Catégorie : Regard d’homme

Né en 1927

Né en 1927

A l’heure où des monuments tombent…j’écris « Né en 27 », comme si j’avais senti d’instinct le poids de l’histoire qui était en train de s’envoler.

Je ne vous parlerai pas ici d’une star populaire, juste de mon grand père, des hommes qui chacun à leur manière auront façonné l’histoire et qui les uns comme les autres sont des êtres à part.

Nous portons tous en nous l’histoire de notre lignée, un peu de ceux qui nous ont précédés, c’est gravé dans nos mémoires, tatoué dans nos cellules, écrit à l’encre noire et brave les pendules. J’ai l’immense privilège d’avoir connu six de mes arrières grands parents et d’avoir aujourd’hui encore à mes côtés trois de mes grands parents…89, 90, 91 ans, un trio gagnant plein d’allant, comme un pied de nez au temps passé.

Depuis petite j’aime les entendre raconter, ces époques qu’à l’école on nous faisait réciter, et comme un devoir que je me fais un peu sur le tard, j’ai demandé à celui qui vient de fêter ses 90 printemps avec une mémoire qui défie le temps de me raconter encore une fois, la deuxième guerre et tout son barda. Un moment de transmission, pour mon plaisir à moi et toutes les générations, une voix enregistrée pour ne jamais oublier.

Nous voilà tous les trois attablés à la table de la cuisine, avec le pépé et la mémé comme quand j’étais gamine et alors qu’ils piquent une tête vers leur adolescence si pleine d’innocence, les souvenirs jaillissent avec tellement de précision qu’ils m’en donnent le frisson.

Il suffira d’une étincelle, pour que tout remonte à la pelle,…Allez papy raconte nous un petit bout de ta vie.

« Je suis né le 18 Mai 1927, sur les bords de Loire, à St Jean de la Croix, petite commune de 180 habitants à l’époque. J’avais deux sœurs, l’ainée née en 1925 et l’autre en 1931. Mes parents avaient une laiterie, mon père avait une camionnette, il allait récolter le lait dans toutes les fermes de la vallée et ensuite allait le distribuer dans la ville d’Angers en faisant du porte à porte. Il avait commencé en 1924 mais avec la guerre, en 1939 il avait du changer sa façon de travailler car il consommait trop d’essence et ne s’adressait alors plus qu’aux épiceries.

 

Quand la guerre s’est déclarée le 03 Septembre 1939 je crois, j’avais 12 ans.

Depuis nos ressentis d’enfants, on s’attendait à ce qu’il se passe quelque chose, on entendait nos parents, nos grands parents parler de l’Allemagne et d’Hitler qui menait un train d’enfer à tous les pays depuis 1934, puis il a envahi tous les pays des Balkans, puis la Pologne, puis la Belgique, c’est alors que la France a déclaré la guerre à l’Allemagne. Il y a donc eu mobilisation générale et tous les hommes qui avaient 20 ans et plus sont partis. Mon père a eu la chance de ne pas s’en aller parce qu’il était « affecté spécial », du fait qu’il nourrissait les gens. Il avait deux frères plus jeunes de 3 et 6ans de moins que lui, et eux sont partis.

Pendant cette période une ligne de front s’était établie entre la France et la Belgique, pendant 3mois (de Septembre à Novembre voire mi décembre), il ne s’est rien passé….jusqu’à ce que les Allemands attaquent. Alors nous la France on s’est défendu mais avec des petits moyens, alors que les allemands avaient un demi siècle d’avance sur nous avec des chars et des avions alors que nous avions les armes de 1914. La ligne Maginot avait été construite depuis la Suisse en remontant jusqu’au Luxembourg pour arrêter les troupes allemandes sauf qu’ils sont passés par la Belgique!

Les Français ont résisté un petit moment mais n’étant pas suffisamment armés ça a été la débandade complète. L’armée s’est disloquée et les officiers ont sauté dans des voitures direction le midi en laissant leurs troupes. Mes oncles sont descendus de la Somme à pied fuyant devant les allemands qui descendaient à une vitesse folle. En 8à10 jours le Nord de la France était envahi. L’un deux a été fait prisonnier en Allemagne avant d’atteindre Angers et l’autre est passé avec un ami, chez eux, pour revoir leurs femmes puisqu’ils étaient à proximité des Ponts de Cé. C’était le 19 Juin 1940, jour où les français ont fait sauter le pont Dumnacus pour que les Allemands ne traversent pas la Loire.

