Femme Sauvage

Femme Sauvage

« Chaque femme porte en elle une force naturelle riche de dons créateurs, de bons instincts et d’un savoir immémorial. Chaque femme a en elle la Femme Sauvage. Mais la Femme Sauvage, comme la nature sauvage, est victime de la civilisation. La société, la culture la traquent, la capturent, la musellent, afin qu’elle entre dans le moule réducteur des rôles qui lui sont assignés et ne puisse entendre la voix généreuse issue de son âme profonde. »

« Pourtant, si éloignés que nous soyons de la Femme Sauvage, notre nature instinctuelle, nous sentons sa présence. Nous la rencontrons dans nos rêves, dans notre psyché. Nous entendons son appel. C’est à nous d’y répondre, de retourner vers elle dont nous avons, au fond de nous-mêmes, tant envie et tant besoin. […] La femme qui récupère sa nature sauvage est comme les loups. Elle court, danse, hurle avec eux. Elle est débordante de vitalité, de créativité, bien dans son corps, vibrante d’âme, donneuse de vie. Il ne tient qu’à nous d’être cette femme-là. »

Clarissa Pinkola Estés

N’entendez vous pas au loin les pas de femmes marchant les pieds nus sur la terre, les yeux tournés vers le ciel, suivant les sentiers qui nous ramènent à notre essence suprême? Nous sommes de plus en plus nombreuses, nous sommes de toutes les générations, nous sommes de toutes confessions, nous sommes de toutes les couleurs, nous sommes « Femme », toutes connectées par notre divine Féminité, nous revenons à la source et sommes infiniment liées.

Renouons avec la femme sauvage qui est en nous. Inspirée par l’oeil de la photographe Karin Legros qui sait si bien dévoiler la beauté du monde et de chacun, ose nous défaire de nos habits du quotidien pour devant l’objectif mieux nous mettre à nu, et nous révéler à l’état brut, je vous invite sur les pistes qui me mènent au coeur du féminin sacré (notre véritable essence). Tous les pas qui me guident, toutes les rencontrent qui me nourrissent et toutes les expériences grâce auxquelles j’avance, toutes ces peaux dont je me défais jour après jour….femme en transhumance.

Au delà de La lune qui nous guide (cf Sister MooN), je constate que sur mon chemin, l’eau a toujours joué un grand rôle, inconsciemment j’ai toujours senti le besoin d’être accompagnée par elle, comme si elle m’offrait force et apaisement. Sortie du ventre de ma mère où j’ai bien heureusement baigné, c’est comme si toute ma vie j’avais cherché à garder ce lien avec ce milieu utérin. J’ai grandi dans un village dit aux trois rivières. J’ai déménagé souvent et quand je regarde, j’ai toujours vécu à proximité d’un cours d’eau et chaque été, c’est près de l’océan que je viens me ressourcer. J’ai vécu dans le Lot à deux pas de la Dordogne, en Savoie, L’Isère coulait à mes pieds, en Touraine passait au bout du chemin la Loire près de qui je suis revenue souvent, en Gironde je voyais au loin la Garonne, et depuis que je vis ici, je profite depuis ma fenêtre d’une magnifique vue sur le Pacifique. C’est une force qui m’appelle depuis ma naissance, une compagne de toujours. L’eau est source de vie, symbole de féminité et fécondité.

J’ai longtemps fait fausse route, j’ai longtemps confondu femme sauvage et femme rebelle, j’aurai pu faire partie des Warriors de SF, une vraie guerrière. J’ai parcouru des kilomètres de mon existence, en croyant qu’il fallait se battre toujours, que la vie était un ring de boxe. Je la trouvais fatigante, épuisante, parce que bien évidemment plus tu te bats, plus la vie t’offre de combats (la loi de l’attraction). J’étais pleine de colère, une colère sourde, celle qui se loge en toi à force d’acceptation de choses qui ne te correspondent pas, pour arrondir les angles, pour rentrer dans le moule, tu prends sur toi et ça finit par peser lourd jusqu’à t’empêcher d’avancer. A force de trop de poids, tu en arrives à des points de non retour, tu fais tout éclater pour te libérer et finalement réaliser que cette rage, elle est un peu beaucoup contre toi même dans ton incapacité à (te) dire. Il m’a fallu tomber bien bas, un coup par ko, pour comprendre et faire renaitre des cendres, la femme sauvage qui sommeillait en moi.

Celle qui n’a pas besoin d’arme, celle qui retourne en son centre et renoue avec ses entrailles, y puise une force sereine, qui lève les yeux vers le ciel et se connecte à l’univers, embrasse les arbres, et écoute son coeur. J’aurais voulu avoir plus tôt entre les mains le délicieux livre écrit à quatre mains « Sagesse et pouvoirs du cycle féminins » de Marie Pénélope Pérès et Sarah-Maria LeBlanc, c’est un merveilleux cadeau pour toutes les générations et surtout une clé précieuse pour toutes les femmes sauvages en devenir. Un manuel pour se réapproprier son corps, un trésor pour nos filles, un allié pour les hommes, un trait d’union féminin.

