être. San Francisco comme nul part ailleurs, est un lieu d’ouverture, à toutes les cultures, à toutes les différences, un pays de contrastes, aussi bien dans les visages que dans les paysages et où la misère humaine dort au pied d’une richesse extrême. Ici tu peux te permettre d’Etre ce que tu voudras, les esprits ne sont pas cloisonnés, on ne te rira pas au nez.

Certains choix influent assurément le cours de l’existence parce qu’ils font sortir du sentier balisé et nous mènent à la liberté, voie à défricher, fleurie de plantes et fleurs aussi précieuses que rares, jalonnée de paysages vierges qui ne demandent qu’à être explorés. Je peux dès à présent vous certifier qu’il y aura un avant et un après San Francisco, que ce passage en terre « sauvage » aura laissé dans mon fort intérieur (qui n’est pas une forteresse) une empreinte aussi profonde que large. Sans aucun doute, mes pas, j’en suis convaincue me rapprochent de ma véritable nature, parce que je les fais désormais en conscience. J’ai souvent fait des choix malgré moi, influencée par tout un tas de paramètres, qui sont venus faire défauts à mon jugement parce que je n’ai pas su, voulu, pu écouter ce que me dictait le coeur. Pourtant je n’ai aucun regret parce que de tous ces choix parfois douloureux, j’ai appris infiniment. Car la vie est parfaite, n’est ce pas? Elle nous sert sur un plateau tout ce don nous avons besoin pour aller plus loin, le pire comme le meilleur. Et aujourd’hui même si l’horizon au loin reste brumeux et plein d’incertitudes, je sens infiniment que je n’en ai pas fini avec la Californie.

& comme chantait Mano Solo, « tout a une fin, C’est peut-être ça qui est bien »…

Source photo: Pinterest…une fois n’est pas coutume

 

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La Mue

La Mue

Je pensais avec un serrement au coeur, que rien n’est plus lent que la véritable naissance d’un homme

Mémoire d’Hadrien de Marguerite Yourcenar

ou comment se défaire de ses fardeaux jusqu’à devenir léger comme une plume.

J’ai observé la mue du papillon lors de l’exposition Butterflies and Blooms. C’est long, laborieux, nécessite beaucoup d’énergie pour ne  serait ce élargir de quelques millimètres l’ouverture libératrice. Il en va de même pour nous, pour se défaire de nos croyances, de nos peurs, il nous faut aussi parfois répéter plusieurs fois les mêmes erreurs, trébucher plusieurs fois au même endroit, avant de comprendre qu’il y a d’autres chemins à emprunter et que la signalétique n’est pas toujours bonne. J’ai très tôt cru qu’il fallait être forte, tout porter à bout de bras, sans doute l’héritage (malgré moi)du féminisme des années 70 ou j’ai du trop regarder Wonder Woman quand j’étais petite…sauf que de derrière ton écran, pour W.W la vie parait facile, quelques petits tours sur soi même et c’est réglé. J’ai franchement essayé, faut plus que faire des tours, faut carrément plonger à l’intérieur de soi pour y voir clair.

A l’adolescence, douloureux Corps à Corps avec les dictâtes de la beauté. C’est là que commence le difficile rapport de la femme avec ses courbes, qu’on prend conscience de ses charmes à se faire des clins d’oeil dans le miroir. C’est la période où le regard des autres prend un peu beaucoup d’importance.  J’en ai fait l’expérience et je le constate aujourd’hui encore avec nos deux adolescentes. J’ai le souvenir au collège, des filles qui se regardent dans les vestiaires et qui se trouvent trop grosses alors que vu de ta fenêtre, elles ont une silhouette de rêve. C’est pourtant loin, mais photographique, comme si cet instant T avait éveillé des questions sur l’image que je renvoyais. Faute d’un monstre de confiance en toi, le doute s’insinue comme un souffle dans la brèche qui vient de s’ouvrir.  T’as peut être quelques kilos qui trainent, rien de méchant, mais dans ton esprit se creuse le sillon de la recherche de la perfection. J’avoue j’ai fait la bêtise, j’ai glissé sur la pente bien savonneuse de l’anorexie. Quel enchantement cette maitrise sur le corps et quelle galère aussi! J’ai lutté avec la balance jusqu’à -10kg. Il a fallu que je souffre d’aménorrhée (absence de règles) pour que je finisse devant une gynéco qui me menace de l’hôpital si je ne me ressaisissais pas de ce pas. Je n’étais pas assez extrémiste pour descendre plus bas, j’ai remonté la pente. Il m’a fallu cette bonne vraie crise (désolée les parents!) pour me foutre la paix, le curseur de mon bien être est en moi, basta, et étrangement je suis aujourd’hui plus menue qu’avant. C’est le saint Graal de la plus part des femmes, s’accepter. J’en croise et j’en ai croisé des femmes en peine avec leurs rondeurs, d’autres avec leur maigreur et je constate avec stupeur que ce phénomène est transgénérationnel. Que de batailles…Fichtre! Allons nous donc un jour nous foutre la paix, nous défaire du lourd regard de la société qui tire les ficelles, qui impose les canons de la beauté féminine, et enfin se trouver bien dans notre peau?