Sentant la menace et étant encore en uniforme, les deux soldats décident de poursuivre leur route, c’est alors qu’ils tombent nez à nez avec les Allemands, à Trémentine, qui remontaient du sud! Ils avaient traversé la Loire beaucoup plus bas vers Ingrandes. Les allemands les ont gardé 48/72h à l’oeil mais ayant déjà trop de prisonniers et ne sachant que faire d’eux, ils leur demandent de quitter leur tenue de soldat et de rentrer chez eux.

A cette époque là nous avions été évacués à Denée chez mes grands parents maternels, cultivateurs. On était 40 à loger dans la ferme pendant 15jours. Les hommes dormaient dans les greniers, sur la paille, les femmes et les enfants dans les chambres, y avait du monde un peu partout.

Les français étaient venus faire une ligne de front sur les bords de la Loire. Au Grand Port, notre maison longeait la route qui longeait la Loire, les soldats s’étaient donc installés entre la route et le fleuve et devant chez nous on avait un soldat avec un fusil Mas 36 de 1914 pour attendre les allemands qu’ils s’attendaient à voir arriver du Nord, vers Ste Gemmes sur Loire. Tout le monde avait donc mis son bateau de ce côté ci du fleuve. Sauf que pas de bol…ils sont arrivés du Sud, depuis Rochefort sur Loire et une autre troupe arrivait du Saumurois à l’est.

Si bien que l’armée française des bords de Loire s’est trouvée prisonnière. Je garde de cette journée du 19 juin un souvenir. Je jouais sur la plage avec un copain et ma soeur et je me suis butée la cuisse sur la pointe d’une ancre d’un bateaux et je me suis ouvert jusqu’à l’os. Ma mère a du m’emmener chez le docteur, jusqu’à Beaulieu sur Layon (nous étions quasiment les seuls à avoir une voiture dans le coin) et je me souviens très bien avoir croisé un régiment de tirailleurs Sénégalais sur les bords du Louet (bras de la Loire), au terrain de la pâture, je vois encore ces soldats noirs qui venaient prendre position sur les rives du fleuve. Si bien que lors de notre évacuation alors que mes copains jouaient, moi j’étais au lit! C’est d’ailleurs les gamins en rentrant de faire des courses dans le bourg, qui nous ont annoncés avoir vu des motos allemandes type side car, c’est comme ça qu’on a su qu’ils arrivaient du sud.

Mamy:  » A cette nouvelle ma grand mère en a cassé une bouteille de vinaigre! ».

Les gens ont malgré tout continué leur vie, on se demandait ce qu’étaient devenus les prisonniers, c’était stressant. Du haut de notre jeune âge on vivait ça de loin, c’était pas comme nos parents…puis la vie a repris comme avant. Surtout en campagne où il n’y avait pas de restrictions. La guerre s’est terminée pour laisser place à l’occupation.

En 1943 une compagnie est restée au village pendant 3 mois. J’étais en apprentissage en menuiserie et j’ai eu l’occasion de travailler avec trois allemands dont deux frères. Ils faisaient des lames de parquet pour habiller les camions. Le soir ils laissaient leurs camions sur le chantier dans des garages….remplis d’obus. Il y avait toujours une sentinelle qui montait la garde devant la porte. Avec Henri, mon maitre d’apprentissage, pendant que celui-ci occupait en conversation le veilleur, moi j’allais siphonner de l’essence dans les réservoirs, pour pouvoir faire la distribution à qui en avait besoin pour sa profession, à savoir le boulanger pour sa tournée, le médecin pour mener sa mission à bien.

Mamy: « Fritz, était hébergé chez nous, il participait à la vie de la maison, il allait mener les chevaux le soir avec Eugène (ouvrier) dans les champs. La première fois que le régiment est arrivé, ils ont mangé chez nous et il y avait du vin. Nous on mangeait tous les quatre dans la pièce à côté. Quand on est allés se coucher à l’étage, on a du enjamber les corps, ils étaient tous saouls, c’était pas beau à voir. »

Faits de résistance (?)

