Catégorie : Féminin pluriel

Mes humeurs, mes emmerdes, mes joies, mes coups de gueule, mes peines, mes étonnements, mes questionnements, mes envies…

Père & fille

Père & fille

Au Nom du Père

Comme j’ai pu écrire Etre Mère, il me paraissait évident de parler des pères. Etrangement l’idée de ce post est née il y a plusieurs mois, 9 exactement, comme pour un accouchement il arrive à point aujourd’hui, petit clin d’œil de la vie, parce que cette semaine mon cher père c’est ton anniversaire, ta fête aussi et la mienne aussi ;), c’est donc  NOTRE semaine…alors comme un cadeau je te dis ceci…

Je ne sais combien de fois j’ai recommencé ces lignes avant de trouver la juste façon d’aborder la chose. Je sais que c’est un sujet clé, qu’en ce qui me concerne et comme pour beaucoup d’autres filles, ce lien père-fille a beaucoup joué, sur ma façon de me construire, sur la femme en devenir.

Je constate que cette relation est un long voyage fait souvent de demi-mots, de distance, de douceur, de pudeur mais aussi parfois de rage, de douleur, de grande souffrance intérieure, d’incompréhension et de silence de plomb.

Il est celui après qui on court jour après jour, celui qu’on appelle papa avec amour et qu’on crève qu’il nous serre dans ses bras.

Il est le chêne, symbole de l’enracinement et de l’ouverture à toutes les dimensions. Arbre séculaire, il est le point d’ancrage, le pilier, le re-père, celui dont on espère que de nous il soit fier. Il représente la force et la douceur, héros de notre coeur. On pousse à l’abri de ses branches, où l’on cherche sécurité et tendresse auprès de ce monstre de robustesse mais ce n’est pas si facile de conquérir une telle forteresse.

Autoritaire le père, on se frotte à son écorce voir si on s’y pique et dans cette rigueur qui fait parfois naitre en nous des peurs, il nous hisse à sa façon vers le ciel, nous aide à déployer nos ailes pour pouvoir un jour s’envoler…bien armée. Dans sa façon d’agir, il nous transmet des valeurs fondamentales, celles qui nous font grandir, devenir un être avec des bases capitales : force, droiture, respect, dur labeur et l’humour toujours…mon petit papa à moi, c’est ta signature, ta façon de t’exprimer, Toi qui as fait du rire un langage, une zone de partage.

Et comme dirait quelqu’un que je connais bien « Tu es ma crainte et mon complice. J’ai tant aimé sentir tes grandes mains rêches de travail glisser sur mon visage et cette odeur d’essence de bois qui m’emplit de bien être chaque fois. J’ai arrêté si souvent mon souffle en passant devant ta porte au bout du couloir lorsque je rentrais de mes sorties un peu trop tard, toi qui veillais l’oeil ouvert dans le noir pour m’annoncer au petit matin que j’avais eu 12 min de retard… »

Souvent il nous garde à distance, non pas par méfiance mais c’est je crois ce que leur dicte du fond de leur conscience…la bienséance. Ce qui nous apparait alors comme de la froideur, n’est peut être rien d’autre au fond que des tonnes de pudeur.

On cherche à capter son attention lui qui ne regarde souvent que loin à l’horizon, soucieux de nos demains, il veille au grain. Elément satellitaire le père? Lui qui va et vient, part tôt et rentre tard, absorbé par sa grande mission, prendre soin de toutes les âmes de la maison, animé par sa grande responsabilité que rien ne vienne à manquer.

Pourtant tu manques souvent papa, pris dans les exigences planétaires, préoccupé à faire, tu deviens celui qu’on espère, alors en attendant on se love dans tes pulls, on s’enivre de ton parfum comme enfermée dans une bulle, on cherche ta présence sans fin quelque soit la façon on trouve toujours un moyen, une photo, un mot…parfois trois fois rien.

Tu n’es pas souvent le confident, celui à qui on vient dire ce que l’on ressent, parce que dans le manque de proximité souvent on perd les mots pour tout t’avouer. T’es le poseur de limites, celui qui attend à minuit derrière la porte et qui s’agite. Celui qui nous fait la tête au carré, avec ses problèmes de maths et les mètres cubes à calculer. C’est sans doute pour ça que j’ai fait littéraire, au moins j’avais la paix avec Baudelaire 😉

On projette sur le père un idéal, on le met sur un joli piédestal, le plus fort c’est mon père, une chanson qui en dit déjà long. Alors que j’ai passé mon enfance à vouloir me plier à tout ce qui me semblait être tes attentes et tes exigences, je me suis fourvoyée sur le chemin que j’avais emprunté, dans cette façon que je cherchais par toi de me faire aimer. Forteresse à conquérir, j’ai cherché dans ma façon d’agir à atteindre celui qui me semblait si lointain, jusqu’au jour où sur mon épaule il posa sa grande main, instant photographique, évènement magique.

Seulement il en faut du temps pour comprendre que l’amour ça ne passe pas par les mots toujours, et que même si on ne le voit pas dans les gestes, on peut lire dans le regard que l ‘essentiel n’est pas en reste.

Mais sous cette carapace de bois, y a des siècles de patriarcat, qui disait fais pas ci fais pas ça, une attitude dictée qui commence doucement à fissurer pour laisser passer la lumière de l’amour inconditionnel des pères. Parce que les filles n’ont pas toujours été bien considérées, parce qu’il y a des barrières difficiles à faire tomber, dictées par la religion, dictées par je ne sais quelles autres raisons.

A chacun sa façon d’exprimer sa tendresse, manière parfois empreinte de maladresse, argent à profusion, papa qui ne sait pas dire non, une étrange façon d’habiter nos vies parce que c’est sans doute plus facile que de plonger dans l’intimité des mots, j’avoue on vous en demande parfois peut être un peu trop.

Et j’ai bien l’impression que quelque soit les générations, ce qui aura été dans l’enfance, marqué souvent par une certaine distance pour ne pas dire parfois indifférence, laissera une empreinte dans nos vies de femmes et marquera fortement notre chemin de construction.

D’où mon désir d’aller chercher des regards croisés de femmes, qui chacune à travers leur âge et la petite fille qu’elles ont été, portent sur cette relation qui a définitivement compté.

Finalement tous les mots qui m’auront manqués dans l’enfance, j’en ai fait ma force, j’ai trouvé très tôt dans l’écriture de quoi panser mes blessures et c’est grâce à cela aujourd’hui que finalement je m’épanouis. A 43 ans de là ce que je sais c’est que je peux compter sur toi, sur ta présence dans chaque moment fort de mon existence, que les mots d’amour ça ne fait pas tout et que même si tu ne nous as jamais inondé de bisous ce qui importe c’est ce qui émane du cœur un point c’est tout.

♥♥♥♥

« Si papa si…papa si tu voyais ma vie »

Si papa si…

Si tu avais mis de la tendresse dans ma vie, je n’aurais pas eu toute cette colère quand j’ai grandi

Si tu ne m’avais pas offert toute cette indifférence, je n’aurais pas eu besoin d’être tant rassurée et sécurisée quand du nid je me suis envolée

Si j’avais pu garder toute mon innocence, je n’aurais pas souffert de cette grande culpabilité de vous voir, maman et toi, séparés après autant d’années

Moi qui avais si peur d’être abandonnée à l’heure où je me suis mariée, tel un animal à apprivoiser j’ai appris à faire confiance et je suis émue de cette chance.

J’avais fini par idéaliser l’Amour, j’y avais mis plein d’espoir autour, j’avais le besoin impérieux d’aimer comme celui d’être aimer, de vivre quelque chose d’harmonieux

Tu sais papa, j’avais si besoin que tu sois là dans les moments forts de mon existence, c’est la petite fille qui te le dit et la femme devant toi qui s’avance

Tu sais papa, je n’ai jamais su comment tu m’aimais même dans les plus simples gestes de la vie, un regard de complicité, un sourire juste esquissé, je n’en demandais pas plus, un signe anodin tout au plus et j’ai été si bouleversé qu’un homme, mon mari,  puisse m’accepter comme je suis.

Mais tu sais papa, de tous ces manques là, j’en ai fait ma force, comme l’arbre nourrit son écorce, j’ai avancé souvent dans le doute mais tout au long de ma route, les autres m’ont renvoyée les qualités que je n’avais pas soupçonnées.

Je t’emmène partout mon papinou grâce à cette photo tendresse où je suis sur tes genoux, ainsi tu es toujours avec moi à chacun de mes pas

Pourtant J’ai tant voulu de ton joug me libérer, que tu m’as donnée très tôt soif de liberté, j’ai eu très vite des ailes pour m’assumer, alors de ma vie j’ai pu rapidement décider

juste une seule fois, J’ai trouvé la paix avec toi mon petit papa quand suite à ton avc, alors que tu ne pouvais désormais plus parler…tu m’as laissée enfin te toucher

Je sais pour toi les filles, ce ne sont que des âmes de pacotilles, elles ne méritent qu’indifférence, c’est pas aussi valeureux qu’un garçon quand on y pense

T’as mis tellement d’ironie à humilier ce que je suis, mais grâce à toi, je sais aujourd’hui exactement ce que je ne veux pas et tu m’as appris à savoir écouter dans le respect, là où toi tu étais dans le rejet.

Suis si touchée papa, quand je vois un homme prendre son enfant dans ses bras, je me dis qu’il lui fait le plus beau des cadeaux, parce qu’il lui offre de l’amour juste comme il faut, qu’elle avancera sereine parce qu’elle sait qu’elle a un père qui l’aime.