Pantin un peu, beaucoup, passionnément, à la folie…plus du tout. Rentrer dans le moule, être sage, ne pas déborder, rester sur les rails, ne pas faire de vague, ne pas sortir du cadre, répondre aux attentes, être studieuse, gagner sa vie, devenir autonome, se taire, faire le dos rond, ronger son frein, arrondir les angles….ça vous parle? J’ai fait tout cela très bien, genre experte, miss perfection, peut être un peu extrémiste pour le coup. J’ai eu un temps le syndrome de la goutte d’eau, vous savez celle qui n’a pas le droit de trainer au bord de l’évier. Puis plus tu avances en âge, plus tu regardes ton parcours, plus tu as le privilège de comprendre qu’il n’y a pas de mal à lâcher prise, couper des ficelles celles qui te dictent de tout maîtriser, y aurait même que du bon. Tout ça parce qu’à l’origine tu crois, que « jouer » la fille parfaite est valorisant et gage d’amour….erreur. Parce qu’il y a du jeu la dedans n’est ce pas? On est toutes un peu formatées, on se sent toutes l’obligation de quelque chose…j’ai parfois plaisir à dire et ça me donne de l’énergie sans doute, que je fais ma wonder woman, nétwayé, baléyé, astiké, etc. Au fil du temps j’ai gagné de grandes victoires sur moi même, j’ai lâché du leste, j’ai appris à être plus indulgente avec mon désir de perfection, j’ai même arrêté de repasser et la vie ne s’est pas arrêtée, on n’y voit que du feu et je gagne du temps!. J’avoue que mon vrai luxe, mes plus grandes vacances, c’est de ne plus avoir de pendule dans la tête, de me sentir libre de mon temps. Parce que tant que tu es la tête dans le guidon à gérer le quotidien, tu peux pas prendre le recul nécessaire, tu es comme happée dans une spirale, tu manques d’échappatoires et d’air pour respirer. Alors j’ai appris et j’apprends encore, que savoir dire « non » quand on le ressent du fond de ses tripes, c’est un cadeau que tu fais à l’autre et à toi même, parce qu’il a infiniment plus de valeur qu’un « oui » à contre coeur, ou qu’un non dit,  qui va venir se mettre sur le haut de la pile des dossiers non classés digérés. J’apprends à déculpabiliser et à ne pas céder à une certaine pression, comme quoi la gestion de la maison c’est mon job. On peut passer un petit dej sans une brique de lait, c’est pas grave, j’ai oublié le pain? et alors…. Vouloir épouser le moule à tout prix pour régaler tout le monde est une belle erreur, tu en es la première victime. Ce qui ne veut pas dire pas de compromis, c’est juste apprendre à s’affirmer sans se (re)nier, exprimer honnêtement le fond de sa pensée, avoir suffisamment confiance en soi, pour ne pas craindre le jugement dernier. Tu peux laisser certains jours ton costume de femme parfaite au placard, la terre ne va pas s’arrêter de tourner.