A partir de 1941,1942, ils arrêtaient tous les juifs. Plus on avançait dans le temps, plus y avait de la tension, on sentait qu’il ne fallait pas les chatouiller. Mon père a failli passer par les armes, parce qu’un voisin l’avait dénoncé en disant qu’il avait de l’essence. Le produit était rare et recherché par l’ennemi. Mon Père avait des bons d’essence par la préfecture ou la Kommandantur pour son camion sur le principe des tickets d’alimentation ou des cartes de rationnement. Après avoir été mitonné pendant 2h et avoir soutenu que non il n’avait rien, les allemands sont partis, il s’est alors empressé de vider son stock dans les toilettes (une fosse) en pensant qu’ils n’auraient jamais l’idée d’aller y regarder. Tout ça parce que mon père avait refusé une livre de beurre à ce cher voisin.

 

Au début de 1944, on a vu une vingtaine d’avions « forteresse » approcher chargés de bombes, on entendait le grondement sourd arriver au loin. Je rentrais du cinéma avec des copains, il était 22h/22h30, c’était le 08 mai je crois bien, alors que j’arrivais chez mes parents, le ciel s’est tout étoilé de fusées éclairantes et on a vu Angers se faire bombarder, on entendait les ardoises vibrer sur les toits et la terre qui tremblait de partout. Ils avaient ciblé la gare, tout avait été détruit…

Les américains approchant, c’est les allemands qui sont venus prendre position sur les bords de Loire et nous avons été à nouveau évacués. On était 150 dans un chemin creux de la vallée.

Je me souviens j’avais un beau vélo Continental vert et mon copain, un bleu, réquisitionnés par les allemands. Un jour, on voit nos vélos le long d’un mur et gamins que nous sommes, nous reprenons nos biens! C’est alors que les allemands sont venus nous trouver dans le chemin alors que nous avions planqué les vélos. Nous nous sommes donc dénoncés, après quoi ils voulaient nous embarquer pour acte de résistance, et nous n’avons du notre salut qu’à mon père et une dame qui ont du expliquer que ce n’était que des idées de gamins!

 

Autre fait extraordinaire, le père de mon copain avec un autre avaient eu la bonne idée de traverser la Loire pour aller voir les américains au port Thibault de Ste Gemmes sur Loire et sont revenus avec des cigarettes américaines…Naturellement ils se sont faits attraper en arrivant sur le rivage. Considérés comme des terroristes, ils se sont retrouvés attachés à des peupliers prêts à être fusillés. C’est un fameux Robert B. qui leur a sauvé la peau à force de plaider leur cause.

Par ailleurs un des frères du père de mon copain avait été au service obligatoire en Allemagne et était revenu en permission, sauf qu’il n’était jamais reparti. Il était planqué avec nous dans le chemin creux, sa femme avec ses deux enfants avait monté une tente, elle avait fait un trou dans le sol et il était caché au fond de celui-ci avec un tapis par dessus lui alors que les allemands passaient deux fois par jour vérifier qu’on était bien le même compte…c’était pas le moment d’éternuer.

Un autre avait été planqué pendant deux mois dans un four à chanvre dans le vieux bourg donc quand on a évacué, il fallut l’emmener. On l’a donc mis dans une charrette entre deux matelas. Les allemands testaient le contenu à la baïonnette, le coup de chance a voulu qu’ils piquent le convoi d’avant et celui d’après…On a une destinée…n’est ce pas Maurice C. ?!

Les derniers mois, c’était une sale période. Nous sommes restés dans ce chemin pendant une quinzaine de jours, jusqu’au dimanche 13 Août 1944 à 14h, où ils nous ont fait évacuer avec les moyens du bord, charrettes, chevaux et compagnie pour aller jusqu’à Faye d’Anjou où nous sommes restés 3 semaines. On était 25 dans un hangar sur la paille où j’étais bouffé par les puces!

 

A cette époque, les allemands étaient sur les nerfs, les américains les bousculaient sérieusement, ceux qui avaient eu le malheur d’aller les visiter pour des cigarettes étaient fusillés, trois y ont laissé leur peau : Henri L., Jean F. et Christian R qui avait juste 20ans, pris pour des terroristes et tués dans la rue appelée aujourd’hui, « la rue des fusillés » à Mûrs-Erigné.