C’est beau un homme qui laisse tomber l’armure, qui regarde au-delà de ses blessures et qui donne de la tendresse (à celle qu’il aime) juste comme une promesse

On a tous nos parts d’ombre et de lumière, c’est comme une danse entre nous et l’univers, la recherche permanente d’équilibre, trouver la juste note qui vibre

Tu m’as transmise ton goût pour la nature, c’est là où j’erre pour me rapprocher de la terre et de ses créatures.

J’ai mis du temps papa, à faire la paix avec toi, je me suis construite si lentement, pour lâcher les armes il m’a fallu longtemps. Et chaque jour qui vient, je continue mon chemin et je tisse un lien avec mes sœurs et mes frangins, où se mêlent nos différences, nos espoirs et nos douleurs d’enfance.

Et si tu m’entends là haut, je veux te dire que mon amour ici bas s’envole chaque jour vers tes bras et que c’est grâce en partie à toi que je suis juste moi.

♥♥♥♥

« Père entre douceur et violence…L’ambivalence »

Au contact de mon père, dés mon plus jeune age, j’ai découvert la douceur et la violence… Il y avait les deux, même si à mes yeux, la violence au sein notre relation était bien plus présente. Pendant longtemps, j’ai pensé intérieurement en silence que notre famille était poursuivie par la malchance… Oui, notre vie ne ressemblait pas du tout à celle de mes camarades… Je me suis souvent sentie perdue face au comportement de mon père à notre égard. J’étais également très tourmentée par notre condition de vie difficile et peu ordinaire… Lorsque j’ai commencé à écrire ces mots, c’est une colère froide qui a montré le bout de son nez. Je ne soupçonnais plus son existence car je pensais l’avoir complètement libérée… Il m’a fallu quelques semaines pour l’accueillir sans la juger, ni la rejeter… Je réalise à présent qu’une grande souffrance intérieure, non exprimée m’a accompagnée tout au long de mon enfance et de mon adolescence. Je me demande même comment j’ai pu tenir bon pendant toutes ces années. Énoncer tous les détails de ce que j’ai vécu, ne changerait rien… Le comportement de mon père était à l’opposé de ce que j’attendais de lui. Pourtant au fil du temps, j’ai appris à changer de regard sur notre relation. Je sais à présent, qu’elle m’a amenée à développer une grande sensibilité qui me permet d’aborder la vie avec une conscience bien plus élargie. J’aurai bien plus à dire à ce sujet mais je souhaite juste me concentrer sur l’essentiel qui suit. Nous ne nous voyons plus depuis de longues années. Ces quelques mots sont l’occasion de partager l’expérience qui a transformé mon regard sur la vie à tout jamais :

Un jour, lors d’une séance de sophro-analyse, en état modifié de conscience, la personne qui m’accompagnait m’a suggérée de visualiser un endroit où j’allais à la rencontre de mon père. Nous étions sur un joli chemin fleuri et nous marchions l’un vers l’autre. A notre rencontre, nous nous sommes instantanément serrés dans les bras. J’ai aussitôt ressenti que nos deux cœurs s’ouvraient l’un vers l’autre. Nous communiquions de cœur à cœur. Je le sentais physiquement dans mon corps. La chaleur et la vibration de nos cœurs nous inondaient au plus profond de nos cellules. Je ne pouvais plus penser avec ma tête. J’en étais complètement coupée. Je fus complètement surprise et étonnée car je ne m’attendais pas du tout à ressentir cela. J’ai su à ce moment bien précis que ma relation avec mon père avait toujours été juste. Ce fut un moment inoubliable ! Car il ne m’a pas aimée comme je l’aurais souhaité, bien au contraire, mais il m’a permis au travers de cette expérience, de ressentir physiquement au plus profond de mon cœur ce qu’est la vibration de l’Amour. C’est un ressenti  extraordinaire qu’il est difficile de décrire avec des mots. Ce fut une vraie révélation pour moi car j’ai réalisé qu’au sein de chaque difficulté que la vie nous présente se cache un véritable trésor qu’il nous appartient d’aller cueillir. J’ai mis 40 ans pour trouver cette pépite là. Depuis ma blessure continue de guérir au rythme du temps qui passe. Je constate en même temps que le chemin est souvent à refaire, pour en connaître les moindres méandres sans doute jusqu’à la fin de ma vie… A chaque fois lorsque je suis prête la vie m’offre une nouvelle clé pour me libérer… Comme l’occasion d’écrire ces mots pour ouvrir une nouvelle porte ! Je remercie mon père, comme je remercie la vie car chaque enseignement est un cadeau précieux ! Depuis ma naissance, son rôle est de m’apprendre à Aimer, oui aimer sans condition tout ce que la vie me propose ! Je peux dire aujourd’hui que je l’aime pour ce qu’il est tout simplement et au delà des apparences il est un père parfait pour moi. Merci à toi Maud de m’avoir demandée si je voulais témoigner, merci infiniment de me permettre d’aller rencontrer ma liberté d’être au travers de l’écriture aussi….

V.P

♥♥♥♥

« Se construire en opposition, un pied de nez à une tentative de démolition »

La relation entre un père et sa fille participe au bon développement moteur et cérébrale de la personne tout autant que la relation mère/fille.

Toute relation quelle qu’elle soit, doit être basée sur le respect et la confiance. La famille, en plus, apporte une notion de limite et de règles de vie. Ce qui permet à l’enfant de faire ses propres choix et ses expériences. L’environnement familial est un facteur primordial dans la mise en place de l’intelligence chez l’enfant, il l’aide à structurer son cerveau et solidifier ses apprentissages.

C’est toute la réflexion de mes études et de mes lectures, j’ai cherché à comprendre l’intelligence, l’intelligence cognitive, c’est-à-dire la pensée, le raisonnement et j’ai voulu montrer que l’intelligence cognitive était liée à l’intelligence émotionnelle. Sans doute parce que j’ai entendu dire par mon père une bonne partie de ma jeunesse que j’étais bête et que les autres étaient plus intelligents. Je voulais savoir pourquoi ?

Grâce à mes expériences au CNRS j’ai découvert que l’intelligence était une capacité basée sur des apprentissages et non une capacité innée. On nait avec un potentiel énorme et on devient « bête » si l’environnement est mauvais. (Stress, violences, traumatismes…).

Voilà une petite introduction qui peut expliquer bien des choses. La belle histoire se termine là, car les fantômes du passé, finissent, toujours pas vous retrouver. C’est mon histoire, une histoire banale en somme qui arrive très souvent dans beaucoup de familles, qui aurait put être différente mais qui grâce à Dieu finit bien.

J’ai été blessée en profondeur par des gestes, par des mots et par de l’indifférence pendant que mon corps essayait de grandir. Mon père n’a jamais su être un père. Aucune tendresse, aucun mot doux, aucune patience et aucune pédagogie et ma mère était trop occupée à se protéger elle-même de cette même attitude pour voir le mal qui me rongeait.

C’est les livres qui m’ont aidée à supporter, ils m’ont permis de m’évader et m’ont permis d’aller loin dans mes études. Mais même si on répare son corps, son âme reste blessée.

Le père est là pour rassurer son enfant, pour l’encourager dans ses apprentissages et lui expliquer les choses de la vie. C’est tout aussi important que de le faire manger équilibré et de l’habiller correctement. En plus le père véhicule l’image masculine, ce que l’on appelle en psycho le phallus. Une petite fille dans le regard de son père va se voir en femme et apprendre à être, un être désirable. Les prémisses de la sexualité se font par le regard du père c’est pourquoi Freud dit qu’une femme cherche dans son mari ou compagnon l’image de son père. Et cela se confirme.

Moi j’ai eu la chance de rencontrer quelqu’un de très différent de mon père et c’est ce qui a fait la différence finalement, car d’autres femmes n’ont pas ce destin. Ce quelqu’un m’a appris à aimer et à m’ouvrir aux autres. J’ai eu deux enfants à qui j’ai pu donner énormément d’amour et en recevoir autant en retour. L’amour est la clé de la vie et sans lui on s’éteint. C’est pourquoi je suis quelqu’un qui vit dans le partage et dans l’écoute. La colère altère le corps. Elle est mauvaise. Je crois en Dieu et c’est ce qui m’aide aussi.

Pour conclure, je dirai que je reste quelqu’un de fragile et de vulnérable. J’ai longtemps pris des médicaments et vu des psychologues pour calmer mes angoisses et aujourd’hui j’évite de revenir en arrière. Mon métier, d’aider les enfants en difficulté vient de là, je veux leur transmettre comme message qu’il faut croire en soi et continuer à avancer malgré les échecs. J’envisage de devenir enseignante car je me suis rendue compte que j’aimais partager mes connaissances et travailler avec les enfants.

Comme une belle revanche sur le passé, je peux remercier mon père finalement de m’avoir poussée sur ce chemin en toute indifférence car en prenant le contre pied de toutes ces années difficiles à digérer j’ai fini par me révéler. Oui c’est vrai que grâce à mon père, j’ai appris à communiquer sur ce qui ne va pas et à réfléchir avant d’agir. Oui c’est vrai je me suis relevée de cette indifférence et j’ai essayé de ne pas reproduire ce qu’il avait fait. Quelque part il m’a montrée le pire dans les relations humaines et pour ça je peux le remercier. Aujourd’hui ma relation avec mon père n’est pas vraiment pacifiée. Une partie de moi a pardonné une autre non.

A.L.B

♥♥♥♥

J’imagine qu’il existe autant de relations père-fille que de pères et de filles différents. Mais est il si facile de voir au delà de nos souffrances et de nos manques ce que cette relation nous aura apportées, ce en quoi elle a contribué à faire la femme merveilleuse que nous sommes devenues comme si cette relation avait façonné en nous une pépite qui révèle les plus belles facettes de nous même.