Non seulement, il est déjà difficile de se défaire de ses peaux mais en plus certains tiennent absolument à vous mettre des étiquettes sur le dos! Par pitié pas d’étiquette! Pas la peine d’essayer de me coller dans une case je n’aime pas qu’on m’enferme…ce doit être là mon côté sauvage. Nous sommes tout et un. C’est trop réducteur l’étiquette, c’est limitant. Même dans la vie professionnelle, il faut se mettre dans une case, j’ai rarement réussi, rien de tel qu’un titre super générique à fonctions multiples. Ce qui me plait c’est la diversité, c’est là que je trouve la vie belle dans toutes ses facettes colorées, je veux vivre en mode kaléidoscope. D’ailleurs le plus beau compliment qu’on m’ait jamais fait sur mon parcours de femme active, c’est d’avoir apporté une couleur à l’entreprise. Exactement, je veux dessiner des arcs en ciel dans l’atmosphère, inconsciemment c’est peut être pour cela que j’ai fini par tomber dans les pots de peinture.

D’ailleurs il faut parfois aller loin dans ses faux pas, loin dans ses combats pour finir par comprendre comment tomber l’armure et être au plus juste avec soi même. Quitter l’autre pour pouvoir se retrouver, pour sauver sa peau, comme un élan vitale, de peur que la flamme en soi ne s’éteigne à force de l’étouffer à l’intérieur. C’est difficile une séparation, ça demande le courage de regarder les choses et l’autre dans le fond des yeux, d’être honnête avec soi même, ne pas se voiler la face. Tu as beau mettre le pour et le contre dans la balance, déchirée entre le mal que tu vas faire et renoncer à une part de toi même, il y a une voix au fond de toi qui sait en regardant ton enfant, aussi petit soit il, que tu auras beaucoup plus à lui offrir si tu fais le choix de partir. Je ne suis pas une mère avant tout, je suis la combinaison d’un tout. Je ne suis pas femme de renoncement, et je souhaite vivre chaque heure à sa plus juste valeur (parce que je l’ai bien appéhendée). J’ai eu cent fois tord de ne pas savoir dire, d’avoir ravalé ma salive, d’avoir encaissé des situations absurdes et qui me laissaient bouche bée, ce jusqu’à en être capable d’absorption. Quand on a atteint ses limites, et qu’on sent qu’on est au point de non retour, qu’il n’y a pas de marche arrière possible, lorsque tous les appels au secours ne trouvent pas d’écho, la solution est de se délester de ce poids qui t’empêche d’avancer. J’ai pris le risque, mais je ne l’ai jamais envisagé comme tel, car je sais que j’ai été mille fois plus généreuse envers la vie que si j’étais restée à subir une situation qui ne me convenait plus, j’avais plus de force, de courage, d’énergie pour affronter toutes les péripéties, j’avais retrouvé mon oxygène, ma légèreté. Cette période mère-fille s’apparente au bonheur….et c’était le bonheur assurément, parce que j’avais renoué avec une certaine intégrité, dépouillée de tous ces faux semblants, c’était là toute ma richesse, revenir à qui je suis profondément.

La routine, sacrée maline qui tente de vous endormir. Vous connaissez certainement le fameux refrain « métro boulot dodo ». J’ai souvent eu le sentiment d’avancer telle une machine, ta vie réglée comme du papier musique, t’enchaîne les gestes les uns après les autres, les obligations les unes après les autres,  et après je ne m’étonne qu’à moitié que ma fille me dise « je veux pas grandir, c’est pas drôle, faut avoir une maison, travailler et payer des impôts! ». C’est vrai que du haut de ses 10 ans, on ne doit pas renvoyer une image hyper fun nous les grands, on court pour subvenir à nos besoins desquels nous sommes un peu pris au piège.  Tellement pris au piège parfois que le corps te crie avec des maux : » tu roules à contre sens, tu vas finir par te prendre un mur! »…tant tu refoules tes envies profondes que tu ne connais même pas d’ailleurs. Ton corps te parle et tu t’entêtes à ne pas vouloir l’écouter alors que c’est un merveilleux allié. Ce n’est pas si simple me direz-vous, c’est difficile de prendre la prochaine sortie, partir à l’aventure, en terre inconnue (j’adore cette émission), se dire je quitte la route un temps ou pour faire autre chose. Fatalement la peur vient se nicher dans le creux du ventre, tu crains de quitter le navire, c’est comme sauter dans le vide parce que ton salaire représente une telle sécurité. Souvent pour la femme il y a aussi la question de dépendance, qu’est ce que je me suis fait des noeuds avec ça!  Après moult réflexions, puis avoir dansé le tango avec mes hésitations, je l’ai fait me lancer à mon compte, accouchement difficile et douloureux que cette prise de décision. Finalement la vie m’a fait ce cadeau, parce que j’ai un mari sur qui je peux me reposer (la veinarde!) et je me suis rendue compte que je pouvais lâcher, je n’allais pas nécessairement tomber.  Moins tu triches avec toi même, plus tu avances en confiance et plus l’existence te sert du beau sur un plateau. Expérience entrepreneuriale écourtée pour venir vivre à San Francisco…pour le coup suis un vrai électron libre pour la première fois de ma vie.