Les américains bombardaient de notre côté et les allemands avaient un canon antiaérien (Défense Contre Avions), pour chasser les avions qui passaient.

Mamy : « On s’habitue à la guerre, au danger. Quand j’allais garder les vaches avec Marie Madeleine, on entendait au loin le canon. En 1940 quand les avions mitraillaient, on se cachait bien vite dans les haies. Avec mes parents, on se cachait avec d’autres familles qui n’avaient rien dans une tranchée où on avait de quoi vivre en cas de besoin »

« On avait fini l’école à 14ans. Rares étaient ceux qui allaient au collège. Nous n’avons pas souffert de restriction alimentaire au contraire des villes où ils se nourrissaient de rutabagas. On avait un jardin, on avait jamais eu de cochon, on en a eu un, on avait du lait, on s’était mis à faire notre beurre, on avait pas d’huile, on se servait de la crème. On avait un peu de mal à s’habiller mais pas de quoi s’affoler. »

« En 1944 quand les allemands ont quitté précipitamment Denée, ils s’étaient installés au Château de Souvigné près de chez mon oncle où on s’était retranchés. Ils avaient leurs voitures sans portière avec leurs mitraillettes, ils étaient tous alignés dans le petit chemin. Ce fameux soir, on a mangé dans le noir sans faire de bruit, on sentait que l’ambiance était électrique, on est partis se coucher en rampant dans la grange et le lendemain matin quand on s’est levés ils n’étaient plus là. On avait eu réellement peur…. le moindre faut mouvement aurait été une étincelle »

Une fois les allemands partis, mon père est retourné voir chez nous à vélo, si la voie était libre. Les allemands avaient libéré les animaux. Les cochons savouraient leur liberté et on retrouvait les vaches au milieu de la salle à manger qui était toute « bousée »! On craignait que les maisons soient piégées, ce qui s’est avéré, car un s’est fait tuer par une mine déposée dans le fond d’un tiroir.

 Tout cela s’est terminé en Mai 1945 avec beaucoup de dégâts et de tués puis… la vie a repris son cours.

♥♥♥

Ce que je sais, c’est que 75ans plus tard, il en faut peu pour allumer le feu au fond de ces yeux vert bleu, et qu’il faut vivre pour le meilleur car un jour viendra où il ne sera plus temps de se dire qu’on a oublié de vivre.

 

A Louis, Agnès, René, Cécile, Irène, Denise…et tous ceux qui ne sont plus là pour raconter.

Chaleureux clin d’oeil à Johnny qui aura bercé nos vies

et surtout Merci papy

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Viticulture vs Apiculture

Viticulture vs Apiculture

Une affaire de bon sens

Olivier, 25 ans de métier

L’Olivier, l’homme comme l’arbre est bien enraciné, généreux et solide, c’est celui sur qui l’on peut compter. Il a dans le regard comme quelque chose de l’enfance encore qui danse. Homme de la terre, sensible à l’univers, avec un amour de la nature qui dégouline comme de la bonne confiture. Une passion née en suivant les traces de sa lignée.

On se connait depuis…40ans et pourtant j’en apprends toujours autant. J’ai voulu comprendre son chemin, celui de 25 années de viticulture, avec tous les travers de l’agriculture, les traitements phytosanitaires encore largement arrosés et leurs conséquences aujourd’hui constatées, non seulement sur notre santé mais aussi sur celle du monde animalier. Ce qui m’a avant tout intéressée, c’est son évolution depuis quelques années vers une viticulture dite bio avec en parallèle le choix d’être apiculteur, ou comment conjuguer ces deux passions qui sembleraient vu de l’extérieur impossible à faire chanter à l’unisson quand on sait les dégâts que l’un provoque sans équivoque. Des choix de coeur pour cet homme qui véhicule de vraies valeurs. Interview en toute honnêteté, regard d’homme sur un monde en train de muter.

⇒Pour ceux qui n’auraient pas le temps de lire mais souhaiteraient volontiers ECOUTER, RDV en bas de l’article pour L’INTEGRALITE DE L’INTERVIEW!!!