Promis la prochaine fois j’interviewe les papas 😉

 

 

PS: et je vous invite à regarder le film « C’est tout pour moi » de Nawell Madani, un film qui parle de la relation père-fille avec beaucoup d’humour

 

 

 

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Women’s Day

Women’s Day

Rien n’est jamais acquis…

« Il est d’une importance capitale de considérer la vie comme un corps vivant en soi, avec sa respiration, le renouvellement de ses cellules, ses déchets. Ce n’est pas parce que nous avons mangé hier que nous n’aurons pas faim aujourd’hui. Ce n’est pas parce que nous avons résolu une question qu’elle va rester résolue, parce que nous avons appris quelque chose que c’est coulé dans le béton. Non, la vie est un grand corps qui croît et décroît en des endroits différents et à des rythmes différents. Tant que nous nous comportons comme ce corps, que nous grandissons de nouveau et pataugeons dans la mierda, nous sommes vivantes, nous suivons les cycles de la Femme Sauvage. Si nous prenions conscience que notre tâche est de continuer la tâche, nous serions plus véhémentes et plus calmes « 

Extrait de l’instinct de conversation « Femmes qui courent avec les loups » de Clarissa Pinkola Estés

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Trouver l’équilibre

Trouver l’équilibre

Entre Ciel et Terre…trouver l’équilibre.

Descendue de l’avion, avant de rentrer à la maison, suis passée par mes racines, l’appel des berges angevines. J’étais emplie d’une douce émotion, d’une chaleur comme un doux cocon, en moi la mer était calme, pas de tempête de regret ou de tristesse qui mette de vague à l’âme. Même pas jet lag, pas moyen de se laisser perturber par la moindre vague. Ce n’est que quelques jours plus tard, alors que j’arrivais sans le moindre coup de cafard, à peine franchie le seuil de la maison, je me sentie soudain comme en prison, avec l’envie de prendre mes jambes à mon cou, c’était le signal d’un coup de grisou. C’était comme revenir en arrière, et soudain je manquais d’air, il me fallait reprendre à nouveau tous ces repères, dont je n’avais que faire, je venais de vivre une année d’émancipation, qui venait de me faire retrouver la raison, un espace de liberté sans lequel je refuse aujourd’hui d’avancer. Il m’aura fallu un sas de décompression, entre femmes retrouver le chemin de « ma » maison, celle que je porte, ne restait qu’à en retrouver la porte.

C’était ma plus grande hantise, que cet état de zénitude se brise, et c’est finalement arrivé, comme un acte prémédité. Il m’a fallu donc repartir pour mieux revenir, et tout était judicieusement planifié comme si mon instinct m’avait tout dicté. J’ai fini par rentrer sereine, avec la joie qui coulait dans mes veines, j’avais trouvé une nouvelle unité en la sororité.

Il m’aura fallu définir mes nouvelles priorités, tant que faire se peut ne pas me laisser désaxer, apprendre à mettre des limites, pour ne pas déraper trop vite, savoir dire non est un essentiel de l’affirmation. Je ne veux pas me lancer dans ce nouveau départ par dépit, j’ai envie de choisir ce qui me fait vraiment envie, le matin ce qui me pousse à sortir du lit et booste mon énergie. Se sentir à sa place, de marcher dans les traces, comme si nos pas venaient magnifiquement s’y imbriquer, sentir qu’on est enfin sur le bon sentier.

Par ces temps où nous sommes un peu malmenés, déséquilibre qui nous pousse à nous réajuster, dans nos valeurs et dans nos cœurs, je trouve dans mon for intérieur la force de ne pas céder de place à la peur, et pas après pas je retrouve mon seul moteur, être dans l’instant est finalement le plus grand des bonheurs.

C’est vrai que quand on y pense, on est dans un sacré moule depuis l’enfance, rare est la notion de plaisir, il faut travailler pour une vie à construire, avoir un métier, dans une voie qui a de l’avenir. On se crée un monde d’exigences, maison, loisirs, dépenses, et nous voilà bientôt pris au piège de ce modèle de braises, où l’on se consume avec parfois beaucoup d’amertume parce qu’on ne laisse pas assez de place à nos rêves, et qu’on ne trouve plus le moyen de faire une trêve.

C’est devant le regard de ma fille désabusé, elle qui vers l’âge adulte refuse d’avancer, que j’ai fini par sérieusement m’interroger. A nous voir courir comme des chiens fous, on ne lui donne pas envie du tout, de mettre un pied dans cette machine infernale, devant laquelle la plupart des jeunes détalent.

Pourtant il est vrai qu’aujourd’hui je ne gagne pas un rond et que ça devient une vraie question, puisqu’après cette parenthèse enchantée, je dois mon avenir réorienté. Mais je fais le pari fou que peut être grâce à vous, alors que devant la feuille de papier je suis galvanisée, je pourrai réaliser mes rêves et tenter le tout pour le tout et qu’au bout de l’envolée, je retomberai surement sur mes deux pieds…assurément ancrée.

Et alors que j’écris, entre ciel et terre, pour trouver ma place entre « Etre » et « Faire », je reçois un invité, qui sur ma fenêtre est venu s’assommer. Projectile des cieux, parachuter à terre, quelle belle métaphore, que ce petit corps eut besoin pour quelques instants de reprendre ses esprits pour s’élancer à nouveau vers l’infini. Poser dans le creux de ma main, l’animal au fragile destin, a repris vigueur, porté par mon souffle et sa chaleur, de même je compte bien sous vos regards, comme un précieux espoir, ce bel équilibre trouver, pour comme cet oiseau m’envoler.

Pour finir, observer cette toile, intitulée « between earth and sky », et constater qu’au point de fusion, de l’or jaillit à l’horizon, pépite que chacun cache en son corps et qu’il nous faut aller chercher tel un orpailleur.

…Femme en marche vers sa vie,

et alors que je tape ces derniers mots, je découvre le conte qu’il faut 🙂

« Prends soin de ta vie, prends soin de ta vie, prends soin de ta vie… » ♥

 

Sources:

Photo à l’oiseau by Zoé

Site de l’artiste http://dari.jullien-ing.com/, Dari la femme aux mille nuances quand elle sourit

 

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Sisters

Sisters

J’ai découvert durant cette année américaine ce que signifie « cercle » d’amiEs, comme quoi il n’est jamais trop tard pour bien faire car c’est bien la première fois que je me suis sentie faire partie d’un cercle de femmes, potluck à l’infini.

Ces quelques mois m’ont permis par ailleurs de renouer avec la femme sauvage que je suis, celle que je n’écoutais plus depuis …beaucoup trop longtemps. D’ailleurs comme si je n’avais pas bien compris la puissance de ce que les femmes ont dans leur présence à être ensemble (nb: ils sembleraient que leurs cycles tendent à s’harmoniser quand un petit groupe de femmes vit en proximité, l’effet McClintock…info ou intox, le sujet fait débat!), je me suis laissée tenter à mon retour en France par une nouvelle expérience, comme si je m’offrais une deuxième chance de bien intégrer la chose à un niveau plus…subtile. 7 jours de transmission, que des filles au diapason qui viennent partager du sens pour unique raison.

De retour de ce stage « Pratique de la Médecine de la femme sauvage », je saisi de mieux en mieux le lien qui me ramène au féminin. A travers les âges, comme on lirait un livre page après page, je me rends compte combien la femme s’est gentiment fermée à son instinct, force scrupuleusement étouffée, faisant taire des savoirs être et des savoirs faire oralement confiés depuis une éternité.

Mesdames, Mesdemoiselles, Il est grand temps de tout dépoussiérer, de laisser la lumière entrer en notre for(t) intérieur, n’ayons pas peur, d’aller jusqu’aux entrailles là où la Vie tressaille, faites tomber les murailles, allons là où est enraciné ce que nous ont léguées les femmes de notre lignée. Laissons fleurir au grand jour, ce que nous sommes avec amour, laissons les tabous dans les choux, soyons honnêtes envers et contre tout, c’est ce qui nous rend belle, notre nature instinctuelle. Parce que je suis mère, princesse, enchanteresse et sorcière, et parce que j’en suis fière, je veux laisser place à chacune d’elles, sans que l’une prenne le pas sur l’autre, parce qu’elles font de moi une femme complète et participent toutes à mon équilibre. Et c’est grâce à ce temps que je prends, ces chemins de traverse, que je puise pour rester fidèle à mes promesses d’être tour à tour l’une et/ou l’autre.

Si je m’enferme dans la Mère…j’étouffe, et j’ai besoin d’être pleinement femme pour être l’épouse, bref je ne suis jamais vraiment celle que je suis, si je ne suis pas un peu chacune à la fois. Je me sens comme un animal en cage si je m’enferme dans le rôle de la femme qui doit faire « bon ménage » (au sens littéral) et alors jaillit la femme sauvage, cet instinct me rattrape bien souvent au galop pour me dire que j’en fais un peu trop et qu’il est temps de retrouver l’équilibre mais c’est si difficile de marcher sur le fil…

Renouer avec La Nature, avec Sa nature, c’est un premier pas pour renouer avec la femme sauvage en Soi. Faire de ses mains, être créative quelque soit le dessein, c’est une façon de poursuivre le chemin. Renouer avec son corps, libérer la gestuelle, oser et se laisser aller, se délier, se défaire, c’est un pas de deux vers Son instinct primaire. Chouchouter les zones oubliées, caresser, cajoler, c’est renouer avec Sa féminité. Dire, partager, pleurer, écouter et rire,  les émotions qui coulent comme une douce chanson et qui chantent toutes avec justesse qu’il s’agisse d’amour ou de tristesse. Voyager en son corps comme un univers à découvrir bien plus grand que ce que l’esprit veut bien nous laisser dire, c’est la voie de l’intériorité, monde immense à explorer. Sisters, toutes ensemble sur ce beau sentier, nous tissons une merveilleuse toile, cousue de fils d’or où chacune est un trésor.