Cette nouvelle liberté arrive encore comme une cerise sur le gâteau, puisqu’elle me permet de renouer avec les mots et de suivre mon instinct.

Oui nous sommes instinctives, on a juste oublié, abasourdies que nous sommes par le ronron du quotidien, nous ne prêtons que peu d’attention à ce sens animal salvateur qui nous épargnerait bien des erreurs. Je peux dire en regardant dans le rétroviseur, que j’ai souvent su quand je faisais fausse route mais je me suis entêtée à ne pas vouloir m’écouter, menottées que j’étais par mes peurs. C’est sans doute qu’il fallait que j’apprenne par moi même à me défaire de mes chaînes. Je me plais à croire que c’est votre instinct qui vous a mené sur cette page, parce que vous ressentez certainement au fond de vous ce besoin de renouer avec votre part de vérité.

Dites moi, faites vous confiance à l’animal qui est en vous?

Source:

Je remercie infiniment Cristina Ré (et ses filles)  de suivre pleinement son instinct pour composer ses photographies qui sont venues merveilleusement illustrer mes propos.

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Femme Sauvage

Femme Sauvage

« Chaque femme porte en elle une force naturelle riche de dons créateurs, de bons instincts et d’un savoir immémorial. Chaque femme a en elle la Femme Sauvage. Mais la Femme Sauvage, comme la nature sauvage, est victime de la civilisation. La société, la culture la traquent, la capturent, la musellent, afin qu’elle entre dans le moule réducteur des rôles qui lui sont assignés et ne puisse entendre la voix généreuse issue de son âme profonde. »

« Pourtant, si éloignés que nous soyons de la Femme Sauvage, notre nature instinctuelle, nous sentons sa présence. Nous la rencontrons dans nos rêves, dans notre psyché. Nous entendons son appel. C’est à nous d’y répondre, de retourner vers elle dont nous avons, au fond de nous-mêmes, tant envie et tant besoin. […] La femme qui récupère sa nature sauvage est comme les loups. Elle court, danse, hurle avec eux. Elle est débordante de vitalité, de créativité, bien dans son corps, vibrante d’âme, donneuse de vie. Il ne tient qu’à nous d’être cette femme-là. »

Clarissa Pinkola Estés

N’entendez vous pas au loin les pas de femmes marchant les pieds nus sur la terre, les yeux tournés vers le ciel, suivant les sentiers qui nous ramènent à notre essence suprême? Nous sommes de plus en plus nombreuses, nous sommes de toutes les générations, nous sommes de toutes confessions, nous sommes de toutes les couleurs, nous sommes « Femme », toutes connectées par notre divine Féminité, nous revenons à la source et sommes infiniment liées.

Renouons avec la femme sauvage qui est en nous. Inspirée par l’oeil de la photographe Karin Legros qui sait si bien dévoiler la beauté du monde et de chacun, ose nous défaire de nos habits du quotidien pour devant l’objectif mieux nous mettre à nu, et nous révéler à l’état brut, je vous invite sur les pistes qui me mènent au coeur du féminin sacré (notre véritable essence). Tous les pas qui me guident, toutes les rencontrent qui me nourrissent et toutes les expériences grâce auxquelles j’avance, toutes ces peaux dont je me défais jour après jour….femme en transhumance.

