Une affaire de bon sens

Une affaire de bon sens

Viticulture vs Apiculture

L’Olivier, l’homme comme l’arbre est bien enraciné, généreux et solide, c’est celui sur qui l’on peut compter. Il a dans le regard comme quelque chose de l’enfance encore qui danse. Homme de la terre, sensible à l’univers, avec un amour de la nature qui dégouline comme de la bonne confiture. Une passion née en suivant les traces de sa lignée.

On se connait depuis…40ans et pourtant j’en apprends toujours autant. J’ai voulu comprendre son chemin, celui de 25 années de viticulture, avec tous les travers de l’agriculture, les traitements phytosanitaires encore largement arrosés et leurs conséquences aujourd’hui constatées, non seulement sur notre santé mais aussi sur celle du monde animalier. Ce qui m’a avant tout intéressée, c’est son évolution depuis quelques années vers une viticulture dite bio avec en parallèle le choix d’être apiculteur, ou comment conjuguer ces deux passions qui sembleraient vu de l’extérieur impossible à faire chanter à l’unisson quand on sait les dégâts que l’un provoque sans équivoque. Des choix de coeur pour cet homme qui véhicule de vraies valeurs. Interview en toute honnêteté, regard d’homme sur un monde en train de muter.

⇒Pour ceux qui n’auraient pas le temps de lire mais souhaiteraient volontiers ECOUTER, RDV en bas de l’article pour L’INTEGRALITE DE L’INTERVIEW!!!

Commencer la viticulture à 14ans parce qu’on est fâché avec l’école (ou peut être bien que c’est à inverser) où l’on ne s’épanouit pas vraiment, faire le choix de marcher dans les pas de son grand père, et faire de son métier la terre. Faire une formation, apprendre au fil des saisons et à à peine 18 ans, trouver un emploi, sans avoir à chercher quoi que ce soit. Faire son parcours, aller voir ce qui se passe autour, élargir son horizon, un petit tour en Suisse à titre de comparaison. Découvrir un autre univers, où l’homme utilise les produits mais pas à tord et à travers, avec plus de raison, bon sens et compassion envers la terre.

Ne tirons pas à bout portant, sur ce que faisaient nos arrières grands, les traitements sont arrivés comme une délivrance, lâcher les chevaux et la pioche, c’était comme une nouvelle chance. La hantise était que les maladies détruisent, fallait bien protéger le végétal comme une urgence capitale. Sauf qu’à y regarder de plus près on n’a fait plus de mal qu’il n’y parait. Y a eu la grande époque, on arrosait sans équivoque, c’était un beau filon, on avançait sans la moindre précaution, avec l’idée que c’était le bien que nous faisions.

Il aurait pourtant suffi de presque rien, de calculer exactement combien, au mètre près la quantité exigée pour ne pas éparpiller du produit à l’infini et par là même, réaliser quelques économies. On a eu la main généreuse, avec le recul elle était bien malheureuse, avec ce retour d’expérience, on se demande bien quelles seront les conséquences, sur nos vieux jours si on y arrive un jour.

Ils ont un avantage les produits phyto, c’est beaucoup moins de boulot, on les balance, puis le végétal est protégé 21 jours sans qu’on y pense. Alors qu’en bio faut regarder la météo, et si une pluie s’avance il faut traiter avec une longueur d’avance, car après chaque ondée, le sol est lessivé. Parce qu’on fait comme dans le temps, on en revient au cuivre et au souffre, pour protéger le végétal avant qu’il ne souffre, de l’oïdium ou du mildiou, on applique bouille bordelaise et autres « tord le cou ». Produits non classés mais pas moins toxiques, sans « dangerosité », mais pas plus pratiques, c’est même plus de traitements mais sont pas sur les listes des produits méchants. Ce sont des produits naturels, moins onéreux dont les quantités ont une limitation annuelle, ce qui nécessite de réfléchir au mieux, c’est un peu plus compliqué mais au final plus respectueux. Bio ne veut pas forcément dire que c’est bon et beau, juste que la chimie n’a pas sa place dans ce monde nouveau. Etre en bio c’est une volonté, à travers laquelle l’homme est plus sollicité. Le challenge de la vigne c’est le travail mécanique du sol, désherber au pied, c’est là où le roundup en d’autres temps nous a sauvé.

Aujourd’hui l’agriculteur n’a plus le choix, c’est le client qui décide « quoi », le bio est la nouvelle exigence, mort aux produits phytos, les gens en ont plein de dos! On en utilise encore par ci par là, faute de pouvoir faire une totale mise au tas, mais avec intelligence, avec des machines réglées pour un maximum d’efficience pour ne pas arroser à volonté avec le seul soucis de l’efficacité. Mais là où ça pêche, c’est que l’éducation n’est pas de mèche, il n’est pas enseigné aux jeunes formés, ce soucis du matériel optimisé, ça demande un peu de calculer, ça demande un peu de s’y pencher. Vitesse, débit, pression, ce devrait être essentiel en formation, mettre tous ces éléments en symbiose pour que la terre soit moins en overdose, le ba ba pour engendrer moins de dégâts.