A mes sœurs

A la femme que nous sommes, debout comme un seul homme, femmes parfois blessées par des années de silence accommodé, à vouloir au moule absolument se conformer, œuvrons à panser le passé, et que tous nos cycles soient honorés, puberté, maternité, femme ménopausée, laissons parler nos ventres, écoutons ce qu’ils ont à dire, quels sont leurs vrais désirs, quelles sont les souffrances en latence, et peut être aussi leurs espérances. C’est la voie de la sagesse, pour retrouver le chemin de l’allégresse qui nous mènera vers demain avec justesse.

Pas question de se regarder le nombril, l’exercice est un peu plus difficile, il faut lâcher prise sur nos croyances un peu rudes, se défaire de nos bonnes habitudes, pour se donner la chance de cheminer vers la délivrance. C’est l’étape sublime qui nous relie à la divine, l’ancestrale, la goddess, le féminin en liesse. Femme d’ici ou d’ailleurs, peut importe la couleur, peut importe le langage, femme universelle, le féminin sacré comme unique passerelle entre chacune d’elles.

N’allez pas vous y tromper, l’homme n’est pas l’ennemi juré, ce n’est pas une guerre, le féminisme est une autre sphère. Le féminin sacré, ce n’est pas une bataille à livrer, juste une vaste terre à défricher, un espace que nous avons oublié, l’endroit à réhabi(li)ter.

Sister,

J’ai senti nos pieds fouler la terre, dansant comme on entre en prière, dans les empreintes de nos arrières,

Comme un désir ultime, poings serrés sur la poitrine, de remonter aux origines

nos chaînes ont cédé, nos armures ont capitulé, au gré de nos mouvements déliés

au tempo des percussions, on allait libres à l’unisson, laissant parler nos émotions

au son d’une voix de fée, nous avons nos bassins balancé, au rythme de nos expires passionnés

telles des sorcières, exprimant notre besoin primaire, de renouer avec l’instinct millénaire

Sister, C’est grâce à toi que je devine, la profondeur de mes racines, aux souffles puissants des frangines

…Aux poulettes

Ames soeurs

Sister c’est le vent amitié qui nous a emportées, pour quelques jours, un bout d’année ou une éternité, peut importe le temps, la durée, elle aura eu le mérite d’exister. Soeur d’un jour ou de toujours, pas besoin de faire de longs discours, la complicité des moments partagés, est un sas de joyeusetés. Parfois il arrive sur la route qu’il faille se rencontrer, destin tracé. Puis dans nos regards échangés, sentir comme une étrange familiarité, comme si nos âmes s’étaient déjà parlées. Amie, Tu es bien souvent celle à qui je confie mes rires et mes pleurs, mes doutes, mes peurs, et mes humeurs, une mise à nu basée sur la confiance, ce lien comme tel un don de l’existence, une véritable chance. Il est des amitiés consciencieusement tricotées, dont les mailles au fil du temps vont se resserrer pour bâtir une histoire qui dure jusqu’à très tard, peu importe les cassures, du temps qui file à toute allure, ces amitiés perdurent les jours de grande froidure et portent un souffle de légèreté dans les chaleurs de plein été, un lien à toute épreuve où la vie durant l’une et l’autre s’abreuvent.

Aux Non Desperate et aux amies de longue date

A ma soeur

Chair et sang mêlés, nos parents nous ont façonnées tissant ce lien pour un bout d’éternité. Trait d’union entre deux êtres dissociés, jusque dans les gênes tatoué, nos racines comme base de cette union sacrée, Sisters contre vents et marées. Semblables et si différentes, douce communion quand nos voix chantent, complémentarités en fusion dès que l’occasion se présente. Peu importe les décalages, nous nous rapprochons d’âge en âge, en étant tour à tour épouse, femme, mère et sorcière telles que l’étaient nos grands mères, héritant d’un passé tapissé dans nos artères. Nous bâtissons de temps en temps des passerelles entre nos vies parallèles, clins d’oeil inattendus mais toujours bienvenus, peu importe la distance, c’est à ton sourire que je pense. Lien interstellaire que d’être soeur ou frère, fil joliment tracé d’une encre qu’on ne peut effacer, sister je te porte en mon coeur comme un rayon de bonheur.

A Marionnette

Amie même si je ne sais qui me lit, j’espère bien par ces quelques mots, tenir ta main le temps qu’il faut, pour rencontrer ton coeur et faire un bout de chemin avec toi, ma soeur.

A nos lignées, à toutes celles qui nous ont précédées, femmes du présent et du passé…nous vous envoyons ce chaleureux baiser♥

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Ruée vers l’Or

Ruée vers l’Or

…comme ces douze mois en Californie, où pépite après pépite, je découvre au fond de la mine…le filon.

Alors que le compte à rebours est lancé, J-10 avant décollage, comme une cerise sur le gâteau, on a décidé de s’évader quelques jours, juste un petit tour et puis s’en va, une plongée en pleine nature, un dernier brin d’aventure,  pour quelques heures encore, avant de faire cap à Tribord.

J’avoue ces derniers temps ne pas être très assidue derrière mon pc, mais je sens comme une urgence à remplir mes journées de souvenirs avant de partir.

Je passe au tamis les destinations, c’est tout choisi….Direction Twain Harte, au pays des chercheurs d’Or. Nous arrivons par une route de montagne, sinueuse au milieu des pins, je crois que je viens de dénicher un trésor. Plus que Sept jours avant les préparatifs de départ, 7 days qui me confirment qu’il n’y a pas de hasard, tout est fait pour t’emmener sur le chemin qui est le tien.

Il est dans mes rêves une cabane en lisière de bois au bord d’un ruisseau quand je cherche à m’évader d’un monde trop chargé d’habitudes. J’ai voulu comme unique exigence un lieu en toute simplicité, nous isoler dans la nature, pour quelques dollars, rien d’insensé. Pari gagné on se retrouve au milieu des arbres près de Twain Harte, dans ce que j’appellerais un cocon de « Femmes sauvages« , nous y revoilà, on y revient, la boucle est bouclée. 8 hectares tenus par 5 femmes, 5 véritables soeurs, qui se disent Wild Women activistes, »en d’autres temps on nous aurait brulées sur le bucher, telles des sorcières », ce sont les premiers mots échangés….voilà donc où me menaient mes pas depuis des mois. Je n’en savais rien à la réservation, juste une petite voix, une forte intuition qui guide mon choix.

L’enseigne de mon activité artisanale est « L’Arbre à Papillons« , parce que c’est un animal joyeux, coloré, poétique malheureusement fragile et menacé. Cependant durant cette année californienne, j’ai été surprise de croiser partout en tout temps, toute saison, des papillons . Je n’en avais jamais vu autant, tel un compagnon de route qui chemine à mes côtés dans cette Mue douce et lente qui opère en moi, telle la chenille déploie un jour ses ailes dépouillée de toutes ses illusions. Pour la petite anecdote mon amie Véronique m’a fait remarquer il y a quelques temps que je me suis mariée sur la commune de Chenillé Changé….(coïncidence?). Je vis ce long processus de métamorphose, ce changement de regard, l’ouverture du coeur et une profonde intuition guide de plus en plus justement mes choix. Ce paradis caché s’appelle Mariposas, et j’apprends un matin que Mariposa signifie Papillon en espagnol (je n’ai jamais fait d’espagnol..).

Carole, l’une des soeurs qui nous accueille est réflexologue-Maitre Reiki-masseuse, une autre, Donna qui s’occupe des réservations, est Naturopathe-Chaman, une autre à un don inné pour la musique qui plus est excellente chanteuse, bref on rencontrera tout au long du séjour chacune de ces 5 femmes, leurs talents et leurs personnalités chaleureuses et franches.

Devant mes yeux écarquillés de voir où je venais de mettre les pieds, elles m’informent qu’à l’occasion elles animent des cercles de femmes au moment des lunes…Sister Moon, proposent des massages, puis font découvrir le pouvoir bienfaiteurs des plantes qui poussent sur leur terre, invitation que j’accepte avec un plaisir infini. Non de non, ces wild women ne sont pas illuminées, si non je peux vous dire que j’ai un mari qui aurait certainement pris la poudre d’escampette (mon garde fou), elles ont la tête plutôt bien faite.

Me voilà dans mon rêve, « Cabin » isolée, baignée de silence, à l’équipement rudimentaire, en bas de laquelle coule une rivière. Le mot d’ordre ici c’est « Liberté », une cuisine et un espace de vie partagés nous permettent de rencontrer les uns puis les autres, mais on peut tout aussi bien rester dans son nid douillet.

Sur leurs précieux conseils, nous visiterons Pine Crest Lake, Big Trees, Jamestown, Yosemite, Columbia, dirty pretty old town  avec son pont naturel et sa grotte où Carole me suggère en un souffle « Go in the cave and sing Happy Birthday to me! »…elle lit mon blog ou bien???