Au delà de La lune qui nous guide (cf Sister MooN), je constate que sur mon chemin, l’eau a toujours joué un grand rôle, inconsciemment j’ai toujours senti le besoin d’être accompagnée par elle, comme si elle m’offrait force et apaisement. Sortie du ventre de ma mère où j’ai bien heureusement baigné, c’est comme si toute ma vie j’avais cherché à garder ce lien avec ce milieu utérin. J’ai grandi dans un village dit aux trois rivières. J’ai déménagé souvent et quand je regarde, j’ai toujours vécu à proximité d’un cours d’eau et chaque été, c’est près de l’océan que je viens me ressourcer. J’ai vécu dans le Lot à deux pas de la Dordogne, en Savoie, L’Isère coulait à mes pieds, en Touraine passait au bout du chemin la Loire près de qui je suis revenue souvent, en Gironde je voyais au loin la Garonne, et depuis que je vis ici, je profite depuis ma fenêtre d’une magnifique vue sur le Pacifique. C’est une force qui m’appelle depuis ma naissance, une compagne de toujours. L’eau est source de vie, symbole de féminité et fécondité.

J’ai longtemps fait fausse route, j’ai longtemps confondu femme sauvage et femme rebelle, j’aurai pu faire partie des Warriors de SF, une vraie guerrière. J’ai parcouru des kilomètres de mon existence, en croyant qu’il fallait se battre toujours, que la vie était un ring de boxe. Je la trouvais fatigante, épuisante, parce que bien évidemment plus tu te bats, plus la vie t’offre de combats (la loi de l’attraction). J’étais pleine de colère, une colère sourde, celle qui se loge en toi à force d’acceptation de choses qui ne te correspondent pas, pour arrondir les angles, pour rentrer dans le moule, tu prends sur toi et ça finit par peser lourd jusqu’à t’empêcher d’avancer. A force de trop de poids, tu en arrives à des points de non retour, tu fais tout éclater pour te libérer et finalement réaliser que cette rage, elle est un peu beaucoup contre toi même dans ton incapacité à (te) dire. Il m’a fallu tomber bien bas, un coup par ko, pour comprendre et faire renaitre des cendres, la femme sauvage qui sommeillait en moi.

Celle qui n’a pas besoin d’arme, celle qui retourne en son centre et renoue avec ses entrailles, y puise une force sereine, qui lève les yeux vers le ciel et se connecte à l’univers, embrasse les arbres, et écoute son coeur. J’aurais voulu avoir plus tôt entre les mains le délicieux livre écrit à quatre mains « Sagesse et pouvoirs du cycle féminins » de Marie Pénélope Pérès et Sarah-Martia LeBlanc, c’est un merveilleux cadeau pour toutes les générations et surtout une clé précieuse pour toutes les femmes sauvages en devenir. Un manuel pour se réapproprier son corps, un trésor pour nos filles, un allié pour les hommes, un trait d’union féminin.

C’est la journée des droits de la femme, et parmi ces droits elle a gagné celui de gérer sa fécondité par le biais de la contraception et ce fut une merveilleuse victoire qui lui a permis de faire un pas vers plus de liberté. Cependant la femme y a laissé aussi quelque part sa profondeur d’âme, ce qui fait sa valeur fondamentale, sa richesse, sa force de connexion. J’ai gobé la pilule tel un bon petit soldat parce que c’était un chemin facile, j’en ai oublié pendant des années d’écouter mon vrai rythme intérieur, je ne me connaissais pas moi même. J’ai fini par tout abandonner pour mieux m’abandonner à mon être et j’ai découvert mon harmonie avec la lune. Nous sommes une merveilleuse mécanique de la vie, nous avons ce pouvoir magique de la porter, nous devons prendre soin de ce temple intérieur où se loge notre vrai visage.