Commencer la viticulture à 14ans parce qu’on est fâché avec l’école (ou peut être bien que c’est à inverser) où l’on ne s’épanouit pas vraiment, faire le choix de marcher dans les pas de son grand père, et faire de son métier la terre. Faire une formation, apprendre au fil des saisons et à à peine 18 ans, trouver un emploi, sans avoir à chercher quoi que ce soit. Faire son parcours, aller voir ce qui se passe autour, élargir son horizon, un petit tour en Suisse à titre de comparaison. Découvrir un autre univers, où l’homme utilise les produits mais pas à tord et à travers, avec plus de raison, bon sens et compassion envers la terre.

Ne tirons pas à bout portant, sur ce que faisaient nos arrières grands, les traitements sont arrivés comme une délivrance, lâcher les chevaux et la pioche, c’était comme une nouvelle chance. La hantise était que les maladies détruisent, fallait bien protéger le végétal comme une urgence capitale. Sauf qu’à y regarder de plus près on n’a fait plus de mal qu’il n’y parait. Y a eu la grande époque, on arrosait sans équivoque, c’était un beau filon, on avançait sans la moindre précaution, avec l’idée que c’était le bien que nous faisions.

Il aurait pourtant suffi de presque rien, de calculer exactement combien, au mètre près la quantité exigée pour ne pas éparpiller du produit à l’infini et par là même, réaliser quelques économies. On a eu la main généreuse, avec le recul elle était bien malheureuse, avec ce retour d’expérience, on se demande bien quelles seront les conséquences, sur nos vieux jours si on y arrive un jour.

Ils ont un avantage les produits phyto, c’est beaucoup moins de boulot, on les balance, puis le végétal est protégé 21 jours sans qu’on y pense. Alors qu’en bio faut regarder la météo, et si une pluie s’avance il faut traiter avec une longueur d’avance, car après chaque ondée, le sol est lessivé. Parce qu’on fait comme dans le temps, on en revient au cuivre et au souffre, pour protéger le végétal avant qu’il ne souffre, de l’oïdium ou du mildiou, on applique bouille bordelaise et autres « tord le cou ». Produits non classés mais pas moins toxiques, sans « dangerosité », mais pas plus pratiques, c’est même plus de traitements mais sont pas sur les listes des produits méchants. Ce sont des produits naturels, moins onéreux dont les quantités ont une limitation annuelle, ce qui nécessite de réfléchir au mieux, c’est un peu plus compliqué mais au final plus respectueux. Bio ne veut pas forcément dire que c’est bon et beau, juste que la chimie n’a pas sa place dans ce monde nouveau. Etre en bio c’est une volonté, à travers laquelle l’homme est plus sollicité. Le challenge de la vigne c’est le travail mécanique du sol, désherber au pied, c’est là où le roundup en d’autres temps nous a sauvé.

Aujourd’hui l’agriculteur n’a plus le choix, c’est le client qui décide « quoi », le bio est la nouvelle exigence, mort aux produits phytos, les gens en ont plein de dos! On en utilise encore par ci par là, faute de pouvoir faire une totale mise au tas, mais avec intelligence, avec des machines réglées pour un maximum d’efficience pour ne pas arroser à volonté avec le seul soucis de l’efficacité. Mais là où ça pêche, c’est que l’éducation n’est pas de mèche, il n’est pas enseigné aux jeunes formés, ce soucis du matériel optimisé, ça demande un peu de calculer, ça demande un peu de s’y pencher. Vitesse, débit, pression, ce devrait être essentiel en formation, mettre tous ces éléments en symbiose pour que la terre soit moins en overdose, le ba ba pour engendrer moins de dégâts.

Il existe bien les certifications Phyto, mais entre nous ce ne sont que deux jolis mots, une autorisation pour appliquer, que personne ne vient jamais contrôler, savoir si les choses sont faites dans les règles de l’art. Au final, ce n’est pas un examen de passage juste une formalité d’usage.

Pourtant si on agissait avec bon sens, en utilisant le bon produit au bon moment, à la bonne dose et juste sur la surface utile, peut être qu’on ne serait pas aux phytos si hostiles.