Nous avons pu profiter de l’harmonie et de la symbiose des voix des soeurs (pensée pour toi my sister quand on chante en coeur), auxquelles se joint qui veut. Notamment le dernier soir, un potluck (genre auberge espagnole)  était organisé, et cette joyeuse réunion a commencé par un tour de table avec « que veut dire pour vous le mot « Freedom? », bonne question lancée à la volée un verre à la main, et de découvrir combien ce mot peut être lourd de sens pour des personnes qui en ont été largement privées, parcours de vie un temps emprisonné au Guatemala. Le moment s’est ensuite prolongé en touchante parenthèse musicale. J’en avais les larmes aux yeux de voir ses femmes-soeurs sauvages en leurs coeurs, d’entendre ces voix, où chacune bien que différentes trouvaient merveilleusement sa place et de constater avec joie que les larmes roulaient aussi sur les joues de ma voisine de banc. Devant nos yeux en point d’interrogation, stupéfaits de ces chants à l’unisson, elles nous expliquent  qu’ils sont en fait 6, avec un frère en plein milieu, et qu’ils ont grandi ensemble telle la famille Ingalls (cf La petite maison dans la Prairie, série débuté en 1974, aussi vieille que moi), les filles en robes longues, cheveux coiffés de bonnet, façon Amish, auprès d’une mère strictement vegan (Carole nous raconte avec émerveillement le jour où elle a découvert le savoureux goût du poulet à 16ans!) et d’un père qui leur fait des misères, tout cela sans radio, ni télévision, ni téléphone, ni journaux, …chanter c’est toute notre enfance, « nous n’avions que la musique ».

….Hotel California ♥Amazing Grace♥ Don’t think twice it’s all right….

C’est comme si tout mon cheminement de ces derniers mois que vous avez pu suivre pas à pas trouvait une raison d’être et me confortait dans mes ressentis. Suis je en train de virer hippie???? Je ne crois pas (ou peut être que oui 😉 ), je pense que j’avais besoin de ça, de retrouver du sens après toutes ces années, de marcher dans les bois, de me perdre sur les chemins au milieu de la verdure, de faire de tendres câlins à des inconnus de bon matin (le fameux hug américain, on devrait essayer par chez nous…franchement ça fait du bien)  et de regarder ce qui m’entoure sous un nouveau jour.

De ce bonheur dans les bois je suis rentrée avec un massage à 4 mains délicieusement offert (« because I Love You »), d’un bain de bon(ne) heur(e) et de fraîcheur dans la rivière, avec de belles plantes dans mon herbier de sorcière, des éclats dans les yeux tels des perles de verre, comme un ciel étoilé d’été et dans le coeur, une douce mélodie avec un air de pas s’en faire.

Ce que je veux vous dire, au delà du fait que je sois tatouée par l’année écoulée, c’est que quand vous prenez le temps, que vous acceptez de regarder en vous honnêtement vers ce quoi vous avez envie de tendre irrémédiablement, tout l’univers vous envoie des signes, et si vous voulez bien les voir, tout se rassemble et tout concourt à vous l’offrir comme un merveilleux bouquet parfumé et coloré. Tout arrive en une suite logique, comme une vague de plus en plus puissante te porterait vers le rivage de ta destinée.

La condition est de bien vouloir écouter cette petite voix intérieure, que bien souvent on tente de raisonner pour déguiser ses peurs. Tout est question de vérité et alors que tu sens enfin que tu agis et fais tes choix avec justesse, les peurs étrangement s’envolent une à une pour laisser place à la confiance, il nait alors en ton corps un espace tranquille de liberté, une bulle que tu dois apprendre à préserver, nourrir et faire grandir. Cet amour que tu t’accordes, n’a rien d’égocentrique, il serait plutôt cosmique, il prend sa source en toi pour nourrir d’une richesse infinie ta relation à l’autre. L’Autre celui là même qui a alimenté mes peurs pendant longtemps, belle erreur, alors que tombent pas après pas ces barrières de mon coeur, je m’ouvre enfin au monde et découvre de merveilleuses pépites d’or.

Merci Mes Mariposas

Et pour vous, que signifie « Liberté »?

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Coïncidence?

Coïncidence?

Hasard? Coïncidence? Synchronicité ? ça vous parle?

Parfois l’univers se joue de toi, non?

Il y a deux mois, je mets les pieds pour la première fois dans Clement st by night, on passe devant un restaurant plein à l’intérieur et avec une masse de gens sur le trottoir prête à patienter pour manger à son tour, on voit que la situation est habituelle, y a même un banc pour que les gens puissent s’asseoir. Bref on file, un diner nous attend certainement plus loin dans un lieu plus tranquille. Le nom du restaurant ne reste pas gravé dans mon esprit juste le fait que le lieu semble mériter le détour.

Il y a à peine 15jours alors que je mets les pieds à l’aéroport, je vais faire un petit tour à la boutique SfMoma Store, là je repère un bouquin de cuisine asiatique pour l’anniversaire de l’Homme qui aura lieu le 9/6, je prends en photo la couverture histoire de ne pas oublier avec ma mémoire de poisson rouge (dixit ma fille), je me dis que je le trouverai certainement ailleurs plus tard.

Aujourd’hui 10 Juin, alors que nous décidons d’aller déjeuner au hasard en famille sur Clément street pour fêter le birthday de l’Homme, nos pas nous mènent au restaurant repéré il y a deux mois: Le Burma Superstar.

Restaurant birman comme vous l’indique son nom, à la cuisine excellente, savoureuse, copieuse et abordable (modérateur: « pour SF »), avec une déco intimiste qui vous emmène en voyage. Plats aux multiples influences (Inde, Chine, Laos et Thailand), je me laisse tenter par des crevettes aux noix parsemées de sésame à la sauce douce, après mettre souciée de savoir si le plat était épicé un peu,beaucoup, passionnément. Je finis par déjeuner de Superstar Vegetarian Noodles dont la sauce chili a terrassé la bouche de ma fille et fini par achever la mienne que je soulage à coup de bière gingembre citron (on fait comme on peut!).

Si vous passez par SF, allez y c’est un délice! Soyez patients, il nous a fallu attendre 30mn avant de pouvoir obtenir une table mais il le vaut bien. On en a profité pour faire un tour un peu plus haut au Green Apple Store, c’est une librairie de livres neufs et d’occasion sur plusieurs niveaux, si vous aimez vous perdre entre les rayons, c’est l’endroit idéal. On ressort de là avec un livre sur les flippers, passion encombrante de l’Homme (les flippers pas le livre!).

D’ailleurs si jamais vous avez le même hobby (ou pas), je vous invite à aller visiter le musée du flipper à Alameda (idée de visite après avoir fait le flea market par exemple) ou plus exactement le Pacific Pinball Museum (je n’y ai pas réchappé!), vous payer l’entrée 20$ (suis rentrée gracieusement parce que je n’avais pas l’intention de jouer juste de regarder) et vous restez autant que vous voulez à jouer sur tout un tas de jeux, du vieux flipper bois (des bijoux) à Mario Bross, 6 pièces consacrées au seul plaisir de « tilter ».

Toy Boat Dessert Café

Revenons en à Clement St, rue accueillante et agréablement vivante de San Francisco. On sort du Burma repus ou presque et on file prendre notre dessert, une glace au Toy boat dessert Café, endroit extra pour petits et grands enfants. Le propriétaire doit être un ancien collectionneur de jouets et les met tous ici en vente dont une super collection de Pez (vous vous souvenez?).

Mesdames, je vous invite aussi à aller faire un tour au 55 Clement Street chez William the Bee Keeper, où vous trouverez de l’artisanat local. Traversez juste la rue et faites également un saut dans la boutique juste en face With Style, qui vous propose une gamme de vêtements de qualité aux lignes sobres made in Corea.

Bref après ce petit tour, vous allez finir par vous dire où veut-elle en venir avec ses coïncidences? J’y viens.

On rentre et naît en moi l’envie de partager toutes ces belles découvertes pour que vous puissiez en profiter à votre tour. Comme je suis partie les mains dans les poches, sans Nikon ni smartphone, je saute sur le web pour illustrer mes propos et que trouve-je en tapant Burma SuperStar? Je reconnais la page de couverture du livre que je devais offrir à l’Homme (et dont je n’ai rien fait…oups!) qui n’est rien d’autre que le livre de recettes du restaurant où nous avons fini par déjeuner pour l’occasion. Hasard? Je crois qu’il était écrit que nous devions avoir à faire au Burma pour l’évènement d’une façon ou d’une autre. D’ailleurs je vais de ce pas acheter ce livre..en mémoire de cette belle coïncidence ♥

C’est un exemple parmi tant d’autres, et vous coïncidences, synchronicité, ça vous arrive souvent? Est ce bien le fruit du hasard?

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Je suis sorcière

Je suis sorcière

J’ai rendez-vous avec la pleine lune ce soir…

Depuis Samedi elle me parle, me force à ralentir le pas, me fait tomber dans des demi sommeils comateux en plein milieu d’après-midi, comme assommée, je n’ai d’autre choix que de me poser et je sombre incapable de lutter sous le poids de cette fatigue écrasante, accablante. Je sens mon corps fébrile, mes jambes à peine me portent, l’énergie au niveau zéro, je ressens le besoin de laisser aller mon corps à un stand by bien mérité. Cet état fait remonter en surface mes ras-le-bol et mes frustrations que j’exprime avec véhémence, car j’ai du mal à canaliser ce trop plein qui surgit. Je deviens louve et retrouve mon côté sauvage, je délimite mon territoire, merci de ne pas approcher, j’ai besoin d’espace….de liberté. Et je réalise dans une vision claire que ces derniers temps, je me suis mise en cage, d’où ma rage, je me suis enfermée dans mes exigences à faire, je cède aux obligations quotidiennes et j’en oublie d’ETRE celle que je suis au plus profond de moi-même et c’est de ce mépris que naît ma colère.