Je me suis liée d’amitié avec les plantes, que ce soit en phytothérapie, homéopathie, huiles essentielles, élixirs floraux, ces alternatives m’apportent une aide naturelle, précieuse et me maintiennent connectée à la nature, à ma nature. Que ce soit chez les chinois, les amérindiens, les druides ou nos gentilles sorcières, les plantes ont depuis des lustres fait preuve de leur capacité à nous aider. Contrairement à nos voisins européens ou au Canada, étrangement en France nous ne trouvons pas de formation d’herboriste délivrant de diplôme reconnu…. Serait ce un métier qui dérange alors que de plus en plus de personnes manifestent un intérêt pour leur usage?

Je suis piètre jardinière mais gratter la terre, ça me libère et faire pousser soit même quelques basiques (sauge, basilic, menthe, lavande..) est une source de satisfaction et me donne l’impression de revenir à mon état primitif (moi Jane!). L’onagre est entrée dans ma vie il y a des années pour mieux appréhender les syndromes prémenstruels, dès qu’un rhume pointe le bout de son nez, je me concocte des infusions de thym frais que je bois tout au long de la journée et que je combine à une inhalation d’huiles essentielles niaouli, ravinsara, eucalyptus dont je me badigeonne aussi mixées à une huile végétale. Je saute sur  l’huile essentielle d’arbre à thé dès qu’un bouton fait surface. J’ai soigné tous les hématomes de mon apprentissage de la conduite à moto avec de l’hélichryse italienne. Quand à la maison un ventre est en souffrance à cause des lunes, je propose des infusions de sauge (maintenant on me les réclame!). Entant que grande allergique, j’ai fini pas retourner il y a quelques années vers l’homéopathie. Loin d’être un placebo, cela nous a aidés sur bien des terrains, bien que je juge son utilisation comme contraignante,  j’y ai trouvé un intérêt pour la famille au niveau subtile, pour gérer certaines émotions qui avaient des conséquences directes sur le corps de façon chronique.

La nature est une source inépuisable de bien être qu’il faut savoir utiliser à bon escient, je ne suis pas chamane, ni sorcière, mais je sais que cultiver ce lien avec ce que la terre nous offre, me permet d’être profondément en harmonie avec la vie qui m’entoure.

Pour revenir en mon centre, j’ai expérimenté le Qi Gong, que je vois à San Francisco fleurir au petit matin un peu partout dans les parcs grâce notamment à la forte présence de la communauté asiatique ou bien il m’arrive d’observer des postures de l’arbre chez certains à l’arrêt de bus. Le Qi Gong comme une hygiène de vie, c’est cette discipline qui m’a fait faire mes premiers pas vers mon recentrage, elle m’a aidée à ralentir le rythme fou des journées de travail qui s’accouplent aux tâches domestiques pour mieux t’essorer. C’était ma bulle, mon espace zen, ma respiration, les neurones au calme, les dossiers en cours fermés, mon attention centrée sur l’énergie à faire circuler, rythmée par les saisons, les éléments, les saveurs, agissant ainsi sur les principaux organes. Chahutées que nous sommes par la vie, j’en ai retenu parfois mes larmes de bonheur de fermer les yeux pour  redevenir un arbre, d’imaginer l’herbe sous mes pieds, de sentir mes racines s’enfoncer dans le sol alors que ma tête cherchait à embrasser le ciel et trouver ainsi une parenthèse de paix intérieure.

Pour me faire plaisir, comme un retour au cocon, à soi, je m’offre (et j’offre) des séances de réflexologie plantaire pour que de guerre lasse mes neurones autrefois trop agités trouvent le repos et par le biais de ce massage des pieds, parvenir à un nouvel équilibre.