C’est la journée des droits de la femme, et parmi ces droits elle a gagné celui de gérer sa fécondité par le biais de la contraception et ce fut une merveilleuse victoire qui lui a permis de faire un pas vers plus de liberté. Cependant la femme y a laissé aussi quelque part sa profondeur d’âme, ce qui fait sa valeur fondamentale, sa richesse, sa force de connexion. J’ai gobé la pilule tel un bon petit soldat parce que c’était un chemin facile, j’en ai oublié pendant des années d’écouter mon vrai rythme intérieur, je ne me connaissais pas moi même. J’ai fini par tout abandonner pour mieux m’abandonner à mon être et j’ai découvert mon harmonie avec la lune. Nous sommes une merveilleuse mécanique de la vie, nous avons ce pouvoir magique de la porter, nous devons prendre soin de ce temple intérieur où se loge notre vrai visage.

Je me suis liée d’amitié avec les plantes, que ce soit en phytothérapie, homéopathie, huiles essentielles, élixirs floraux, ces alternatives m’apportent une aide naturelle, précieuse et me maintiennent connectée à la nature, à ma nature. Que ce soit chez les chinois, les amérindiens, les druides ou nos gentilles sorcières, les plantes ont depuis des lustres fait preuve de leur capacité à nous aider. Contrairement à nos voisins européens ou au Canada, étrangement en France nous ne trouvons pas de formation d’herboriste délivrant de diplôme reconnu…. Serait ce un métier qui dérange alors que de plus en plus de personnes manifestent un intérêt pour leur usage?

Je suis piètre jardinière mais gratter la terre, ça me libère et faire pousser soit même quelques basiques (sauge, basilic, menthe, lavande..) est une source de satisfaction et me donne l’impression de revenir à mon état primitif (moi Jane!). L’onagre est entrée dans ma vie il y a des années pour mieux appréhender les syndromes prémenstruels, dès qu’un rhume pointe le bout de son nez, je me concocte des infusions de thym frais que je bois tout au long de la journée et que je combine à une inhalation d’huiles essentielles niaouli, ravinsara, eucalyptus dont je me badigeonne mixées à une huile végétale. Je saute sur  l’huile essentielle d’arbre à thé dès qu’un bouton fait surface. J’ai soigné tous les hématomes de mon apprentissage de la conduite à moto avec de l’hélichryse italienne. Quand à la maison un ventre est en souffrance à cause des lunes, je propose des infusions de sauge (maintenant on me les réclame!). Entant que grande allergique, j’ai fini pas retourner il y a quelques années vers l’homéopathie. Loin d’être un placebo, cela nous a aidés sur bien des terrains, bien que je juge son utilisation comme contraignante,  j’y ai trouvé un intérêt pour la famille au niveau subtile, pour gérer certaines émotions qui avaient des conséquences directes sur le corps de façon chronique.

La nature est une source inépuisable de bien être qu’il faut savoir utiliser à bon escient, je ne suis pas chamane, ni sorcière, mais je sais que cultiver ce lien avec ce que la terre nous offre, me permet d’être profondément en harmonie avec la vie qui m’entoure.

Pour revenir en mon centre, j’ai expérimenté le Qi Gong, que je vois à San Francisco fleurir au petit matin un peu partout dans les parcs grâce notamment à la forte présence de la communauté asiatique ou bien il m’arrive d’observer des postures de l’arbre chez certains à l’arrêt de bus. Le Qi Gong comme une hygiène de vie, c’est cette discipline qui m’a fait faire mes premiers pas vers mon recentrage, elle m’a aidée à ralentir le rythme fou des journées de travail qui s’accouplent aux tâches domestiques pour mieux t’essorer. C’était ma bulle, mon espace zen, ma respiration, les neurones au calme, les dossiers en cours fermés, mon attention centrée sur l’énergie à faire circuler, rythmée par les saisons, les éléments, les saveurs, agissant ainsi sur les principaux organes. Chahutées que nous sommes par la vie, j’en ai retenu parfois mes larmes de bonheur de fermer les yeux pour  redevenir un arbre, d’imaginer l’herbe sous mes pieds, de sentir mes racines s’enfoncer dans le sol alors que ma tête cherchait à embrasser le ciel et trouver ainsi une parenthèse de paix intérieure.

Pour me faire plaisir, comme un retour au cocon, à soi, je m’offre (et j’offre) des séances de réflexologie plantaire pour que de guerre lasse mes neurones autrefois trop agités trouvent le repos et par le biais de ce massage des pieds, parvenir à un nouvel équilibre.

