Le dernier jour du reste de ma vie

Le dernier jour du reste de ma vie

…à San Francisco, titre en hommage au film que vous connaissez peut être.

Pour cette dernière semaine passée en solo, parce que tout le monde avait pris l’avion un peu plus tôt, j’avais fait le voeu de (re)voir Alamo Square et ses célèbres painted ladies, site vu en 2015 mais l’endroit avait depuis subi quelques travaux, puis j’avais comme une envie d’aller me perdre dans North Beach, au chaud du quartier Italien, au milieu de ses restaurants et de ses gens….et je fus exaucée le dernier jour.

Réveil tranquille ce jour du 13 Juillet dans ma maison californienne, bercée par la douceur des rayons du soleil, départ prévu à 9h, c’est super Jen qui vient me chercher. Direction Alamo Square à la rencontre du style victorien qui lui va si bien avec ses 7 sisters toutes en couleur. On s’approche pour s’en mettre plein les mirettes, et qu’est ce que je vois pas???? Un portail en fer forgé art déco en forme de ….Papillon. On notera les rondeurs du style Queen Anne, les trompes l’oeil du style italien, le côté très anguleux du style édouardien, une mixité riche qui fait l’originalité et la beauté des rues et des quartiers de la ville, tout en laissant émerger une étrange harmonie.

Sur un balcon l’étendard de la Californie caresse au vent celui de San Francisco, et on remonte les rues jusqu’à se tenir devant un « manoir » immense généreusement célébré les jours d’Halloween. Propriété digne d’un film fantastique, elle devient une rareté. Jen m’explique que la maison n’a pas été scindée en plusieurs appartements (appelés condos) comme il devient courant de le faire, vu qu’il est de plus en plus difficile de tenir la barre du niveau de vie exorbitant et de la constante hausse des prix. Celle-ci doit avoisiner les 3 millions de $, quand on regarde le marché le prix moyen d’une maison environne le million…la loi de l’endettement doucement mais surement. Si vous voulez creuser le sujet à la pelle, je vous invite à vous rendre sur Lostinsf.com.

Un petit tour et puis s’en va faire un bisou à Castro, pour voir la fameuse maison bleue adossée à la colline, s’imprégner de l’atmosphère et en prendre plein la gueule (merci Arletty), voir de la tatouée de la vraie, recevoir un hug (vous savez le câlin américain) d’une commerçante qui est triste de te voir partir alors que tu n’as croisé son chemin que deux fois, se retrouver face à un homme nu comme un vers en chaussettes-baskets avec juste un capuchon sur le sexe et pas oser dégainer le Nikon tellement t’es subjuguée, déjeuner sur l’herbe à Dolores Park, rebaptisé « la plage » par les riverains, dans les effluves de marijuana et faire péter le Champagne pour l’occasion!!! Fallait bien ça pour cette journée au parfum de …je m’en vais mais j’y crois pas.

Retour at home à 15h30 par le Muni, le programme n’est pas fini! A peine le temps de se rafraichir les esprits vaguement embrumés par l’alcool que me voilà repartie à 16h, avec ma voisine américaine, Peggy qui me propose de visiter North Beach (yes!) et de m’emmener voir le fameux show à l’américaine du quartier qui dure depuis 43 ans (1974 mon année!!) Beach Blanket Babylon.

Je pars mains dans les poches, le Nikon étant interdit de soirée. On commence par une visite de la célèbre librairie maison d’édition City lights, datant de 1953 elle fait partie du patrimoine historique de la cité et fut un lieu de contre culture des années 70. L’endroit est littéralement bondé, et je tombe nez à nez avec le fameux recueil « Paroles » de Prévert dont j’avais du apprendre au collège le poème « Je suis comme je suis », Peggy ne connaissant pas l’artiste et chaque poème étant retranscrits en anglais, je lui offre en souvenir de notre soirée franco-américaine.

On file sur Grant street et là je tombe en amour devant une robe 60’s de chez Al’s Attire, de la couture plus que parfaite, ça sent la qualité et le tombé juste, je me sens comme le coyotte avec les yeux exorbités en forme de coeur..bip..bip..fait mon coeur devant ce travail d’artisan hand made à l’italienne qui non seulement fait des fringues rétro de merveille mais aussi des chaussures en cuir à damner un saint, dont on sent l’âme du façonneur. Et le bonhomme de me pousser à la tentation… »mais essayez là cette robe! » et Peggy d’insister, et moi de me raisonner et de rétorquer que mes valises sont déjà pleines à craquer…crève coeur.

On poursuit notre flânerie pour finir chez Sodini’s Green Valley Restaurant, un restaurant italien du siècle dernier, ambiance rétro assurée où je suis transportée par les pâtes aux coques sauce tomate, copieuses et délicieuses. Pas de site web c’est pas le peine, je vous recommande juste de réserver avant ou de faire comme nous de dîner à l’heure où les poules se couchent….enfin je veux dire super tôt!

J’allais oublier c’est aussi le quartier des bars à Zic, suffit de déambuler au hasard et vous entendez au tournant d’une rue, d’une porte entrouverte, par delà les conversations animées, le son des instruments de groupes qui jouent pour nous enivrer et créer une ambiance, on ne peut plus appréciée….à l’heure de l’apéro si vous voulez trinquer.

Une fois repues nous filons faire la queue à l’entrée du Club Fugazi où a lieu le spectacle façon cabaret, le show affiche complet tous les soirs de représentation, c’est à dire 5 jours par semaine, avec une entrée possible pour les enfants de -21 ans le dimanche, journée sans service d’alcool.

On nous installe à une table, on prend un bière et c’est parti mon kiki! 1h30 de défilé non stop, de costumes, de voix, de chapeaux, de postiches extravagants, des caricatures de Elvis à Trump en passant par Louis XIV et Tina Turner, le tout en chansons magnifiquement remaniées où se mêlent l’actualité arrosée d’une pointe d’humour bien dosée. Merci ma chère Peggy pour ce cadeau fort bariolé…il restera tatoué.

Merci Mesdemoiselles, pour cette journée enchantée qui restera dans la lignée de cette douce année pleine de bonheurs compilés.♥

 

PS:

Si vous voulez creuser le sujet architecture victorienne, je vous invite à visiter le blog de Stéphanie de visiter-sanfrancisco.com

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