Alors c’est décidé, je dédie cette journée à n’être que ce que la vie me demande d’être comme prendre ma plume et vous écrire ces quelques mots. Parce que pour une fois j’ai l’envie d’y regarder de plus près et de réaliser pleinement ce qui se trame en mon être, de l’écouter et de l’accepter, d’entendre la bienveillance de ce que mon intuition me dicte, de laisser mon corps bénéficier du repos qu’il réclame haut et fort et de ne pas me culpabiliser de me mettre entre parenthèses.

En ce cycle de la lune rouge, je me déclare aux abonnés absents pour une durée indéterminée, je ne répondrai à aucune exigence que celle demandée par cette harmonie corps/lune, en respect envers la femme que je suis.

C’est en écrivant que je fais le lien avec ma récente lecture de « Sagesse et pouvoirs du cycle féminin » de MP Pérès et SM Leblanc qui relate que toute femme au cours des différentes phases de son cycle incarne un archétype féminin, la vieille femme (ou sorcière), l’Enchanteresse, la mère et la jeune fille. Sorcière, j’avoue je n’aime guère cette part de moi-même, agressive parfois et indomptée souvent mais j’ai compris que je devais apprendre à l’accepter pleinement, à lui faire une place, je dois la laisser venir, lui ouvrir la porte, lui souhaiter la bienvenue et la faire entrer en mon temple pour pouvoir mieux ensuite la regarder partir, en ayant reçu à bras ouverts tout ce qu’elle avait à me dire…jusqu’à sa prochaine visite. Je comprends en cet instant le pouvoir de votre livre « Arrêtez de chercher le bonheur…vous trouverez la plénitude », Nathalie Bridonneau. Comment accepter ce côté sombre me permet d’être en paix, parce qu’il vient faire pendant à mon côté lumineux, en un juste équilibre, parce que je sais que demain je pourrai être à nouveau douce et attentive aux autres si je laisse aujourd’hui la sorcière vivre pleinement en moi et alors au fil du temps j’apprendrais à « habiter » chacune de ces phases avec plus de tempérance. En incarnant toutes mes facettes et en intégrant tout ce qu’elles m’apportent, je me réalise….enfin.

Je souhaite une douce pleine lune à chacune que je dédie spécialement à vos côtés sombres et à la vieille femme qui sommeille en nous

et vous ? avez vous rendez-vous? En attendant de le savoir, je vais me faire une infusion au framboisier ♥

…merci les plantes de nous aider.

PS: Je finis de vous écrire et je tombe sur ce lien infiniment intéressant, elikia.canalblog.com, j’y retrouve tous mes ressentis du moment, je me sens universelle.

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Etre Mère

Etre Mère

Lower Antelope Canyon 21 Avril 2017

Elle m’a accueillie en son sein, et j’ai eu le sentiment d’être au coeur, la terre tel un utérus aux couleurs chaudes, camaïeu d’ocres, rouilles et d’orangers nous laisse entrer dans son intimité. Parois de terre aux lignes fibreuses comme des muscles, cathédrale solide et fragile à la fois, fait entrer l’Homme dans ses entrailles, pour lui rappeler d’où il vient et combien la nature est majestueuse, comment elle s’embellit façonnée par le temps à coups de claques de l’eau et du vent, lui si petit dans cet infiniment grand et pourtant si puissant d’être en vie…et j’ai compris…

Je suis la Terre Mère, je ne suis que courbes, tel un cocon, tel un nid près à recevoir, je suis faite de plaines et de collines, en moi coulent des rivières et poussent des forêts enchantées. Je suis le cycle de la vie, je porte en moi la mort et son contraire, et pour un temps limité, chaque mois m’offre une nouvelle chance de mettre au monde.

Nous sommes la terre où prennent racine nos enfants. Nous ne faisons que faire germer des graines, les regarder pousser, nous émerveiller de leurs bourgeons, les aider à s’élever vers le ciel, grandir, s’épanouir et leur donner la main dans cette lente ascension. Inquiètes parfois de les voir flétrir pour finalement mieux se ressaisir, nous les observons saison après saison, prendre force, se nourrir de nos nutriments, puiser notre eau, chercher notre air.

Nous les regardons lutter contre le vent, accueillir la pluie et se réchauffer au soleil. Nous avons peur parfois qu’ils plient sous le poids des intempéries mais ils savent que nous sommes là pour les soutenir et y puiser la force nécessaire pour tenir. Toutes ces jeunes pousses aussi variées, belles, différentes, fortes et fragiles soient elles ont besoin de cette base fertile. Il arrive parfois que certaines semences portées par le vent trouvent en d’autres lieux de quoi se sustenter. Il arrive aussi que la terre malgré toutes ses richesses n’arrive à faire germer quoi que ce soit parce que son rôle est ailleurs. Parce qu’elle est le lit d’une rivière, un chemin de passage, le sommet d’une montagne trop exposé aux éléments mais elle participe tout aussi pleinement à la beauté du paysage et joue son rôle protecteur ou montre simplement la voie à suivre.

Parfois il arrive des miracles, que surgisse la vie là où rien ne semblait vouloir pousser. La terre peut s’appauvrir aussi au gré du temps, fatiguée qu’elle est de toujours devoir être si pleine d’énergie pour contenter les besoins de ceux qu’elle porte, et elle trouvera dans le repos, le ressourcement nécessaire, qui lui permettra  à nouveau de porter la vie.

Nous sommes tous les enfants de la Terre et nous avons tous un jour puisé cet amour. Nous revenons régulièrement à la source nous abreuver parce qu’elle nous est essentielle, parce qu’elle nous bichonne, nous rassure et à jamais prendra soin de nous. Terre mère, terre d’accueil, terre nourricière, terre fertile, terre stérile ou en jachère…quoi qu’il en soit TERRE…et pourtant

Etre Mère, Ce n’est pas enfanter. Être Mère, C est un amour à donner, Du temps à consacrer, Des gestes à répéter, Des mots pour rassurer, De la patience sans compter, De la tendresse inestimée. Être Mère, C’est une volonté sans cesse renouvelée, Espérer le meilleur, Craindre le pire, Quoi qu’il en soit accompagner.

Je vous croise chaque jour, mamans, d’ici ou d’ailleurs, si attentionnées et j’en ai croisé sur mon chemin des femmes en souffrance, en rêve de maternité. Des femmes qui en avaient les yeux tout abîmés d’avoir pleuré, d’être passées à côté. Des femmes que la vie avait privé de tout espoir de mettre au monde et qui ont finalement adopté, des femmes en quête de donner le jour à un être d’amour.

S’il y a bien des tatouages, celui là en est un…mettre au monde et devenir mère….parce qu’on le devient n’est ce pas ?

J’ai marché un temps dans le brouillard car mes antécédents médicaux ne me faisaient aucune promesse quant à la possibilité de devenir mère un jour même si tous les atouts avaient été mis de mon côté, je devais juste avancer, serai maman, serai pas…l’avenir me le dira. J’ essayais de ne pas penser à la ‘tite épée de Damoclès que j’avais au dessus de la tête, je devais avancer en confiance, c’était ma plus belle chance…et puis elle est arrivée alors que j’avais 32ans, la vie.

Parce que Zoé en grec signifie, vie, existence. J’ai su dès l’adolescence que ce prénom jouerait un rôle incontestable, le jour où il a rencontré mon chemin, il m’est allé droit au coeur et comme une forte conviction, une intime évidence, je savais qu’il aurait sa place.

J’ai été fascinée par ce petit bout de chaire, et tous ses instincts primaires. Quand tu mets au monde, il y a quelque chose à ce moment de l’existence qui se fige, tu sais que dans l’espace temps même si tout est une continuité, il y aura un avant et un après. Tu regardes ce petit être, dont tu deviens l’univers, tu réalises alors que tu changes de dimension, tu prends conscience de l’infiniment grand, de l’amour inconditionnel. Tu plonges avec appréhension et délice dans ce regard bien éveillé et tu te mets à t’émerveiller. Tu sais qu’à jamais ce petit bidule, te créera des ridules. Suis maman et je considère mon enfant comme une particule à part entière, un être à aimer, je suis là pour lui donner la main. Je n’ai pas le sentiment de posséder, juste d’accompagner.

De loin Maman ça s’apprend, y a pas de manuel, tu as juste l’instinct et toutes les tonnes de conseils qui te tombent du ciel.

En hommage à la Terre qui a imprégnée mes dix jours de voyage, aux mères, aux femmes, j’ai souhaité recueillir quelques témoignages  de mamans et de non mamans, trentenaire, quarantenaire et cinquantenaire, autant de regards sur la maternité qui est loin d’être pour toutes un conte de fées.