Par ailleurs le lobbying des labos a bien fait son boulot, ils avaient même de très bons commerciaux, avec des chiffres d’affaires qu’il fallait certainement gros. Des invitations gentiment envoyées,  un accueil grassement enrobé, pour un labo aller visiter. Une réalité, tellement perturbante que pendant 3 jours t’as le sommeil qui déchante. Le traumatisme est né de voir ces matières actives manipulées avec le minimum d’équipement pour se protéger. Simple masque à poussière pour filtrer l’air mortifère alors que dans notre nouvelle ère on pourrait utiliser des robots pour le faire. « Etrangement » c’était pas des blancs, pas tous égaux quand il s’agit de ne pas mettre de gants.

Passer au bio par conviction, en se disant que c’ est un devoir, pour les futures générations, d’offrir une terre plus pure, c’est une énorme question pour un chef d’exploitation. Une bonne réflexion qui se traduit par 3 ans de reconversion, en commençant le travail du sol intelligemment pas en pleine saison de printemps où le végétal pousse en force et plein d’allant. Les domaines en bio ne représentent aujourd’hui que 4% mais le chiffre augmente avec le temps, les désherbants (glyphosate et cie) disparaissant chemin faisant. Des conversions qui pour certains se feront par dépit entre nous soit dit, pas moyen d’être réfractaire c’est l’avènement du prochain millénaire.

En parallèle de son intérêt pour la terre, l’homme laisse ressurgir ses souvenirs d’enfant, celui d’avoir mis les pieds à l’âge de 6ans, dans une miellerie où bourdonne la vie et laisse place à ses premiers frissons, qui par une rencontre deviennent une vraie passion. Débutée il y a une quinzaine d’années, cette activité d’abord en mode observation commence alors que la viticulture continue les phytos à vive allure. Paradoxal système….

Cette dernière occupation a finalement pris le pas sur la viticulture, et s’offre aujourd’hui une devanture. Cette insecte si fragile a la vie de nos jours plus difficile, conséquence de nos aberrations, et des traitements à profusion. Le rapport conflictuel, Viticulture vs apiculture, s’est révélé alors que cette dernière activité passait à une autre échelle, à l’élevage, à l’essaimage. Une révélation puissance dix des difficultés engendrées par les conflits d’intérêt entre ces deux activités, c’est en montant en puissance, qu’on s’aperçoit que l’impact est immense.

On a tellement bien évolué en agriculture, qu’on en vient à enrober les graines de traitement (néonicotinoïde) avant de les planter pour être surs qu’il n’y ait pas de mauvaises cultures. La toxicité va ainsi s’éparpiller dans le sol dont il mettra 4 ans à « s’évaporer » et venir nourrir les racines de cette plante…qui poussera à moitié démente. Mais remplacer ces produits par d’autres encore plus casseurs d’abeilles rend l’équation complexe. C’est une interrogation de tous les jours de se dire comment faire quand il y a une population à nourrir et à satisfaire.

Néanmoins il conviendrait à quelques uns de respecter les réglementations concernant les applications aux heures dédiées et pas n’importe quand surtout quand les abeilles vont butiner. Il conviendrait de considérer ces braves insectes comme vos alliés, puisqu’ils sont pollinisateurs, ils peuvent faire votre beurre et augmenter vos rendements de 14 à 18%, donnez vous au moins la peine d’essayer.

Quand on sait que la solution de demain, c’est de marcher main dans la main, l’agriculture bio et les abeilles qui font un beau boulot. Messieurs les agriculteurs, faites nous donc une fleur (et aux abeilles aussi tant qu’on y est!), laissez tomber vos vieilles habitudes, pour des traitements moins rudes, vous récolterez peut être un peu moins mais nous vivrons surement dans un monde un peu plus sain.

Abeille, notre avenir en toi sommeille, créature divine, depuis l’Antiquité on te dessine, dans ton dur labeur tu relies ciel et terre avec ferveur. Mouche à miel, symbole d’immortalité et de résurrection, fais nous donc revenir à la raison et retrouver le chemin de la maison, brille tel un soleil comme un pied de nez à ce monde industriel.

 

Et pour combler votre soif de CURIOSITE et votre envie de COMPRENDRE & SAVOIR, je vous invite de ce pas à CLIQUER SUR LA FLECHE ROUGE ci dessous pour écouter L’INTERVIEW podcastée de l’Olivier EN INTEGRALITE!!!

Excusez mes envolées lyriques, c’est mon côté spontané 😉

 

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