Pour délivrer mes émotions passées, je me suis transformée en caisse de résonance grâce à la coupe énergétique. C’est comme aller chez le coiffeur mais pour vivre une expérience peu ordinaire (hein maman?!). Vous vous installez dans un délicieux fauteuil (jusqu’ici rien à signaler), puis on vous présente un coupe-chou, l’outil qui va servir à réaliser votre nouvelle coupe (ne partez pas en courant tout de suite!!). On vous explique que la technique consiste à suivre les méridiens du crâne, que chaque zone représente une facette de ta vie (enfance..), qu’une moitié de ton crane est liée au féminin, l’autre au masculin et qu’à chaque passage de la lame, une vibration va venir faire écho dans ta boite crânienne à la mémoire ancrée dans tes cellules, qu’elle va libérer et permettre ainsi d’évacuer des traumatismes bien ancrés. Je peux vous assurer que certaines zones sont effectivement douloureuses (on accouche de rien sans douleur, non?) et d’autres pas du tout, et que coupe après coupe, les zones sensibles le sont de moins en moins. La toute première fois, vous ressortez du salon avec un sentiment étrange, comme vidée, mais sereine, le visage lumineux drainé par ce « massage » crânien. J’avais les cheveux fins, ils sont devenus plus vigoureux, épais et forts…et étaient doux comme ceux d’un bébé après être passés sous la lame.

Pour libérer et faire le ménage plus en profondeur, tel appuyer sur une touche « reset » de l’ordinateur, j’ai eu la chance d’atterrir entre les mains d’Emily, praticienne en Psycho Bio Acupressure (PBA). Activité que j’ai découverte « par hasard », quelques mots échangés au dessus d’une table lors d’un déjeuner qui ne se prêtait pas du tout au sujet et me voilà demandant illico un rendez-vous, comme poussée par mon instinct qui me dictait qu’il y avait urgence à agir. Bingo!

Je suis une aventurière, j’expérimente toujours sans idée préconçue, je ne me renseigne pas avant, pas de recherche sur le net, je me laisse porter, je veux arriver vierge de toute opinion pour me faire la mienne.

Le praticien va d’une part identifier les blocages émotionnels par une étude spécifique du pouls des personnes, et d’autre part permettre leur effacement par l’action conjointe d’une part de la verbalisation (sous certaines conditions) de ces blocages qui permet de les conscientiser, et de la libération d’endorphines liée à l’application des circuits d’acupressure, la libération de ces endorphines modifiant la plasticité synaptique. Les blocages émotionnels sortent alors des zones du cerveau où ils étaient enkystés et sont captés par le cortex préfrontal, dont le rôle est d’évacuer les émotions.

Whaou! Je suis ressortie de ma première séance, comme portée par le vent, légère, dans une bulle où rien ne pouvait m’atteindre. Le grand luxe c’est que tu n’as rien à dire, rien à faire, pas besoin de raconter ta vie, juste sentir ton corps réagir et libérer les fameuses endorphines. A ton insu tu fais de grands soupirs, j’ai eu parfois la sensation de vague de froid dans le dos, d’eau glacée qui me coulait sur les épaules alors que tu as une grosse et chaleureuse couverture sur le corps. Ton corps fait son travail de nettoyage. La PBA a été pour moi une grande révélation, une véritable clé. Comme je suis une fille de partages, j’en ai fait profiter ma fille, qui fut profondément émue par cet échange, elle pensait d’ailleurs que j’avais raconté son parcours à la praticienne avant la séance tant elle lui disait des choses qui ne pouvaient parler qu’à son vécu…puis j’ai transmis ce cadeau à tout un tas de personnes tellement j’ai été fascinée par le résultat.

Plus tu te délestes du poids de ce qui t’empêche d’avancer, plus tu fais de place pour la femme sauvage en toi, et plus tu te sens libre. A chacune ses clés pour ouvrir les portes verrouillées, parfois à triple tours et je n’ai pas fini de faire de belles découvertes. Car c’est avec une joie retrouvée que je ramasse un à un tous ces cailloux qui jalonnent ma route et qui l’un après l’autre me (ra)mènent « à la maison ».

Le merveilleux cadeau, c’est bien évidemment toutes les rencontres, avec une mention spéciale pour toi, Véronique, mon amie, mon cairn, tu es définitivement entrée dans ma vie à la croisée d’un chemin, et je remercie toutes ces femmes en quête d’elle même qui croisent ma route et sont d’une richesse incroyable et celles que j’ai hâte de bientôt rencontrer.

Toute chrysalide que nous sommes, je nous souhaite de devenir de fantastiques papillons pour réenchanter le monde.

Sources/liens:

http://home.naturopathe.over-blog.com

psycho-bio-acupressure

Salon Art & Nature

Emily Montet praticienne PBA

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7 réactions au sujet de « Femme Sauvage »

  1. A lire tes posts, je comprends tout le sens du mot ÉPANOUISSEMENT…j’ai le sentiment que tu es aujourd’hui la femme que tu ES profondément, et ça c’est beau… J’ai aussi l’impression que tu traduits en mots ce que je ressens à l’intérieur. Continues à écrire, j’adore ça !!

  2. Bonjour Maud’Moiselle,
    Je viens de découvrir votre blog !!!
    Merci de me faire découvrir la PBA.
    Et encore Merci pour vos posts !!

    1. Bonjour Martine et mille mercis, je vous souhaite une aventure intérieure hors du commun avec la PBA si vous franchissez le pas…au plaisir du partage de cette peut être nouvelle expérience 🙂

  3. J’ai pris beaucoup de plaisir à lire tes articles que je trouve très inspirants, energetisants, beaux et libres !
    A bientôt

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