Je m’excuse auprès d’elles, j’ai été dure, je leur ai demandé de me condenser en quelques mots, ce que représentait pour elles le fait d’être mère ou non, puis j’ai reçu le dernier témoignage, impossible à écourter tellement il sonne juste dans sa longueur, parce que bien évidemment l’amour ça ne tient pas en quelques lignes. Je demande pardon aux autres de ne pas leur avoir accordé plus de place mais je crains qu’alors il nous faille un livre…

Terre en labour

Devenir mère n’a pas été un long fleuve tranquille. Non pas qu’il a été difficile de concevoir cet enfant, mais plutôt difficile d’être une mère, LA maman de cet enfant là. Ce sentiment, je l’ai au départ tu, par peur du jugement, par peur de ce que je ressentais, par peur de qui j’étais vraiment…au fur et à mesure des mois, des années, j’ai pu comprendre ce qui m’empêchait d’être maman, de me sentir maman. J’ai compris que pour être maman il ne suffisait pas de mettre au monde un enfant. Ce que j’ai vécu on l’appelle « la difficulté maternelle ». Elle peut prendre la forme de dépression, angoisses, mal être, difficulté d’attachement à l’enfant etc. Pour être maman, il m’a fallu me libérer de mon enfance, de mes souffrances enfouies, de mon passé, pour être en paix avec moi-même et avec la maman que je souhaitais être. Au final, aujourd’hui, je peux dire qu’être mère est une des plus belles choses qui me soit arrivée dans ma vie. La maternité m’a fait aller à la rencontre de deux êtres : mon enfant, et moi-même.  D.G.B

Lit d’une rivière

Etre mère, je ne me suis jamais vraiment posée la question ou alors très brièvement!! Je pense que c’est un mélange de concours de circonstances et aussi une envie qui ne m’a jamais vraiment traversée l’esprit. Je n’ai eu à aucun moment, comme une majorité de femme je pense, l’envie d’en avoir un et qui souvent quand le corps ne veut pas détruit certaines femmes, au moins j’ai échappé à cela. Je pense qu’avec ma nature trop anxiogène, je me serai fait du sang d’encre pour eux !!!!  Bien que je me sois améliorée, je me suis mise à la méditation de pleine conscience en 2016. Je pense qu’une vie sans enfant est différente et apporte peut être autre chose car on a plus de temps à soi et surtout à donner aux autres ce qui n’est souvent pas le cas des gens qui ont une famille et qui sont en général très repliés sur eux mêmes surtout quand les enfants sont jeunes et s’ouvrent plus quand les enfants sont grands. C’est le constat que j’ai fait. Le seul bémol au fait de ne pas avoir d’enfant c’est le fait de vieillir, car là on se dit qu’il n’y aura personne pour nous aider, donc il faut bien s’entourer. MCP

Terre en jachère

 J’ai 45 ans et je n’ai pas enfanté ! Ma stérilité est à la fois la plus douloureuse et la plus belle expérience de ma vie . Ne pouvoir donner la vie reste un sujet très tabou de nos jours. Je me suis longtemps sentie isolée comme si j’étais atteinte d’une grave maladie. Très peu de mes proches, même encore aujourd’hui ose échanger avec moi à ce sujet. Aucune assistance médicale n’a été possible pour moi . De ce grand isolement est né une profonde tristesse. Pour continuer à vivre pleinement, j’ai donc été obligée d’aller à la rencontre de moi-même. J’ai essayé de comprendre le sens de l’existence reliée à ses cycles du jour et de la nuit, de la naissance et de la mort et de toutes les autres dualités qui gouvernent notre monde… J’en ai fait ma grande recherche de vie. Ma conscience s’est éveillée et s’éveille encore de découvertes en découvertes. Suite à plusieurs événements marquants, j’ai changé de métier. Je suis devenue une accompagnante dans le cadre de mon cabinet de réflexologie plantaire et de mes cours de Qi Gong. Au quotidien, dans le cadre de ma profession, je peux dire que je joue mon rôle de maman ! Je suis convaincue que la vie est perfection. J’ai vécu ce parcours très initiatique pour me révéler à moi-même. De ce manque apparent est né ma force et finalement à présent je me sens mère au sens large du terme. Même s’il m’arrive encore régulièrement d’être triste, j’ai entièrement confiance en la vie. Je sais au plus profond de mon cœur, qu’elle me réserve encore bien des révélations. Alors je l’accueille telle qu’elle est instant après instant. VP

Terre d’accueil

D’aussi jeune que je me souvienne, j’ai toujours voulu devenir mère. A l’adolescence, quand on joue à se faire peur avec des « qu’est-ce qui pourrait m’arriver de pire dans la vie ? », je répondais « ne jamais avoir d’enfant ». D’où vient cette envie que l’on a ou pas, est-ce le fruit de notre éducation, est-ce dans nos gènes, dans notre caractère, est-ce un instinct ? Je ne le sais pas. Pour moi, c’était certain, je serai mère.

Je n’y avais jamais réfléchi, c’était comme une évidence : je rencontrerai quelqu’un, on se marierai, ou pas, et on aurai des enfants. Au moins trois, des filles comme des garçons. Et puis je suis devenue adulte, j’ai rencontré quelqu’un, on s’est marié et on a fait des enfants. Beaucoup d’enfants. Mais je ne les ai jamais portés que quelques semaines chacun et ils ne sont jamais nés. Certains m’ont même conduites aux urgences avec engagement de mon pronostic vital. Les médecins continuaient à garantir une grossesse en augmentant encore et encore les doses d’hormones de synthèse. Mon corps et mon moral, en overdose de ces drogues, se dégradaient lentement. Alors il a finalement fallu y réfléchir. Pourquoi voulais-je être mère ? Qu’est-ce que cela voulait dire pour moi ? Quel prix étais-je prête à payer pour porter un enfant ? Jusqu’à quel point étais-je prête à mettre ma santé physique et mentale en péril avant de réagir ? Il m’a fallu beaucoup de courage pour aller chercher de l’aide hors du corps médical. Et grâce à une femme formidable, j’ai affronté ces questions. Trouver les réponses m’a pris plusieurs années.

J’avais un besoin viscéral d’être mère, de donner un amour inconditionnel à mes enfants et de recevoir le leur, de les accompagner dans leurs apprentissages et leurs découvertes, de faire d’eux des adultes épanouis et responsables. J’avais envie de porter mes enfants dans mon ventre, qu’ils me ressemblent ainsi qu’à leur père, qu’ils aient nos gènes. Différencier ce dont j’avais besoin de ce dont j’avais envie a été le plus difficile. Bien des années après notre mariage, nous sommes allés chercher nos enfants au bout du monde. Des enfants avec un début de vie compliqué qui avaient besoin d’une famille. Des enfants qui m’ont faite mère, mes enfants. Quel mystère ce lien mère-enfant qui semble lui aussi une évidence mais ne l’est pas. Ce lien dit-on qui se crée au plus profond de nous lorsque l’on porte notre enfant. Comment alors expliquer ces mères désemparées face à un petit inconnu au lendemain de l’accouchement, ou l’existence de ce lien même lorsque l’on n’a pas porté l’enfant. Je ne parle pas de l’instinct mammifère qui nous fait prendre soin d’un petit, mais bien du lien d’amour maternel.

Mon sentiment est que ce lien se créé en partie pendant l’attente de l’enfant, comme on anticipe un rendez-vous galant ou un événement attendu. Une partie de ce lien vient de la conception, et le mot n’est pas anodin, de l’enfant dans notre esprit. L’autre partie se crée dans la rencontre et les jours qui suivent, parfois rapidement, parfois plus lentement. Cela dépend de cette conception spirituelle qui a précédé, de sa durée et de sa maturité.

Pour notre premier enfant, nous avons su de nombreux mois à l’avance quand nous le rencontrerions à quelques semaines près. Nous avons eu le temps de le concevoir avant de le rencontrer Le jour tant attendu, la rencontre a été magique et le lien d’amour s’est forgé au premier regard. Pour notre second enfant, nous pensions devoir attendre encore plusieurs années quand on nous a annoncé qu’il nous attendait. Nous l’avons rencontré un mois plus tard sans avoir vraiment eu le temps de nous préparer. Cette rencontre a été très différente. Ce bébé était encore un étranger. Nous avons bien sur pris soin de cet enfant. Dans les premiers jours, ce soin était bienveillant et attentif, mais comme le soin que l’on donne à l’enfant de quelqu’un d’autre qui vous est confié. Notre lien d’amour s’est créé et nourri des petits gestes tendres, des regards et des sourires échangés.

Le lien d’amour maternel avec mes enfants n’est pas génétique, il se nourrit et se renforce à chaque instant passé ensemble. Quand on joue ensemble, quand on fait les devoirs, quand je change les draps au milieu de la nuit, quand je leur offre un cadeau ou que je les réprimande, quand ils se glissent dans mon lit au petit matin pour sentir mon odeur…Mes enfants me ressemblent. Ils partagent mes valeurs, mon sens de l’humour, ma répartie, mes habitudes, mes mimiques, ma vie. Mes enfants m’ont faite mère. Notre lien est profond, instinctif et viscéral. Notre amour est inconditionnel. Aux gens qui me demandent comment je fais pour aimer des enfants qui ne sont pas les miens, je réponds que, malgré le sang et les gènes, ce sont bien les miens. BC

Merci à toutes les femmes qui croisent mon chemin …d’être, à ma mère avec qui j’ai fait ce merveilleux périple (et à mon papounet aussi), à mes grands mères, à mes arrières que j’ai eu la grande chance de connaître et à ma fille. Ces mots ne sont qu’un message d’amour à l’ETRE, à tous les enfantements de quelque nature qu’ils soient. Nul besoin d’attendre la fête des mères pour vous envoyer ce message dont l’esquisse avait pris forme avant mon départ et trouve un juste point final et le besoin de naître aujourd’hui après que je sois, tel un rite de passage, re-née de ce voyage en pleine TERRE.

tʼáá íiyisíí ahéheeʼ…Si jamais vous parlez Navajo ♥

Sources:

Photo Lower Antelope Canyon

Dessin made by Zoé

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Opération Bikini

Opération Bikini

Nouvel atelier des Non Desperate Housewives: « Detox -Bourguignon »

Après avoir découvert le livre « Nourish » de l’Australienne Lorna Jane, par ailleurs designer d’une ligne de vêtements activewear, avec les beaux jours qui s’annoncent, s’est mise à germer en moi l’idée de tester les différents jus vitaminés proposés au fil des pages, dont les noms font autant envie que le contenu!

Go for « Happiness tonic », « Beauty Tonic », « Metabolism-booster Elixir », « Detox Elixir », »Cleanse Elixir » et quelques unes de nos créations. « Nos » parce que c’est tellement plus fun à plusieurs et je ne me voyais surtout pas boire 5 jus d’affilée!!!