Pour délivrer mes émotions passées, je me suis transformée en caisse de résonance grâce à la coupe énergétique. C’est comme aller chez le coiffeur mais pour vivre une expérience peu ordinaire (hein maman?!). Vous vous installez dans un délicieux fauteuil (jusqu’ici rien à signaler), puis on vous présente un coupe-chou, l’outil qui va servir à réaliser votre nouvelle coupe (ne partez pas en courant tout de suite!!). On vous explique que la technique consiste à suivre les méridiens du crâne, que chaque zone représente une facette de ta vie (enfance..), qu’une moitié de ton crane est liée au féminin, l’autre au masculin et qu’à chaque passage de la lame, une vibration va venir faire écho dans ta boite crânienne à la mémoire ancrée dans tes cellules, qu’elle va libérer et permettre ainsi d’évacuer des traumatismes bien ancrés. Je peux vous assurer que certaines zones sont effectivement douloureuses (on accouche de rien sans douleur, non?) et d’autres pas du tout, et que coupe après coupe, les zones sensibles le sont de moins en moins. La toute première fois, vous ressortez du salon avec un sentiment étrange, comme vidée, mais sereine, le visage lumineux drainé par ce « massage » crânien. J’avais les cheveux fins, ils sont devenus plus vigoureux, épais et forts…et étaient doux comme ceux d’un bébé après être passés sous la lame.

Pour libérer et faire le ménage plus en profondeur, tel appuyer sur une touche « reset » de l’ordinateur, j’ai eu la chance d’atterrir entre les mains d’Emily, praticienne en Psycho Bio Acupressure (PBA). Activité que j’ai découverte « par hasard », quelques mots échangés au dessus d’une table lors d’un déjeuner qui ne se prêtait pas du tout au sujet et me voilà demandant illico un rendez-vous, comme poussée par mon instinct qui me dictait qu’il y avait urgence à agir. Bingo!

Je suis une aventurière, j’expérimente toujours sans idée préconçue, je ne me renseigne pas avant, pas de recherche sur le net, je me laisse porter, je veux arriver vierge de toute opinion pour me faire la mienne.

Le praticien va d’une part identifier les blocages émotionnels par une étude spécifique du pouls des personnes, et d’autre part permettre leur effacement par l’action conjointe d’une part de la verbalisation (sous certaines conditions) de ces blocages qui permet de les conscientiser, et de la libération d’endorphines liée à l’application des circuits d’acupressure, la libération de ces endorphines modifiant la plasticité synaptique. Les blocages émotionnels sortent alors des zones du cerveau où ils étaient enkystés et sont captés par le cortex préfrontal, dont le rôle est d’évacuer les émotions.

Whaou! Je suis ressortie de ma première séance, comme portée par le vent, légère, dans une bulle où rien ne pouvait m’atteindre. Le grand luxe c’est que tu n’as rien à dire, rien à faire, pas besoin de raconter ta vie, juste tu sens ton corps réagir et libérer les fameuses endorphines. A ton insu tu fais de grands soupirs, j’ai eu parfois la sensation de vague de froid dans le dos, d’eau glacée qui me coulait sur les épaules alors que tu as une grosse et chaleureuse couverture sur le corps…ton corps fait son travail de nettoyage. La PBA a été pour moi une grande révélation, une véritable clé. Comme je suis une fille de partages, j’en ai fait profiter ma fille, qui fut profondément émue par cet échange, elle pensait d’ailleurs que j’avais raconté son parcours à la praticienne avant la séance tant elle lui disait des choses qui ne pouvaient parler qu’à son vécu…puis j’ai transmis ce cadeau à tout un tas de personnes tellement j’ai été fascinée par le résultat.

Plus tu te délestes du poids de ce qui t’empêche d’avancer, plus tu fais de place pour la femme sauvage en toi, et plus tu te sens libre. A chacune ses clés pour ouvrir les portes verrouillées, parfois à triple tours et je n’ai pas fini de faire de belles découvertes. Car c’est avec une joie retrouvée que je ramasse un à un tous ces cailloux qui jalonnent ma route et qui l’un après l’autre me (ra)mènent « à la maison ».

Le merveilleux cadeau, c’est bien évidemment toutes les rencontres, avec une mention spéciale pour toi, Véronique, mon amie, mon cairn, tu es définitivement entrer dans ma vie à la croisée d’un chemin, et je remercie toutes ces femmes en quête d’elle même qui croisent ma route et sont d’une richesse incroyable et celles que j’ai hâte de bientôt rencontrer.

Toute chrysalide que nous sommes, je nous souhaite de devenir de fantastiques papillons pour réenchanter le monde.

Sources/liens:

http://home.naturopathe.over-blog.com

psycho-bio-acupressure

Salon Art & Nature

Emily Montet praticienne PBA

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