Il existe bien les certifications Phyto, mais entre nous ce ne sont que deux jolis mots, une autorisation pour appliquer, que personne ne vient jamais contrôler, savoir si les choses sont faites dans les règles de l’art. Au final, ce n’est pas un examen de passage juste une formalité d’usage.

Pourtant si on agissait avec bon sens, en utilisant le bon produit au bon moment, à la bonne dose et juste sur la surface utile, peut être qu’on ne serait pas aux phytos si hostiles.

Par ailleurs le lobbying des labos a bien fait son boulot, ils avaient même de très bons commerciaux, avec des chiffres d’affaires qu’il fallait certainement gros. Des invitations gentiment envoyées,  un accueil grassement enrobé, pour un labo aller visiter. Une réalité, tellement perturbante que pendant 3 jours t’as le sommeil qui déchante. Le traumatisme est né de voir ces matières actives manipulées avec le minimum d’équipement pour se protéger. Simple masque à poussière pour filtrer l’air mortifère alors que dans notre nouvelle ère on pourrait utiliser des robots pour le faire. « Etrangement » c’était pas des blancs, pas tous égaux quand il s’agit de ne pas mettre de gants.

Passer au bio par conviction, en se disant que c’ est un devoir, pour les futures générations, d’offrir une terre plus pure, c’est une énorme question pour un chef d’exploitation. Une bonne réflexion qui se traduit par 3 ans de reconversion, en commençant le travail du sol intelligemment pas en pleine saison de printemps où le végétal pousse en force et plein d’allant. Les domaines en bio ne représentent aujourd’hui que 4% mais le chiffre augmente avec le temps, les désherbants (glyphosate et cie) disparaissant chemin faisant. Des conversions qui pour certains se feront par dépit entre nous soit dit, pas moyen d’être réfractaire c’est l’avènement du prochain millénaire.

En parallèle de son intérêt pour la terre, l’homme laisse ressurgir ses souvenirs d’enfant, celui d’avoir mis les pieds à l’âge de 6ans, dans une miellerie où bourdonne la vie et laisse place à ses premiers frissons, qui par une rencontre deviennent une vraie passion. Débutée il y a une quinzaine d’années, cette activité d’abord en mode observation commence alors que la viticulture continue les phytos à vive allure. Paradoxal système….

Cette dernière occupation a finalement pris le pas sur la viticulture, et s’offre aujourd’hui une devanture. Cette insecte si fragile a la vie de nos jours plus difficile, conséquence de nos aberrations, et des traitements à profusion. Le rapport conflictuel, Viticulture vs apiculture, s’est révélé alors que cette dernière activité passait à une autre échelle, à l’élevage, à l’essaimage. Une révélation puissance dix des difficultés engendrées par les conflits d’intérêt entre ces deux activités, c’est en montant en puissance, qu’on s’aperçoit que l’impact est immense.

On a tellement bien évolué en agriculture, qu’on en vient à enrober les graines de traitement (néonicotinoïde) avant de les planter pour être surs qu’il n’y ait pas de mauvaises cultures. La toxicité va ainsi s’éparpiller dans le sol dont il mettra 4 ans à « s’évaporer » et venir nourrir les racines de cette plante…qui poussera à moitié démente. Mais remplacer ces produits par d’autres encore plus casseurs d’abeilles rend l’équation complexe. C’est une interrogation de tous les jours de se dire comment faire quand il y a une population à nourrir et à satisfaire.

Néanmoins il conviendrait à quelques uns de respecter les réglementations concernant les applications aux heures dédiées et pas n’importe quand surtout quand les abeilles vont butiner. Il conviendrait de considérer ces braves insectes comme vos alliés, puisqu’ils sont pollinisateurs, ils peuvent faire votre beurre et augmenter vos rendements de 14 à 18%, donnez vous au moins la peine d’essayer.

Quand on sait que la solution de demain, c’est de marcher main dans la main, l’agriculture bio et les abeilles qui font un beau boulot. Messieurs les agriculteurs, faites nous donc une fleur (et aux abeilles aussi tant qu’on y est!), laissez tomber vos vieilles habitudes, pour des traitements moins rudes, vous récolterez peut être un peu moins mais nous vivrons surement dans un monde un peu plus sain.

Abeille, notre avenir en toi sommeille, créature divine, depuis l’Antiquité on te dessine, dans ton dur labeur tu relies ciel et terre avec ferveur. Mouche à miel, symbole d’immortalité et de résurrection, fais nous donc revenir à la raison et retrouver le chemin de la maison, brille tel un soleil comme un pied de nez à ce monde industriel.

 

Et pour combler votre soif de CURIOSITE et votre envie de COMPRENDRE & SAVOIR, je vous invite de ce pas à CLIQUER SUR LA FLECHE ROUGE ci dessous pour écouter L’INTERVIEW podcastée de l’Olivier EN INTEGRALITE!!!

Excusez mes envolées lyriques, c’est mon côté spontané 😉

 

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