L’une d’entre nous étant en possession d’un Extracteur de jus, il n’y avait plus qu’à !

Le plein de fruits, légumes et autres ingrédients tels pollen, graines de chia, eau de coco, miel, poivre de cayenne, gingembre, racine de curcuma, etc…a été fait consciencieusement la veille au temple du Bio et du tout en vrac : « Rainbow ».

Extracteur vs Centrifugeuse vs Blender

Avantage à l’extracteur qui broie doucement vos aliments, avec le principe d’une vis sans fin qui presse vos fruits et légumes contre les grilles d’un tamis, ce qui permet de séparer la pulpe du jus. Contrairement à la centrifugeuse, l’extracteur ne détruit pas la structure des aliments, vos jus s’oxydent ainsi moins vite, ce qui permet de les conserver plus longtemps et préserver un maximum de vitamines et de nutriments dans vos jus.

La centrifugeuse quant à elle écrase les aliments par l’intermédiaire de la force centrifuge, avec une vitesse de rotation très élevée pour changer les aliments introduits en jus.Les jus à la centrifugeuse résultent d’une séparation de la pulpe et du jus, mais vos aliments ayant leur structure éclatée, vous retrouverez tout de même de la pulpe dans vos jus. La vitesse de rotation étant extrêmement élevée, les aliments subissent une certaine chauffe, ce qui entraîne la destruction des vitamines et nutriments de vos aliments.

Le blender permet également la préparation de jus, et contrairement à l’extracteur de jus, il ne sépare pas la pulpe du jus. Tous les éléments sont mélangés, et vous obtenez un breuvage assez épais, contenant toutes les fibres. Il faut prévoir d’ajouter de l’eau pour obtenir une consistance plus liquide.
On observe une déperdition évidente des vitamines et nutriments due à la rotation élevée des lames de broyage.

Parce que vous avez été sages voici la recette de l’Elixir Détox by Lorna Jane, élément clé de cette « opération Bikini »:

Attention Elixir veut dire un concentré donc vous n’avez pas un grand verre à boire..sinon doublez les doses.

50 g de betterave rouge cuite, 75g de céleri (1/2 branche), 1/4 de tasse de feuilles de persil plat et 1/2 citron…passez le touts à l’extracteur, vous n’avez plu qu’à déguster.

Et pendant ce temps là nous avons cuisiné un Boeuf bourguignon inspiré de la recette ultra simple de Marmiton pour apprendre à notre amie américaine, Jen, la bonne cuisine française.

Ingrédients pour 5:

– 1 kg de pièce à fondue pour bourguignon (2 pounds of beef stew)
– 2 oignons
– 8 carottes
– 1 bouquet garni
– 1 bouteille de vin rouge assez bon (Ici un Bordeaux…bien vu pour faire un Bourguignon!)
– 100 g de beurre
– Sel
– Poivre

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Vous remarquerez que les françaises ont la tenue réglementaire américaine pour faire la cuisine : Legging, hoody (sweat capuche) et baskets! Je crois qu’on s’est bien intégrées 🙂

Touche finale :  la petite astuce de ma moitié….glisser un carré de chocolat noir dans la cocotte en fonte pendant le mijotage (2h30)…pour le côté suave et féminin dit-il ♥

Sur ce Bon Appétit…vous m’en direz des nouvelles

 

Source:

Nature-vitalite.com

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Crossroads

Crossroads

I’m standing at the crossroads
There are many roads to take
But I stand here so silently
For fear of a mistake
One path leads to paradise
One path leads to pain
One path leads to freedom
But they all look the same…

Extrait Crossroads Calvin Russel

Mettre le son!

La vie est faite de chemins que nous empruntons, puis parfois se présente une intersection, se pose alors la question de changer d’orientation ou de poursuivre le cours des choses. Nous avons toujours le choix. Sauter dans l’inconnu demande parfois un temps de réflexion, vais-je prendre la bonne décision? Mais ce n’est qu’au bout du chemin, à la croisée suivante que nous pourrons regarder en arrière et considérer ce que nous avons appris en marchant.

Huit mois que nous sommes arrivés, on dirait que le temps passe comme soufflent les bourrasques et devant nous à quelques mois de là, déjà le parfum du retour qui chatouille nos narines. J’ai souvent bougé, déménagé, suis toujours partie le coeur léger comme si dans chaque lieu j’avais fait ce que j’avais à faire, j’ai toujours fait mes valises sans regret. Comment vous dire aujourd’hui que plus je vois l’échéance qui approche, plus j’ai envie de marcher à reculons, que mes pas voudraient m’entrainer dans la direction opposée.

Quand tu goûtes à quelque chose de nouveau, et que cette saveur réveille tes papilles, les fait danser, tu n’as qu’une seule envie c’est de continuer à manger de ce met délicieux, d’y retourner et à la louche! Parce que ce quelque chose que tu manges d’abord du bout des lèvres, puis que tu happes goulument, c’est comme une bouffée d’oxygène qui vient balayer l’air vicié et ce vent de fraîcheur ouvre des clapets, réveille des espaces endormis, des particules de ton être, gueules béantes que tu ne soupçonnais même pas…enfin tu RESPIRES. C’est vrai, j’oublie souvent, je ne prends pas le temps, suis spécialiste de l’apnée…Respirer vraiment, à gorge déployée, à plein poumon, c’est tellement différent… c’est prendre le temps.

D’abord j’ai maudit venir ici (si, si!), c’était mettre un frein à mes projets puis j’ai fini par regarder ce départ sous un nouveau jour, c’était de toute évidence une CHANCE. J’ai posé mes valises au sens propre comme au figuré. Je me suis réappropriée les minutes et les heures, je me suis déconditionnée d’une certaine forme d’asservissement, d’abrutissement, suis sortie de ma roue de souris qui s’était emballée sous mes pas, me suis coupée de mes exigences, de mes objectifs, de mon impatience à faire, à réussir, à avancer. La vie m’a fait le merveilleux cadeau de me mettre sur pause, hors circuit, pour prendre le recul nécessaire et poser sur le monde un regard neuf.

Cette année m’a enracinée, avant j’étais volatile, j’avais perdu mon point d’ancrage. Comme un bout de papier qui s’égare sur la plage poussé par le vent du large. Certains diront  « ce n’est qu’une parenthèse enchantée ». Certes une parenthèse que j’ai vécue aux antipodes de ma moitié, compressée, essorée, stressée, épuisée par la spirale infernale des exigences du métier. Pourtant je crois sincèrement que la vérité est là sous nos pieds, à mi chemin entre lui et moi, et que cette vie contrastée nous appelle à chercher en permanence le juste équilibre.

Venir ici, c’était prendre un nouvel aiguillage, et sur le parcours j’ai fait de merveilleuses découvertes, grâce aux autres et avec moi même. Le challenge est de maintenir le cap pour arriver à bon port. Au fond en quittant ces lieux,  je crois que j’ai peur, peur de me reperdre dans ce que la vie nous offre parfois d’abrutissant, peur de perdre le fil du trésor que je viens de (re)trouver…liberté. Cependant je réalise jour après jour, que plus j’accepte de ne pas lutter contre les changements qui s’annoncent et que je me mets en posture de les accueillir et de les recevoir comme des cadeaux potentiels, plus je suis habitée par la sérénité, la confiance. Je suis créatrice de mes tempêtes, mes peurs les génèrent et il ne tient qu’à moi d’être une mer paisible et tranquille.

Les Etats-unis ce n’était pas un rêve, pas même la Californie, mais maintenant que j’y suis, je trouve qu’il y a ici quelque chose de spécial dans l’air (en dehors de l’odeur de la marijuana à tous les coins de rue!). La lumière est intense, la nature est souveraine et il en émerge une force qui te pousse à aller plus loin matin après matin. J’ai toujours eu ce besoin d’être près de la Nature, c’est la condition sinequanone, l’ingrédient indispensable à une forme de bien être. San Francisco comme nul part ailleurs, est un lieu d’ouverture, à toutes les cultures, à toutes les différences, un pays de contrastes, aussi bien dans les visages que dans les paysages et où la misère humaine dort au pied d’une richesse extrême. Ici tu peux te permettre d’Etre ce que tu voudras, les esprits ne sont pas cloisonnés, on ne te rira pas au nez.

Certains choix influent assurément le cours de l’existence parce qu’ils font sortir du sentier balisé et nous mènent à la liberté, voie à défricher, fleurie de plantes et fleurs aussi précieuses que rares, jalonnée de paysages vierges qui ne demandent qu’à être explorés. Je peux dès à présent vous certifier qu’il y aura un avant et un après San Francisco, que ce passage en terre « sauvage » aura laissé dans mon fort intérieur (qui n’est pas une forteresse) une empreinte aussi profonde que large. Sans aucun doute, mes pas, j’en suis convaincue me rapprochent de ma véritable nature, parce que je les fais désormais en conscience. J’ai souvent fait des choix malgré moi, influencée par tout un tas de paramètres, qui sont venus faire défauts à mon jugement parce que je n’ai pas su, voulu, pu écouter ce que me dictait le coeur. Pourtant je n’ai aucun regret parce que de tous ces choix parfois douloureux, j’ai appris infiniment. Car la vie est parfaite, n’est ce pas? Elle nous sert sur un plateau tout ce don nous avons besoin pour aller plus loin, le pire comme le meilleur. Et aujourd’hui même si l’horizon au loin reste brumeux et plein d’incertitudes, je sens infiniment que je n’en ai pas fini avec la Californie.

& comme chantait Mano Solo, « tout a une fin, C’est peut-être ça qui est bien »…

Source photo: Pinterest…une fois n’est pas coutume

 

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